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La Russie à l’honneur…

ActualitésBureaux

le 13 Juin 2018

Il faudrait que vous ayez passé les mois, voire les années précédentes dans une grotte au fin fond de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, et que vous fassiez de même le mois prochain, pour ignorer que la Coupe du Monde de Football commence dès demain, et que tous les yeux vont être braqués sur la Russie. L’occasion rêvée pour parler de l’état de l’immobilier dans le plus grand pays du monde, où la propriété privée a été réprouvée soixante-quatorze ans durant et où les appartements communautaires sont encore légion…

Comme dans tous les Etats anciennement membres du Pacte de Varsovie, l’immobilier a profité des vents du capitalisme à tout crin en Russie. Les sanctions politiques, la crise économique et la chute du baril du pétrole ont cependant créé un environnement difficile pour l’immobilier russe, avec une chute des revenus locatifs de 33 % dans les bureaux à Moscou entre 2011 et 2017. La capitale arrivait bonne dernière trois années de suite dans les listes de villes ouvertes à l’investissement dressées par PwC (« Emerging Trends in Real Estate »).

Cependant, la bérézina pourrait bien s’achever, grâce à la stabilité politique et à la remontée des prix du pétrole. Moscou demeure le deuxième plus grand marché de bureaux en Europe, après Paris, avec près de 316 000 m2 achetés au premier trimestre, soit une hausse de 87 % en un an d’après JLL. Le taux de vacance, à 13 %, est exceptionnellement haut pour l’Europe, mais se rapproche du niveau auquel les prix commencent à augmenter.

En commerce, les Russes, jadis peu endettés et grâce à un prix du logement particulièrement bas, consacraient 80 % de leurs salaires à la consommation. Mais la crise les a rendus frileux. Moscou demeure le plus gros marché de centres commerciaux d’Europe, mais le secteur souffre d’un excédent d’offre. L’investissement est également en berne : JLL prédit une hausse de 8 % en 2018, avec 5 milliards de dollars (4,25 milliards d’euros) investis, mais on est loin des 8,8 milliards de dollars (7,5 milliards d’euros) transactés en 2012. Même le taux de rendement, de 8,75 % pour les bureaux « prime » de Moscou, n’encourage guère les investisseurs, craignant la situation politique et monétaire en Russie, hormis des investisseurs très importants comme le chinois Fosun dans le bureau moscovite et Abu Dhabi Investment Authority, dans le commerce à Saint-Pétersbourg.

Chose étrange : en 2017, Savills montrait que la nationalité la plus répandue chez les locataires de logements de luxe à Moscou étaient… les Français, à près de 20 %, loin devant les Russes (16 %), les Japonais, les Britanniques et les Italiens. La location haut-de-gamme ne fléchit pas et même les plus coûteux, avec un loyer de 700 000 roubles (près de 11 000 euros), ont connu une demande. Les quartiers riches traditionnels comme la perspective Leningradski, Arbat-Kropotkinskaïa et Tverskaïa-Kremlin sont les plus demandés, tout comme les appartements avec une ou deux chambres à coucher.

Enfin, si vous entrez dans un logement russe, n’oubliez jamais d’enlever vos chaussures et d’enfiler des pantoufles fournies par vos hôtes. Tout contrevenant se fera violemment taper sur les doigts…

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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