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Jean-Michel Royo (Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels) : quand l’immobilier fait son Speed Dating

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le 29 Mai 2018

Julien Denormandie, secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, participera au prochain « Speed Dating du logement et de l’immobilier », organisé le 5 juin 2018 à la Maison de la Chimie par Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels. Jean-Michel Royo, membre du directoire, en dit plus sur cet événement qui aura pour thème l’aménagement urbain.

Pourquoi avoir choisi de mettre les nouvelles tendances de l’aménagement urbain au cœur de votre Speed Dating cette année ?
Avec la révolution digitale et la montée en puissance de nouveaux enjeux sociétaux, notamment la nécessité de préserver l’environnement et le vieillissement de la population, la ville est en pleine mutation. Des initiatives comme « Réinventer Paris », « Imagine Angers » ou « Dessine-moi Toulouse » en témoignent. Il ne s’agit plus de mener à bien des projets immobiliers classiques, mais de mettre les citoyens, leurs modes de vie et leurs usages au cœur de la Cité et de son aménagement. Cette tendance a déjà de multiples traductions concrètes dans les métropoles, avec par exemple l’apparition de nouvelles solutions de mobilité, le développement des éco-quartiers, la conception d’habitations capables d’évoluer dans le temps ou encore le recours croissant aux énergies renouvelables. Nous avons choisi d’en parler lors de cette édition du Speed Dating car elle a un impact sur le montage financier des opérations immobilières. Elle pousse en effet les opérateurs à travailler autrement : on voit ainsi de plus en plus de promoteurs s’intéresser à l’aménagement et d’aménageurs s’intéresser à la promotion ; des groupements se mettre en place associant promoteurs, investisseurs, sociétés HLM et start-up. En tant que banquier, nous devons accompagner ces évolutions.

En quoi le Speed Dating s’inscrit-il dans cette démarche d’accompagnement ?
L’idée du Speed Dating est en quelque sorte inscrite dans l’ADN d’Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels. Notre banque est le partenaire bancaire de tous les acteurs de la chaîne du logement : collectivités locales, aménageurs, promoteurs, organismes HLM. Au fil du temps, elle a tissé avec eux des relations de proximité et de confiance et si elle se développe fortement, c’est grâce à eux. Nous sommes convaincus que nous devons à nos clients plus qu’un service de qualité. Nous voulons être pour eux un accélérateur de croissance. Notre ambition est de jouer un rôle de facilitateur, et, ainsi, de contribuer à la construction de nouveaux logements en France. Notre Speed Dating, lancé en 2013, illustre cette volonté. Sa vocation est d’aider les participants à se rencontrer pour tisser entre eux des liens profitables. Plus le digital se développe, plus le besoin de contacts humains se fait sentir. Avec cette initiative, nous donnons aux acteurs de l’immobilier l’occasion d’entrer en contact et leur ouvrons notre carnet d’adresses. C’est important car nombreux sont ceux, surtout parmi les promoteurs et les sociétés HLM, qui déploient actuellement des stratégies de développement  nationales et interrégionales en s’implantant dans de nouveaux territoires.

Les acteurs de l’immobilier se connaissent : ont-ils vraiment besoin d’être ainsi mis en relation ?
Certes ils se connaissent, mais en participant à notre Speed Dating, ils bénéficient du réseau Arkéa. Nous agissons comme un tiers de confiance, qui leur apporte des contacts fiables et leur fait gagner du temps. En outre, nous convions à ces rencontres des membres du Gouvernement, comme Julien Denormandie cette année et Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics en 2017, ainsi que de  nouveaux acteurs, telles des start-up spécialisées dans le secteur de l’immobilier. Nos invités peuvent aussi compter sur nos talents d’entremetteurs ! Notre métier est d’étudier la faisabilité des projets immobiliers, nous savons quels sont les ambitions et les intérêts de chacun et pouvons ainsi identifier les meilleurs interlocuteurs. D’autant que, grâce à nos équipes, présentes dans 19 grandes villes, nous avons une bonne connaissance des territoires et des problématiques locales. J’ajoute qu’une des grandes forces de notre Speed Dating est d’être déconnecté de la conquête commerciale. L’objectif de cet événement est d’aider nos clients à réaliser de nouvelles opérations immobilières, pas qu’ils fassent appel à nous pour les financer. Nous agissons avant tout pour réenchanter notre relation avec eux, dans la durée.

Et le rôle du banquier dans tout cela ?
La nouvelle donne en matière d’aménagement urbain a un fort impact sur le rôle des banques. La nôtre intervient de plus en plus en amont des opérations, aidant ses clients à monter leurs dossiers et à remporter les appels d’offres. Elle accompagne aussi, désormais, des groupements composés d’acteurs de tailles et de statuts très divers. Nous nous adaptons en continuant à nous appuyer sur nos atouts historiques, comme notre taille intermédiaire qui nous permet de mettre chaque client au cœur de nos préoccupations. En parallèle, nous innovons pour faire évoluer nos approches, notre organisation, nos outils, nos pratiques… Nous nous sommes ainsi dotés d’une équipe dédiée aux bâtisseurs du Grand Paris, un chantier majeur. Agile et pluridisciplinaire, elle est capable d’imaginer des montages sur-mesure dans des délais très courts. Grâce à elle, nous finançons par exemple un nouvel outil de coopération public/privé : la Semop* de Chatenay-Malabry, créée par la ville, le groupe Eiffage et la Caisse des Dépôts pour réaliser 2 500 logements destinés à accueillir 8 000 citadins. Il s’agit-là d’une grande première en matière d’aménagement et nous sommes fiers d’y participer !

A noter : le programme de cet évènement est accessible ici

*Société d’économie mixte à opération unique.

Speed dating de l’immobilier 2017

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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