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Assemblée Nationale : le projet de loi Elan adopté en première lecture

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le 12 Juin 2018

L’Assemblée Nationale a adopté, mardi 12 juin, par 342 voix contre 169 et 44 abstentions, le projet de loi sur le logement qui vise, selon le gouvernement, à « construire plus, mieux et moins cher » et « améliorer le quotidien des Français ».

Le projet de loi Elan, examiné pendant neuf jours et neuf nuits, a été adopté en première lecture avec les voix des députés LREM et MoDem, tandis que les élus UDI-Agir ont opté pour une « abstention bienveillante ».
Comme LR, qui a dénoncé « une occasion manquée », les trois groupes de gauche ont voté contre, dénonçant, à l’instar des Insoumis, un projet qui « ne fera qu’aggraver les inégalités » et une loi de « rupture » qui fait du logement « un bien marchand » et plus un droit, selon le communiste Stéphane Peu.
A l’issue du vote, le ministre de la Cohésion des Territoires Jacques Mézard et le secrétaire d’Etat, Julien Denormandie, ont salué l’adoption à « une large majorité » du texte, qui poursuit « deux objectifs : libérer la construction en levant les verrous et protéger les plus fragiles ».
Plusieurs élus ont saisi l’occasion du vote solennel pour dénoncer à nouveau l’organisation des discussions. Le recours au « temps législatif programmé » a conduit, selon François Pupponi (PS), à étirer « les débats de manière déraisonnable tout en réduisant le temps de parole des petits groupes », ce qu’a récusé le président de l’Assemblée, François de Rugy (LREM). (AFP)

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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