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Patrick Vandromme (LCA-FFB) : « toucher au PTZ, c’est 40 000 maisons en moins »

- Le - par Catherine Bocquet

Les annonces sur la stratégie logement du nouveau gouvernement, si elles semblent satisfaire la Fédération des Promoteurs Immobiliers, n’ont en revanche pas rassuré celle des constructeurs et aménageurs de la Fédération Française du Bâtiment (LCA-FFB). Et ce, malgré des indicateurs de crédits pour l’heure « bien orientés » qu’a rappelé, lors d’un point presse, Benoît Catel, directeur général adjoint du Crédit Foncier.

Celui-ci évoque " un nouveau record atteint par le volume des crédits immobiliers de 170 milliards d’euros attendus, en hausse de 8 % par rapport à 2016, un chiffre jamais tangenté depuis 2007 ". Et de rappeler que la dynamique de logements est portée par des taux très bas, d’une durée qui tend à s’allonger : " nous sommes dans un cycle optimiste, qui solvabilise la demande et permet de soutenir l’activité du marché immobilier. Une dynamique qui bénéficie aussi à la maison individuelle en secteur diffus, où la reprise se confirme en 2017 avec presque 124 000 maisons mises en chantier ". Cependant, relève Benoît Catel, " ce marché n’a pas encore retrouvé le rythme de production de la moyenne décennale de 142 000 mises en chantier ".

Marché dynamique, mais signaux d’alerte

La dynamique du secteur de la maison individuelle, le président de LCA-FFB, Patrick Vandromme, ne la conteste pas, puisqu’à fin juin 2017, le taux de croissance annuel affiche tout de même 12,9 % de hausse par rapport à la même période de 2016. Mais explique-t-il " pour la maison individuelle, nous assistons, au 2ème trimestre, à la première baisse trimestrielle depuis octobre 2014, date de lancement du nouveau PTZ ". " C’est une baisse qui ne nous inquiète cependant pas car liée à l’attentisme pré-électoral, même si elle a contrarié la croissance du 1er

semestre ". Le secteur bénéficie encore des effets des mesures en oeuvre, dont " l’effet PTZ " qui, en 2014, a permis de " redresser " de 40 000 maisons le volume des ventes. " Toucher au PTZ, c’est 40 000 maisons en moins " résume le président de LCA-FFB. Une baisse au détriment des jeunes ménages, plutôt modestes, qui vivent en province et se retrouvent, à défaut de PTZ, dans l’incapacité d’acheter. Un constat que confirme Benoît Catel : " sans PTZ, nous ne pourrons plus financer quatre dossiers sur cinq qui nous sont présentés ; il y aurait alors risque pour les emprunteurs ".

Conf Presse Sept 2017 LCA FFB et Crédit Foncier

Vers une plus grande fracture territoriale

Les mesures qui seront mises en place sont, selon LCA-FFB, de nature à bouleverser davantage la carte et le territoire. " L’approche par zonage, qui s’est renforcée les années suivantes, part de présupposés selon lesquels il y aurait d’un côté des zones tendues, qui devraient être privilégiées pour accueillir le maximum de constructions avec une concentration des aides de l’État et, de l’autre, des zones hors tensions dans lesquelles le libre jeu du marché devrait suffire à satisfaire un équilibre entre l’offre et la demande " explique la Fédération, qui qualifie cette vision de " malthusienne ": " elle est alimentée par des raccourcis consistant à déclarer qu’on construit trop en France là où il n’y a pas de besoin et pas assez là où seraient " les vrais besoins. Le choix des mots étant révélateur de la volonté d’ignorer des territoires moins urbains dans lesquels curieusement il n’y aurait pas de besoin ". Et de soulever un autre argument : se focaliser sur le seul prix du logement obère le paramètre " taux d’effort des ménages pour se loger ". Si les prix des logements sont, en effet, moins élevés en zones B2 et C (qui couvrent 34 000 communes et représentent 60 % de la population), " il est aussi coûteux pour un ménage d’accéder à la propriété dans une commune de 2 000 à 5 000 habitants que dans une grande agglomération " comme l’a rappelé le professeur Michel Mouillart lors des derniers Entretiens d’Inxauseta (à lire aussi dans sa chronique sur immoweek.fr). D’ailleurs, selon les derniers chiffres du PTZ, les zones B2 et C mobilisent 56 % de la distribution dans le neuf et 84 % dans l’ancien.

La conclusion de Patrick Vandromme est sans appel : " les recentrages annoncés par le gouvernement sont de nature à accentuer une fracture territoriale ". Avec, au final, une carte de France où il n’y aurait guère de vie hors métropoles…

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

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