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David Brami (Point de Vente) : « pérenniser notre croissance et nous diversifier »

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le 06 Juin 2018

Les panneaux de vente du réseau créé il y a huit ans par David Brami et Jonathan Sitruk essaiment la Capitale, et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Point de Vente affiche une santé de fer et une volonté de se développer à grande vitesse… mais toujours au bon moment. David Brami nous dévoile la stratégie du groupe, qui souhaite non seulement couvrir tous les pans du marché des commerces, mais aussi se diversifier.

Quel bilan pour Point de Vente aujourd’hui ?
En quelques années, nous avons réussi à nous imposer sur le marché de l’immobilier commercial, notamment en Ile-de-France. L’agence compte actuellement plus de 30 collaborateurs et nous avons réalisé une progression record, annuelle, de notre chiffre d’affaires de plus de 62 %. Notre but est d’apporter, à quelqu’un qui cherche un commerce, le plus grand nombre d’offres immobilières que peut proposer le marché. Nous disposons aujourd’hui de plus de 3 000 mandats disponibles, ce qui représente la quasi-totalité du marché de la région parisienne. Nous avions les produits classiques : fonds de commerce, cessions de droit au bail, location et vente de de boutiques – (plus de 300 murs en mandat actuellement). Nous avons ajouté, mi-2017, les liquidations judiciaires ; un marché pour le moins fermé et pour lequel nous avons recruté des spécialistes bien informés… Nous avons également développé un département pop-up stores, et un autre spécialisé dans l’investissement et l’arbitrage. En moyenne pour 2017, nous avons réalisé plus d’une transaction par jour.

Des exemples ?
Parmi les transactions locatives les plus significatives, nous nous sommes occupés de l’enseigne Côme, qui nous a confié l’exclusivité de son développement ; cinq transactions ont couronné de succès la mission, trois signées – à Beaugrenelle, rue Bachaumont et boulevard Haussmann – et deux encore en cours. Nous avons aussi installé la première boutique physique de Ulule rue de Cléry. Le premier site européen de crowdfunding y développe un concept novateur où les participants peuvent venir rencontrer – en chair et en os – les porteurs de projets.
En matière d’investissement, activité qui a augmenté de 27 % en un an, nous avons vendu au total 50 murs de boutiques occupés en 2017. Nous avons également vendu trois immeubles en bloc, dont un situé dans le village d’Auteuil, dans le 16ème arrondissement parisien, pour 7,1 millions d’euros par une mutuelle d’assurance.

Le département capital markets est donc actif sur le marché…
Non seulement il est actif, mais nous sommes de plus en plus interrogés par des investisseurs institutionnels et des foncières souhaitant nous confier leurs arbitrages. Une belle preuve que notre stratégie de développement va dans le bon sens. Nous disposons actuellement de deux mandats exclusifs de développement immobilier, qui nous ont été confiés par deux institutionnels : la MDD – Mutuelle des douanes – et la Masfip – Mutuelle d’action sociale des finances publiques. Ces deux mandats portent sur du commerce, des boutiques en l’occurrence, mais aussi du bureau et des immeubles entiers, type habitation avec commerce en pied. Et pour la Masfip, nous avons déjà investi en 2017 dans 13 actifs, soit la somme de 8 millions d’euros.

Un mot sur votre département Assets/Property ?
C’est une activité en progression. Nous avons augmenté, en un an, le nombre de lots gérés de 18 %.

Vous avez également lancé de nouveaux outils sur votre site internet
La digitalisation de nos activités et de nos outils est un vecteur fort de notre stratégie. Nous avons en effet lancé notre « argus de l’enseigne », permettant à notre internaute de calculer avec précision la valeur locative de n’importe quel bien dans Paris. Nous comptons élargir le champ géographique à l’Ile-de-France et pour cela, allons collecter des données auprès de nos confrères, avocats, notaires. Une nouvelle version de notre site internet a vu le jour en 2017 avec la possibilité d’affiner les critères de recherche et de filtrage notamment par type d’activité commerciale.

Quel développement à venir ?
Notre réel objectif pour l’avenir, après huit années d’activité, c’est de pérenniser notre croissance. Même si notre progression du chiffre d’affaires est bien évidemment réjouissante, cela ne suffira pas à stabiliser notre business model. Le but est de développer de nouveaux canaux pour continuer à croître. Et pour cela, nous recrutons activement des consultants de talent, spécialistes dans leur domaine.
Autre relais de croissance : la diversification. La création d’Officity fait écho à cette logique : une entité indépendante, ouverte en septembre dernier et spécialisée en immobilier d’entreprise. Le but est de dupliquer le modèle de Point de Vente, en gardant la même stratégie de différenciation.

Un marché déjà très concurrentiel…
C’est vrai. Mais cette création émane d’une demande forte de la part de nos clients existants, qui nous font confiance depuis plusieurs années, et qui nous ont expressément demandé de gérer leur immobilier de bureau : institutionnels, « family offices », indépendants… Après s’être longtemps refusés à se diversifier afin de consolider notre cœur de métier, le commerce, nous estimons qu’il est temps pour nous de nous lancer dans ce secteur de l’immobilier d’entreprise.
L’équipe est, pour le moment, composée de cinq personnes et nous avons pour objectif de la faire doubler à fin 2018.

D’autres secteurs qui vous intéressent ?
Oui. Nous aimerions nous lancer dans le marché résidentiel en 2019. Mais il est encore un peu tôt pour en parler.
Il nous manque également, en matière de commerce, des talents experts dans le segment des cafés, hôtels et restaurants, notamment lorsqu’il s’agit d’affaires dépassant plusieurs millions d’euros. Nous sommes par ailleurs en train de nouer un partenariat avec un confrère afin de couvrir les emplacements numéro 1.
Enfin, nous amorçons le sujet de la franchise en France. Ce qui était auparavant un peu confidentiel pour nous, prend actuellement de l’ampleur ; nous avons été contactés par plusieurs personnes, des spécialistes de leur ville, afin de lancer Point de Vente ailleurs qu’en Ile-de-France, notamment en Picardie, à Rennes et à Nantes…
Au final, notre but est de créer un véritable groupe immobilier, actif sur tous les secteurs du marché avec, à chaque fois, des entités différentes spécialisées.

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Pascal Bonnefille

le 27/07/2018

Vacances : j’oublie tout (ou presque)…

Avant la rupture du mois d’août, grande tradition hexagonale qu’Immoweek respecte en interrompant ce « 13 heures » jusqu’au 20 août, il n’est pas inutile de dresser un bilan, rapide, de la situation des marchés et des professionnels qui les font vivre. On a déjà eu l’occasion de le constater : le secteur immobilier vit actuellement une forme de schizophrénie ou, si l’on préfère, joue en même temps à Jean qui rit et Jean qui pleure. Côté larmes, on sent pointer l’inquiétude de la FFB avec tous les acteurs concernés, promoteurs au premier rang, analysant la baisse des mises en chantier, dans le secteur social comme dans celui des maisons individuelles. Le monde HLM, majoritairement, soumis à une réforme qui va tailler dans les structures, changer les mécanismes, est aussi inquiet. Côté joies, on comptera bien sûr le monde de l’immobilier d’entreprise, qui dans la promotion comme dans l’investissement, dans la location (avec le meilleur 1er semestre depuis 10 ans !) comme dans la gestion voit la vie en rose.

Mais cette situation, différenciée, n’est pas si facile à présenter- on allait dire à défendre !- aux pouvoirs publics, aux responsables de la Cohésion des territoires, comme à Bercy, toujours là pour serrer les cordons de la bourse. Car les résultats des promoteurs sont excellents (nous ne reprendrons pas la litanie des chiffres 2017, souvent records), ceux des foncières également (même si la Bourse ne leur est pas favorable en ce moment) et les innovations, les start-ups, les nouvelles générations sont de plus en plus présentes, parfois au premier plan. Bref, le secteur ne dort pas et n’a pas dormi. On peut être certain qu’après ces quelques jours, nous retrouverons un secteur en pleine rénovation – le mot est choisi. Comme toujours, les mutations seront parfois difficiles, et même douloureuses : espérons en commun que les nuages iront en s’éclaircissant, même dans le secteur HLM. Et que nous pourrons collectivement tout oublier (ou presque) pendant ces vacances que nous vous souhaitons belles, reposantes ou au contraire dynamisantes, en tout cas heureuses.

Portrait

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