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Jacques Chanut (FFB) : « La situation positive dans le neuf ne saurait masquer l’amorce d’un retournement en amont de la filière »

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le 22 Sep 2017

« Pour le bâtiment, après huit années de crise et le retournement de 2016, la reprise est bel et bien là » se félicite le président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB). « De fait, l’acquis de la première moitié de 2017 et les perspectives pour la seconde laissent espérer une croissance de l’activité du bâtiment au-delà de 4 %, donc sensiblement plus forte qu’initialement prévu (+3,4 % annoncé n 2016) ».

Pour le secteur du bâtiment, l’heure n’est pas pour autant à l’optimisme forcené. Lors de la conférence de conjoncture du 13 septembre dernier, Jacques Chanut a, en effet, nuancé cette reprise selon les métiers et les territoires, soulignant que la situation est « critique » pour l’Outre-mer, où les entreprises et donc l’emploi dans le bâtiment sont mises à mal.

Des chiffres qui se redressent pourtant

Si les indicateurs actuels sont bons, rien ne permet de dire que cela va durer. Dans le neuf, en rythme annuel sur sept mois, les mises en chantier de logements progressent de 8,9 %. En rythme annuel, et en nombre de logements concernés, la tendance 2017 affiche une hausse de 5,5 % s’agissant des autorisations et de 8,9 % s’agissant des mises en chantier, pour un total attendu de 400 000 logements neufs à la fin de l’année 2017 (contre 357 000 unités en moyenne au cours de la période 1980-2016). Côté amélioration-entretien, l’activité se révèle plus dynamique qu’au cours des derniers mois. La FFB relève cependant que la situation nationale, plutôt bonne, doit être pondérée par les résultats beaucoup moins bons des territoires ultra-marins (et ces chiffres datent d’avant l’ouragan Irma). Pour la production dans le cadre du logement social, les chiffres aussi sont bons et « la bonne tenue des agréments en neuf au cours des années 2015 et 2016 devrait maintenir ce segment à un haut niveau en 2017 ». Qu’en sera-t-il ensuite ? Les diverses annonces du gouvernement concernant les exigences à l’égard du logement social (lire aussi notre édito) laissent planer le doute. La renégociation de la dette des bailleurs auprès de la Caisse des Dépôts « en échange » d’une révision des loyers à la baisse (voir notre édito dans la lettre n°875) jouera ici un rôle important.

Point de conjoncture à fin mars 2017

L’amélioration-entretien des logements, autre vecteur de croissance

Du côté de l’amélioration-entretien des logements, les indicateurs sont également bons. Selon la FFB, « les dernières vagues des enquêtes d’opinion de l’Insee auprès des chefs d’entreprises du bâtiment signalent une probable amorce de reprise. Et de considérer que « le vif essor des transactions dans l’ancien depuis 2014 commence peut-être à faire sentir ses effets en terme de travaux ». Par ailleurs, selon les derniers chiffres sur la production de crédits immobiliers aux ménages (Insee, enquête mensuelle de conjoncture), ceux relatifs aux gros travaux de rénovation sont en hausse de 11,6 % en glissement annuel sur le 1er semestre 2017. En revanche, comme l’a déjà souligné l’observatoire Clameur, la dépense « entretien-amélioration » effectuée par les propriétaires bailleurs tend, elle, à dégringoler. Ces dépens seraient ainsi, en 2017, à leur plus bas historique depuis la fin des années 1990.

Inquiétudes sur la suite

En somme, tout ne semble pas aller si mal, mais quelques signes avant-coureurs d’inflexion se manifestent, « une tendance que pourraient transformer en véritable retournement quelques projets annoncés par le gouvernement » considère Jacques Chanut. « La situation immédiate très positive dans le neuf ne saurait masquer l’amorce d’un retournement dans l’amont de filière » ajoute-t-il. « De fait, les ventes de logements ont décroché au deuxième trimestre, dans l’individuel comme dans le collectif, respectivement avec 1,9 % et 9,4 % sur un an. D’ailleurs, le nombre et la production de crédits immobiliers pour le neuf baissent aussi sur la même période. Il semble que la hausse des prix de vente relevée depuis 2016 commence à désolvabiliser certains ménages, faute de pouvoir compter sur une nouvelle amélioration des conditions de crédit ou sur une meilleure mobilisation de l’apport personnel pour compenser. »

Point de conjoncture à fin mars 2017

Alerte sur l’emploi

La reprise est donc fragile, comme l’a souligné aussi la présidente de la Fédération des Promoteurs Immobiliers, Alexandra François-Cuxac (voir notre lettre n°876), qui plaide pour un maintien des dispositifs existants (PTZ, Pinel…). Le président de la FFB le réitère : « dans un marché qui s’infléchit déjà, il importe de ne pas jouer aux apprentis sorciers. La reprise de l’emploi dans le secteur ne survivrait pas à une potion trop amère. Et il convient de rappeler un point fondamental de notre économie : l’importance des dispositifs de soutien au logement procède, avant tout, d’une fiscalité trop pesante. Cet obstacle doit être arasé et le stock de normes s’appliquant au bâtiment élagué, avant que l’on puisse s’attaquer sans risque avéré aux dispositifs de soutien ». Pas sûr que le gouvernement écoute le message…

Point de conjoncture à fin mars 2017

Des coûts de construction pas si élevés que ça…

Des coûts de construction qui seraient particulièrement élevés en France sont souvent invoqués parmi les freins à la réalisation de davantage de logements. Aussi, la FFB s’est attaché, s’appuyant sur un rapport, qu’il ne s’agit ici que d’un a priori. Dans ce document, on lit en effet que, en 2016, la France occupait la huitième place, avec des prix de construction supérieurs de 23 % à la moyenne de l’Union européenne à vingt-huit (UE28), bien en-deçà de l’Allemagne (35,8 % de plus que la moyenne). Aux sept premiers rangs, on trouvait la Suisse, l’Islande, la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark, puis l’Allemagne. Après la France, suivent d’assez près les Pays-Bas et l’Autriche, puis, plus près de la moyenne européenne, le Royaume-Uni, le Luxembourg et la Belgique. En 2007, à périmètre constant, la France ressortait au onzième rang, 16,1 % au-dessus de la moyenne de l’UE28 , derrière l’Islande, le Danemark, la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni, l’Autriche, les Pays-Bas, la Suisse, la Finlande et l’Allemagne. Depuis 2008, elle oscille entre le neuvième et le septième rang, toujours une ou deux place(s) derrière l’Allemagne.

La rédaction d'Immoweek

Édito
par Pascal Bonnefille

le 20/07/2018

Patrick Braouezec, l’engagé

Certains élus sont tellement associés à « leur » pays d’élection qu’on ne les imagine guère vivre, agir ou travailler ailleurs.

Patrick Braouezec (merci de prononcer le nom « à la bretonne ») en est une magnifique illustration. Pensez donc : après avoir été 13 ans maire (sur tous les fronts) de Saint-Denis, député (dynamique) de Seine-Saint-Denis durant 19 ans, mais aussi incontournable président de Plaine Commune (la communauté d’agglomération, puis l’établissement public territorial) depuis 2005, celui que Luc Le Vaillant – autre breton… – appelait gentiment « un drôle de coco » dans un beau portrait de « Libération » en 1998, est un infatigable défenseur de « son » territoire. Et ses idées sont souvent intéressantes, novatrices ou tout simplement efficaces. Celui qui a tant plaidé pour le Stade de France expliquait ainsi en 2014 (au « Figaro Magazine » qui n’est pas son journal favori…) : « le football est le troisième lieu d’éducation ». Pas mal vu, non ? Présent dans tous les débats quand il s’agit de « son » département, il a été nommé vice-président du Conseil National des Villes au printemps.

Politique complexe (il a quitté le PCF en 2010, l’a rejoint à nouveau sept ans plus tard après avoir appelé à voter Emmanuel Macron… et s’en dire « déçu » après quelques mois), il conserve une ligne directrice claire : être le porte-parole d’une Seine-Saint-Denis difficile, attachante et pleine de projets.

Le voici maintenant nommé membre du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, au siège laissé vacant par le socialiste Jean-Yves Le Bouillonnec (encore un Breton !). Il a donc damé le pion à un élu moins « consensuel » que lui : le président du conseil départemental des Yvelines Pierre Bédier. Même si le poste de président du conseil de surveillance de la SGP qu’il devrait obtenir lors de l’élection prévue pour début septembre, n’est pas le poste exécutif, nul doute que le bouillant Braouezec ne sera pas un président « de papier ». Et qu’il défendra – on peut lui faire confiance – les projets métropolitains (nombreux !) de son cher 93.

Portrait

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