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Trois questions à Robin Rivaton

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le 05 Avr 2018

©Gaël Dupret, France, Paris le 15-11-2017 : Les Trophées Logement et Territoires 2017 The Housing and Territory Trophies 2017 Photo : Robin RIVATON

Le Cercle Pierres d’Angle organise le 6 avril prochain un atelier débat sur les startup, l’avenir de l’immobilier demain ? Avec Robin Rivaton, directeur général de Paris Régions Entreprises et auteur de « L’immobilier demain : la Real Estech, des rentiers aux entrepreneurs ». Pour cette occasion, Robin Rivaton répond, en avant première, à quelques questions…

Vous avez présenté début 2018 le 1er baromètre des startup de la RealEstech. Quelles sont les grandes tendances ?

Les startup de la Real Estech sont de plus en plus nombreuses. Sur les 400 que nous recensons, plus de 60 % ont été créées en 2015, 2016 et 2017. Si au début elles se concentraient sur les nouveaux usages à l’intérieur du bâtiment, aujourd’hui elles s’attaquent à tous les segments de la chaîne de valeur en allant autant sur la construction que la transaction ou la gestion immobilière. Le profil des fondateurs a aussi évolué avec de plus en plus de cadres expérimentés issus d’entreprises établies qui décident de lancer eux-mêmes des solutions innovantes à ce qu’ils ont perçu comme des problèmes.

Quel est l’apport des startup pour innover dans le secteur de l’immobilier ? Une collaboration facile avec les autres acteurs du secteur ?

La collaboration entre des startup et des groupes établis n’est pas chose aisée. Mais elle a tant à offrir. Ces nouveaux acteurs arrivent aujourd’hui avec de nombreuses solutions B2B qui permettent de réaliser d’importants gains de productivité, à condition d’adapter les organisations à ces nouveaux outils. Cette complémentarité ne doit pas masquer que la relation peut parfois être concurrentielle. Et c’est tant mieux, cette concurrence supplémentaire fait partie nécessairement du choc d’offre. De nombreuses entreprises établies sont, elles aussi, innovantes.

Vous rencontrez les membres du Cercle Pierres d’Angle le 6 avril prochain. Ce cercle est dédié aux directeurs communication et marketing de l’immobilier, un message spécifique à leur adresser sur l’immobilier de demain ?

Le message que nous prônons chez Real Estech est simple : l’immobilier doit changer pour mieux répondre aux besoins des consommateurs. La hausse continue du poids de l’immobilier dans le budget des Français n’est plus tenable. Pour répondre au triple défi de produire plus, produire mieux et avec une moindre empreinte carbone, il faut mobiliser les technologies numériques afin de rendre les marchés plus transparents, réduire la vacance, aller plus vite. Ces nouveaux outils vont avoir un impact sur les organisations actuelles autant que sur le partage de la valeur. Il n’y a pas de tsunami, mais le changement est inéluctable donc autant s’y préparer.

Propos recueillis par Caroline Albenque

Robin Rivaton, diplômé de Sciences Po (2012), a commencé sa carrière dans un grand cabinet de conseil en stratégie (BCG) avant de devenir conseiller du président directeur général d’Aéroports de Paris, puis conseiller de Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France, sur les questions économiques. Il devient, en septembre 2016, directeur général de Paris Region Entreprises, l’agence en charge de l’attractivité et de la promotion de l’Ile-de-France. Il devient également coordinateur de la cellule « Choose Paris Region » mise en place par les autorités publiques suite au Brexit, afin d’accueillir en France de nouveaux investisseurs étrangers.

Pour toute information sur le Cercle Pierres d’Angle, contactez Caroline Albenque : calbenque@immoweek.fr

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Arthur de Boutiny

le 24/04/2018

HQE, BREEAM, Leed et consorts…

Lancé en novembre, le label Intairieur se propose de mesurer et contrôler la qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments. « On sait désormais que l’air intérieur est cinq à dix fois plus pollué qu’à l’extérieur (…) et est responsable de près de 20 000 décès prématurés par an en France, tandis qu’on estime à 19 milliards d’euros son coût socio-économique ». Ce protocole de valorisation de la qualité de l’air intérieur va être repris par Bouygues Immobilier pour son programme « Oreka », à Bayonne (64). On le voit, les labels et autres certifications deviennent de plus en plus nombreux et, pour le commun des mortels comme pour les professionnels, il devient difficile de s’y retrouver.

Acermi, BBCA, BiodiverCity, Biosourcé, BREEAM, CSTBat, Eco Artisan, Effinergie, Habitat et Environnement, Leed, Minergie, NF HQE, Passivahaus, Qualitel, Well… Citer les quelque 4 000 normes se rapportant au bâtiment serait fastidieux et tiendrait de la liste de Prévert, mais le Grenelle de l’Environnement, la Cop21 et l’Accord de Paris ont fortement favorisé la multiplication des certifications, qui sont pour près de 98 % d’entre elles d’application volontaire et résultent d’une stratégie. Une trinité se détache néanmoins : HQE, BREEAM et Leed.

Outre les questions de chauvinisme, entre la norme française HQE, l’anglaise BREEAM et l’américaine Leed, il y a, bien sûr, le souhait d’attirer des entreprises internationales dans les bureaux. HQE se focalise sur l’éco-construction, l’éco-gestion, le confort et le santé et permet de bénéficier des labels d’Etat de HPE (haute performance énergétique) et BBC (bâtiment basse consommation) ; délivré par Certivéa, il est bien plus cher que celui de ses concurrentes, un coût à relativiser par rapport aux coûts d’investissements mobilisés sur ces projets. BREEAM se focalise, quant à elle, sur 10 thématiques environnementales, rend obligatoire le recrutement d’un écologue et a pour elle un process de certification allégé et un coût bas. Quant à Leed, encore timide dans l’Hexagone, elle a pour elle une saisie du dossier simple sur une plate-forme en ligne, mais a contre elle des références, des normes et des produits peu reconnus en Europe, tout en rendant incontournable le « commissioning » : ce processus d’assurance de la qualité, qui s’étend sur toute la durée des étapes de développement, réalisation, mise en service et exploitation du bâtiment, est un pré-requis pour l’obtention de la certification. Les sujets traités par ces certifications étant les mêmes, les acteurs de l’immobilier choisissent de plus en plus souvent la triple certification.

Si les certifications tiennent de la forêt vierge, il faut néanmoins remarquer que leur emploi de plus en plus massif est une preuve évidente de l’intérêt des professionnels de l’immobilier pour le développement durable et une adéquation des bâtiments à de tels objectifs… Comme si la complexité des labels était proportionnelle à celle du défi de l’écologie…

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