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Aude Debreil (EPA Sénart) : « un territoire avec un potentiel de développement continu »

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le 05 Avr 2018

Situé à 35 kilomètres au sud-est de Paris, l’Opération d’Intérêt National de Sénart représente un fort potentiel de croissance pour l’Ile-de-France, tant démographique qu’économique : 1 000 nouveaux habitants et la création de 1 000 emplois par an. La directrice générale de l’EPA Sénart, Aude Debreil, présente les atouts de ce territoire.

Que représente le territoire de l’EPA Sénart ?
L’Opération d’Intérêt National de Sénart se développe sur dix communes – huit en Seine-et-Marne et deux en Essonne -, s’étend sur 120 km2 et compte 121 000 habitants. Une des grandes forces de notre territoire réside notamment dans notre capacité à proposer des solutions d’implantation pour les entreprises : 200 hectares sont immédiatement disponibles.

Comment vous démarquez-vous des autres territoires franciliens en matière immobilière ?
Tout d’abord, nous sommes un territoire en développement continu depuis 40 ans. Et une population croissante, à un rythme certes modeste, mais continu sur toute la période. Au cours des cinq dernières années, nous avons connu une croissance démographique et économique de l’ordre de 9 %, quand le rythme annuel en l’Ile-de-France était de 1 %…
En matière d’organisation du territoire, nous avons choisi de lancer un pôle d’excellence en matière d’innovation logistique et une filière éco-activités. Nous développons les opérations de manière équilibrée entre les différentes typologies. Une seule exception à cette règle, le logement traditionnel, pour lequel nous nous efforçons de densifier nos centre-villes, étendre les bourgs, plutôt que de créer des quartiers entiers, en rupture totale avec l’existant.

L’opération « Carré Sénart » abrite en son sein une opération retenue dans le cadre de « Inventons la Métropole du Grand Paris ». Alors que votre territoire est – théoriquement – en dehors du périmètre de la MGP…

L’attractivité du « Carré Sénart » a convaincu le président de la MGP Patrick Ollier de nous retenir dans l’appel à projets de la Métropole. Autre facteur décisif : nous disposions – et disposons toujours – de terrains immédiatement prêts à l’emploi. Nous avons ainsi pu travailler, en amont, sur la définition des concepts de développement durable, sur les idées de tertiaire innovant dans une zone périurbaine comme la nôtre… et, ainsi, proposer un cahier des charges solide et conséquent.

Nous avons reçu six candidatures, toutes remarquables. Certains acteurs connaissaient déjà bien notre territoire, d’autres se sont révélés. Et finalement, nous avons signé avec Sopic Paris, en janvier dernier, la promesse de vente du site dit « Carré Sénart – Lieusaint – Grand Paris Sud ». Le promoteur va y développer « Racines Carré » (photo ci-contre), une opération au cœur de « Carré Sénart » – un carré au milieu du carré ! – qui comptera 10 500 m2 de bureaux réversibles et éco-responsables, en structure bois, des concepts inédits de restauration et commerces sur 2 050 m2, avec des enseignes comme Les Fermes de Gally et Mamie Cocotte, et un « Living Lab » – lieu dédié à l’innovation digitale, où les startup pourront même tester leurs concepts auprès des organisations locales partenaires – de 450 m2.

Le centre commercial Carré Sénart, propriété d’Unibail-Rodamco

Comment a été pensé, en amont, « Carré Sénart » ?

La très grande force de l’action de l’EPA – notamment celle initiée par mes prédécesseurs – est d’avoir pu organiser le territoire pour accueillir aujourd’hui toutes sortes de projets : l’aménagement est fait, mais avec une très grande souplesse. Par exemple, à l’époque où l’opération a été lancée, le TZen n’avait pas encore été imaginé. Aujourd’hui, le TZen 1, qui relie Sénart à Corbeil, passe au cœur de « Carré Sénart » (photo ci-contre) et, en 2024, ce sera la ligne 2. De cette souplesse découle également une grande diversité de typologies immobilières, pensées pour être complémentaires. Autre stratégie payante : nous sommes restés propriétaires des parkings sur le site. Au fur et à mesure de la densification du projet, nous avons supprimé certains parkings de surface pour les rendre constructibles, avec toujours la possibilité de créer des parkings souterrains. Cela permet de conserver un usage urbain à un foncier qui pourra, demain, être exploité pour une utilisation la plus large possible… et sans consommer de nouvelles terres. C’est aussi grâce à cette stratégie que nous avons pu proposer du foncier intéressant pour l’appel à projets de la MGP en un temps record.

Vous parliez d’innovation en matière d’immobilier logistique…
Nous sommes ici à la porte sud de Paris, un axe autoroutier logistique très fréquenté et stratégique. A Sénart, cela représente plus de 2 millions de mètres carrés. Et cette logistique évolue au profit du e-commerce, faisant naître de nouveaux besoins, de nouvelles exigences en matière d’aménagement de ces espaces : lieux de préparation de commande, fabrication, traitement des retours et même « shootings » sont autant de nouveautés à intégrer.
Au nord-est du « Carré Sénart », situé de part et d’autre de la Francilienne (N104) et à cheval sur les communes de Combs-la-Ville, Lieusaint et Moissy-Cramayel, nous développons le premier « écopôle » d’Ile-de-France (photo ci-contre) : un site pilote qui vise à regrouper, sur un parc éco-aménagé, des activités privées et publiques ; un ensemble de 180 hectares, dont 70 hectares cessibles et 34 hectares d’espaces naturels comme le bois des Brossettes, l’espace naturel de la Motte et le Ru des Hauldres. Au sud de la Francilienne, le « parc du Charme » accueille « Green’pôle », un parc de 4 500 m2 de locaux d’activités et de bureaux avec une pépinière d’entreprises et une vingtaine de sociétés. Un bâtiment éco-conçu dans un écrin de verdure. Spirit Entreprise va y développer un parc d’activités de 18 000 m2. Et au nord de la N104, le parc des Portes de Sénart est dédié à l’accueil d’entreprises, de commerces et services. La Coopérative Bio d’Ile-de-France a décidé d’y installer une unité de valorisation de sa production et un permis de construire a été déposé pour réaliser un hôtel deux étoiles et trois restaurants.

Plate-forme « LogOne », réalisée par PRD pour le compte d’AG Real Estate (©PRD)

D’autres exemples de sites logistiques ? Des utilisateurs notables ?
Le Parc A5-Sénart s’étend sur 192 hectares et, outre sa desserte autoroutière idéale, il a vocation à accueillir de grands bâtiments. Géré par GSA Immobilier, il accueille Géoparts, Bergerat Monnoyeur, Sarenza, Auto Distribution, Transalliance, la Scadif (centrale d’achat du groupement E. Leclerc), Leroy Merlin ou encore Cdiscount. Tout le parc est commercialisé et nous allons lancer un appel d’offres cette année pour un dernier site…
L’exemple du Parc du Levant est également intéressant. Situé en périphérie du « Carré Sénart », il a attiré l’attention de deux leaders mondiaux dans leurs domaines : la société scandinave Assa Abloy, qui fabrique et fournit des solutions d’ouverture de portes, et le japonais Iris Ohyama, qui fabrique du mobilier plastique grand public. Tous deux ont mis en avant la clientèle à proximité – particuliers et professionnels -, la desserte autoroutière, mais aussi la qualité de vie.

Quid du développement résidentiel ?
Comme dit précédemment, toutes nos opérations se mènent en continuité de bourg. Avec toutefois quelques opérations de renouvellement urbain, comme celle que nous venons de lancer à Cesson, qui concerne tout de même 450 logements. Parmi les créations de l’année, nous lançons, en juin prochain, la Zac des Prés Hauts, en extension du bourg de Réau, qui accueillera à terme 750 logements. Et la commune de Saint-Pierre-du-Perray continue de se développer : après la Zac de la Clé de Saint-Pierre, nous y avons lancé la Zac de Villeray : 1 200 logements à terme, bordés par un parc paysager et un parc des sports.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Favier

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Valérie Garnier

le 19/09/2018

La Défense : 60 ans et toujours sexy !

L’histoire se passe dans un pavillon situé en banlieue parisienne, en l’occurrence Courbevoie. Une ville en plein bouleversements, consécutifs aux travaux d’urbanisme monumentaux qui y sont engagés, tout comme à Puteaux et Nanterre, pour que le futur quartier de La Défense voit le jour.

Les camions, les pelleteuses, les marteaux-piqueurs, les grues et le bruit incessant que forme l’ensemble, dressent le décor du film de Pierre Granier-Deferre, d’après un roman de Georges Simenon, intitulé « Le Chat ». Nous sommes en 1971 et le quartier de La Défense, qui a été inauguré avec l’ouverture du Cnit en septembre 1958, s’apprête à émerger. Courbevoie, Puteaux et Nanterre vivent leurs derniers jours de « petites banlieues parisiennes ».
Après moultes rebondissements, péripéties et crises diverses, La Défense n’a eu de cesse de se développer, de se construire et même se déconstruire !
Pour faire face à l’obsolescence de nombreuses tours, un « Plan de Renouveau de La Défense » est lancé en 2006 par Nicolas Sarkozy, alors président de l’Epad. Il prévoit la construction de 850 000 m2 de bureaux supplémentaires, dont 350 000 en démolition-reconstruction ; 100 000 m2 de nouveaux logements et la réalisation de grands équipements.

En 2007, l’EPGD est créé pour gérer et promouvoir le quartier d’affaires. En 2010, l’EPGD change de nom pour devenir Defacto, tandis que l’Epad fusionne avec l’Epasa, aménageur de la Zac Seine-Arche, pour devenir l’Epadesa.

En janvier 2018, Defacto et l’Epadesa décident, à leur tour, de fusionner et la nouvelle structure, en charge de gérer, d’aménager et de promouvoir le quartier se nomme alors Paris La Défense.

Aujourd’hui, Paris La Défense fête ses 60 ans ! Historiquement, il s’agit du premier quartier d’affaires européen ; le quatrième le plus attractif au monde, selon le baromètre d’attractivité EY-ULI 2017 ; un territoire de 564 hectares, dont 31 d’espaces piétons ; 500 entreprises sont implantées, dont 41 % d’origine étrangère ; 75 % de sièges sociaux. La Défense, c’est aussi 3,5 millions de mètres carrés de bureaux dans plus de 70 tours, dont 10 000 m2 d’espaces de coworking ; 180 000 salariés ; 42 000 habitants et 45 000 étudiants. La Défense continue de se moderniser autour de nouvelles gares et développe des infrastructures au service des habitants afin de s’intégrer et répondre aux exigences et aux ambitions du Grand Paris. Bref, La Défense est loin d’avoir achevé son évolution urbaine !

Portrait

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