Jean-Marc Coly
né le 19 juillet 1957
Société
UFG Real Estate Managers
Fonction
Directeur général
A FOND(S) !
5,5 milliards d'euros d'actifs gérés au travers d'une dizaine de fonds d'immobilier d'entreprise, six fonds d'immobilier résidentiel et 25 fonds viticoles, par une équipe de 350 personnes, dont une centaine pour l'asset management et 150 pour le property : la carte d'identité d'UFG Rem, la société chargée de l'immobilier au sein d'UFG-LFP est, pour le moins, impressionnante. À sa tête, Jean-Marc Coly, directeur général et membre du comité exécutif du groupe UFG-LFP. Depuis 17 ans maintenant, ce passionné crée des produits de placement immobilier tant pour les particuliers que pour les institutionnels et les gère. En ayant toujours considéré, comme il le précise lui-même, que «pour que les fonds soient performants, l'asset et le fund management doivent être indissociables du property. Ce qui explique qu'UFG Rem dispose d'une structure d'asset, ainsi que d'une structure de property». Bref, une gestion multifacettes qui a porté ses fruits. Et un travail désormais couronné par une «Pierre d'Or»
Le droit est la première passion de Jean-Marc Coly et, plus particulièrement, la profession de notaire qu'il exerce entre 1982 et 1993 au sein de l'Ètude Ader, Rochelois et Roy. Parmi ses nombreux clients figure André Camo, alors président de l'UFG, qui le convainc de le rejoindre. C'est ainsi qu'en 1993, il devient directeur des affaires juridiques de l'UFG. Au fil des ans, il va s'occuper des investissements, de la gestion immobilière, du marketing et de la création de fonds, jusqu'à prendre la direction générale de la société. «À ma rigueur juridique, André Camo et Thierry Sevoumians, qui s'occupait de la distribution, ont su m'apporter un sens commercial» souligne-t-il aujourd'hui. Développement de nouveaux produits et rachats de sociétés sont au programme, «grâce à l'appui de notre actionnaire, le Crédit Mutuel» qui, disposant de différentes filiales de gestion pour compte de tiers, l'une immobilière, l'UFG, une autre financière, Multifonds et une troisième dans la gestion alternative, Alteram, décide, en 2005, de les rapprocher. Xavier Lépine prend la présidence de l'ensemble. Les deux hommes s'entendent bien, point crucial pour cet affectif qui justifie sa fidélité aux entreprises dans lesquelles il travaille par les liens qu'il noue. Mais, dans ce rapprochement, l'UFG pèse le plus lourd. Pour rééquilibrer l'ensemble, LFP, société de gestion de valeurs mobilières, est acquise. Surtout, tandis que l'UFG distribue ses produits auprès des particuliers, LFP s'adresse aux institutionnels. «Le challenge consistait à fabriquer des produits immobiliers pour les institutionnels et, à l'inverse, de distribuer des valeurs mobilières aux particuliers». UFG Rem reprend le chemin de la croissance. Jusqu'en 2010, une année chargée. «Nous nous sommes d'abord employés à gérer une période délicate sur l'aspect locatif des actifs de nos fonds, en essayant de mieux remplir les immeubles, renégocier les baux...». UFG Rem compte quelque 4 000 locataires.
«Parallèlement, nous avons poursuivi le développement de nouveaux fonds». Ainsi, un OPCI dédié aux particuliers a été créé, «tout en surfant sur la vague de l'immobilier résidentiel». Côté institutionnels, «Colliers UFG PM s'est occupé de ceux qui souhaitent investir en direct. Pour les autres, nous avons créé un OPCI dans l'immobilier socialement responsable, un fonds de fonds immobiliers non cotés en Europe, tout en développant une SCPI dédiée aux institutionnels». Au total, 270 millions d'euros ont été investis en immobilier d'entreprise, une centaine de millions dans le résidentiel et 80 millions d'euros d'actifs ont été arbitrés. Et l'année 2011 s'annonce tout aussi chargée car «que la situation soit difficile ou non, il ne faut jamais rester immobile, ne pas subir. C'est l'unique façon d'assurer la bonne performance de nos produits». S'agissant du property, ainsi que de la transaction, «nous avons une taille significative sur le marché, mais pas encore suffisante et nous étudions des possibilités pour continuer à faire croître ces activités. C'est ainsi que nous avons racheté Exa en 2009»... Par ailleurs, si globalement le directeur général anticipe une année de grande stabilité sur le marché tertiaire, qu'il s'agisse des loyers ou des rendements, il estime que «la classe d'actifs immobiliers a le vent en poupe auprès des particuliers comme des institutionnels». Du coup, les objectifs de collecte nette sont «clairement supérieurs» à ceux de 2010. Dans ce cadre, «avec notamment Ciloger, Viveris Reim et BNP Paribas, nous travaillons avec l'AMF à la création d'un OPCI à 95 % immobilier. Nous allons ainsi pouvoir reposer, cette année, la question de la transformation des SCPI en OPCI... Il faut également que nous ayons une action militante afin que les produits immobiliers puissent entrer dans d'autres produits d'épargne que ce soit l'épargne retraite, l'épargne salariale..., ainsi que dans les OPCVM». Côté institutionnel, «nous souhaitons leur apporter nos services dans quatre types de fonds : les club deals sur des portefeuilles immobiliers diversifiés ; des fonds dédiés, afin de leur permettre de bénéficier de la transparence de la performance ; des fonds de conviction, à l'exemple de l'OPCI spécialisé dans l'immobilier socialement responsable et, enfin, des fonds d'hébergement pour ceux, français et étrangers, qui ont besoin d'OPCI pour recueillir leurs investissements dans l'Hexagone». Côté investissement, «nous devrions investir entre 300 et 400 millions d'euros pour les SCPI et OPCI, ainsi qu'une centaine de millions à nouveau dans le résidentiel»... On comprend qu'à sa passion du droit, Jean-Marc Coly ait ajouté celle de l'immobilier, que sa fille partage d'ailleurs (son fils a préféré l'agronomie). Passion aujourd'hui récompensée par une «Pierre d'Or»
Thierry Mouthiez