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Matignon désavoue France Stratégie et met l’instance sous tutelle

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le 12 Oct 2017

Edouard Philippe va annoncer le 13 octobre une reprise en main de France Stratégie (ex-Centre d’Analyse Stratégique), l’organisme de réflexion économique dépendant de Matignon, après un rapport aux propositions jugées « farfelues », avec notamment un nouvel impôt immobilier.

« Nous allons annoncer qu’ils sont mis à la disposition du délégué à la Transformation publique, pour travailler sur nos réformes plutôt que sur des idées farfelues », a déclaré un proche d’Edouard Philippe. La décision fait suite à la publication d’un rapport aux pistes volontairement « radicales » pour résorber les dettes publiques en Europe, propositions visiblement très éloignées de l’esprit de l’exécutif Macron-Philippe.

Ceci traduit un changement net de regard de la part du gouvernement sur cette instance qui, a plusieurs reprises, a publié des préconisations qui ont fait réagir et mobilisé contre elle notamment les acteurs du monde du logement. On se souvient de son analyse sur une imposition des propriétaires au titre de « loyers fictifs » en échange d’une suppression de la taxe foncière. Une proposition dont le gouvernement Cazeneuve s’était vivement désolidarisé.
Anciennement dirigé par l’économiste Jean Pisani-Ferry, inspirateur du programme d’Emmanuel Macron et responsable du plan d’investissement du gouvernement, France Stratégie a pour commissaire général depuis janvier 2017 l’ex-conseiller social de François Hollande à l’Elysée, Michel Yahiel. « France Stratégie a pris l’habitude de publier des idées irréalistes, sans aucune impulsion politique », a déploré ce proche d’Edouard Philippe.

Dans son rapport publié le 11 octobre, France Stratégie proposait notamment une solidarité financière accrue des Etats de la Zone euro, un rachat de la dette publique des Etats par la BCE, ainsi qu’un impôt exceptionnel sur le capital immobilier. Selon cette proposition de nouvel impôt, l’Etat pourrait décréter « qu’il devient copropriétaire de tous les terrains construits résidentiels, à hauteur d’une fraction fixée de leur valeur ». Il deviendrait ainsi « créditeur d’une somme annuelle, correspondant à une part de la fraction de la rente immobilière associée à la co possession du terrain ».

Cette proposition intervient alors que l’exécutif a déjà décidé de recentrer l’impôt sur la fortune sur les seuls actifs immobiliers.
France Stratégie avait déjà fait polémique peu avant le départ de Jean Pisani-Ferry en proposant une taxe sur les propriétaires, assise sur un « loyer fictif », en échange d’une suppression de la taxe foncière. (Avec l’AFP)

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Pascal Bonnefille

le 20/07/2018

Patrick Braouezec, l’engagé

Certains élus sont tellement associés à « leur » pays d’élection qu’on ne les imagine guère vivre, agir ou travailler ailleurs.

Patrick Braouezec (merci de prononcer le nom « à la bretonne ») en est une magnifique illustration. Pensez donc : après avoir été 13 ans maire (sur tous les fronts) de Saint-Denis, député (dynamique) de Seine-Saint-Denis durant 19 ans, mais aussi incontournable président de Plaine Commune (la communauté d’agglomération, puis l’établissement public territorial) depuis 2005, celui que Luc Le Vaillant – autre breton… – appelait gentiment « un drôle de coco » dans un beau portrait de « Libération » en 1998, est un infatigable défenseur de « son » territoire. Et ses idées sont souvent intéressantes, novatrices ou tout simplement efficaces. Celui qui a tant plaidé pour le Stade de France expliquait ainsi en 2014 (au « Figaro Magazine » qui n’est pas son journal favori…) : « le football est le troisième lieu d’éducation ». Pas mal vu, non ? Présent dans tous les débats quand il s’agit de « son » département, il a été nommé vice-président du Conseil National des Villes au printemps.

Politique complexe (il a quitté le PCF en 2010, l’a rejoint à nouveau sept ans plus tard après avoir appelé à voter Emmanuel Macron… et s’en dire « déçu » après quelques mois), il conserve une ligne directrice claire : être le porte-parole d’une Seine-Saint-Denis difficile, attachante et pleine de projets.

Le voici maintenant nommé membre du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, au siège laissé vacant par le socialiste Jean-Yves Le Bouillonnec (encore un Breton !). Il a donc damé le pion à un élu moins « consensuel » que lui : le président du conseil départemental des Yvelines Pierre Bédier. Même si le poste de président du conseil de surveillance de la SGP qu’il devrait obtenir lors de l’élection prévue pour début septembre, n’est pas le poste exécutif, nul doute que le bouillant Braouezec ne sera pas un président « de papier ». Et qu’il défendra – on peut lui faire confiance – les projets métropolitains (nombreux !) de son cher 93.

Portrait

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