Chargement

retour Accueil > Territoires > Interviews > Christian Nibourel (Paris-Ile-de-France Capitale...

Christian Nibourel (Paris-Ile-de-France Capitale Economique) : « pour réussir le Grand Paris, il faut de l’audace et de l’inventivité »…

InterviewsTerritoires

le 26 Mar 2018

Le président de Paris-Ile-de-France Capitale Economique, Christian Nibourel, a souhaité, lors du Vème Forum du Grand Paris, mettre à l’honneur les « Grand Paris Makers », celles et ceux qui innovent en matière sociale, sociétale, industrielle ou technologique. Ce grand rendez-vous accueillera, dans les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Région Paris-Ile-de-France, les acteurs majeurs du Grand Paris, en présence de Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des Territoires. Christian Nibourel en dit plus sur ce grand rendez-vous :

Pourriez-vous, tout d’abord, présenter Paris Ile-de-France Capitale Economique ? Quelle est sa vocation ?
Paris Ile-de-France Capitale Economique est une association fondée par la Chambre de Commerce de Paris Ile-de-France et qui rassemble la plupart des grandes entreprises engagées dans le projet du Grand Paris. Avec ce projet, la France s’est dotée d’une ambition exceptionnelle qui suscite énormément d’intérêt et d’attention par le monde. C’est notre mission et notre responsabilité de profiter de cette circonstance pour rendre le Grand Paris plus attractif, y attirer des investissements, mais aussi profiter de l’effet vitrine d’un chantier hors norme afin d’en faire le démonstrateur des entreprises qui contribuent à son succès.

Qui sont ces « Grand Paris Makers » que vous mettez à l’honneur ?
Le Grand Paris est un projet gigantesque et, à ce titre, il est souvent présenté par une somme de chiffres records : 200 kilomètres de métro, 150 kilomètres carrés à aménager, 70 000 logements nouveaux chaque année, 35 milliards d’euros…
Derrière les chiffres, nous avons voulu montrer les femmes et les hommes qui, par leurs talents et leurs énergies, vont faire le succès de ce projet.

Vous consacrez une table-ronde non seulement aux grands groupes, mais aussi aux startup : celles-ci sont-elles incontournables dans la construction du Grand Paris ?
On ne parviendra pas à faire le Grand Paris d’aujourd’hui avec les méthodes d’Haussmann. Les contraintes et le contexte ont changé. Pour réussir le Grand Paris, il faudra de l’audace et de l’inventivité. Nos « Grand Paris Makers », ce sont les services publics et les administrations, les grandes entreprises et les petites startup, les créateurs et les ingénieurs qui, ensemble, vont de l’avant pour faire gagner le Grand Paris. Nous avons souhaité, lors du Vème Forum Grand Paris, présenter ces acteurs par binômes pour donner à voir comment chacun s’ouvre aux autres et progresse à l’occasion de cet élan que représente le chantier du siècle.

La transformation de bureaux en logements est aussi un sujet à l’honneur de votre colloque : que peut-on en attendre ? Comment les nombreuses propositions du rapport réalisé par l’un de vos groupes de travail sur ce thème ont-elles été reçues par le gouvernement ?
Les difficultés de logement particulièrement fortes dans le Grand Paris pèsent lourdement sur la qualité de vie des habitants, sur le revenu disponible des ménages, mais aussi sur l’attractivité du Grand Paris. Le Grand Paris rayonnant et attractif auquel tant d’énergie est consacrée, doit être un territoire dans lequel on puisse bien se loger, à un coût raisonnable.
Au regard de cet enjeu l‘association Paris-Ile-de-France Capitale Economique a réuni un groupe de travail, animé par Xavier Lépine, qui a abouti à des propositions, pour baisser la pression sur le logement en facilitant et accélérant la transformation de bureaux vacants en logements. Ces propositions sont très concrètes, directement applicables et elles peuvent avoir un impact fort et rapidement.
Quand à votre questions sur l’accueil que le gouvernement a fait à ces propositions, Julien Denormandie, qui viendra dresser la conclusion du Vème Forum Grand Paris, saisira certainement cette occasion pour détailler sa position sur ce sujet…

Propos recueillis par Catherine Bocquet

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Catherine Bocquet

le 25/04/2018

Du bois, oui, mais du bois français !

Les projets immobiliers en bois poussent comme des champignons sur notre territoire. A Bordeaux, La Défense, mais aussi tout proche de nous dans le 13ème arrondissement de Paris, les programmes tout de bois constitués sont légion.

La semaine dernière encore, nous apprenions que le lauréat du site de Rosny-sous-Bois (93) a été attribué, dans le cadre de l’appel à projets Inventons la Métropole du Grand Paris (première version), au groupement Compagnie de Phalsbourg/REI Habitat, pour « Le Village Vertical », un immeuble de 50 mètres de haut, en structure bois avec, toutefois, des « noyaux de contreventement en béton armé » (tout comme les parkings, eux aussi en béton). De fait, le bois a la cote dans la construction et les associations ou groupements qui le promeuvent, affichent des prévisions très positives en la matière, tant pour le secteur du logement collectif, que pour la construction de maisons individuelles ou les ouvrages d’extension ou de surélévation de bâtiments existants.

Promoteurs privés et bailleurs sociaux plébiscitent ces chantiers plus rapides, moins « polluant » pour le voisinage, aux vertus « vertes » désormais avérées. Et l’apparition du label E+C, qui prend en compte l’impact carbone, devrait créer un attrait supplémentaire à ce matériau, (le seul dit-on) capable de séquestrer du CO2 au lieu d’en émettre.
Mais pour l’heure, une part importante du bois utilisé dans la construction provient d’autres pays d’Europe. Malgré l’abondance et la qualité de nos forêts, le bois français reste encore insuffisamment exploité pour l’instant. Or, la filière bois a tout récemment reçu un appui de taille : celui du Président de la République qui a plaidé, lors d’un déplacement dans les Vosges, pour une « politique volontariste de relance de la filière bois ».

Averti du potentiel de développement – en terme d’emplois notamment, 450 000 a priori – et des vertus de filières de production locales, Emmanuel Macron a fait valoir la nécessité d’une politique volontariste de relance de la filière avec un reboisement « massif » et « davantage » d’investissements. Et de préciser qu’un accent particulier devrait être mis sur « la construction en bois ». « On construit actuellement avec du bois importé » explique-t-il, « alors que la France a une vraie grande forêt, c’est un problème ». Un problème dont plusieurs collectivités locales se sont pourtant d’ores et déjà emparé. Citons Bordeaux, où, sur le périmètre Euratlantique, les programmes d’immeubles en bois devront être bâtis avec du bois des Landes ; Grenoble, qui compte bien faire la part belle au bois des Alpes ou encore « La Wood Valley », surnom de la filière bois vosgienne. Cette filière bois, que le Président appelle de ses vœux, a déjà ses acteurs. Reste maintenant à la promouvoir davantage !

Portrait

Chargement