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L’architecte Roland Castro missionné par Emmanuel Macron pour réfléchir au Grand Paris

ActualitésTerritoires

le 13 Juin 2018

L’architecte et urbaniste Roland Castro a été chargé par Emmanuel Macron d’une mission de réflexion sur le Grand Paris et le « nouveau modèle de métropole mondiale » à inventer, avant que son organisation institutionnelle ne soit présentée à l’automne.

Cette mission de réflexion, dont les propositions devront être rendues pour le 31 juillet, doit permettre de « se projeter dans une métropole durable, et donc dense, connectée, attractive et rayonnante », indique la lettre de mission du Président de la République. Elle permettra de « nourrir la réflexion en cours » sur l’évolution institutionnelle du Grand Paris, annoncée par Emmanuel Macron pour l’automne dernier et sans cesse repoussée, alors que ce projet est aujourd’hui représenté par la Métropole du Grand Paris (MGP).

Pour Roland Castro, célèbre pour son travail sur les banlieues, « il s’agit de rendre cette métropole, que je vais proposer d’appeler « Paris en Grand », très attractive sur le plan économique et très solidaire sur le plan social ». « C’est le moment d’inventer une métropole mondiale qui soit un exemple pour le monde entier et qui soit formidable pour ses habitants », s’enthousiasme-t-il, conjuguant « flux mondiaux » et vie quotidienne. Il faut « en finir avec l’obsession des centres historiques, avec cette manière de faire des zones industrielles, des zones commerciales…, aujourd’hui, le territoire est zoné », dit-il.

Jetant quelques pistes, l’architecte évoque les répercussions des Jeux Olympiques de 2024, qui « vont décentrer l’intérêt hors du petit Paris ». Il pointe un port autonome de Paris, « aujourd’hui un port industriel, qui pourrait devenir un lieu partagé, un lieu culturel ». Dans la même veine, « il n’y a aucune raison que Rungis ne puisse devenir un lieu habité, sans déranger le grand marché actuel », dit-il. Il faudra aussi « probablement en finir avec le périphérique qui entoure Paris et réfléchir à la transformation de ce grand périph’ qu’est l’A86 (qui encercle l’Ile-de-France), qui doit cesser d’être une barrière » dit-il.

Implantation des petites entreprises, mobilités, « villes qui vont mal », mais aussi environnement seront les thèmes étudiés, précise Roland Castro, qui veut « imaginer une métropole plus respirable, plus tranquille, plus calme, une oasis métropolitaine dans un monde qui se dérègle sur le plan climatique ». L’architecte travaillera en lien avec le préfet de la Région Ile-de-France, avec des groupes de travail invitant les maires, les associations, les entreprises, les habitants…, et des réunions publiques sur le terrain.

Co-fondateur du collectif Banlieues 89, Roland Castro avait fait partie des architectes missionnés par le Président Nicolas Sarkozy pour imaginer le Grand Paris en 2008. (AFP)

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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