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Le gouvernement débloque un million d’euros contre la « dévitalisation commerciale » des centre-villes

ActualitésTerritoires

le 20 Oct 2016

Le gouvernement débloque une enveloppe d’un million d’euros pour lutter contre la « dévitalisation commerciale » des centre-villes, où les fermetures de magasins se multiplient. Un phénomène qui frappe particulièrement les villes moyennes, d’après une étude officielle.

« Aujourd’hui un local commercial sur dix est inoccupé » et cette « désertification des centres urbains (…) est inquiétante. Il n’est plus possible de continuer » a déclaré la secrétaire d’État au Commerce, Martine Pinville, lors de la remise d’un rapport sur la revitalisation des commerces de centre-ville.
Un million d’euros du Fisac (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce) va « financer, dès que possible, les stratégies de développement urbain, les nouveaux partenariats entre les acteurs publics et privés et le développement du management de centre-ville » a déclaré la secrétaire d’Etat.
Elle préconise « d’intégrer le commerce de centre-ville au sein des stratégies d’urbanisme dans leur globalité », notamment dans les schémas de cohérence territoriale, les plans locaux d’urbanisme intercommunal et les schémas régionaux d’aménagement du territoire.
« C’est aux décideurs locaux d’aider chacun à trouver sa place », a estimé la secrétaire d’État, préconisant une concertation plus grande entre les structures publiques, les élus et les organisations de commerçants. Pour faciliter ce dialogue, Martine Pinville propose la création d’un site internet dédié où les acteurs pourraient échanger et retrouver l’ensemble des contacts dont ils ont besoin.

Le cadre législatif et réglementaire en matière d’installation commerciale, qui a « permis l’installation massive de grandes surfaces commerciales » en périphérie des villes concurrençant directement les petits commerçants urbains, doit être « réétudié », a dit la secrétaire d’Etat. « Nous devons trouver dans la cadre européen ou, s’il le faut, en le faisant modifier, des leviers pour adapter notre réglementation de l’urbanisme commercial pour les villes moyennes », estime-t-elle.
La secrétaire d’État souhaite valoriser davantage les initiatives individuelles prises par certaines collectivités, comme la nomination de managers de centre-villes, chargés d’animer et de réallouer les locaux commerciaux de centre-ville.
Elle a également salué, lors d’une visite, le jeudi 20 octobre au matin, la création de « Ma boutique à l’essai », à l’initiative de la ville de Noyon, qui permet aux aspirants commerçants de tester la viabilité de leur concept commercial au sein d’une boutique-pilote. Ces « expérimentations de « revitalisation » doivent être encouragées, de même que l’accélération de la transition numérique des petits commerçants », juge Martine Pinville.

Un local commercial sur dix déserté

Le taux de vacance commerciale, c’est-à-dire des locaux commerciaux qui ne trouvent pas preneur, a ainsi atteint 10 % en 2015, dans l’ensemble de l’Hexagone, contre 6,1 % en 2001, selon un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) et du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD).
Ce mouvement est particulièrement marqué dans les villes moyennes, avec un taux de vacance qui dépasse les 10 % dans 55 % d’entre elles, selon les données de l’IGF, recueillies en collaboration avec l’Institut pour la Ville et le Commerce.
Certaines villes sont particulièrement touchées comme Béziers, où 24,4 % des locaux commerciaux ont baissé le rideau, Châtellerault (22,5 % de vacance), Forbach (21,9 %), Saint-Brieuc (18,9 %) ou Montélimar (18,4 %).
Mais le phénomène de dévitalisation commerciale est un problème général, 87 % des centre-villes français ayant vu leur taux de vacance commerciale augmenter entre 2001 et 2015. Ce phénomène est causé par différents facteurs lié d’une part à l’attractivité générale des villes (perte de population, tissu économique fragile, accessibilité…), mais aussi à la « structuration » du tissu commercial (notamment la prédominance des parcs d’activités commerciaux en périphérie, qui concurrencent les petits commerces des centres) et à des problématiques fiscales ou immobilières (loyers, taxes…).

La secrétaire d’État prévoit de réunir fin novembre une commission de concertation du commerce, dont une thématique sera consacrée aux centre-villes. Des États généraux du développement des centre-villes devraient également avoir lieu début 2017. (AFP)

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Pascal Bonnefille

le 25/05/2018

Est-il possible de limiter la « révolution Airbnb » ?

La révolution engendrée par les plate-formes type Airbnb n’en finit pas de faire des vagues. Après New York, comme Paris, qui tentent d’endiguer le flot (mais essayer n’est pas réussir…), Amsterdam vient d’annoncer qu’à partir du 1er janvier prochain, les locations de ce type ne devront pas dépasser 30 jours – contre 60 actuellement –, et que les quartiers les plus prisés des touristes seront tout simplement interdits aux utilisateurs de la plate-forme.

A Madrid, même combat : la municipalité s’est fixé pour objectif d’ici la fin de l’année de rendre 95 % des appartements impossibles à louer légalement sur ces sites. Pour obtenir l’autorisation, les propriétaires devront, en effet, prouver que leur logement dispose d’une entrée indépendante du reste de l’immeuble, comme pour un hôtel. Une condition qui limite (beaucoup !) les offres possibles.
Mais on ne peut que constater l’impuissance relative des élus face à la déferlante : les réglementations n’empêchent pas la fraude ; parfois, au contraire, elles la stimulent (les Américains ont bien connu cela au moment de la prohibition…). Dans une étude publiée au début de l’année, l’université canadienne McGill, de Montréal, a en effet tenté d’évaluer l’impact du développement d’Airbnb à New York. Constatation sans appel : les deux tiers des revenus générés par Airbnb proviennent de locations illégales au regard de la réglementation en vigueur dans la Big Apple et 45 % des logements proposés sur le site l’année dernière ne la respectaient pas davantage. On ne dispose pas de chiffres pour Paris mais on subodore qu’ils pourraient être proches. Car quel Parisien, notamment un habitant du centre, ne voit pas défiler dans le hall de son immeuble de nouveaux occupants, souvent accompagnés de lourdes valises à roulettes, et qui ne restent que quelques jours ? Les conséquences, immobilières, sociales, économiques de la « révolution » Airbnb n’ont donc certainement pas fini de faire parler d’elles…

Portrait

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