Tour First
«FIRST» : LA PREMIERE, TOUT SIMPLEMENT
Décidément, la tour First porte bien son nom. Elle a été ainsi baptisée par ses initiateurs, Beacon Capital Partners et Axa Reim, parce qu'avec ses 231 mètres de hauteur et sa forme hélicoïdale, cette tour de 80 000 m2 (dont 75 000 m2 de bureaux, 3500 m2 d'espaces restauration et 1 700 m2 d'archives), marque l'entrée du quartier d'affaires de La Défense, «dans le prolongement naturel de la place de la Concorde, des Champs Elysées et de la place de l'Étoile», dixit la plaquette de présentation. «First» également parce que c'est la seule tour ayant bénéficié d'une restructuration lourde disponible (en partie seulement puisqu'elle a fait l'objet d'une précommercialisation à hauteur de près de la moitié de ses surfaces) sur le marché début 2011. Et, désormais, première parce que les lecteurs d'«Expertise Pierre» ont choisi de lui décerner la «Pierre d'Or»...
Le projet qui a donné naissance à la tour First a été initié en mars 2006 à Cannes, à l'occasion du Mipim (d'importantes affaires s'y nouent chaque année), par un entretien entre Jean-Marc Besson, managing director de Beacon Capital Partners et Pierre Vaquier, président d'Axa Reim. Les deux professionnels évoquent alors la restructuration de l'ensemble dénommé CB 31 (les lettres signifiant Courbevoie bureaux et les chiffres permettant de repérer la parcelle), dit «tour Axa». Ils envisagent une collaboration, qui se concrétise en juin 2007. Une joint-venture est alors créée entre Axa et Beacon Capital Partners pour mener à bien une opération de restructuration réellement lourde. Dès l'origine, il est prévu qu'à la livraison, l'entreprise d'origine américaine rachète la part d'Axa pour devenir l'unique propriétaire de la tour. Sont associés au projet Altarea Cogedim en tant que maître d'ouvrage délégué ; Bouygues en tant que constructeur et le cabinet d'architecture américain Kohn Pederson Fox Associates. Le projet consiste à ne conserver que «l'épine dorsale» de la tour, tout le reste est démonté. Les plateaux sont élargis de trois mètres. Surtout, se basant sur la forme en tripode de l'ensemble, il est décidé de supprimer dix niveaux d'un côté, cinq d'un autre et d'en ajouter... dix sur le troisième. En précisant que ces dix niveaux supplémentaires correspondent à 21 000 tonnes, «soit trois fois le poids de la tour Eiffel» aime à spécifier Jean-Marc Besson. Le tout afin de donner une nouvelle forme hélicoïdale à la tour qui, avec ses cinquante étages, deviendra la plus haute tour de bureaux jamais réalisée dans l'Hexagone. On imagine aisément les prouesses techniques nécessaires, ne serait-ce que pour consolider la base... Bien sûr, l'ensemble des prestations est particulièrement soigné. Qu'il s'agisse de la façade avec une technologie de type double peau respirante, retenue dans le cadre de la démarche HQE, sur les parties les plus exposées au soleil, avec une trame de 1,32 mètre ; des plateaux de bureaux de plus de 1700 m2 utiles en étage courant, alliant différentes profondeurs (jusqu'à 18 mètres) pour favoriser la souplesse d'utilisation, avec un noyau concentrant toutes les fonctionnalités (circulations verticales, sanitaires, locaux techniques...) ; des plateaux d'une hauteur libre de 2,75 mètres et de 2,90 mètres le long des façades, avec un faux-plancher de 9 centimètres, desservis par trois batteries de six ascenseurs ; une ventilation par ventilo-convecteurs. à quoi s'ajoutent un complexe de restauration comprenant un restaurant «scramble» pour 1700 convives, un restaurant kiosque, une brasserie, un espace cafétéria, un room service, un auditorium de 250 places, un espace réunions et un foyer classé ERP, 118 places de parking en sous-sol, ainsi que 23 places complémentaires en rez-de-jardin... Bien sûr, la tour, gérée par un poste de gestion technique centralisée, dispose d'une centrale groupe électrogène de secours, d'un poste de sûreté qui contrôle les accès extérieurs, les flux de visiteurs étant gérés par un système de contrôle d'accès... Bref, ce qui se fait de mieux. Il va sans dire que l'aspect développement durable a été particulièrement peaufiné, l'ensemble étant certifié HQE et qualifié THPE, avec pour objectif d'obtenir également les certifications Leed et HQE Exploitation. Au final, on parle de plus de 300 millions d'euros de travaux pour un ensemble qui ne pouvait que séduire les utilisateurs les plus exigeants. La preuve : Ernst & Young décide, dans un premier temps, de prendre en location 17 étages dans la batterie intermédiaire de la tour, soit plus de 33 000 m2. Mieux : la société a récemment réitéré en prenant deux niveaux supplémentaires. Des transactions bouclées par Cushman & Wakefield, qui permettent d'afficher (à l'heure où nous écrivons ces lignes, soit début janvier) un taux de précommercialisation de 48 % d'une tour qui ne sera livré qu'en février prochain... Pour mener à bien un tel projet, «il est nécessaire de faire preuve d'audace, mais également de croire à sa méthode d'analyse prospective» confie Jean-Marc Besson. En effet, Beacon Capital Partners comme Axa avaient prévu que «First» serait l'unique tour lourdement restructurée disponible sur le marché de La Défense à ce moment précis du cycle. Une réalisation de cette ampleur méritait, sans doute aucun, d'être couronnée par nos lecteurs...
Thierry Mouthiez