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Amundi/Preqin estiment à 1 500 milliards d’euros l’encours des actifs alternatifs

ActualitésFinance & Bourse

le 12 Juin 2018

Amundi et Preqin* ont présenté une étude du marché des actifs alternatifs en Europe, en s’appuyant sur « des données collectées par Preqin, depuis 2003, auprès des grands acteurs du marché ». Le rapport « offre une analyse complète de la deuxième plus importante région au monde dans le secteur des actifs alternatifs, après les Etats-Unis : l’Europe ».

L’écosystème européen des actifs alternatifs est « composé de plus de 5 700 sociétés de gestion et 2 800 investisseurs institutionnels qui effectuent des investissements dans l’industrie du capital-investissement, de la dette privée, de l’immobilier, des infrastructures, des ressources naturelles (ou « capital privé »), ainsi que des « hedge funds » ».
Selon le rapport, « le total des encours gérés dans le secteur des actifs alternatifs en Europe a atteint le chiffre historique de 1 480 milliards d’euros en septembre 2017. Cette progression est soutenue par d’importants flux de capitaux qui ont représenté 184 milliards d’euros d’actifs en 2017 (flux des fonds européens de capital privé, qui incluent le capital-investissement, la dette privée, l’immobilier et les actifs réels), un niveau sans précédent dont le total annuel augmente chaque année depuis 2011. Parallèlement, 52 % des « hedge funds » européens ont enregistré une collecte nette en 2017 de 27 milliards d’euros, la part la plus élevée, toutes régions confondues ».

L’étude indique que « ces levées de fonds ont été facilitées par les solides performances sur le long terme des actifs réels, par comparaison aux autres classes d’actifs plus traditionnelles. Les « hedge funds » européens ont généré des performances annualisées moyennes de 6,33 % au cours des cinq années précédant mars 2018, soit bien au-delà des 1,94 % de l’indice FTSE 100 sur la même période. Les fonds de capital privé de la région ont, quant à eux, réalisé une performance moyenne de 14,7 % sur les cinq années précédant septembre 2017, un taux supérieur à celui enregistré dans les fonds d’Amérique du Nord (13,1 %) et d’Asie (12,5 %) ».

* première source de données dans l’industrie des actifs alternatifs

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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