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Bonne image de la France, Brexit, taux bas : tout va bien sur le marché de l’immobilier de luxe

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le 13 Juin 2018

S’il est un marché immobilier qui se porte bien, c’est celui des biens de luxe. Les derniers chiffres livrés par Daniel Féau en témoignent : après cinq années d’augmentation continue, les volumes de ventes constatés par le réseau d’agences spécialisées progressent de 38 % par rapport à la même période de 2017.

« Pas de surchauffe, mais un marché extrêmement fluide et dynamique » : pour Charles-Marie Jottras, président de Daniel Féau, le marché des appartements familiaux et biens de luxe, dont il est le spécialiste, atteint « des niveaux encore inconnus ». Les acheteurs sont plus que présents et l’appartement familial bourgeois est le plus recherché par une clientèle qui formule son offre au prix sans tenter la négociation et très souvent sans conditions suspensives de prêt. Les biens sans défaut partent en 48 heures (et parfois moins). Certains, confie le président du réseau Daniel Féau, « sont prêts à faire une offre sans même avoir visité l’appartement, ce que nous leur déconseillons ». Logiquement, le nombre des biens en vente sur ce segment de marché très circonscrit diminue alors que la demande augmente : « notre stock d’appartements et hôtels particuliers à vendre s’élève à 2,7 milliards d’euros, soit la moitié de ce qu’il était il y a cinq ans » constate Charles-Marie Jottras. Ceci représenterait « un peu moins d’un millier de biens »

Pas d’emballement des prix
Dans un contexte d’offre relativement faible et d’acheteurs potentiels très présents, les prix ne flambent pas pour autant : pour les biens entre 1 et 2 millions d’euros, le prix moyen au m2 a augmenté de 3,7 % en un an (de janvier à mai, entre 2017 et 2018), chez Féau, passant de 12 214 euros à 12 661 euros. Une hausse plus modérée de 1,1 % sur le segment des logements entre 2 et 4 millions d’euros. Le prix moyen au m2 est passé de 13 955 euros à 14 113 euros. Au-delà de 4 millions d’euros, le prix moyen est passé de 19 724 euros à 20 836 euros, soit une progression de 5,6 %.

Une part de plus en plus forte de non résidents
Cause de cet emballement des acheteurs : des taux bas, mais pas seulement. La bonne image recouvrée par la France (certains évoquent « l’effet Macron ») et l’impact du Brexit jouent à plein. Les non résidents sont de retour, en particulier ceux de nationalité française : depuis le début de l’année, 31 % des achats d’appartements dont le prix est compris entre 2 et 4 millions d’euros ont été réalisées par des non-résidents. 59 % d’entre eux sont de nationalité française. « Il s’agit aussi bien de cadres français dont les entreprises jusqu’alors à Londres sont rapatriées à Paris suite au Brexit que d’entrepreneurs et investisseurs français qui avaient quitté la France pour des raisons fiscales » analyse Charles-Marie Jottras.  Ce pourcentage est encore plus remarquable s’agissant des ventes à un prix supérieur à 4 millions d’euros, où la part des acquéreurs non résidents monte à 61 %. Parmi ces acquéreurs non-résidents, 42 % sont de nationalité française.

Des acheteurs étrangers qui voient leur nombre augmenter
Les acheteurs étrangers ne sont pas en reste, notamment les Américains du nord, que les attentats de 2015 avaient éloignés de la France. Ils sont aujourd’hui de retour, sur le segment des appartements dont le prix s’inscrit dans une large fourchette de 3 à 10 millions d’euros. Pour les biens les plus exceptionnels, Daniel Féau constate le retour des acheteurs venus du Moyen-orient et d’Afrique ; les Russes ont, pour leur part, quasiment disparu, entraînés par la chute de leur monnaie et les freins politique imposés par leur gouvernement.

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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