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Philippe Pelletier : « Rénovation du parc tertiaire, allons de l’avant ! »

ActualitésGreen & Innovations

le 17 Juil 2017

Info immoweek

Après la suspension par le Conseil d’Etat du décret tertiaire, quid de la rénovation des immeubles de bureaux ? Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment Durable montre que l’action est toujours possible et formule des propositions qu’il livre à Immoweek.

« Maintenant que le décret tertiaire est suspendu et sans attendre sa probable annulation dans plusieurs mois, il faut organiser la suite. Je l’imagine en trois actes, comme dans le bon théâtre :

Premier acte : surtout, que ce triste épisode, désormais derrière nous, ne fasse pas fléchir la dynamique de rénovation du parc tertiaire ! Nous allons donc revigorer nos actions, en mobilisant large autour de la charte tertiaire, peut-être en rehaussant ses objectifs projetés à l’horizon 2030, et en mobilisant particulièrement certains secteurs du parc : sûrement le parc éducatif, sans doute les bâtiments de santé et d’autre pans du champ tertiaire qui décideront, sans attendre l’obligation de faire, de montrer le chemin à tous.

Deuxième acte : l’un des vices du décret quasi défunt est d’avoir organisé des modulations justes, issue de la large concertation qui en a guidé la rédaction, sans que la loi autorise le pouvoir réglementaire à mettre en place ces modulations nécessaires touchant à la taille des bâtiments concernés, aux activités qui s’y déploient… Puisque hélas, d’autres recours obscurantistes ne peuvent être exclus pour l’avenir, donnez au prochain décret la base légale qui convient, et n’hésitez pas à le faire par voie d’ordonnance, la question ne méritant d’évidence pas un débat parlementaire.

Troisième acte : construire le nouveau décret qui, compte tenu du temps écoulé depuis la loi Grenelle 2 de 2010, pourrait utilement se projeter tout de suite vers 2030, laissant à chaque acteur le bénéfice des actions d’économies d’énergie engagées depuis 2006. Pour opérer paisiblement et efficacement la préparation du prochain décret, il faudra entreprendre une concertation sans faille, que j’imagine clore par une reconnaissance, in fine, par chaque participant, de sa réalité et de sa qualité. Ainsi pourrons-nous tous ensemble oublier le mauvais feuilleton que nous venons de vivre ».

Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment Durable

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Jean-Baptiste Favier

le 26/04/2018

Des déchets qui valent de l’or

Le titre est facile, mais exact. Aller fouiller dans les bennes des chantiers de déconstruction pour voir ce qu’on peut récupérer, avilissant ? Pas tant que ça. Les matériaux récupérables permettent non seulement d’économiser en dépenses de matières premières, mais cela évite surtout de produire de nouveaux matériaux et permet, ainsi, de limiter l’impact carbone du chantier. Pourquoi promoteurs, maîtres d’ouvrages, urbanistes, architectes, ne se sont-ils pas lancés dans cette filière de réemploi plus tôt ?

Car le sujet date d’hier : le Grenelle de l’Environnement, époque Jean-Louis Borloo, évoquait l’idée dans ses objectifs de réduction de l’empreinte carbone. Le Pavillon de l’Arsenal y avait même consacré une exposition… il y a trois ans ! Gageons que la directive européenne sur les déchets – qui date tout de même de décembre 2010… -, qui définit l’objectif de recyclage de 70 % des déchets de construction et de déconstruction à horizon 2020, a fait avancer les choses. L’échéance est proche et se fait de plus en plus urgente, alors que les professionnels du secteur estiment que ce taux s’établit aujourd’hui entre 40 et 50 %.

Mais oui, les choses avancent. Tout d’abord, les projets de cet ordre se multiplient. En fidèle habitant du 12ème arrondissement, l’exemple qui m’est le plus « proche » est celui de la Caserne de Reuilly : Paris Habitat redéveloppe cette ancienne caserne militaire en un ensemble de plusieurs bâtiments de logements. Mais n’oublions pas que la destination originale de ce lieu – très secret des habitants puisque jusqu’alors gardé par de hauts murs – était… de loger les militaires ! De nombreux éléments meublants intérieurs – lavabos, miroirs, paterres, mais aussi matériaux bruts de construction – ont été conservés, et – pardonnez le barbarisme – « home-stagés ».

Phénomène plus profond de ce véritable changement idéologique de construction, l’organisation de la filière, par le biais de partenariats. Et ils sont nombreux. Citons par exemple la création de Cycle Up en fin d’année dernière par deux filiales de la Caisse des Dépôts, et pas des moindres : Egis et Icade.  Et cette filiale s’est tout récemment associée à Hesus Store, spécialiste de la gestion des déblais et des apports sur les chantiers, afin de « proposer une offre claire, structurée et pérenne à tous les acteurs du marché́ en unissant leurs compétences respectives ». Objectif on ne peut plus explicite ! Et dans le BTP, c’est Legendre qui, en Bretagne, s’associe à Envie et Veolia pour recycler et valoriser les déchets de chantier et créent « Tri-VEL » : Trois acteurs associés pour le Recyclage des déchets du BTP et l’Insertion de personnes en difficulté – Veolia Envie et Legendre. Il s’agit ni plus ni moins que d’une usine de recyclage qui pourra traiter, dès septembre prochain, près de 24 000 tonnes de déchets par an et plus de 75 % d’entre eux pourront ainsi être valorisés dans des filières spécifiques. Hâte de voir d’autres initiatives de ce type…

Portrait

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