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Méka Brunel (Gecina) remporte la « Pierre d’Or Professionnelle de l’Année »

ActualitésBureaux

le 31 Jan 2018

Méka Brunel, directrice générale de Gecina, remporte sa deuxième « Pierre d’Or », dans la catégorie « Professionnelle de l’Année » : elle l’avait déjà obtenue en 2013.

Etaient en lice aussi dans cette catégorie reine : Eric Donnet, directeur général de Groupama Immobilier ; Jacques Ehrmann, président-directeur général de Carmila ; Christophe Kullmann, directeur général de Foncière des Régions et Thierry Laroue-Pont, président du directoire de BNP Paribas Real Estate.

Le portrait de Méka Brunel paru dans le 20 Years Book +

Au plus haut !

Certains parcours, certaines vies ne sont « pas comme les autres ». Une phrase qui va comme un gant à notre « Professionnelle de l’Année 2018 », celle des 20 ans des « Pierres d’Or ». Et cela tombe bien car les professionnels du secteur ont, largement, donné la victoire à cette pro, qui séduit (et parfois irrite, c’est bon signe !) et dont toute la place salue le chemin, mais aussi les récents résultats. Car notre « Pierre d’Or » est née en Iran, où elle a vécu jusqu’à l’adolescence. En 1972, la voilà qui débarque au lycée en France, sept ans avant la révolution qui va balayer son passé. A Sybille Vincendon, qui a dressé d’elle un portrait subtil pour « Libération » (des « grands patrons » croqués ainsi y sont rares…), comme à nous, elle raconte « ce sentiment qu’ont les étrangers qu’on doit mériter sa place ». Sa place ? Elle se l’est construite à force de travail… et de volonté. Ses débuts ? A l’Ecole Spéciale des Travaux Publics (que connaissait son père) à une époque où les promotions étaient « peu féminines » (c’est une litote !). Notre jeune ingénieure va se tremper très vite dans le bain, parfois à remous, du BTP. Au sein du groupe Fougerolle d’abord, puis elle sera directeur de travaux chez Pradeau et Morin pendant quatre ans. Et ses collègues et subordonnés remarqueront très vite cette « petite bonne femme » dont la valeur n’attend pas le nombre des années, ni l’esprit de décision ou de commandement face à des équipes composées presque exclusivement d’hommes. Après quelques autres étapes, la voici, à 40 ans, directrice du patrimoine chez Simco dont elle deviendra membre du comité exécutif. Puis, après la fusion des deux entités, en 2002 chez Gecina dont elle assurera la direction du développement stratégique. Poste qu’elle quittera (mais l’aventure Gecina n’était pas finie pour elle !) pour prendre la présidence d’Eurosic puis, en 2009, devient vice-présidente exécutive Europe de la SITQ (filiale de la Caisse des Dépôts et Placements du Québec) devenue en 2011 Ivanhoé Cambridge : elle y fera merveille et dirigera le projet « Duo » (des tours dans Paris !!!) qui lui valent — notamment — en 2013 une (première) « Pierre d’Or de la Professionnelle de l’Année ». En 2017, nouveau rebondissement dans ce chemin de grande qualité : Méka Brunel retrouve la rue des Capucines et devient directrice générale de Gecina. Elle y conduit de main de maître la négociation pour la fusion avec Eurosic, après une très rude bataille dans le rapprochement avec Foncière de Paris. Un accord avec Charles Ruggieri qui a fait du bruit dans le landerneau de l’immobilier français. Et au-delà…

Aujourd’hui, notre directrice générale peut avec fierté noter que Gecina est en mesure de relever ses objectifs pour 2017, prévoyant désormais un résultat net récurrent en croissance d’au moins 6 % (+4,5 % par action), malgré ce deal… A la tête de la quatrième foncière européenne au patrimoine de près de 20 milliards d’euros, concentré à 90 % sur Paris et la première couronne… et comportant les adresses les plus « chics », avec un taux d’occupation toujours aussi élevé, notre « Pierre d’Or » ne chôme pas et voit plus loin… Ne vient-elle pas de mettre en œuvre un think tank « rassemblant les réflexions et les bonnes pratiques sur l’innovation et la RSE » avec cinq autres grandes foncières européennes (Alstria, COIMA RES, Colonial, Great Portland Estates et NSI) ? Quand on pense à l’époque (révolue !) où l’on parlait des marchés immobiliers nationaux comme des spécificités « absolues ». L’Europe de la pierre est en marche et c’est très bien ainsi…

Mais Méka Brunel s’investit aussi dans le « chantier majeur » d’aujoud’hui : le Grand Paris. Elle a ainsi été installée à la fin octobre à la présidence du conseil de développement (Codev) de la Métropole du Grand Paris, par son président Patrick Ollier. On ne doute pas de sa capacité à animer cette instance et qui a pour but « d’enrichir les débats du conseil métropolitain », mais aussi (surtout ?) une « fonction prospective sur les enjeux du Grand Paris ».

Cette professionnelle de haute volée, au caractère bien trempé, aime donc à surprendre. Et quand elle vous offre un livre, il est signé d’Omar Khayyam, grand écrivain et savant perse. On y lit, parmi beaucoup d’autres merveilles, ce vers : « l’arbre de la tristesse, ne le plante pas dans ton cœur. Relis chaque matin le livre de la joie ». Un précepte, valable pour tous, dont on a bien l’impression que notre « Pierre d’Or » a fait son miel. Voilà qui valait bien — parmi beaucoup d’autres raisons — une nouvelle « Pierre d’Or ».

Pascal Bonnefille

 

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Catherine Bocquet

le 22/01/2019

Quand la conjoncture tousse, la statistique se fait rare

C’est un phénomène somme toute assez récurrent depuis quelques années : quand la conjoncture logement (et les chiffres qui vont avec) sont moins bons, l’information publique tend – sans exagération aucune car cela relève du constat- à se raréfier.

La preuve avec un retour en arrière et plus précisément en 2007, alors que la crise des « subprimes » commence aux Etats-Unis. A cette époque, l’Etat français, jugeant insuffisant le suivi trimestriel de la conjoncture établi par la Banque de France (une exigence de la Banque Centrale Européenne), demande la mise en place d’une mensualisation des indicateurs. Une initiative qui permet une vision actualisée et une réaction rapide aux évolutions du marché de la production de crédits immobiliers. Une initiative salutaire pourrait-on dire. Sauf qu’en décembre 2018, ce même Etat (avec d’autres aux commandes) prend, dans un courrier confidentiel (que nous nous sommes procuré) adressé le 19 janvier dernier aux directeurs des établissements bancaires, la décision de stopper cette information mensuelle. Seule demeure l’enquête trimestrielle imposée par la BCE et qui pourrait être désormais l’unique destinataire, aucune garantie sur sa publication n’ayant, en effet, été confirmée. Parallèlement à ce courrier aux directeurs, un mail a donc été envoyé à tous les services des réseaux bancaires émanant du « Chef du Service d’Analyse des Financements Nationaux de la DGS – Direction des Statistiques Monétaires et Financières. On y lit : « Madame, Monsieur, nous vous remercions de votre contribution à l’enquête mensuelle sur la distribution du crédit en France (Bank Lending Survey) dont vous trouverez en pièce jointe la restitution pour le mois de décembre 2018. Par ailleurs et suite à une décision de notre Direction Générale, nous vous informons de l’arrêt de cette collecte sous sa forme mensuelle, la version trimestrielle transmise à la BCE perdure. Nous vous communiquons pour information la copie du courrier qui a été transmise à vos dirigeants et restons à votre disposition pour toute information complémentaire ».

Désormais, et alors que tous confirment que le marché immobilier se tend, dans un contexte de « choc des territoires », la statistique publique s’efface, rendant plus difficile que jamais la lisibilité de la conjoncture. Dommage, pour ne pas dire autre chose…

Portrait

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