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Benjamin Delaux (HABX) : « nous exprimons le besoin du futur habitant »

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le 15 Déc 2017

La start-up HABX poursuit son développement, après avoir été associée à des projets lauréats de « Réinventer Paris » et « Inventons la Métropole du Grand Paris ». Ce qui se cache derrière son succès ? La promesse de remettre l’accédant au cœur de l’offre et la demande, comme l’explique son président fondateur, Benjamin Delaux.

Qu’est-ce que HABX ?

HABX est une start-up fondée en 2016. Nous sommes partis d’une problématique simple en ce qui concerne la production de logements : pour mettre l’offre en adéquation avec la demande, il faut, grâce au digital, inverser la donne et replacer les utilisateurs au cœur du système de production. Cela se traduit par la création d’une plate-forme web, permettant aux futurs acquéreurs de trouver un lieu d’habitat en mettant l’accent sur leur mode de vie, leur budget et les transports, et aux promoteurs de proposer des programmes correspondant à cette demande. Le « crowdbuilding » est un cercle plus vertueux et plus économique puisque vendre les logements, avant de les produire, permet de réduire leur coût de façon sensible.

Qu’est-ce qui convainc un accédant ou un promoteur de venir vers vous ?

L’aisance et l’optimisation dans la production se retrouve souvent dans le B2B du tertiaire, moins dans le logement. Mais désormais, avec Internet, il est possible de personnaliser tout ce que l’on souhaite aussi en matière de logement, ce qui correspond à un besoin extrêmement fort et présent. Ce processus permet à chacun d’avoir un logement nouvelle génération sur mesure. Pour les « millennials », qui sont habitués à pouvoir choisir la couleur de la virgule de leurs Nike, c’est une personnalisation parfaite. Notre plate- forme permet d’exprimer un besoin rationnel et qualifié qui soit industrialisable ; c’est aussi simple pour le constructeur que de programmer une série de T3, T4, T5 et cela génère du pouvoir d’achat pour les accédants. Nous exprimons leurs besoins, tout en répondant au besoin de durabilité. De surcroît, les promoteurs n’ont plus à recourir à des dépenses de commercialisation (de type bulle de vente), cela leur évite un surcoût de 5 à 15% du prix de la mise en vente et réduit d’autant le risque financier et la marge. Cela réduit également le risque administratif, puisque le permis de construire est adapté aux bons besoins. Un permis de construire déposé pour les habitants se défend aussi beaucoup mieux contre les éventuels recours.

ITW

Quelles sont vos réalisations en cours ?

Nous avons intégré cette démarche au projet d' »Edison Lite » (Paris 13ème, Loftissime), l’un des projets lauréats de Réinventer Paris. Ceci permettra à quinze familles de construire elles- mêmes le programme de leur logement. Nous l’intégrerons également pour les projets « Les Lumières Pleyel » (Saint-Denis, Sogelym Dixence, Snohetta), « Passerelles » (Joinville-le-Pont, Eiffage Immobilier), « Pont de Rungis/Faubourg » (Thiais, Vinci Immobilier Résidentiel) et « Mix’It » (Noisy- le-Sec, Bouygues Immobilier) , lauréats cette fois de l’appel à concours « Inventons la Métropole ». Ailleurs en France, nous sommes présents dans les métropoles de Bordeaux et de Toulouse. Nous avons actuellement une centaine d’opérations avec près de soixante-dix promoteurs différents, tels que Bouygues, Vinci, Icade, Cogedim, Sogelym Dixence, Pitch Promotion…

Quelles sont vos ambitions et perspectives ?

Pour notre première année d’existence, nous avons atteint le million d’euros de chiffre d’affaires, nous prévoyons 8 millions pour l’année suivante et 20 millions en 2019. Notre ambition est de réussir notre levée de fonds auprès de partenaires français et étrangers, laquelle devrait nous permettre de conduire un développement pour être un leader mondial de l’habitat. Le marché de la ville durable représente actuellement de l’ordre de 3 700 milliards de dollars, dont 1 000 milliards de dollars pour le logement abordable. C’est une démarche productive et durable pour les territoires, vertueuse pour les habitants et les acteurs de l’immobilier ; nous avons l’aspiration d’être l’un des leaders de la prop tech.

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Thierry Mouthiez

le 23/04/2018

Très cher Brexit…

En hausse de 13 % à l’issue du premier trimestre, le dynamisme de la demande placée de bureaux en Ile-de-France pourrait bien se voir renforcée par les conséquences du Brexit. Enfin ne manqueront pas de dire certains, car on en parle depuis près d’un an maintenant !

A ce sujet, Gérard Mestrallet, président d’Engie, interrogé par « Le Figaro » le 17 avril dernier en tant que président de Paris Europlace (à l’occasion de la tenue du forum annuel de Paris Europlace organisé à New York), précise : « très vite après le référendum, HSBC a annoncé qu’elle prévoyait de transférer 1 000 emplois à Paris. Puis, depuis octobre dernier, Bank of America Merrill Lynch, 400 traders ; JP Morgan va augmenter ses effectifs de 25 % à Paris ; Morgan Stanley installe 300 personnes. Les grandes banques françaises ont annoncé le transfert de 1 000 personnes. Dans le domaine de la gestion d’actifs, Schroeder, mais également les gérants français, Clerville Asset Management, Eleva, Smart Lenders redéveloppent leurs équipes à Paris. L’assureur Chubb a décidé de faire de Paris son centre européen. Tout cela représente déjà 3 000 à 4 000 emplois directs, soit environ 15 000 à 20 000 emplois au total. Paris fait ainsi deux fois mieux que Francfort »… Auparavant, Gérard Mestrallet avait mis en avant que « le régime des impatriés avait été amélioré de façon très substantielle par le gouvernement Valls et il devrait l’être encore davantage avec l’exonération de cotisation retraite pour les impatriés pendant six ans qui figurera dans la loi Pacte de Bruno Le Maire. Ce régime deviendra le plus favorable de toute l’Europe : un cadre international qui viendra de Londres à Paris paiera moins d’impôts à Paris »…

Un mouvement qui ne pourra que profiter à la demande de bureaux. C’est, d’ailleurs, ce que soulignait Ludovic Delaisse, directeur du département agence de Cushman & Wakefield, dans une interview exclusive publiée sur Immoweek.fr le 10 avril dernier, déclarant : « cette dynamique (du marché, ndlr) sera aussi très certainement alimentée par les besoins résultants du Brexit. Actuellement, Cushman & Wakefield conseille plusieurs utilisateurs dans ce cadre »… Déjà, Marie-Laure Leclercq de Sousa, à la tête de l’agence chez JLL, déclarait dans une interview exclusive du 2 mars dernier : « nous sommes très proches de nos collègues britanniques et suivons de près le mouvement du Brexit pour accueillir à Paris de nouveaux transfuges londoniens en « mid market » et en grands projets »…

Bref, si l’on ne peut que déplorer cette décision des Britanniques envers l’Europe, au moins le secteur de l’immobilier d’entreprise hexagonal (et pas que…) devrait-il en profiter !

Portrait

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