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Marie-Laure Leclercq de Sousa (JLL) : « Une année 2018 aussi dynamique que 2017 »

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le 02 Mar 2018

« Excellente année » : c’est ainsi que Marie-Laure Leclercq de Sousa qualifie 2017 pour le département Agence de JLL qu’elle dirige. Et elle table sur une année 2018 « aussi dynamique ». Donc, après avoir renforcé ses équipes dans tous les secteurs, elle poursuit cette année les recrutements et compte bien saisir de nouvelles pistes de développement. La directrice de l’Agence, qui table sur une hausse des valeurs locatives, en particulier dans le QCA et l’ouest, en dit plus…

Quel regard portez-vous sur le marché locatif tertiaire tel qu’il s’est présenté en 2017 ?

2017 s’est avérée une excellente année pour le marché des bureaux en région parisienne avec une hausse de 8 % de la demande placée, qui évolue, néanmoins, différemment en fonction des créneaux de surfaces.

L’activité a été marquée par le nombre très significatif de transactions portant sur des surfaces de plus de 5 000 m2. Quelque 88transactions de ce type ont été bouclées en 2017, contre 65 l’année précédente. Bref, l’activité du créneau des grandes surfaces s’est accrue de 27 %. Ce qui illustre différentes évolutions : le dynamisme et la confiance des grandes entreprises dans leur domaine d’activité, dans l’économie et le marché immobilier. Clairement, le climat des affaires est nettement plus positif qu’en 2016, avec un contexte économique français et européen positif pour l’Hexagone, une image de la France en général et des entreprises françaises en particulier très différente à l’international, qui va aider les entreprises à prendre des décisions sur de grands volumes… Un autre élément doit être pris en compte : la volonté des grandes entreprises de travailler toujours plus en « flex », donc de ne plus attribuer à leurs collaborateurs de postes de travail fixes, mais de valoriser le travail en mode projet et de disposer, dans ce cadre, de locaux nettement plus flexibles, avec des espaces de travail partagés qui ne peuvent être aménagés dans tous les immeubles de bureaux classiques… Ces transactions portant sur des surfaces supérieures à 5 000 m2 se sont accélérées au cours du 4ème trimestre et JLL a largement accompagné le mouvement.

Des exemples ?

Parmi nos transactions figurent la location à Oberthur de 18 800 m2 dans l’ensemble « T2 », à La Défense (92) ; celle à Spaces de 17 000 m2 dans « Le Belvédère », également à La Défense ; la prise en location par Bank of America de 9 500 m2, rue La Boétie (8ème) ; par Mc Cann, de 6 700 m2 dans l’immeuble « Think », à Neuilly-sur-Seine (92) ou encore par Nextdoor, de 7 500m2 dans « Le Vicinia », rue de Londres (9ème).

S’agissant du créneau « mid market » (les surfaces entre 1 000 et 5 000 m2, ndlr), l’activité est restée stable, avec une légère baisse de 2 % de la demande placée. Essentiellement parce que les entreprises n’ont pas pu trouver leurs locaux dans Paris intra- muros où la vacance est extrêmement faible avec des taux inférieurs à 3 %.

Quant au segment des petites et moyennes surfaces, celles inférieures à 1 000 m2, l’activité a également connu un léger recul, en l’occurrence de 4 %, résultant, à notre sens, non pas d’un manque de dynamisme de la demande, mais plutôt de la prise à bail par les entreprises de surfaces flexibles dans les nouveaux centres de coworking. Des transactions qui ont été réalisées dans un marché moins transparent que celui des bureaux traditionnels. Au final, une excellente année pour JLL dans l’ensemble des créneaux de surfaces.

Comment se présente 2018 ?

L’année commence bien pour JLL avec plus de 90 000 m2 placés entre début janvier et mi-février dont, par exemple, Technip pour 53 000 m2 ; une autre entreprise pour 20 000 m2, avenue de France, dans le 13ème ou encore 5 600 m2 dans le parc Icade de Paris Nord 2. Nous anticipons une année 2018 aussi dynamique que 2017, avec un phénomène de pré commercialisation qui va, sans doute, s’accélérer dans Paris intra-muros et la probabilité d’une hausse des valeurs « prime » dans le QCA et très probablement sur l’ouest. Compte tenu de cette pénurie de bureaux de grande taille et de grande qualité dans Paris, la demande va enfin pouvoir se reporter vers les marchés de première couronne ou vers des opérations de grande qualité en pré commercialisation. A l’exemple de deux d’entre elles qui nous ont été confiées en commercialisation : les 50 000 m2 de « Trinity » d’Unibail-Rodamco à La Défense ou encore les plus de 30 000 m2 de « Magentik », ensemble développé par LaSalle Investment Management et JP Morgan à Montrouge (92).

Plus généralement, nous avons démarré 2018 avec une offre immédiate de 3,3 millions de mètres carrés, donc un taux de vacance sur l’ensemble de l’Ile-de-France en baisse à 6,4 %, ce qui nous permettra de réaliser encore de belles transactions…

A ce propos, quelle demande chez JLL ?

Nous travaillons actuellement avec une quinzaine de clients grands comptes sous mandats exclusifs de recherche portant sur des surfaces de plus de 5 000 m2 et représentant, au total, plus de 250 000 m2 de bureaux…

Vous avez fait référence aux loyers dans le QCA. Qu’en est-il plus généralement ?

Nous allons effectivement constater une augmentation des valeurs locatives dans Paris intra-muros et, en particulier, dans le QCA. Les valeurs économiques vont également remonter dans les secteurs d’affaires traditionnels tels que l’ouest francilien…

"Le Belvédère" à La Défense, dans lequel Spaces a pris 17 000 m2 : une transaction signée JLL.

« Le Belvédère » à La Défense, dans lequel Spaces a pris 17 000 m2 : une transaction signée JLL.

Un mot sur le commerce et la logistique ?

Après une année de prise de très beaux mandats en 2017 en commerce, nous développons l’activité et consolidons l’équipe. De son côté, le pôle industriel de JLL est également en pleine expansion et après une année 2017 très active, 2018 devrait également être particulièrement animée pour ce pôle industriel.

Plus généralement, quel développement pour l’équipe ?

Face à cette croissance de l’activité, nous avons poursuivi nos recrutements dans l’ensemble des équipes et avons continué notre travail d’adaptation rapide au marché. Nous avons ainsi créé une équipe « Grand Paris » en « mid market », dirigée par Rodolphe Mannier, ex-CBRE. Dans ce cadre, Nathalie Loisance, qui était responsable de Paris rive droite en « mid market », va accompagner la croissance de l’équipe commerce pour y développer son pôle investisseurs et Michael Teyssonneau, qui était responsable rive gauche « mid market », va consolider l’équipe grands projets dirigée par Yannis de Francesco. L’équipe « mid market » est dirigée par Séverine Pesic, avec trois responsables pour Paris intra- muros (Rodolphe Monnier), le Croissant Ouest (Yann Pena) et le Croissant Est (Paul Hausseguy). Côté petites et moyennes surfaces, Sébastien Masson poursuit l’expansion de son équipe de 45 collaborateurs avec un nouvel adjoint, Nicolas Denadiner, ex-Cushman & Wakefield, qui va s’occuper du QCA.

Au total, après avoir recruté une dizaine de collaborateurs en 2017, nous allons poursuivre avec le recrutement d’une quinzaine de nouveaux professionnels avant la fin 2018, sachant que nous valorisons et privilégions comme juniors notre pôle de stagiaires. Aujourd’hui, le département Agence regroupe 180 collaborateurs.

De nouvelles pistes de développement ?

Nous sommes très proches de nos collègues britanniques et suivons de près le mouvement du Brexit pour accueillir à Paris de nouveaux transfuges londoniens en « mid market » et en grands projets et nous sommes aussi très actifs dans l’accompagnement du remplissage des centres de nos différents partenaires en coworking. Compte tenu du déficit de mètres carrés disponibles dans Paris intra-muros, des opportunités d’implantation résident également pour les entreprises dans les centres d’affaires créés par les sociétés de coworking. Nous avons donc fait évoluer nos interventions pour offrir également un travail de qualité dans le remplissage de ces centres qu’ils aient été créés par des sociétés spécialisées ou des institutionnels qui s’intéressent au secteur, à l’exemple de Gecina ou de Foncière des Régions.

Et votre offre digitale ?

Après NxT Office, nous avons réalisé nos premiers rendez-vous pour notre nouvel outil NxT Retail qui nous permet d’accompagner les enseignes et investisseurs dans la compréhension du marché du commerce, mais aussi les prises de décision agiles et transparentes dans ce marché aujourd’hui opaque… Et nous poursuivons le développement de nos premières applications dans de nouvelles versions. Nous cherchons, en permanence, à améliorer nos outils existants et avons de nombreux projets cette année pour mettre en œuvre de nouvelles applications nous permettant de répondre toujours mieux à nos clients…

Thierry Mouthiez

Directeur de la rédaction

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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