Chargement

retour Accueil > Bureaux > Interviews > Emmanuelle Baboulin (Icade) : " En synergie avec...

Emmanuelle Baboulin (Icade) : « En synergie avec la promotion, nous lançons de nouveaux immeubles »

- Le - par Jean-Baptiste Favier

Nouveau logo, nouveau motto… et des résultats annuels en grande forme ! Un an après le changement de stratégie du groupe, les bénéfices sont au rendez-vous, notamment pour la foncière tertiaire. Sa directrice, Emmanuelle Baboulin, revient sur ses bons résultats, fait le point sur « Coach Your Growth » – dispositif lancé en juillet dernier pour redynamiser les parcs d’affaires – et nous donne ses grandes orientations stratégiques, résolument tournées vers les synergies foncière/promotion… Elle en dit plus.

Que retenez-vous de cette année 2016 ?

L’activité de foncière tertiaire d’Icade l’an passé pourrait se résumer à trois chiffres majeurs : 549 millions d’euros de cessions ; 592 millions d’euros d’acquisitions et 131 000 m2 de nouveaux baux signés (à ajouter, d’ailleurs, aux quelque 138 000 m2 de baux renouvelés). Nous avons ainsi bouclé la cession de nos actifs " non core " et, concernant le volume d’acquisitions, avons même pris de l’avance par rapport au plan stratégique mis en place début 2016. Et malgré une activité très dynamique à l’investissement, nous n’avons pas pour autant mis de côté notre métier d’asset management, puisque nous sécurisons ainsi, avec ces 270 000 m2 loués, plus de 70 millions d’euros de loyers. Les métiers de la foncière — investissement, arbitrages et asset management — tournent ainsi à plein régime.

Quelle stratégie de développement pour ces métiers en 2017 ?

Comme évoqué précédemment, nous avons bouclé notre programme de cessions d’actifs non stratégiques l’an passé ; nous allons donc nous concentrer sur les arbitrages d’ensembles arrivés à maturité. L’année commence d’ailleurs bien, puisque nous avons signé une promesse de cession avec LCL pour trois actifs que la banque occupe sur le campus de Villejuif, pour un montant de 225 millions d’euros. A l’investissement, nous nous concentrons dorénavant sur les actifs de bureaux — nous n’achèterons pas de parcs d’activités —, notamment dans les grandes métropoles régionales (Lille, Lyon, Marseille, Toulouse ou encore Bordeaux), puisque cela fait partie de notre stratégie de diversification. Les volumes, tant à l’investissement qu’à l’arbitrage, seront plus modestes que l’an passé ; nous essayons de garder un équilibre entre volumes d’acquisitions et de cessions, de l’ordre de 250-300 millions d’euros. A terme, nous souhaitons faire croître la surface de notre patrimoine. Et cela passera nécessairement par des acquisitions…

Et l’asset management ?

Bien sûr, nous allons continuer notre dynamique politique de renouvellement de baux. Parallèlement, et en synergie avec l’activité de promotion, nous lançons de nouveaux immeubles en développement : je pense en particulier à " Pulse ", un ensemble de 28 000 m2 environ que nous lançons, " en blanc ", rue Proudhon, à La Plaine Saint-Denis, près de la nouvelle station de métro " Front Populaire " et dont la livraison est prévue fin 2018. Mais aussi le projet " Origin ", à Nanterre Préfecture, dont le permis de construire est en cours d’instruction.

Pulse-Saint-Denis-93

Faut-il noter un retour des opérations " en blanc " ?

C’est fort possible, mais il sera directement dépendant de l’appétit des utilisateurs. Si nous parvenons à commercialiser " Pulse " avant qu’il ne sorte de terre — à un ou plusieurs locataires —, alors très clairement, oui, nous relancerons un immeuble " en blanc ", en parfaite synergie avec le pôle promotion du groupe. Nous le ferons donc sur des volumes raisonnés, dans des marchés franciliens porteurs, où l’on sent un réel appétit immobilier de la part des entreprises et où le taux de vacance le permet. Nous regarderons aussi les métropoles régionales, où la taille des actifs lancés sera, bien sûr, adaptée au marché local.

Quelle forme prend cette synergie ?

Nous avons lancé ce rapprochement dès le début de l’année 2016 : nos équipes de maîtrise d’ouvrage, qui développent tous les projets pour le compte de la foncière, ont été intégrées à la promotion. Aujourd’hui, les équipes investissement et asset management dialoguent de façon permanente avec les équipes de développement de la promotion pour essayer de sourcer ensemble de nouvelles opportunités de développement/investissement.

Déjà des succès à mettre à l’actif de ce rapprochement ?

Il est encore trop tôt pour les dévoiler dans le détail, mais nous avons déjà remporté, ensemble, deux " gros " appels d’offres, en Ile-de-France et en régions…

Cette " double casquette " — promoteur et investisseur — donne un poids différent à notre proposition ; plus rassurant pour les collectivités locales et territoriales. Rares sont les promoteurs qui arrivent dans ce genre de compétition avec un investisseur. Et, de l’autre côté du spectre, rares sont les investisseurs à s’engager très en amont dans de tels projets ; généralement ils attendent un permis de construire.

C’est donc véritablement un atout que nous mettons en avant. La foncière tertiaire dispose de cette capacité à investir en mode " pré projet " et sa logique de détention long terme, due à son statut Siic, renforce le profil sécurisé de nos opérations conjointes.

Un mot sur votre programme " Coach Your Growth " ?

Lancé il y a bientôt un an, ce plan de développement de nos parcs d’affaires est clairement défini, possède sa ligne budgétaire cette année et sa propre équipe dédiée au sein de la foncière tertiaire (marketing, événementiel, " community management " entre autres). Les marchés de travaux ont été validés pour notre site " pilote ", le parc Paris-Orly-Rungis, dont les premières
réalisations — espaces éphémères, notamment —
seront déjà visibles en juillet prochain.

Des premiers effets positifs sur ce parc ?

Notre objectif, à terme, est de rendre ce parc d’affaires plus attractif, notamment auprès de la clientèle " start up " et ainsi combler sa vacance, qui oscille aujourd’hui entre 10 et 15 %. Et dès l’annonce du lancement de " Coach Your Growth ", nous avons accueilli deux nouveaux locataires : Corsair et Dimension Data. Une première sur ce parc endogène, où les sociétés avaient l’habitude de quitter un immeuble — souvent à rénover — pour en rejoindre une autre au sein du même parc : c’est la première fois depuis quatre ans qu’il accueille de nouvelles sociétés.

Qu’en est-il des autres parcs ?

L’étape de " test " étant validée, nous lançons " Coach Your Growth " sur le Parc des Portes de Paris, celui de Colombes et celui de Paris Nord II. Les premiers éléments seront visibles au cours du premier trimestre 2018.

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Chargement