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Alexandra François-Cuxac (FPI) : « il y a urgence à raccourcir le temps politique »

- Le - par Catherine Bocquet

C’est un (petit) signal à la profession qu’est venu adresser, le 6 juillet dernier, le ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard, en prenant la parole lors du 47ème congrès annuel de la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI) qui se tenait au Musée du Quai Branly. Point d’annonce tonitruante (ce ne sera d’ailleurs visiblement pas le mode de faire du ministre), mais quelques petites indications sur les chantiers qui lui seront chers… Une intervention précédée du discours de la présidente de la Fédération des Promoteurs immobiliers, Alexandra François Cuxac, qui a rappelé les grands enjeux d’une politique du logement « constructive ».

" Nous nous félicitons de votre visite et plus largement de votre nomination à la tête d’un ministère élargi, incluant le logement, que nous appelions de nos vœux " a lancé, en préambule, à l’adresse de Jacques Mézard la présidente de la FPI. Fidèle à son ton et sa conviction, celle-ci a rappelé le poids représenté par l’industrie immobilière dans l’économie de notre pays : " 210 milliards d’euros, soit 10 % du PIB. C’est un marché où la demande est très dynamique et qui constitue un gisement de croissance et d’emplois de grande ampleur : chaque chantier qui débute, c’est de l’emploi qui se crée ". Une industrie qui pèse aussi 2,1 millions d’emplois… non délocalisables.

Un plaidoyer pour le maintien des mesures

Mais, " ne cassons pas la mécanique en œuvre par des décisions précipitées " est la phrase qui pourrait résumer le mieux le propos d’Alexandra François-Cuxac, qui appelle l’exécutif à " [nous] laisser bâtir mieux, plus vite et moins cher ". Pour y parvenir une " nouvelle donne " est, selon elle, nécessaire, qui comprend deux axes clés : un soutien continu à l’investissement locatif et éviter une révision de l’ISF qui ne viserait que l’immobilier : " caricaturer l’investissement dans la pierre comme une rente non-productive pour notre économie est une vision tronquée de notre filière et risquerait de casser la reprise du secteur, au détriment de tous " explique-t-elle. Et de plaider dans le même temps pour un changement de regard sur le métier de promoteur : " l’image parfois négative de notre métier renvoie à une époque révolue et à une mauvaise compréhension de notre rôle dans la cité : nous sommes d’abord des créateurs, des entrepreneurs, des innovateurs, c’est cela le cœur de notre engagement professionnel ".

ISF, Pinel, certitudes et incertitudes

Ces deux requêtes, le ministre n’a pas répondu, le 6 juillet dernier. On sait en revanche aujourd’hui que la réforme de l’ISF portera sur l’immobilier, avec une assiette de cet impôt réduite aux seuls biens immobiliers. Quant à l’avenir du dispositif d’investissement locatif Pinel, en revanche, point de réponse encore. Alexandra François-Cuxac, pour sa part, " imagine mal le gouvernement, animé par de si bonnes intentions, en arriver à casser la dynamique et la croissance en supprimant un dispositif qui fonctionne très bien ". Et d’argumenter : " le dispositif Pinel coûte 1,6 milliard d’euros mais en rapporte 2,2 milliards… " Interrogé sur ce thème lors d’un (plus que) bref " micro tendu ", Jacques Mézard, qui qualifie cette question de la poursuite ou nom des mesures " d’excellente ", a répondu qu’il n’y apporterait pour l’heure… aucune réponse. L’avenir du Pinel reste donc toujours en suspens, ce qui n’est guère une surprise : rappelons que le candidat à la Présidence de la République, Emmanuel Macron, avait, lors d’un point presse Orpi avant la présidentielle (voir notre lettre " Immoweek Logement n°844 du 9 décembre), a fait part de sa volonté " d’évaluer avant de décider ".

Un ministre qui se veut constructif

Si le ministre Jacques Mézard est resté plus que discret sur ces sujets clés pour le secteur, il a en revanche tenu à rappeler les grands axes de sa feuille de route : " porter le choc de l’offre de logements et soutenir l’activité au travers de deux orientations " : la simplification des normes, qu’il compte engager dans le champ de l’urbanisme et de la construction, et le soutien à l’innovation par le développement du numérique et l’opportunité de la transition écologique. Par ailleurs, le ministre de la Cohésion des territoires, après avoir précisé que " le rôle de ministre, c’est aussi redonner au politique le pouvoir qui est le sien " — une incise allusion à une administration " très compétente " — a rappelé que le gouvernement " compte agir rapidement par un projet de loi de transformation des relations entre l’administration et le public qui sera déposé au Parlement vers la fin de ce mois de juillet et comprendra un premier volet de simplification des normes par une habilitation législative à légiférer par ordonnance ". Et d’indiquer à l’adresse des promoteurs présents : " c’est un enjeu important mais cela ne va pas se faire en huit jours (…) L’ordre a déjà été donné aux administrations de travailler à cette simplification. Avec votre aide nous allons le faire sur le droit des sols et sur tous les domaines de la construction ". Dans son discours de clôture, la présidente de la FPI lui avait répondu par anticipation : " la politique du logement a besoin de pragmatisme et d’une plus grande agilité pour s’adapter aux mutations à l’œuvre et inventer, pour nos citoyens, la ville de demain. Il y a urgence à raccourcir le temps politique tant le temps économique est devenu rapide "…

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

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