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La FFB craint une « révision trop brutale » des APL

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le 13 Sep 2017

Une révision « trop brutale » des aides au logement ou un effort « trop lourd » demandé aux collectivités locales pourrait enrayer la reprise qui s’est accélérée dans le bâtiment au premier semestre, estime la Fédération Française du Bâtiment (FFB).

L’organisation patronale table désormais sur une hausse de l’activité supérieure à 4 % sur l’année 2017, contre +3,4 % initialement prévu, tandis que l’emploi et la trésorerie des entreprises s’améliorent.
Mais la FFB s’inquiète : « tant que les réformes structurelles envisagées – fiscalité foncière, pause normative – n’auront pas produit leurs effets, une révision mal calibrée et trop brutale des aides au logement ou un effort trop lourd demandé aux collectivités locales conduirait mécaniquement à un véritable retournement du marché », estime-t-elle.
Les bailleurs sociaux devraient maintenir leurs commandes de logements à un « haut niveau » cette année, mais la loi de Finances pour 2018 conditionnera « largement les évolutions dans ce domaine ».
Le gouvernement veut dégager des économies en ciblant notamment les aides personnelles au logement (APL), mais la présentation de son plan pour le logement a été repoussée à la semaine prochaine en Conseil des ministres.
Sur les sept premiers mois de l’année, comparé à 2016, dans la construction neuve, les mises en chantier de logements ont grimpé de 8,9 % et, dans les travaux d’amélioration-entretien, une « activité un peu plus dynamique que prévu » se profile.
Cette embellie profite à l’emploi, avec une hausse de plus de 21 100 postes (+1,8 %) au premier semestre, « toujours largement tirée par l’intérim » (17 400 équivalents emplois à temps plein, soit +22,5 %), et plus modestement par les effectifs salariés (+3 700, soit +0,3 %), détaille la FFB.
La prévision de l’organisation patronale d’un gain de 10 000 emplois cette année « devrait être dépassée », tandis que la situation des entreprises « s’améliore graduellement ».
Toutefois, les ventes de logements ont « décroché » au deuxième trimestre, dans le logement individuel comme dans le collectif, respectivement de -1,9 % et -9,4 % sur un an, constate la FFB, soupçonnant que la hausse des prix de vente des logements ait pu les rendre inaccessibles à certains ménages.
Et l’organisation patronale craint une remise en cause de la fiscalité allégée consentie aux travaux d’amélioration-entretien et à la rénovation énergétique (via le crédit d’impôt transition énergétique ou CITE), qui affichent enfin une modeste croissance.
La FFB redoute enfin de voir fondre les budgets affectés par les collectivités locales aux travaux du bâtiment et des travaux publics. (AFP)

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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