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Eric et Pauline Duval : « une stratégie de diversification, internationalisation et digitalisation »

InterviewsGreen & Innovations

le 20 Juin 2018

Créé en 1994 par Eric Duval, le groupe éponyme a bien grandi, puisqu’il compte aujourd’hui 3 000 collaborateurs en France, pour un chiffre d’affaires de 700 millions d’euros.  Présent sur tous les marchés de l’immobilier, ainsi que sur l’exploitation de tourisme et les golfs, Groupe Duval a ouvert son spectre d’intervention à bien d’autres sujets ; il est notamment aujourd’hui l’un des plus actifs sur le secteur de l’innovation. Aussi, en ce jour d’ouverture du Mipim PropTech Europe, cette interview s’imposait…

Quelle est l’architecture du groupe Duval et en particulier celle qui concerne l’activité immobilière ?
Eric Duval :  le groupe compte quatre grands pôles que sont l’immobilier, l’exploitation, l’international et le pôle innovation qui investit notamment dans la fintech. Le pôle immobilier est constitué d’une foncière, propriétaire de 1,2 million de mètres carrés de bureaux et commerces en France, des foncières que nous avons créées avec des caisses d’épargne et bientôt d’autres foncières que nous sommes en train de construire avec de nouveaux partenaires. Nous sommes par ailleurs sur le point de finaliser le montage de fonds d’investissement bureaux/commerces pour l’Afrique.
Pauline Duval : le pôle immobilier comprend également Alamo, filiale AMO interne, dont la moitié de l’activité est cependant réalisée pour compte de tiers. Cette activité a volonté à se développer à l’international. Autre filiale, BlueIMvest, société de gestion agréée par l’AMF, spécialisée dans l’investment management et l’asset management sur le marché immobilier allemand que nous avons rachetée en mars dernier, une structure que nous souhaitons faire monter en puissance. Enfin, le pôle immobilier compte aussi désormais Yxime (après son rachat à Knight Frank Property Management, ndlr), qui gère 7 millions de mètres carrés et a vocation à se développer en Europe.

Qu’en est-il du pôle exploitation ?
Eric Duval : le pôle exploitation intègre Odalys, numéro 2 européen de la résidence de tourisme, avec 140 000 lits, 400 résidences à la mer, à la montagne et campagne, plus des résidences d’affaires en centre-ville, avec Odalys City et Odalys Campus pour les résidences étudiants. Notre volonté est de développer fortement ces deux dernières activités, avec plus de 55 résidences en cours de montage. Nous sommes également présents dans le secteur des résidences seniors, avec la marque Happy Senior qui affiche un objectif de 50 résidences en coeur de ville à horizon 2021.
Pauline Duval : outre ces activités, le pôle exploitation comprend Ugolf, leader européen des golfs, avec 54 golfs en France et leader mondial des golfs en réseau, avec LeClub, qui met en relation plus de 700 parcours de golf dans le monde.

Quid de l’innovation ? Pourquoi le choix d’aller sur ce secteur d’activité ? Et quel est le positionnement du groupe en la matière ?
Pauline Duval : c’est un pôle important pour Groupe Duval, et nous avons d’ailleurs créé une filiale dédiée qui investit dans les startups françaises, tous secteurs d’activités confondus. Nous détenons aujourd’hui une vingtaine de participations dans ces sociétés et avons vocation à continuer à investir, en moyenne dans cinq nouvelles startup chaque année. Etre ouverts à d’autres sujets et investir dans les nouvelles technologies, et pas seulement celles liées à l’immobilier, permet à nos métiers et à notre chaîne de valeurs d’évoluer.
Eric Duval : des synergies existent à l’interne puisque tous nos métiers traditionnels sont concernés par les nouvelles technologies. Cette activité nous permet de faire évoluer notre groupe et génère un niveau d’innovation qui devient part intégrante de la culture de Duval. C’est, à ce titre, que d’aucuns, banquiers et concurrents, nous considèrent comme l’un des groupes les plus innovants de l’immobilier.

Quelle stratégie globale pour le groupe en matière d’immobilier ?
Eric Duval : l’idée est de poursuivre notre activité de promotion à travers nos différentes agences régionales, avec un objectif de chiffre d’affaires de 20 millions à 40 millions d’euros par agence, et ceci sur l’ensemble de nos métiers (logement, bureaux, commerces…). Nous visons un développement égal sur tous ces sujets, soit un trend régulier pour les 110 collaborateurs concernés.
Pauline Duval : c’est une stratégie qui se résume en trois mots : diversification, internationalisation et digitalisation.

Qu’en est-il de votre carnet de commandes « promotion » ? Quelles opérations significatives ?
Eric Duval : à ce jour, ce carnet de commandes s’élève à 2,5 milliards d’euros. Il comprend quelques très beaux projets, comme celui de Clichy, emporté dans le cadre du concours Inventons la Métropole du Grand Paris, un programme ambitieux signé Rudy Ricciotti qui prévoit la construction d’une tour de 100 mètres de hauteur, avec une mixité d’usages : au premier étage sera installée une annexe du Centre Pompidou, au-dessus, un hôtel Hyatt, puis dans les étages supérieurs des logements. C’est ici que notre savoir-faire en matière d’opérations mixtes est important et s’exprime. D’autres beaux projets sont également dans nos cartons comme la réalisation du centre commercial aux Batignolles, celle d’une opération de commerce (30 000 m2) à côté de l’Aren’ice (patinoire située à Cergy (95) inaugurée en 2016, siège de la Fédération française de hockey sur glace et du centre d’entraînement de l’équipe de France, ndlr). En régions, nous réalisons aussi de nombreuses opérations, à la fois de promotion neuve et de réhabilitation.  Nous restructurons, par exemple les tours Allianz de Bordeaux Mériadec, que nous transformerons en résidences d’affaires de centre-ville, pour Odalys City, et en bureaux. Nous intervenons également en tant que développeur investisseur pour la réalisation de 60 000 mètres carrés de plateformes logistiques pour le compte de Biocoop.

Quels autres sujets d’importance pour le groupe en 2018 ?
Eric Duval : outre les sujets que nous venons d’évoquer pour le pôle immobilier, existe celui de notre développement à l’international, en Europe, en Afrique, sur tous nos métiers : exploitation, promotion, property et investissement. Un partenariat s’est noué entre Odalys et un groupe chinois pour, d’une part le développement de résidences de tourisme en Chine, et, d’autre part, favoriser la venue de touristes chinois en France. Nous poursuivrons également nos investissements à l’international dans des sujets plus éloignés de l’immobilier, comme la production de matières premières alimentaires en Asie, activité dans laquelle nous nous sommes lancés il y a trois ans maintenant. Les perspectives pour le groupe à l’international sont nombreuses et belles.

Propos recueillis par Catherine Bocquet

Les 10 start-up de l’immobilier à suivre en 2018 selon Groupe Duval

A l’occasion du Proptech Paris Europe, Groupe Duval publie son livre blanc des « 10 start-up de l’immobilier à suivre en 2018 ». Pauline Duval, directrice générale du groupe Duval qui préface ce document considère que « la cohésion territoriale, sociale et économique passe par la transversalité. L’urbanisme, la construction, l’habitat, les territoires ne peuvent pas être dissociés de la révolution numérique et de l’innovation » et que « encourager les initiatives pour offrir de nouvelles opportunités, à l’instar de celles citées dans le Livre Blanc, est essentiel pour accompagner l’élan d’une économie en marche ». Les start-up retenues ici sont : 10 Bazimo ; CometMeetings ; Constructions3D ; Finalcad ; GroupeBAP  Habx ; My Notary ; SmartHab ; Solen et WeMaintai. Ce Livre Blanc, Groupe Duval le met à votre disposition en cliquant ici.

 

 

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Arthur de Boutiny

le 19/07/2018

L’acquisition : du rêve à la réalité…

La France fait partie des pays où la culture et la société promeuvent l’acquisition du logement comme signe de réussite sociale et étape cruciale dans la vie. Dans ce contexte, comment se déroule la recherche de la perle rare qui saura décider l’acquéreur potentiel ? Le Crédit Foncier s’est penché sur la question pour la cinquième année consécutive, en interrogeant près de 5 000 ménages qui ont essayé, ces douze derniers mois, d’acquérir un logement.

73 % des personnes interrogées recherchaient une maison plutôt qu’un appartement, en particulier dans le Nord-Ouest et le Nord-Est de la France. Bien entendu, tout dépend des communes dans lesquelles on recherche : ce désir est partagé par 88 % des futurs acquéreurs dans des communes de moins de 5 000 habitants, contre 36 % dans les villes de 100 000 habitants.

Parmi les critères essentiels, 70 % des interrogés mentionnent l’emplacement, ainsi que la superficie ; 67 %, le nombre de pièces ; la proximité des transports en commun est primordiale en Ile-de-France, tandis que l’exposition du logement et la vue dont il dispose l’emportent dans le Sud de la France. La proximité des écoles est un critère dont la pertinence augmente ou décroît selon la situation familiale des sondés.

Les motivations essentielles des primo-accédants sont d’être chez soi (74 % des citations) et de ne plus verser des loyers à fonds perdu (69 %) ; celles des secundo-accédants, de disposer d’un logement plus grand (34 %) et de changer d’environnement (36 %).

Qu’en est-il  après un an de recherche ? 65 % des sondés ont fait l’acquisition d’un logement (contre 53 % lors du même sondage réalisé en 2014), 27 % recherchent toujours et 8 % ont renoncé. En moyenne, les acheteurs attendent 4,7 mois (7 mois en 2014) avant de signer un compromis. Lorsqu’ils ont conclu leur achat, les ménages ont visité en moyenne près de 6 biens. Cette durée varie en grande agglomération avec 4,1 mois pour 6,5 biens visités. 64 % des Français ont utilisé Internet pour leur recherche, que ce soit pour consulter les annonces, rechercher un financement et évaluer le marché, et ce pourcentage monte à 79 % à Paris et en petite couronne.

Dans la réalité, un acquéreur sur cinq (18 %) est allé au-delà du budget qu’il s’était fixé avec un dépassement moyen de 13 % ; c’est en Ile-de-France que la nécessité d’aller au-delà du budget initial est la plus importante.

Pour 49 % des acquéreurs, la transaction s’est faite après avoir obtenu une baisse de prix. Hors budget, 42 % des acquéreurs ont fait des concessions par rapport à leurs critères initiaux. Les principales concessions portent sur la taille du logement (28 % disent avoir acheté un logement plus petit qu’espéré), sur l’éloignement géographique (22 % disent s’être éloignés du lieu où ils souhaitaient acheter), sur une surface moindre de terrain ou jardin (19 %), le renoncement à un parking (19 %), le renoncement à l’absence de travaux à effectuer (19 %) ou encore l’exposition du bien (11 %). Les Franciliens, en particulier, sont les moins exigeants, avec 52 % de concessions à Paris et petite couronne, contre 38 % dans le Nord-Est de la France.
La preuve, s’il en fallait, que l’acquisition demeure un parcours du combattant…

Portrait

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