Nicolas Verdillon
Né le 15 novembre 1960
Société
CB Richard Ellis
Fonction
Directeur département capital markets
POLE POSITION
Avec une part de marché estimé à 30 % hors transactions en commerce, le département capital markets de CB Richard Ellis a pris en 2010 le leadership du marché de l'investissement. À son actif, notamment, figurent pas moins de six transactions de plus de 100 millions d'euros dans le tertiaire, dont la plus importante réalisée l'an passé : l'acquisition par un OPCI privé des 33 000 m2 de bureaux du siège de HSBC sur les Champs Elysées pour 400 millions d'euros. Autant dire que dans un marché du conseil ultra-concurrentiel, Nicolas Verdillon, directeur du département, a conduit de main de maître son équipe. Rien là que de très logique pour ce passionné de course automobile, membre du comité de direction du Business Racing, une association de «gentlemen driver». Avec, désormais, à son tableau un nouveau trophée, en l'occurrence une «Pierre d'Or»
2,45 milliards d'euros : c'est le volume des 85 opérations d'investissement (hors hôtels), dont une soixantaine en Ile-de-France, réalisées par le département capital markets de CB Richard Ellis en 2010. Si le volume unitaire moyen de ces transactions représente 30 millions d'euros, le département a bouclé plusieurs grosses opérations parmi lesquelles, outre la vente du siège d'HSBC, figure, par exemple, l'acquisition par un fonds étranger, auprès d'Aberdeen, des 28 000 m2 de la tour CB16, à La Défense ou encore celle par un OPCI de Tishman Speyer auprès d'Axa, des 23 000 m2 du «Delta», quai du Point du Jour, à Boulogne. Autant dire que le département a été sur la plupart des grands dossiers (même les concurrents le reconnaissent !). Néanmoins, la plus petite transaction bouclée (la vente à un particulier des 1 725 m2 du Mondial Moquette de Nanterre pour 1,9 million d'euros) montre qu'il couvre un large spectre de marché. Autant de résultats que Nicolas Verdillon, directeur général du département, explique par l'expérience de son équipe de 29 collaborateurs, dont quatre dédiés à la vente en bloc dans le résidentiel, activité dont il a également pris la direction en 2010 et par le fait que «nous avons su, au cours de la crise financière de 2008 et 2009, ne pas réduire l'équipe qui a réalisé un travail de fonds de conseil au cours de cette période et qui porte ses fruits». Ce conducteur émérite de protos, caterhams et autres formules 3 sait négocier au mieux les virages du marché. Il est vrai qu'il dispose d'une solide expérience. Du management d'abord, puisqu'il débute sa carrière en tant que...chasseur de têtes au sein de la société International Business Drive (ça ne s'invente pas !) entre 1986 et 1989, année où il rejoint Jones Lang LaSalle. Pendant cinq ans, il intervient alors, en tant que consultant, sur pratiquement tous les marchés locatifs, du bureau dans le QCA au commerce, en passant par le bureau en 1ère couronne, les parcs d'affaires ou encore la logistique. Ensuite, quatre années en tant que directeur adjoint du département expertise viennent parfaire son expérience. Qu'il poursuit en 1998 en rejoignant Cushman & Wakefield comme directeur adjoint du département investissement. «J'ai associé l'expérience du locatif à celle de l'expertise» souligne-t-il pour expliquer la transition. Puis, après un passage d'une année chez DTZ International, avec un rôle transversal à l'investissement dans les pays européens, il intègre CB Richard Ellis Capital Markets début 2006. D'abord, comme patron des transactions de plus de 25 millions d'euros, puis devient directeur en 2008. On comprend que ces analyses soient toujours pointues. Pour 2011, s'il s'attend «à un volume total d'investissement sensiblement identique à celui de 2010», il anticipe «un marché où les composantes habituelles de décision vont légèrement évoluer : les investisseurs devraient baisser un peu la garde quant à la localisation d'un actif, pour autant que ses qualités techniques et environnementales, la sécurité du bail et la proximité des transports en commun soient irréprochables». Il table également sur «un marché toujours scindé en deux avec, d'un côté, les actifs ultra-sécurisés dans le QCA, dont les rendements évoluent entre 4,75 et 5,5 %. Des taux «prime» qui ont perdu 175 points de base en 18 mois intra-muros et ont atteint un point dur. Certes, le coût de l'argent permet toujours l'existence de la prime de risque. Mais les acteurs n'ont plus aucune latitude tant technique que psychologique. De l'autre côté, les actifs toujours sécurisés, mais générateurs de meilleurs rendements pour satisfaire des stratégies d'investisseurs qui se positionnent en 1ère, voire en seconde couronne pour autant que les critères de qualité technique et environnementale et de proximité des transports en commun soient respectés». Avec, parallèlement, la «consolidation du marché des Vefa qui constituent notamment un des moyens pour les investisseurs de se positionner sur des immeubles à haute qualité environnementale, tout en apportant une réponse à la demande locative à 24 mois»...Dans ce contexte, Nicolas Verdillon a bien l'intention de conserver le pied au plancher. Sa stratégie : «intensifier notre présence dans l'ensemble des segments du marché, tout en recrutant des collaborateurs toujours plus axés sur le conseil». Dans ses (rares ?) périodes de décélération, ce savoyard qui aime à s'évader en famille du côté de Méribel, pourra pleinement profiter de son nouveau trophée
Thierry Mouthiez