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L’Etat va faire désamianter « Le Signal », à Soulac-sur-Mer (33)

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le 12 Juin 2018

L’État va prendre à sa charge le désamiantage du « Signal », un immeuble de Soulac-sur-Mer (Gironde) menacé par l’érosion côtière, dont les propriétaires réclament aux pouvoirs publics une indemnisation depuis leur évacuation en 2014.

Le préfet de Nouvelle-Aquitaine Didier Lallement a annoncé que l’Etat, en une « procédure inhabituelle », prendra à sa charge le désamiantage de cet immeuble de 78 appartements, pour empêcher la « catastrophe écologique » d’une « gravité extrême » que constituerait son affaissement, soit « 12 000 tonnes de gravats contaminés à l’amiante » dans la mer et sur la plage de Soulac, station balnéaire courue du Médoc.

L’immeuble de quatre étages, construit en 1967 à 200 mètres du rivage, n’est plus qu’à 10-12 mètres, sur une petite dune prête à s’effondrer, sous l’effet de l’érosion naturelle du littoral, et à la merci de fortes tempêtes successives, comme celles de l’hiver 2013-2014. « Personne ne peut savoir combien de temps il tiendra en l’état (…) pas un expert n’a pu me garantir qu’il ne tomberait pas », a insisté le préfet. Dès lors, l’Etat, appréciant « le risque sécurité », se substitue à qui le désamiantage incomberait, – la commune, qui l’imputerait aux propriétaires -, mais « ne leur enverra pas la facture », qu’il pressent en « centaines de milliers d’euros ».

Les 75 propriétaires ont été évacués en 2014 par arrêté préfectoral, mais pas indemnisés. Ils ont été déboutés depuis en justice de leurs demandes de faire reconnaître l’érosion dunaire au titre des risques naturels donnant droit à indemnisation, comme la submersion marine ou les mouvements de terrain. Le désamiantage prendra des mois, entre procédure administrative, études, renforcement de la dune par apports de sable, – « non pour pérenniser « Le Signal », mais pour le sécuriser pendant les travaux » -, puis désamiantage proprement dit, fin 2018-début 2019. Le préfet espère le tout bouclé au printemps 2019. Pour la démolition définitive, pas d’échéancier encore. La question ne se
posera qu’une fois qu’auront abouti « les négociations en cours sur le plan national » sur l’indemnisation des propriétaires, a rappelé le préfet.

Le 5 juin, des représentants des copropriétaires ont été reçus pour la première fois au ministère de la Transition Ecologique, avec le député (LREM) girondin Benoît Simian, qui a salué mardi « les premières mesures concrètes » avec l’annonce du désamiantage prochain. En parallèle, une proposition de loi sur l’évolution du trait de côte et la question de l’indemnisation est en préparation pour l’automne, qui devrait couvrir le cas exceptionnel des infortunés propriétaires du « Signal », doubles perdants de l’érosion.

« L’Etat et Nicolas Hulot en particulier sont très attentifs à la situation » du « Signal », a assuré le préfet. « On est convaincus que l’Etat veut régler le dossier » a déclaré Vincent Duprat, copropriétaire reçu au ministère, qui reste toutefois inquiet « pour le niveau d’indemnisation et les délais ». (AFP)

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Pascal Bonnefille

le 27/07/2018

Vacances : j’oublie tout (ou presque)…

Avant la rupture du mois d’août, grande tradition hexagonale qu’Immoweek respecte en interrompant ce « 13 heures » jusqu’au 20 août, il n’est pas inutile de dresser un bilan, rapide, de la situation des marchés et des professionnels qui les font vivre. On a déjà eu l’occasion de le constater : le secteur immobilier vit actuellement une forme de schizophrénie ou, si l’on préfère, joue en même temps à Jean qui rit et Jean qui pleure. Côté larmes, on sent pointer l’inquiétude de la FFB avec tous les acteurs concernés, promoteurs au premier rang, analysant la baisse des mises en chantier, dans le secteur social comme dans celui des maisons individuelles. Le monde HLM, majoritairement, soumis à une réforme qui va tailler dans les structures, changer les mécanismes, est aussi inquiet. Côté joies, on comptera bien sûr le monde de l’immobilier d’entreprise, qui dans la promotion comme dans l’investissement, dans la location (avec le meilleur 1er semestre depuis 10 ans !) comme dans la gestion voit la vie en rose.

Mais cette situation, différenciée, n’est pas si facile à présenter- on allait dire à défendre !- aux pouvoirs publics, aux responsables de la Cohésion des territoires, comme à Bercy, toujours là pour serrer les cordons de la bourse. Car les résultats des promoteurs sont excellents (nous ne reprendrons pas la litanie des chiffres 2017, souvent records), ceux des foncières également (même si la Bourse ne leur est pas favorable en ce moment) et les innovations, les start-ups, les nouvelles générations sont de plus en plus présentes, parfois au premier plan. Bref, le secteur ne dort pas et n’a pas dormi. On peut être certain qu’après ces quelques jours, nous retrouverons un secteur en pleine rénovation – le mot est choisi. Comme toujours, les mutations seront parfois difficiles, et même douloureuses : espérons en commun que les nuages iront en s’éclaircissant, même dans le secteur HLM. Et que nous pourrons collectivement tout oublier (ou presque) pendant ces vacances que nous vous souhaitons belles, reposantes ou au contraire dynamisantes, en tout cas heureuses.

Portrait

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