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Eiffage aménage le Bordeaux des affaires

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le 20 Juil 2017

La Halle Debat-Ponsan, côté ville, prolongée par le Hilton Garden Inn, et deux immeuble jumeaux de bureaux : de quoi oublier que cette voûte "en chapeau de gendarme", de 375 mètres de long — longtemps cachée par des murs de ceinture – , abrita pendant un demi siècle un foirail à bestiaux et les abattoirs de la ville.

A proximité de la gare Saint-Jean, sur les bords du grand fleuve, Eiffage immobilier a confié à Eiffage Construction le soin de réaliser une opération immobilière d’envergure dans l’ancien quartier des abattoirs destiné à devenir le nouveau Bordeaux des affaires. Un pari ambitieux en passe d’être réussi.

« Nous ne travaillons pas pour les Parisiens » avait déclaré, sous forme de boutade, Stéphan de Faÿ, le directeur général de Bordeaux-Euratlantique, en présentant les projets retenus pour aménager le quartier périphérique de la gare Saint-Jean, lors de l’arrivée, début juillet, du premier TGV Bordeaux à Paris en deux heures. Une façon de reconnaître la justesse prémonitoire de la volonté d’Alain Juppé de réconcilier les Bordelais avec leur fleuve. L’ancien Premier ministre avait fait de la réappropriation des deux rives de la Garonne pas ses habitants et électeurs, son principal argument de campagne avant de gagner les municipales de 1995. Douze ans plus tard, Bordeaux, « la belle endormie » désormais maillée de trams et de pistes cyclables, était inscrite par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité. Rien de moins. Et le renouveau ne faisait que commencer…

Décrété opération d’intérêt national (OIN), et doté en 2010 d’un établissement public d’aménagement, l’EPA Bordeaux-Euratlantique est l’une des plus vastes opérations d’aménagement de France avec plus de 730 hectares. Y sont programmés 2,5 millions de mètres carrés de logements, bureaux et équipements publics ; ce sont, à terme, 40 000 nouveaux habitants et 30 000 nouveaux emplois qui sont attendus sur ce territoire au sud de la métropole bordelaise. Un territoire qui conserve des quartiers comme autant de traces de son histoire.

Pas surprenant, alors, que les grues se dressent aujourd’hui comme crocus au printemps.

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Dans le quartier de la Paludate, du nom du quai sud de la rive gauche de la Garonne, tous les grands de l’immobilier sont présents. Bouygues immobilier a livré son siège, il y a quelques semaines, à la Caisse d’Épargne Aquitaine Poitou-Charentes (CEAPC) (baptisé « Atlantica », ce bâtiment de verre et d’acier, dessiné par Mariano Efron d’Architecture-Studio, a été lauréat dans la catégorie « Territoires » aux « Trophées Logement et Territoires 2014 »). Vinci, quant à lui, livrera fin 2018 La MECA, nouvelle appellation du pôle régional de la culture et de l’économie créative, un ouvrage architectural ambitieux de 12 000 m2, porté par la Région Nouvelle Aquitaine, en partenariat avec la Drac (Direction régionale des affaires culturelles).

Les trois immeubles du quartier Paludate Debat Ponsan seront livrés en février prochain (pour les deux immeubles de bureaux, à gauche) et en avril 2018 (pour le Hilton à droite). On remarque que l'entrée de l'immeuble de gauche conserve la forme "en chapeau de gendarme" de la halle Debat-Ponsan, qu'elle prolonge en traversant les trois immeubles.

Les trois immeubles du quartier Paludate Debat Ponsan seront livrés en février prochain (pour les deux immeubles de bureaux, à gauche) et en avril 2018 (pour le Hilton à droite). On remarque que l’entrée de l’immeuble de gauche conserve la forme « en chapeau de gendarme » de la halle Debat-Ponsan, qu’elle prolonge en traversant les trois immeubles.

Eiffage Immobilier a été retenu pour boucler la rénovation du quartier Paludate, avec le projet phare de réhabilitation de la halle emblématique des anciens abattoirs, longue de 275 mètres, et conçue en 1938 par l’architecte grand prix de Rome et pittoresque représentant du style Art Deco, Jacques Debat-Ponsan ; réhabilitation à laquelle s’ajoute la réalisation de trois bâtiments neufs, répartis en peigne le long de la Garonne, proposant 10 500 mètres carrés de bureaux, 2 300 de commerces, un hôtel quatre étoiles de 166 chambres sous license Hilton (qui y ouvrira son premier établissement Green Label). L’ensemble, dessiné par l’architecte Nicolas Michelin et son équipe ANMA, a été cédé très tôt à Crédit Agricole Assurances, sous promesse de Vefa.

Premières discussions entamées en 2013, signature en 2014, obtention du permis de construire en février 2015, début des travaux en février 2016, vente à l’investisseur Crédit Agricole en novembre 2016, livraison des bureaux en février 2018, livraison de l’hôtel en avril 2018 : à un tel agenda resserré, on reconnaît l’efficacité et l’originalité du groupe Eiffage, à la fois promoteur et constructeur. L’engagement très tôt de l’investisseur institutionnel pour l’ensemble du projet ayant très certainement contribué à rassurer l’aménageur et déterminant dans le choix de l’attributaire.

Une partie de l'Opération d'intérêt nationale Bordeaux Euratlantique et sa floraison de grues : au premier plan, le Hilton Garden Inn, à droite la Garonne longée par une voie rapide qui sera prochainement détournée et remplacée par une simple desserte, et — en haut à gauche —, la voute métallique de la gare Saint-Jean, à deux heures désormais de Paris.

Une partie de l’Opération d’intérêt nationale Bordeaux Euratlantique et sa floraison de grues :
au premier plan, le Hilton Garden Inn, à droite la Garonne longée par une voie rapide qui sera
prochainement détournée et remplacée par une simple desserte, et — en haut à gauche —,
la voute métallique de la gare Saint-Jean, à deux heures désormais de Paris.

Brice Lefranc

chef de rubrique

Édito
par Pascal Bonnefille

le 20/07/2018

Patrick Braouezec, l’engagé

Certains élus sont tellement associés à « leur » pays d’élection qu’on ne les imagine guère vivre, agir ou travailler ailleurs.

Patrick Braouezec (merci de prononcer le nom « à la bretonne ») en est une magnifique illustration. Pensez donc : après avoir été 13 ans maire (sur tous les fronts) de Saint-Denis, député (dynamique) de Seine-Saint-Denis durant 19 ans, mais aussi incontournable président de Plaine Commune (la communauté d’agglomération, puis l’établissement public territorial) depuis 2005, celui que Luc Le Vaillant – autre breton… – appelait gentiment « un drôle de coco » dans un beau portrait de « Libération » en 1998, est un infatigable défenseur de « son » territoire. Et ses idées sont souvent intéressantes, novatrices ou tout simplement efficaces. Celui qui a tant plaidé pour le Stade de France expliquait ainsi en 2014 (au « Figaro Magazine » qui n’est pas son journal favori…) : « le football est le troisième lieu d’éducation ». Pas mal vu, non ? Présent dans tous les débats quand il s’agit de « son » département, il a été nommé vice-président du Conseil National des Villes au printemps.

Politique complexe (il a quitté le PCF en 2010, l’a rejoint à nouveau sept ans plus tard après avoir appelé à voter Emmanuel Macron… et s’en dire « déçu » après quelques mois), il conserve une ligne directrice claire : être le porte-parole d’une Seine-Saint-Denis difficile, attachante et pleine de projets.

Le voici maintenant nommé membre du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, au siège laissé vacant par le socialiste Jean-Yves Le Bouillonnec (encore un Breton !). Il a donc damé le pion à un élu moins « consensuel » que lui : le président du conseil départemental des Yvelines Pierre Bédier. Même si le poste de président du conseil de surveillance de la SGP qu’il devrait obtenir lors de l’élection prévue pour début septembre, n’est pas le poste exécutif, nul doute que le bouillant Braouezec ne sera pas un président « de papier ». Et qu’il défendra – on peut lui faire confiance – les projets métropolitains (nombreux !) de son cher 93.

Portrait

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