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Nils Vinck (Cushman & Wakefield) : « la prime de risque immobilier conservera son attractivité »

InterviewsBureaux

le 23 Fév 2018

Avec 65 opérations réalisées pour un volume de quelque 5,2 milliards d’euros, le département « capital markets » de Cushman & Wakefield peut faire valoir de solides résultats pour 2017, année au cours de laquelle 17 nouveaux collaborateurs l’ont rejoint. Et son directeur, Nils Vinck, précise que « 2018 se présente bien ». Il en dit plus sur ses résultats et ses prévisions d’activité pour les mois à venir…

Quel bilan pour le département « capital markets » de Cushman & Wakefield en 2017 ?

L’année dernière, notre département a réalisé 65 opérations pour un volume total d’environ 5,2 milliards d’euros, en hausse de 58 % par rapport à 2016.A la faveur de ces résultats, nous avons atteint la troisième place du classement des conseils en investissement. Nous avons traité des opérations majeures comme la cession du portefeuille d’Adia (Abu Dhabi Investment Authority, ndlr), composé de l’ensemble « Ecowest », à Levallois-Perret (92) et du « 6-8 Haussmann », dans le 8ème arrondissement, dans le cadre d’un mandat exclusif ; la cession du « Wave », à Fontenay-sous-Bois (94), pour le compte du fonds allemand KGAL ou encore la cession de l’immeuble « Infinite », siège historique de RTL rue Bayard, dans le 8ème arrondissement. Nous pouvons aussi citer de nombreuses opérations en commerce comme la plus grosse cession en commerce de centre-ville en 2017, rue du Faubourg Saint-Honoré (8ème), pour près de 200 millions d’euros ou la cession d’un portefeuille européen de 27 magasins Ikea, dont 3 situés en France, pour ne citer que les plus emblématiques…

Quelle équipe et quel développement pour cette équipe ?

Comme prévu, nous avons poursuivi la consolidation de nos lignes de métiers historiques (bureaux et commerce) avec l’arrivée de 8 nouveaux collaborateurs courant 2017. Rappelons que l’équipe bureaux Ile-de- France est désormais segmentée en trois sous équipes : une équipe grands volumes (opérations supérieures à 70 millions d’euros) composée de 5 collaborateurs et placée sous ma responsabilité ; une équipe moyens volumes (opérations comprises entre 15 et 70 millions d’euros) composée de 5 collaborateurs également et placée sous la responsabilité de Mohamed Azroumbaze et une équipe petits volumes (opérations inférieures à 15 millions d’euros) composée de 3 collaborateurs et placée sous la responsabilité de Mélinda Langler. Sans compter une équipe dédiée à la vente des immeubles vacants aussi composée de 5 collaborateurs et placée sous la responsabilité de Mickael Hagege.

Par ailleurs, toujours pour l’équipe bureaux, les opérations en régions sont placées sous la responsabilité de Sébastien Nida en coordination avec nos 15 agences régionales. L’équipe commerce, dirigée par Vanessa Zouzowsky, est composée de 4 collaborateurs expérimentés qui interviennent sur l’ensemble du territoire national, que ce soit pour des actifs de centre-villes, des centres commerciaux ou des « retail parks ».

Nous avons également lancé deux nouvelles lignes de métiers en début d’année 2017 : le pôle résidentiel (ventes en bloc ou mixtes à dominante habitation, résidences seniors, résidences étudiantes) composée de 2 collabo- rateurs et placé sous la responsabilité de Chrystèle Villotte et le pôle logistique/activités placé sous la responsabilité de Stéphane Croxo. Sans oublier notre équipe support, qui regroupe une quinzaine de collaborateurs, placée sous la responsabilité d’Audrey Sahabna.

Au total, ce sont 17 nouveaux collaborateurs qui ont rejoint notre département en 2017. Forts de ces nombreux recrutements, nous avons atteint une taille critique qui nous permet de répondre à l’ensemble des besoins de nos clients. 2018 sera une année de consolidation, mais nous restons attentifs aux opportunités qui pourraient se présenter, notamment pour le développement des lignes logistique, régions et Vefa…

Quel volume d’activité en cours ?

L’année 2018 se présente bien avec un volume d’opérations en cours supérieur à 3 milliards d’euros, en hausse de 20 % par rapport à 2017, correspondant à près de 50 opérations réparties sur l’ensemble de nos lignes de métier.

Comment voyez-vous évoluer le marché en 2018 ?

En dépit des élections du 1er semestre, le volume d’investissement atteint en 2017, de l’ordre de 26 milliards d’euros, vient sans conteste concrétiser l’embellie de l’économie nationale et la confiance des investisseurs dans les fondamentaux du marché immobilier français. Sur cette base prometteuse et compte tenu de l’appétit toujours grand des investisseurs pour l’immobilier, le marché devrait se maintenir, voire accélérer en 2018, sous réserve que les vendeurs soient en nombre suffisant et que leurs attentes en terme de « pricing » soient raisonnables. L’effervescence observée sur le marché locatif des bureaux ou de la logistique ouvre de belles perspectives d’investissement pour 2018, estimées entre 26 et 28 milliards d’euros. La demande est bien là, surtout pour les actifs « value added », qui deviennent l’intérêt premier de nombreux acteurs du marché ; reste à identifier, voire provoquer les bonnes opportunités pour nos clients acheteurs…

Quelle évolution pour les taux de rendement ?

Nous sommes probablement arrivés à un point bas en ce qui concerne les taux de rendement « prime ». Bien évidemment, nous sommes attentifs à la politique monétaire de la Fed et de la BCE qui, dans le processus de ralentissement du « quantative easing », devraient relever les taux d’intérêt, très graduellement sur la deuxième partie de l’année. Le marché immobilier devra donc se réajuster en conséquence au travers des taux de rendement, mais dans une très faible amplitude —de 15 à 25 points de base— et sur quelques marchés où ces taux ont atteint des niveaux réellement plancher. La prime de risque immobilier conservera, cependant, son attractivité, continuant ainsi de drainer une masse importante de capitaux vers notre marché hexagonal…

Thierry Mouthiez

Directeur de la rédaction

Édito
par Pascal Bonnefille

le 21/09/2018

Les bureaux : jamais plus « comme avant » !

Il ne se passe pas de jours où la découverte de nouveaux lieux, de nouveaux sièges sociaux ne démontrent une réalité qui s’est imposée. Nous ne pourrons plus concevoir les bureaux « comme avant ». Avant quoi d’ailleurs ? Avant la révolution du coworking, du flex (quel qu’en soit le degré), du « workwell » comme dirait la dynamisante Anne Schneegants dont les locaux sont inspirants.

Ce matin encore, visitant le «show-room » Vitra, à l’invitation d’Isabelle de Ponfilly, dont le professionnalisme et la disponibilité sont bien connus, il était évident, pour les participantes (j’étais le seul homme), que plus personne ne voulait de bureaux « comme autrefois ». Et que toutes les structures immobilières s’y prêtent à merveille. A l’origine, Vitra avait d’ailleurs choisi comme lieu de présentation, une ancienne usine. Aujourd’hui, c’est dans de l’haussmannien (superbement réhabilité par Groupama Immobilier – bravo Eric Donnet) que les meubles, et peut-être surtout les ambiances sont présentés. Et les stucs XIXème sont parfaitement cohérents avec le design le plus contemporain (on rêve face aux « grands classiques » du design, mais on admire beaucoup le travail des frères Bouirroulec).

C’est tout un symbole pour l’immobilier : la modernité peut être partout implantée et pas seulement à La Défense. Simplement, les usages ne peuvent, définitivement plus, être conçus de la même manière. Adieu aux salles de réunions inutilisées les trois quarts du temps, adieu aux entrées vides et inutiles, adieu aux bureaux des « chefs » qui comptaient leur pouvoir au nombre de fenêtres et/ou de lampes, de canapés… ou de téléphones. Et tout le monde est concerné ! Etant l’invité d’une grande structure publique à Bordeaux, je rencontrais hier son responsable qui précisait que son premier geste avait été de ne plus occuper le vaste bureau (beaucoup de fenêtres !) de son prédécesseur et d’utiliser sa propre pièce de travail comme une salle de réunion, d’échanges (on allait dire de vie !). Il y a certainement des inconvénients à ces nouvelles formes de travail, mais mesurons-en les avantages. Et, même pour une petite PME comme la nôtre, le défi est enclenché. Dès l’année prochaine, nous concevrons « autrement » nos propres bureaux. Et certainement pas « comme avant » !

Portrait

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