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Dominique Esnault (Quartus) : « le coliving, c’est le possible d’une communauté non plus virtuelle, mais bien réelle »

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le 04 Avr 2018

Après le coworking, voici venu le temps du coliving. Son parcours professionnel l’a conduite de l’hôtellerie chez Accor à une réflexion sur cette nouvelle forme d’habiter, Dominique Esnault est chargée, au sein du groupe Quartus, de déployer ces nouveaux concepts. Les premiers projets sont en réflexion et la directrice générale de Quartus coliving en dit plus.

 

Comment est née cette idée de coliving ?
De plusieurs constats : d’abord celui que pour les jeunes 25-35 ans, trouver un logement est un pensum. Ensuite, qu’ils sont très connectés et communiquent énormément sur les réseaux sociaux. Pourtant, des études prouvent que s’installe chez les millennials un phénomène de solitude. Ils sont de plus en plus conscients du décalage entre le virtuel et le réel et il y a désormais appétence de leur part à vivre différemment. Pour ces jeunes, souvent célibataires, en situation de recherche d’emploi ou de mobilité professionnelle, il nous est alors apparu fondamental de créer des espaces pensés autour du partage et de proposer une formule de logement flexible, clés en main, un logement dans lequel il ne leur sera pas nécessaire de penser à des contingences simples comme souscrire un abonnement EDF par exemple…

Concrètement, que prévoit cette formule de coliving ?
Les lieux de coliving, tels que nous les avons imaginés, leur permettent de venir s’installer et de poser leur valise très simplement.  Avec le concept « Livinghomes », nous leur proposons un « chez eux », soit un studio (de 20 m2 environ) ou des T2 entièrement équipés, mais  surtout un accès à des lieux pensés pour le vivre-ensemble, avec un arbitrage entre les espaces privatifs et les espaces collectifs.
Le coliving n’est ni une autre façon de cohabiter ni une colocation classique, mais une manière de co-vivre. En plus d’un lieu de vie, il sera possible aux locataires de travailler dans des espaces de coworking intégrés, de cuisiner ensemble dans des cuisines de chef, d’accéder à une salle de sport, à un bar et un restaurant, de recevoir des personnes de l’extérieur… Il est en effet important, lorsque l’on souhaite servir la communauté, que les lieux soient animés et ouverts sur le quartier. Et, pour que ce modèle vive, nous y avons ajouté une brique hôtelière, avec un ensemble de services que nous gérerons nous-mêmes, permettant  à ceux qui le souhaitent d’entrer dans ce lieu de vie pour une journée ou pour un mois.

A qui s’adresse ce concept ? Uniquement aux moins de 35 ans ?
Nous avons imaginé ce lieu pour cette cible très précise, mais je suis intimement convaincue que cela pourrait être étendu à d’autres publics. Pour l’heure, cette offre devrait séduire les 25-35 ans, les travailleurs indépendants ou encore les nouveaux arrivants dans une ville.

Vous avez évoqué deux concepts différents : quel est le second ?
Le second, « The Opener », concerne les étudiants, une communauté aux attentes spécifiques. Il s’adresse à des personnes qui ont besoin de se loger sur une durée variable, le temps d’un stage ou d’un cycle d’études. Pour eux, nous avons imaginé des studios design et fonctionnels de 17 m2, avec un espace de coworking, une cuisine partagée et une blanchisserie, ainsi que des espaces ouverts aux habitants du quartier avec bar à manger, salle de sports, salle de jeux. Cette nouvelle forme de logement étudiants se veut aussi une nouvelle offre hôtelière pour de jeunes voyageurs qui voudraient rencontrer des « locaux ».

Quels sont les prix dans ces lieux de coliving ?
Pour « Livinghome », le loyer est celui pratiqué pour un meublé, mais avec la différence que la formule offre plus d’avantages qu’un meublé classique. Le loyer est fonction des territoires. Quant à « The Opener », il est celui d’un logement étudiant.

Quelle sera la taille de ces programmes de coliving ?
Pour que le modèle fonctionne, il faut le mettre en œuvre sur des surfaces de plus de 5 000 m2, soit un minimum de 150 logements.

Quel est le plan de développement de vos concepts ?
Une dizaine de sites sont à l’étude : Paris, 1ère couronne, Lyon, Bordeaux, Nantes, Nice, Toulouse… en priorité les grandes villes. Les premiers accueils des villes sont très favorables.

Propos recueillis par Catherine Bocquet

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Thierry Mouthiez

le 16/07/2018

Paris sous ses plus beaux atours…

« Paris attend plus de 3 500 banquiers de la City » titrait, la semaine dernière, « Le Figaro » au lendemain d’un dîner de gala organisé par Paris Europlace au cours duquel le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé de nouvelles mesures pour encourager les banquiers internationaux à s’installer dans la Capitale suite au Brexit.

Le lendemain, Paris Ile-de-France Capitale Economique et KPMG rappelaient que « dès mars 2018, à l’occasion de la cinquième édition du Forum Grand Paris », les deux partenaires « révélaient dans leur rapport sur les métropoles mondiales, « Global Cities Investment Monitor », que les investissements internationaux dans le Grand Paris étaient en hausse de 70 % par rapport à 2016, faisant de Paris la 3ème destination la plus attractive du monde sur cette typologie d’investissements ». Surtout, « dans la nouvelle version de cette étude dédiée à l’attractivité des métropoles mondiales, la montée en puissance de Paris et de son image se confirme. 516 dirigeants d’entreprises de 22 pays ont été interrogés et donnent les tendances suivantes : Paris prend la 3ème place des métropoles dans le monde en terme d’image (l’écart avec Londres et New-York se réduit de moitié au cours d’une seule année » !) ; les investisseurs sont de plus en plus favorables à cette destination ; l’attractivité de Paris devrait encore progresser d’ici trois ans et le Brexit s’impose comme un facteur déterminant pour les investisseurs ». Et Christian Nibourel, président de Paris-Ile-de-France Capitale Economique de souligner : « nous entrons vraiment et ce, de manière très concrète, dans un temps nouveau où la marque de Paris, en tant que premier centre d’affaires mondial, se renforce chaque jour »…

Face aux résultats du 1er semestre dans l’immobilier d’entreprise (demande placée, loyers, volume d’investissement en hausse, stock en baisse), nombre de professionnels ne manquent pas de s’interroger sur le haut de cycle, redoutant qu’il soit atteint. Face à l’ensemble de ces informations selon lesquelles Paris ne cessent de renforcer ses atours, il ne semble pas impossible que le marché reste un moment en haut du cycle. Voire continue son ascension… Dans ce contexte, gagner la Coupe du Monde de Football constitue un facteur positif supplémentaire. Et l’on sait l’importance du facteur psychologique dans l’économie…

Portrait

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