Chargement

retour Accueil > Logement > Actualités > Meublés touristiques : Paris veut jouer...

Meublés touristiques : Paris veut jouer collectif avec les métropoles du monde

ActualitésLogement

le 14 Nov 2017

La Ville de Paris veut mener une offensive conjointe avec d’autres grandes villes étrangères contre les locations illégales de meublés touristiques type « Airbnb ».

Paris, comme toutes les grandes villes touristiques, cherche à réguler ce type de locations qui se développent au détriment du secteur hôtelier, favorisent la spéculation immobilière, vident certains quartiers de leurs habitants et provoquent des désagréments quotidiens pour les autres.

La Ville estime qu’environ 30 000 biens sont loués de manière permanente et illégale. « Il faut tenir compte du fait qu’à Paris, on construit environ 4 000 logements neufs chaque année, donc 30 000 logements c’est beaucoup par rapport au flux de logements qu’on est capable de construire », a rappelé Ian Brossat, adjoint PCF au logement de la Maire de Paris Anne Hidalgo. « Je pense qu’il faut que les villes qui sont concernées par le phénomène (…) travaillent ensemble pour trouver des outils de régulation », a-t-il  ajouté. Paris souhaite ainsi organiser une rencontre internationale en mars 2018 sur le sujet. L’objectif serait de permettre « un échange de pratiques » et de devenir « plus fort dans le rapport de force avec les plate-formes ». L’élu a fait cette annonce en marge de la comparution en justice, à Paris, de deux loueurs, poursuivis par la location illégale de meublés.

L’un, un multipropriétaire, était poursuivi pour avoir mis en location de courte durée trois appartements situés dans les Ier et VIIIe arrondissements de la Capitale, à des tarifs allant de 167 à 382 euros la nuit. Il risque 50 000 euros d’amende par bien, le montant maximum encouru pour une location illégale. Le tribunal rendra sa décision le 4 décembre. Les saisines par la Ville à la justice se sont accélérées, passant de 42  logements en 2016 à 196 en 2017. Le montant des amendes a également été décuplé : il a atteint 976 000 euros au 31 octobre, contre 100 000 euros sur l’ensemble de 2016, selon la Mairie. « L’exemple qu’on a eu aujourd’hui est le témoignage éclatant qu’on a besoin de mettre un peu de régulation », a expliqué Ian Brossat après l’audience. Un numéro d’enregistrement sera ainsi obligatoire à partir de décembre pour toute personne désirant louer son appartement sur une plate-forme numérique. Quelque 100 000 annonces sont proposées à Paris, toutes plate-formes confondues. Paris est, notamment pour Airbnb, l’un des premiers marchés du monde avec 65 000 logements revendiqués.(AFP)

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

Chargement