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Thomas de Saint-Léger (PERL) : « un cycle complet qui se termine »

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le 22 Déc 2017

Etape clé pour Perl : deux opérations en usufruit locatif social, l’une à Boulogne, l’autre à Issy-les-Moulineaux arrivent à leur terme. L’occasion de faire le point sur ces débouclages avec Thomas de Saint Léger, directeur général de Perl.

Pouvez-vous nous rappeler le principe de l’Usufruit Locatif Social ?

L’usufruit locatif social repose sur la dissociation temporaire du droit de propriété entre usufruit et nue- propriété. L’usufruit du bien est acquis, pour une durée de 15 à 20 ans en moyenne, par un bailleur social ou institutionnel qui assure la gestion locative du bien selon les critères du prêt locatif social (plafonds de revenus et de loyers). Il en finance l’entretien, les petits et gros travaux, ainsi que les taxes. La nue-propriété, quant à elle, est achetée par un investisseur, bailleur institutionnel ou personne physique. Par ce système, celui-ci va acheter un appartement dans une zone tendue comme Paris, Lyon, ou Nice en ne payant qu’environ 60% de la valeur du bien en pleine propriété. En échange de cette décote — correspondant à la totalité des loyers libres, défiscalisés et nets de charges qui auraient été encaissés pendant une durée de l’usufruit — il ne pourra ni l’habiter ni le louer pendant cette période. Au terme de l’opération, il deviendra plein propriétaire, automatiquement et sans frais. Il pourra alors vendre son logement pour avoir un capital retraite, le louer pour recevoir un revenu complémentaire ou encore le récupérer pour l’habiter.

Quel sont les éventuels autres avantages ? Notamment pour les pouvoirs publics ?

Pour le bailleur, l’usufruit locatif social est un moyen d’accroitre son offre sociale dans un secteur au foncier rare et onéreux, sans devoir financer son investissement en fonds propres. Il permet en outre à la commune d’accroître son parc de logements sociaux. Aujourd’hui, nous travaillons chez Perl avec près de 70 bailleurs sociaux sur plus de 100 villes.

Qu’en est-il des deux premières opérations que vous venez de déboucler ?

Cette année, et pour la première fois sur le marché de l’usufruit locatif, deux opérations Perl sont arrivées au terme de l’usufruit consenti. La première, à Issy-les-Moulineaux, comprenant 24 logements et la deuxième, au centre de Boulogne-Billancourt, pour 13 logements. C’est donc en effet un cycle complet qui se termine. C’est un moment important dans l’histoire de Perl, puisque nous pouvons à présent témoigner d’une première expérience réussie sur l’ensemble du cycle de notre produit. Perl a joué un rôle important dans le « débouclage » de ces opérations, en anticipant la fin de la période d’usufruit en étroite collaboration avec le bailleur-usufruitier Logirep. Cette collaboration a permis de respecter les engagements pris par l’ensemble des parties prenantes en trouvant des solutions adaptées à chacune d’entre-elles. Deux ans avant la fin de l’usufruit, qui correspondait à la fin de leur bail, les locataires sont avertis, ce qui leur laisse le temps d’envisager la suite de leur parcours résidentiel.

À Issy-les-Moulineaux, les nus-propriétaires ont choisi de poursuivre la location de leurs biens à des niveaux de loyers intermédiaires, tandis qu’à Boulogne-Billancourt, la moitié des futurs pleins-propriétaires a souhaité vendre, alors que l’autre moitié a souhaité louer. Nous avons su mettre en place et expérimenter un ensemble de bonnes pratiques qui constituent désormais le socle de l’accompagnement de tous nos clients et permettront de « monitorer » plus finement les différentes phases de débouclage des prochaines fins d’usufruit.

PERL

Un bilan sur l’activité de Perl en 2017 ?

2017 est une belle année pour Perl. Nous avons franchi un nouveau cap dans le développement de notre activité, avec 1 100 lots commercialisés qui traduisent une très forte dynamique commerciale auprès des investisseurs. Désormais, plus de 6 300 ménages occupent un logement financé par Perl, à loyer abordable, dans les villes pourtant en forte pression foncière, dont Paris. En 17 ans, nous avons réalisé près de 350 programmes représentant plus de 7 500 logements. Ces opérations sont réparties à peu près à hauteur de 50 % en Ile-de-France et 50 % dans les métropoles régionales et autres territoires particulièrement tendus, comme la zone littorale de PACA, l’arc Atlantique ou les zones frontalières. L’objectif pour nous est de continuer à travailler, à la production d’une offre complémentaire de logements dans les zones en tension foncière, là où l’offre est faible et la demande forte.

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Thierry Mouthiez

le 23/04/2018

Très cher Brexit…

En hausse de 13 % à l’issue du premier trimestre, le dynamisme de la demande placée de bureaux en Ile-de-France pourrait bien se voir renforcée par les conséquences du Brexit. Enfin ne manqueront pas de dire certains, car on en parle depuis près d’un an maintenant !

A ce sujet, Gérard Mestrallet, président d’Engie, interrogé par « Le Figaro » le 17 avril dernier en tant que président de Paris Europlace (à l’occasion de la tenue du forum annuel de Paris Europlace organisé à New York), précise : « très vite après le référendum, HSBC a annoncé qu’elle prévoyait de transférer 1 000 emplois à Paris. Puis, depuis octobre dernier, Bank of America Merrill Lynch, 400 traders ; JP Morgan va augmenter ses effectifs de 25 % à Paris ; Morgan Stanley installe 300 personnes. Les grandes banques françaises ont annoncé le transfert de 1 000 personnes. Dans le domaine de la gestion d’actifs, Schroeder, mais également les gérants français, Clerville Asset Management, Eleva, Smart Lenders redéveloppent leurs équipes à Paris. L’assureur Chubb a décidé de faire de Paris son centre européen. Tout cela représente déjà 3 000 à 4 000 emplois directs, soit environ 15 000 à 20 000 emplois au total. Paris fait ainsi deux fois mieux que Francfort »… Auparavant, Gérard Mestrallet avait mis en avant que « le régime des impatriés avait été amélioré de façon très substantielle par le gouvernement Valls et il devrait l’être encore davantage avec l’exonération de cotisation retraite pour les impatriés pendant six ans qui figurera dans la loi Pacte de Bruno Le Maire. Ce régime deviendra le plus favorable de toute l’Europe : un cadre international qui viendra de Londres à Paris paiera moins d’impôts à Paris »…

Un mouvement qui ne pourra que profiter à la demande de bureaux. C’est, d’ailleurs, ce que soulignait Ludovic Delaisse, directeur du département agence de Cushman & Wakefield, dans une interview exclusive publiée sur Immoweek.fr le 10 avril dernier, déclarant : « cette dynamique (du marché, ndlr) sera aussi très certainement alimentée par les besoins résultants du Brexit. Actuellement, Cushman & Wakefield conseille plusieurs utilisateurs dans ce cadre »… Déjà, Marie-Laure Leclercq de Sousa, à la tête de l’agence chez JLL, déclarait dans une interview exclusive du 2 mars dernier : « nous sommes très proches de nos collègues britanniques et suivons de près le mouvement du Brexit pour accueillir à Paris de nouveaux transfuges londoniens en « mid market » et en grands projets »…

Bref, si l’on ne peut que déplorer cette décision des Britanniques envers l’Europe, au moins le secteur de l’immobilier d’entreprise hexagonal (et pas que…) devrait-il en profiter !

Portrait

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