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L’enjeu des présidentielles

ChroniquesTerritoires

le 06 Avr 2017

Voici la nouvelle chronique (mensuelle) de Nils Vinck. Le directeur de département capital markets de Cushman & Wakefield évoque les conséquences des présidentielles pour le marché de l’investissement.

Difficile de résister à la tentation de se projeter au-delà du 8 Mai 2017, lendemain du second tour de l’élection présidentielle en France. La question n’est pas innocente tant l’agenda politique s’invite aujourd’hui plus que jamais dans les réflexions d’allocation d’actifs des investisseurs. Le premier coup de semonce a été donné outre-Manche avec le résultat surprise du référendum en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. La réaction du marché a été rapide avec une baisse significative des
valeurs vénales et des volumes en baisse de 44 % en un an. Fin 2016, les Etats-Unis créent la surprise avec l’élection à la présidence du turbulent et atypique Donald
Trump. Misant sur le passé de businessman du nouveau président, les marchés semblent, pour l’instant, encore confiants dans sa capacité à soutenir l’économie américaine. Plus récemment, les résultats des législatives néerlandaises ont mis fin à la spirale de la montée du populisme en Europe… en attendant la présidentielle française.

Les présidentielles ne bouleversent pas la dynamique du marché

A l’heure où nous rédigeons ces lignes, les derniers sondages indiquent un coude à coude entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour le premier tour. Bien malin qui peut aujourd’hui s’engager sur le résultat du second tour… Il en fallait plus pour arrêter les organismes de prévisions économiques qui ont commencé à fournir leurs premières analyses. Il en ressort une meilleure tenue de l’économie française en cas de victoire d’Emmanuel Macron, tandis que l’accession au pouvoir de Marine Le Pen entraînerait une perte de 0,4 % de croissance du PIB.

La question est de savoir comment les investisseurs vont réagir à cette élection au sommet de l’Etat, suivie quelques semaines plus tard par les législatives. Nous avons donc examiné comment, par le passé, l’activité des investisseurs avait intégré la nouvelle donne politique. On constate que les élections présidentielles de 1989, 1996 et 2002 n’ont pas bouleversé la dynamique du marché tant l’année de l’élection que celle qui a suivi. Le constat est identique pour le cru 2012 pourtant accompagné d’une alternance politique et du retour de la gauche au pouvoir. Entre 2011 et 2013, les volumes d’investissement — entre 16 et 17 milliards d’euros par an — sont restés stables. L’effondrement des volumes en 2008 s’explique essentiellement par la crise des « subprimes », sans aucune relation de cause à effet avec l’élection présidentielle de 2007.

Le risque

Qu’en sera-t-il de 2017 ? Nous n’anticipons pas de bouleversements majeurs du marché, tant les liquidités à investir sont importantes et nettement plus conséquentes que les capacités d’absorption du marché. Notre dernière étude « Great Wall of Money » quantifie à 18 milliards d’euros les capacités d’investissements des fonds en France, auxquelles il faut ajouter près de 10 milliards d’euros collectés par les SCPI et OPCI. Sans oublier les compagnies d’assurances, dont l’allocation à l’immobilier s’élève à 98 milliards d’euros… Bref, les capitaux ne manquent pas et le marché peine d’ailleurs à renouveler son stock de produits. La principale crainte à avoir réside, in fine, dans les projections de l’économie française et la capacité du nouveau président à mener à bien ses réformes. L’élection possible de Marine Le Pen signifierait une sortie de la France de l’Union Européenne et son implosion. Si ce scénario devait se réaliser, c’est tout le marché de l’investissement européen qui serait mis à mal… et pas seulement celui de la France.

Thomas Renou

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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