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Elan : maintenant la contestation des architectes

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le 15 Mai 2018

Sitôt objet de débats à l’Assemblée Nationale, le projet de loi Elan suscite de nouveaux mouvements de contestation.

Cette fois, ce sont les architectes qui, en front uni (ou presque puisque le Conseil National de l’Ordre des Architectes n’est pas présent ici), appellent à manifester contre le 17 mai prochain. Un appel cosigné par l’Uneap (Union Nationale des Etudiants en Architecture et Paysages), la Société Française des Architectes, l’Union des Architectes, DpA et Synamome (architecture et maîtrise d’ouvrage).

Principal grief : [Ce texte] prévoit la suppression de l’obligation de concours pour les bailleurs sociaux, remettant en cause une disposition acquise par la LCAP (Loi relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine, ndlr). Pour les architectes, « a-t-on trouvé mieux aujourd’hui et plus adapté au contexte participatif que la procédure de concours pour choisir le projet répondant le mieux à des attentes claires ? L’innovation naît dans la confrontation des idées et le concours pousse à justifier les choix, à partager les fondements du projet avec les partenaires, les décideurs, les utilisateurs, les habitants ; il pousse à anticiper et créer une cohésion autour du projet. Le concours est un formidable vecteur de diffusion de la culture architecturale et, en ce sens, facteur d’économies durables ».

Pour les cosignataires de cet appel à manifester, la contestation porte sur les articles suivants :

– article 1 – alinéa 28, qui prévoit que les Epic (établissements publics de coopération) puissent réaliser les missions d’études dans GOU (grandes opérations urbaines) ;
– article 5 – alinéas 9 et 10, qui permet aux aménageurs de réaliser des équipements publics (écoles, gymnases…) avec des fonds publics sans avoir recours à la loi ;
– art. 15 – alinéas 7 et 15, qui remet en cause le pouvoir des ABF concernant l’installation d’antennes relais… sur des monuments historiques ou à leurs abords ;
– art. 20 – alinéa 1, qui permet la prorogation des marchés de conception-réalisation ;
– article 28 – alinéas 11, 15, 41, 42, 47, 48 et 54 qui « incite les bailleurs sociaux à créer des filiales de droit privé pour « construire. des locaux d’intérêt général ou à usage commercial ou professionnel » et de « réaliser des études urbaines » non soumises aux règles de la commande publique et de la loi MOP, entrant ainsi en concurrence direct avec les prestataires de droit privé » ;
– article 28 – alinéas 89 à 91, qui autorise les bailleurs sociaux à déroger à la loi MOP et, enfin, l’article 28 – VI, qui supprime l’obligation de concours pour les bailleurs sociaux…

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Arthur de Boutiny

le 22/05/2018

Un poumon vert pour le ventre de Paris

Les Halles achèvent leur métamorphose. Les héritiers des protestataires qui trouvaient le ventre de Paris défiguré par le déménagement des Halles via Rungis et la démolition des Pavillons Baltard avaient eu des héritiers. Depuis 2004, le Forum des Halles faisait office de chantier à ciel ouvert et la station de métro Châtelet-Les Halles (avec ses dédales de couloir et son « hub » souterrain) était redoutée par n’importe quel usager de la RATP. Le nouveau Forum des Halles, inauguré en 2016, avait déjà mis une dernière touche aux travaux ; le jardin Nelson Mandela, le parachève.

Inauguré le samedi 19 mai par Anne Hidalgo, le jardin baptisé du nom de l’ancien président sud-africain s’étend sur 4,3 hectares et fait le lien entre la Canopée, ouverte en avril 2016, et la Bourse du Commerce. Cinq ans de travaux ont été nécessaires pour finaliser les plans de l’agence Seura et Philippe Raguin Paysagiste, ainsi que 33 millions d’euros de budget.

Parmi les aménagements proposés dans ce jardin, on peut compter une grande prairie, un jardin d’aventures, des lisières boisées, des pistes de pétanque, des jeux d’eaux, 2 500 m2 d’aires de jeux pour les 7-11 ans et 1 400 m2 consacrés au 2-6 ans. 500 arbres, de différentes essences, permettent de créer un véritable poumon vert au coeur de Paris, alors que ce jardin accessible aux handicapés était déjà dévoilé en partie.

Symbolique, la création de ce jardin l’est, puisqu’il fait le lien avec la Canopée des Halles, après dix ans de travaux, qui avait permis de rendre la place à nouveau traversable à pied et avait doté la station la plus fréquentée de la Capitale d’un véritable centre commercial de 75 000 m2, sous la houlette d’Unibail-Rodamco et d’AXA et dont le succès n’avait pas démérité… Mais il permet aussi de rejoindre à pied l’Eglise Saint-Eustache et la Bourse du Commerce, dont les travaux doivent s’achever en 2019. A la clé, un nouveau musée exceptionnel pour Paris, puisque ce dernier bâtiment accueillera la Fondation Pinault.

Des années de travaux sans interrompre la vie bourdonnante du quartier et de ses transports, pour un coeur de Paris refait à neuf, verdi et aménagé au maximum… Cela en valait la peine !

Portrait

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