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Paris Habitat veut produire plus de 1 000 logements sociaux par an d’ici 2020

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le 18 Avr 2017

Avec un patrimoine de 123 000 logements, soit 290 000 habitants, « Paris Habitat loge près d’un Parisien sur dix » fait valoir Stéphane Dauphin, directeur général du bailleur social, qui a exposé la feuille de route 2017-2020 de l’organisme, lors d’un rendez-vous en petit comité avec la presse.

« Notre priorité, c’est de loger les Parisiens. Nous devons développer l’offre de logements accessibles, rien de plus normal. Mais nous souhaitons également nous inscrire dans une vision extensive du rôle de bailleur social, être un vrai service de proximité. Nous nous engageons sur les sujets de l’innovation — sous toutes ses formes (numérique, sociale, managériale…) — mais aussi sur l’efficience et la rigueur de gestion » résume Stéphane Dauphin. Sa feuille de route trace ainsi plusieurs chemins de développement.

Accélérer la production de logements neufs et la réhabilitation du parc

Paris Habitat s’engage à produire entre 1 050 et 1 300 logements sociaux par an d’ici 2020, dont 600 à 850 seront créés sur des fonciers apportés par la Ville de Paris, et à en conventionner 12 000 sur la même période, dont 6 000 dans les arrondissements déficitaires. L’office dispose actuellement de 110 opérations en cours (études engagées, permis déposés ou à déposer, chantiers), représentant environ 6 000 logements.

Par ailleurs, 12 000 logements seront conventionnés d’ici 2020, dont 6 000 dans les arrondissements déficitaires. Pour 2017, Paris Habitat en prévoit 2 052, dans les 10ème, 15ème et 20ème arrondissements. Une enveloppe travaux de 72 millions d’euros. Mais l’Office ne s’arrête pas au développement neuf et va allouer, chaque année jusqu’en 2020, 150 millions d’euros à son programme de réhabilitation du patrimoine existant. Et souhaite continuer à végétaliser ses opérations : celles en cours, portant sur de la requalification, vont créer 10 000 m2 d’espaces verts supplémentaires. Le bailleur social a contracté, auprès de la Caisse des dépôts, un Prêt de Haut de Bilan de 47 millions d’euros. Et en terme de revalorisation du foncier existant, Stéphane Dauphin précise : « nous regardons actuellement d’anciennes casernes du côté d’Exelmans et un foncier de la préfecture de police dans le 19ème arrondissement, qui pourrait être libéré à horizon 2022… »

Renforcer les services aux locataires et leur participation

« Le niveau d’exigence de nos locataires est élevé. Notre office a toujours été assez réactif, mais on ressent un besoin de plus en plus renouvelé de transparence, d’équité dans ce domaine. Une demande assez normale, mais qui vient tout de même bousculer le cadre assez normatif des bailleurs sociaux » fait valoir Stéphane Dauphin. A cet effet, Paris Habitat compte sonder ses locataires chaque année par des enquêtes de satisfaction, dont les résultats leurs sont communiqués. Parmi les services innovants que propose déjà le bailleur, il donne l’exemple des « contrats robinetterie », sorte d' »assurance » sur le bon fonctionnement et l’entretien des « équipements et appareils type mélangeurs, mitigeurs et robinets, joints, mécanismes de vidage, réservoirs de chasse… » : entretien préventif, visite annuelle, réparations (4h en cas de fuite, 48h en cas de dysfonctionnement sans risque de fuite). Un service facturé en moyenne 1,75 euro par mois.

Et pour aller plus loin dans leur participation, l’Office lance, à partir du 20 avril et pour quelques mois, des rencontres « En direct » : des rencontres citoyennes entre les représentants de l’office et les locataires au sein même des résidences. Cette première expérience se déroulera sur une quarantaine de sites. Stéphane Dauphin s’est engagé à y participer…

Déontologie et solidarité

Une charte de déontologie, « fruit d’une réflexion commune menée par les bailleurs de la Ville de Paris », doit être signée par Paris Habitat — inscrite au conseil d’administration du 4 mai prochain — et contient, parmi les principaux points, la prévention des conflits d’intérêt, la moralisation des relations avec les fournisseurs, le devoir de confidentialité ou encore l’impossibilité pour un cadre dirigeant de résider dans le parc social…

C’est une nouveauté de l’année 2016, Paris Habitat a désormais sa fondation d’entreprise, présidée par Patrick Doutreligne (ex-délégué général de la Fondation Abbé-Pierre). Elle vise « la mise en oeuvre d’actions favorisant la réussite des jeunes des quartiers où Paris Habitat et ses filiales ont du patrimoine ». Vie de quartier, projets de rencontre des cultures, chantiers éducatifs sont autant de missions qui lui incombent.

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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