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Jean-Laurent de La Prade (BNPPRE Transaction France) : « les loyers devraient poursuivre leur hausse en régions »

InterviewsBureaux

le 09 Mar 2018

« Exceptionnels » : c’est ainsi que Jean-Laurent de La Prade qualifie les résultats de BNP Paribas Real Estate Transaction France réalisés l’an passé en régions. Et le directeur général adjoint, en charge des régions table sur un marché qui, en 2018, « devrait, une nouvelle fois, franchir la barre des 1,6 million de mètres carrés » de bureaux commercialisés, avec une « tendance haussière » s’agissant des loyers. Un contexte dans lequel le conseil envisage l’ouverture d’un nouveau bureau et le recrutement d’une dizaine de nouveaux collaborateurs. Il en dit plus…

Comment se sont comportés les marchés locatifs régionaux en 2017 ?

Nos marchés se portent bien et nous faisons deux constats. Tout d’abord, depuis 2013, le volume global des transactions placées augmente chaque année. Ensuite, nous avons atteint un record historique avec plus de 1,65 million de mètres carrés placés. C’est une hausse de 7 % par rapport à 2016 et, surtout, de 22 % par rapport à la moyenne décennale.

Les transactions dans le neuf sont en forte hausse. Elles représentent presque un tiers du volume global de transactions. Grâce à une hausse de l’offre neuve, les utilisateurs ont trouvé des biens correspondants à leurs attentes et se sont positionnés dessus. C’est clairement ce qui explique le recul des comptes propres et des clés en mains locatifs. En effet, cette catégorie accuse une baisse de 31 % et ne représente que 12 % du volume global. Quant aux transactions dans l’ancien, le bilan est aussi positif : elles représentent 56 % du volume global et enregistrent une hausse de 7 %.

L’an passé, le marché a été fortement tiré par les grandes transactions : au-delà d’un très flatteur +34 % en volume, ce sont 41 « deals » supérieurs à 5 000 m2 qui ont été traités en 2017, contre seulement 23 en 2016.

Nous constatons également un retour des acteurs traditionnels avec le secteur public et parapublic qui reprend la première place et un retour en force du secteur banque-assurance, à l’exemple de BNP Paribas qui a pris en location 14000m2 dans l’immeuble « Corail », dans Euroméditerranée, à Marseille (13) et le Crédit Agricole qui s’installe sur plus de 12 000 m2 aux « Bassins à Flot », à Bordeaux (33).

Quant à l’offre, nous avons également de très bonnes nouvelles : elle diminue et ce, à la fois dans le neuf et dans le seconde main. La baisse du neuf s’explique à la fois par un très bon rythme de consommation des offres présentes sur le marché, mais aussi par la livraison de nouvelles offres qui permettent de réalimenter le marché en produits de qualité. Et alors que pendant des années l’offre de seconde main ne cessait d’augmenter, depuis deux ans, elle connait une tendance baissière…

Comment voyez-vous évoluer ces marchés cette année ?

Nous sommes confiants pour 2018. Portée par une demande intérieure et une croissance mondiale robustes, l’économie française continue d’avancer à un bon rythme. Selon l’Insee, la croissance en 2017 serait de 1,9 % et 2018 devrait être encore meilleure. Les départements français devraient continuer leur bonne progression ces prochaines années, tant sur le plan de la croissance économique que de l’emploi. Cette croissance n’est pas homogène partout : les départements portés par le secteur tertiaire tirent leur épingle du jeu, comme par exemple ceux de l’Arc Atlantique, ceux autour de la Méditerranée et en région Rhône-Alpes. À quoi s’ajoute une demande exprimée auprès de nos équipes en hausse de 16 % et un rythme de livraisons soutenu : les chantiers en cours et les opérations dont le permis de construire est obtenu et qui seront lancées « en blanc » sont en hausse. Les fondamentaux sont donc toujours solides. En 2018, le marché des bureaux en régions devrait, une nouvelle fois, franchir la barre des 1,6 million de mètres carrés et certaines villes régionales pourraient enregistrer de nouveaux records historiques…

ITW

Et les valeurs locatives ?

Entre 2016 et 2017, nous avons constaté une hausse des loyers « top » dans la majorité des marchés régionaux. Le loyer « top » dépasse les 200 euros (HT, HC)/m2 dans huit villes régionales ; à titre de comparaison, en 2010, seulement cinq villes affichaient un loyer « top » égal ou supérieur à 200 euros (HT, HC)/m2. Même si elle est moins soutenue, cette tendance haussière se constate aussi sur les valeurs locatives moyennes, que ce soit dans le neuf ou dans le seconde main. Dans les années à venir, les loyers devraient poursuivre leur hausse, notamment dans les marchés où il y a une réelle tension dans le neuf.

Quels résultats pour BNP Paribas Real Estate dans ces marchés ?

Nos résultats ont été exceptionnels en 2017, en hausse de 32% par rapport à 2016. Ils s’expliquent notamment par les transactions significatives que nous avons réalisées sur l’ensemble des métropoles régionales. Nous pouvons citer, notamment, la prise en location par BNP Paribas de 14 064 m2 dans l’immeuble « Corail », à Marseille ; Capgemini, à Lille (59), pour 8 480 m2 ou encore à Bordeaux, avec Allianz, pour 5 029 m2. Ces bonnes performances nous permettent de conforter notre place de leader en régions avec une part de marché qui tangente les 30 %.

Quelle équipe et quelle évolution pour cette équipe ?

Nous comptons, aujourd’hui, plus de 165 collaborateurs répartis dans 21 villes en régions. Compte tenu de la dynamique des marchés régionaux et de notre volonté de consolider, voire accroître nos parts de marché, nous avons un plan de développement ambitieux pour les trois prochaines années. Nous prévoyons donc, dès 2018, de recruter près d’une dizaine de consultants, tant en activités qu’en bureaux et en investissement.

Plus généralement, quelle stratégie de développement ?

Notre stratégie s’articule toujours autour de trois axes. Tout d’abord, nous souhaitons conforter notre positionnement dans les grandes métropoles régionales. Nous allons également renforcer nos synergies avec la banque, ainsi qu’avec tous les métiers de BNP Paribas Real Estate en nous appuyant fortement sur nos équipes corporate et conseil. Enfin, nous entendons développer notre maillage territorial. En effet, après nous être positionnés sur Chambéry en 2016, nous allons ouvrir un nouveau bureau mi-2018…

Quel conseil donneriez-vous à un utilisateur tenté par les régions ?

Si de nombreuses villes sont en tête des palmarès des endroits où il fait bon vivre et bien travailler, il n’y a pas d’évidence dans le choix à opérer. Ce choix doit nécessairement s’accompagner de réflexions autour de la dynamique économique de la ville ciblée, de la qualité des dessertes et des réseaux de transports et des projets de développements urbains.

Dans tous les cas, choisir de s’implanter en régions est plus qu’une alternative aujourd’hui. C’est une tendance profonde qui répond aux aspirations des nouvelles générations qui recherchent le bon équilibre entre bien-être personnel, cadre de vie agréable et opportunités professionnelles…

Thierry Mouthiez

Directeur de la rédaction

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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