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Pierre Sorel (Sogeprom) : « être acteur de la ville »

- Le - par Jean-Baptiste Favier

Avec un chiffre d’affaires qui frôle le milliard d’euros, Sogeprom fait partie des « poids lourds » de la promotion immobilière française. La société a engagé une mutation de ses méthodes de travail, de sa capacité à répondre aux appels d’offres de grande envergure et de livrer des immeubles toujours plus performants… sous l’impulsion de son directeur général, Pierre Sorel. Premier acte, l’installation dans « Ampère e+ », à La Défense. Il en dit plus sur cette « révolution managériale » et dresse un bilan de son activité tertiaire.

Quel premier bilan faites-vous de 2017 et comment voyez-vous votre activité évoluer d’ici la fin de l’année ?

Nous avions réalisé près d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2016 ; nous devrions connaître ce même niveau cette année, sachant que notre activité dans le tertiaire représente environ 20 % de ce montant. Ce marché bénéficie actuellement d’une conjoncture très favorable.

Quel est votre axe de développement dans l’immobilier tertiaire ?

Les marchés sur lesquels nous sommes le plus présents sont l’Ile-de-France, Lyon et Lille. Nous observons un fort dynamisme dans ces trois régions.

Quels sont vos projets en cours ?

Nous développons, à Lille, l’immeuble " Wap " : un ensemble tout en bois représentant 3 000 m2 que nous livrons le mois prochain. C’était pour nous l’occasion de tester ce mode constructif et, au final, nous en sommes très satisfaits, convaincus de l’intérêt de telles constructions ; non seulement pour les arguments écologiques indéniables et le côté esthétique, mais aussi pour les délais de construction records : proposer à un propriétaire ou à un utilisateur de livrer son immeuble 8 mois après la prise de décision, ce n’est pas négligeable dans la négociation !

Répondez-vous ici à une demande bien précise pour ces immeubles " de petite taille " ?

Nous possédons un véritable savoir-faire dans le développement d’immeubles de bureaux de taille modeste — en général, 1 000 à 5 000 m2 -, plutôt destinés à un unique utilisateur. Ce savoir- faire nous vient des parcs d’activités que nous développions il y a plusieurs années, à l’époque où ce modèle était à la mode !

D’autre part, nous bénéficions de toute une clientèle — particuliers comme " family offices " — au sein de la banque privée de notre maison-mère qui souhaite investir dans ce type de produit, notamment parce que le montant unitaire de ces immeubles — quelques millions d’euros—, correspond bien à leur allocation d’investissement.

Parmi les autres opérations à cette échelle, citons, notamment, le projet de réhabilitation des Halles Berliet, à Lyon, comme d’autres à Clichy, à Montpellier…

Des projets de plus grande envergure ?

Bien sûr, nous disposons, dans notre pipeline, d’opérations de plus grande taille, entre 10 000 et 20 000 m2. Je pense en particulier à la restructuration lourde que nous avons lancée du 83, avenue de la Grande Armée, ancien siège de Invivo, qui développe environ 10 000m2. Mais aussi à Saint-Ouen, le développement de 25 000 m2, très bien desservis, avec un potentiel d’aménagement en campus… Nous sommes convaincus que le programme trouvera preneur rapidement. Nous sommes également positionnés sur différents concours : 11 000 m2 à Lille, un autre à Lyon…

Outre l’habitation et le bureau, vous intéressez-vous aux autres typologies d’actifs ?

Nous développons plusieurs opérations hors bureaux, notamment en hôtellerie et en commerce. Ainsi, à Lille, nous restructurons un hôtel de petite envergure rue Nationale. En commerces, nous répondons activement à plusieurs concours…

"Wap" : un ensemble de 3 000 m2 tout en bois, réalisé par Sogeprom

" Wap " : un ensemble de 3 000 m2 tout en bois, réalisé par Sogeprom

Quelle équipe aujourd’hui ?

Nous sommes, au total, 280 au sein de Sogeprom, la moitié en régions et l’autre au sein de " Ampère e+ ", à Courbevoie. La moyenne d’âge globaleestde35ansetplusde60%denos salariés sont cadres. Nos ambitions de recru- tement sont assez fortes: nous avons pour objectif d’être 420 à horizon 2020. Nous visons aujourd’hui le recrutement de spécialistes, d’experts dans leur domaine. Nous sommes à la recherche, comme beaucoup de promoteurs d’ailleurs, de profils type développeurs, responsables de programmes, techniciens… Finalement, le challenge c’est de garder ces talents, dans un environnement très concurrentiel.

Vous évoquez votre nouveau siège social, " Ampère e+ "…

Ce nouveau lieu de travail répond à une logique managériale que j’ai voulu impulser à mon arrivée, basée sur la confiance et la bienveillance envers mes collaborateurs. Outre le concentré de technologies et d’innovation, notamment en matière de gestion des fluides, cet immeuble est parfaitement adapté aux modes de travail — collaboratifs, innovants et en toute ouverture d’esprit — que je souhaite favoriser. Notre rôle de " bétonnier " est désormais révolu. Au travers de concours et d’appels à projets " XXL ", nous avons été obligés —de manière salutaire !— d’aller beaucoup plus loin dans le rôle que joue le bâtiment et ses interactions avec la ville. La taille de notre groupe nous permet d’être un acteur de la ville, de répondre aux attentes des citoyens et de leurs élus. Et donc notre objectif, notre but dans les mois qui viennent, est d’identifier et créer des partenariats avec les meilleurs acteurs de la ville afin de collaborer à son amélioration : gestion d’eau, d’énergie, des déchets, transports… Et cette logique de partenariat, nous l’avons appliqué à nous-mêmes au sein d' "Ampère e+ " : chaque technologie de pointe qui y est installée est le fruit d’un partenariat avec les entreprises innovantes de leur secteur.

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

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