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Le Crédit Foncier invente le prêt viager hypothécaire réversible

ActualitésFinance & Bourse

le 20 Mar 2017

Le Crédit Foncier lance une nouvelle formule de son offre de prêt viager hypothécaire : Foncier Réversimmo. Ce dispositif permet à une personne âgée de 60 ans ou plus d’obtenir des liquidités garanties sur son patrimoine immobilier (résidence principale, secondaire, bien à usage locatif), tout en conservant la pleine propriété du bien.

Foncier Réversimmo est accessible à un taux fixe de 4,80 %. « Le montant du prêt est calculé en fonction de deux principaux paramètres : la valeur du bien expertisé par le Crédit Foncier et la situation de l’emprunteur. Aucun questionnaire de santé ni examen médical ne conditionnent l’octroi du prêt » explique le Crédit Foncier, qui précise : « l’emprunteur ne rembourse rien pendant la durée du contrat. Lors de son dénouement, généralement au décès de l’emprunteur, le prêt (capital et intérêts capitalisés) est remboursé. Les héritiers ont alors le choix de rembourser eux-mêmes le prêt ou de vendre le bien immobilier apporté en garantie. Si le montant à rembourser est supérieur à la valeur du bien immobilier, la différence est alors supportée par l’établissement financier ; en revanche, si la valeur du bien est supérieure à la dette, l’excèdent revient aux héritiers ».

Ainsi, Foncier Réversimmo est – comme son nom l’indique… – réversible : l’emprunteur ou ses héritiers ont toujours la possibilité de conserver leur bien immobilier en remboursant le prêt et les intérêts capitalisés générés depuis la souscription.

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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