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Olivier Boussard, Crédit Foncier Immobilier : « des bons résultats qui devraient se poursuivre »…

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le 24 Mai 2018

Une année 2018 placée sous le signe de la croissance : c’est ce qui se dessine pour Crédit Foncier Immobilier selon son directeur général délégué, Olivier Boussard. Et, au regard des premiers indicateurs de résultats, son optimisme semble tout à fait justifié…

Quels sont les sujets sur lesquels Crédit Foncier Immobilier est présent et quels sont les chiffres marquants de ce début d’année ?
Crédit Foncier Immobilier (CFI) offre une gamme complète de prestations, du conseil à la commercialisation, en passant par l’expertise, la gestion et l’audit de biens résidentiels, tertiaires ou commerciaux. Nous sommes le seul professionnel à proposer trois canaux de commercialisation que sont la vente en bloc, la vente debout par l’intermédiaire de réseaux de prescripteurs (groupe BPCE, Allianz) et la vente assise à des acquéreurs particuliers en résidence principale… Depuis le début d’année, CFI a accru de 38 % ses résultats en matière d’immobilier direct résidentiel, avec 450 réservations à fin avril 2018. Ces bons résultats, qui devraient se poursuivre, sont, certes liés aux taux du crédit toujours bas et à l’appétence des ménages pour le dispositif Pinel, mais également à la sécurité du produit que nous proposons, puisque les logements vendus par CFI offrent à leurs acquéreurs des loyers garantis sur  fonds propres.

Comment s’annonce 2018 pour CFI ?
En 2018, la croissance de nos résultats continuera d’être portée par un moteur important qu’est la distribution de résidentiel neuf à travers les réseaux BPCE et Allianz. Nous réalisons actuellement 65 % de notre résultat avec le groupe Banque Populaire/Caisses d’Epargne et le potentiel de développement est, ici, significatif. En 2017, nous avons signé, dans ce cadre, 1 300 actes de vente. Nous ambitionnons, à horizon quatre ans, d’atteindre 3 000 ventes. Autre moteur de développement, l’immobilier ancien, avec une moyenne de 300 ventes par an. Ce marché s’est, depuis deux ans, redynamisé et nous avons reconstitué en partie le stock de logements en vente, après notamment la remise sur le marché des opérations issues des « fins de vie » de SCPI Robien. Nous travaillons ce sujet pour le compte de SCPI gérées par Immovalor, Ciloger… Un autre axe de développement important est le secteur du logement social, sur lequel nous sommes historiquement présents depuis longtemps. Nous venons, par exemple, de gagner un nouvel appel d’offres de 3F qui nous confie, pour une durée de quatre ans, près de 1 300 logements à arbitrer (ventes aux locataires et ventes des logements vacants). Nous travaillons également, sur ce même thème, avec Logement Français et Foncière Logement.

Que pensez-vous du dernier référé de la Cour des Comptes très critique sur l’immobilier direct ? Craignez-vous un contrecoup sur le comportement des acquéreurs potentiels ?
C’est un serpent de mer. Certes, il est vrai que des dispositifs fiscaux ont parfois été mal utilisés, mais il ne faut pas perdre de vue que l’investissement locatif permet aussi de créer des logements. Or, il manque des logements en France et notamment des logements intermédiaires. La réalité est que, par ces dispositifs, le particulier se substitue aux pouvoirs publics et c’est sans compter la création d’emplois que cela entraîne, la TVA versée par les entrepreneurs et les droits de mutation perçus. On ne peut empêcher les ménages de vouloir se constituer un patrimoine.

Vous intervenez également sur le marché des bureaux, qu’en est-il de cette activité ?
Le département capital markets,  qui couvre à la fois le bureau et le résidentiel, est, en effet, un autre moteur de développement de CFI Immobilier. Nous avons, ici aussi, réalisé une belle année 2017, avec une progression des résultats de 14 %. Trois recrutements sont en cours pour étoffer l’équipe. Le premier trimestre 2018 a démarré très fort, avec 10 opérations actées et sous promesse, dont notamment « AXE Défense », 9 000 m² de bureaux vendus à Bouygues immobilier ou encore « A City »,  8 500 m² de bureaux et commerces à Rueil-Malmaison. Nous allons lancer 14 opérations, dont quelques-unes emblématiques parmi lesquelles un immeuble de bureaux de 14 000 m2 à l’Est de Paris ; un ensemble de deux hôtels particuliers avenue de Iéna (16ème) ; un immeuble de 2 350 m² de bureaux à Boulogne-Billancourt ;  un portefeuille résidentiel de 26 500 m2 (soit 9 immeubles) pour le compte de la Caisse des Dépôts Paca dans le sud-est de la France. Nous lançons, aussi, le marketing pour un immeuble de 6 000 m2 de logement dans le sud ; un bel immeuble haussmannien  de 11 000 m2 dans le 17ème arrondissement de Paris et une charge foncière de 23 000 m2 constructibles à Lognes (77).

L’équipe CFI va donc s’agrandir ?
Elle l’a déjà fait puisque nous avons recruté 14 personnes en 2017. En 2018, nous recruterons de nouveau 12 collaborateurs…

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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