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Jean-Marc Peter (Sofidy) :  » « En Marche » vers un nouvel alignement des planètes ? »

ChroniquesFinance & Bourse

le 08 Sep 2017

Les récents événements politiques viennent renforcer la situation économique globale de l’Europe, notamment en France et en Allemagne, selon Jean-Marc-Peter. Pour le directeur général de Sofidy, ce « nouvel alignement des planètes ne pourra que profiter à l’immobilier d’entreprise et à la progression des loyers ». Il détaille, dans un récent « point de vue » les éléments en faveur…, mais aussi les menaces qui subsistent.

« Un vent nouveau souffle en Europe et en France qui laisse espérer un nouvel alignement des planètes et une dynamique de croissance prometteuse.

Portée par une conjonction d’éléments favorables, à savoir la dynamique économique mondiale, le maintien des cours du pétrole à de bas niveaux et des taux d’intérêt durablement faibles, la zone Euro devrait désormais connaître une croissance de 1,9 %* cette année. A quoi s’ajoute un « renouveau de confiance en l’Europe » qui vient trancher avec la période de doutes de ces dernières années.

Regain de confiance

L’élection de l’europhile Emmanuel Macron en France et la possible réélection d’Angela Merkel en Allemagne en septembre prochain, suite aux résultats d’une élection régionale test en mai dernier, renforcent l’axe franco-allemand. Ce pilier de la construction européenne pourrait même ne jamais avoir été aussi fort et ainsi venir compliquer les négociations le Brexit du gouvernement britannique, aujourd’hui affaibli par les résultats des élections législatives.

En France, cette nouvelle dynamique est renforcée par un regain de confiance des ménages et des entreprises, mais aussi par la perspective de mesures libérales et réformatrices avec la nouvelle majorité présidentielle à l’Assemblée Nationale.

Des rendements toujours attractifs

Ce nouvel alignement des planètes ne pourra que profiter à l’immobilier d’entreprise et à la progression des loyers, source de performance pour nos associés. L’immobilier de commerces est porté par la croissance de la consommation, mais aussi par celle du tourisme, dans le sillage, notamment, de l’ouverture des commerces le dimanche et de la libéralisation de lignes de bus, mesures prises par Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique.

Les créations d’emplois (+89 700 au 1er trimestre 2017 et +284 100 sur un an**) attendues dans le tertiaire, dans la continuité de la reprise économique et la dynamique de l’écosystème d’entreprises intervenant pour la transition énergétique, viendront davantage soutenir la demande de surfaces de bureaux. A quoi s’ajoutent les rendements toujours très attractifs de l’immobilier d’entreprise dans un contexte de taux durablement faibles.

Pas d’optimisme béat

Ne cédons pas, pour autant, à un optimisme béat. Des menaces planent toujours et pourraient, sans prévenir, mettre à mal cette dynamique. Le poids de la dette publique en France et dans les pays d’Europe du Sud reste tel qu’une brusque remontée des taux d’intérêt, provoquée par un choc exogène imprévu, rendrait le coût de son remboursement insupportable et hypothèquerait la reprise. Le regain de confiance des agents économiques est aussi toujours l’otage de la menace terroriste qui n’épargne aucun pays. Reste également à espérer que la dimension libérale de la majorité présidentielle permettra de considérer l’investissement indirect dans l’immobilier comme un maillon indispensable de la dynamique économique. Car, ne l’oublions pas, les flux que les entreprises n’ont pas à mobiliser pour acquérir en direct des locaux sont autant de potentiel d’investissements dans leur propre activité et donc de soutien à la croissance »…

Une chronique signée Jean-Marc Peter.

* Selon les dernières prévisions de la BCE communiquées le 8 juin 2017.
** Source Insee au 13 juin 2017.

La rédaction d'Immoweek

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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