Chargement

retour Accueil > Commerces > Interviews > Antoine Salmon (Knight Frank) : pourquoi Ikea a...

Antoine Salmon (Knight Frank) : pourquoi Ikea a choisi La Madeleine

InterviewsCommerces

le 17 Avr 2018

Suite à l’annonce de l’arrivée d’Ikea dans le centre de Paris pour l’été 2019, nous avons interrogé Antoine Salmon, directeur du département commerce locatif de Knight Frank, qui a réalisé la transaction.

Pourquoi le choix d’Ikea de s’implanter dans les Trois Quartiers ?

L’enseigne Ikea cherchait à s’installer dans Paris depuis plusieurs années, mais compte tenu de la rareté de l’offre, l’opportunité d’une adresse comme le 23, boulevard de la Madeleine a accéléré la décision de prendre en location cette surface. De manière générale, Ikea est propriétaire de son immobilier, mais au regard de l’importance de cet emplacement de choix, a décidé de louer. L’emplacement crée l’opportunité et pour l’enseigne, l’adresse, la surface, l’accessibilité en transport en commun (aspect central de l’adresse), la visibilité (circulation) et la surface linéaire qui doit osciller les 100 mètres, ont été des éléments majeurs qui ont conduit cette transaction à être bouclée en trois mois.
Avec l’arrivée d’Ikea, le secteur de la maison qui compte déjà des locomotives comme Darty, Boulanger, Leroy Merlin, se renforce considérablement dans ce quartier, bien connu également pour son épicerie haut-de-gamme, avec Fauchon notamment.

Ce magasin sera-t-il semblable à ceux que l’on trouve en périphérie ?

Il s’agira là d’un tout nouveau concept. Pour son magasin, le groupe investira 6,6 millions d’euros de travaux et réaménagement et proposera une toute nouvelle manière de présenter son offre, grâce au développement de services et du digital.
Pour mémoire, la surface commerciale prise en location s’élève à 6 000 m2 avec la répartition suivante : 2 500 m2 en rez-de-chaussée et 3 500 m2 au 1er étage. La surface de vente, quant à elle, s’élève à 5 000 m2.

Comment qualifiez-vous cette transaction ?

Il s’agit là d’une très grande transaction dans le centre de Paris et ce type de transaction n’est pas fréquent. Pour ne prendre qu’un exemple, la dernière concernait Leroy Merlin à La Madeleine… C’est, par ailleurs, une première mondiale pour la marque Ikea présente maintenant dans quatre grandes métropoles dans le monde : New York, Londres, Shanghai et aujourd’hui Paris.

Comment se porte le marché des grandes surfaces à Paris ?

Le marché des grandes surfaces, bien situées, reste un marché rare et, en même temps, chacun sait qu’il n’y a pas pléthore de très grandes surfaces en centre-ville (5 000-7 000 m2). Ceci explique aussi pourquoi cette transaction est exceptionnelle.

Cette signature est aussi importante pour Knight Frank…

Depuis près de deux ans maintenant, Knight Frank se positionne comme un acteur majeur en immobilier d’entreprise et en commerce. Avec une transaction comme celle d’Ikea ou encore l’implantation de Pierre Hermé l’an passé, cela conforte notre position sur le marché.

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Pascal Bonnefille

le 27/07/2018

Vacances : j’oublie tout (ou presque)…

Avant la rupture du mois d’août, grande tradition hexagonale qu’Immoweek respecte en interrompant ce « 13 heures » jusqu’au 20 août, il n’est pas inutile de dresser un bilan, rapide, de la situation des marchés et des professionnels qui les font vivre. On a déjà eu l’occasion de le constater : le secteur immobilier vit actuellement une forme de schizophrénie ou, si l’on préfère, joue en même temps à Jean qui rit et Jean qui pleure. Côté larmes, on sent pointer l’inquiétude de la FFB avec tous les acteurs concernés, promoteurs au premier rang, analysant la baisse des mises en chantier, dans le secteur social comme dans celui des maisons individuelles. Le monde HLM, majoritairement, soumis à une réforme qui va tailler dans les structures, changer les mécanismes, est aussi inquiet. Côté joies, on comptera bien sûr le monde de l’immobilier d’entreprise, qui dans la promotion comme dans l’investissement, dans la location (avec le meilleur 1er semestre depuis 10 ans !) comme dans la gestion voit la vie en rose.

Mais cette situation, différenciée, n’est pas si facile à présenter- on allait dire à défendre !- aux pouvoirs publics, aux responsables de la Cohésion des territoires, comme à Bercy, toujours là pour serrer les cordons de la bourse. Car les résultats des promoteurs sont excellents (nous ne reprendrons pas la litanie des chiffres 2017, souvent records), ceux des foncières également (même si la Bourse ne leur est pas favorable en ce moment) et les innovations, les start-ups, les nouvelles générations sont de plus en plus présentes, parfois au premier plan. Bref, le secteur ne dort pas et n’a pas dormi. On peut être certain qu’après ces quelques jours, nous retrouverons un secteur en pleine rénovation – le mot est choisi. Comme toujours, les mutations seront parfois difficiles, et même douloureuses : espérons en commun que les nuages iront en s’éclaircissant, même dans le secteur HLM. Et que nous pourrons collectivement tout oublier (ou presque) pendant ces vacances que nous vous souhaitons belles, reposantes ou au contraire dynamisantes, en tout cas heureuses.

Portrait

Chargement