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Christine Fumagalli, présidente du réseau ORPI : « Il faut revoir les conditions d’accès au logement »

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le 14 Mai 2018

Le projet de loi ELAN portant sur « l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique » sera examiné ce mardi 15 mai en Commission des affaires économiques. Ce projet envisage de nombreuses évolutions pour le secteur immobilier, notamment sur les problématiques liées à la solvabilité, à la mobilité et à la rénovation énergétique. Christine Fumagalli, Présidente du réseau ORPI livre son analyse.

Changer les conditions d’accès au logement

Les nouvelles formes d’emplois « non-salariés » se multiplient : 241 800 statuts de micro-entrepreneurs ont notamment été créés en 2017[1]. Pourtant il est encore difficile, voire impossible en zone très tendue, pour les travailleurs qui ne peuvent se prévaloir d’un CDI d’avoir accès à un logement.

Pour Christine Fumagalli, « le bail mobilité prévu dans le projet de loi ELAN est un premier pas vers l’assouplissement des conditions d’accès au logement pour certains publics qui ont souvent des difficultés à se loger. En l’occurrence, les personnes en formation qui cherchent un logement pour une durée définie. Toutefois, il ne s’adresse pas aux CDD, aux intérimaires, aux auto-entrepreneurs qui ont besoin de se loger sur le long terme et se voient fermer la porte de l’achat ou de la location car ils ne sont pas considérés comme solvables.

Les rares solutions existantes sont insuffisantes : côté location par exemple, la GLI[2], assurance intéressante sur le papier, exclut de fait toute une partie de la population, car elle ne fonctionne qu’avec les CDI… Or de plus en plus de propriétaires y ont recours, et pour cause : une enquête ORPI récente[3] montre que pour 40% d’entre eux la peur de ne pas être payé tous les mois est un frein à l’investissement locatif.

Nous devons trouver des solutions pérennes pour l’accès au logement de ces travailleurs non-salariés, qui pour beaucoup font un choix de vie assumé donc durable avec ces statuts professionnels, et sont de plus en plus nombreux. »

Pour équilibrer le marché : agir sur l’offre

Pour réguler les prix en zones tendues, une seule solution durable : le développement de l’offre disponible. Pour la Présidente du réseau : « nous pouvons mettre en place une infinité de mesures, si celles-ci n’ont pas pour objectif d’agir sur l’offre, cela ne réglera pas le problème de fond : le déséquilibre entre offre et demande en zones tendues. Pour remédier à ce déséquilibre, étant donné qu’il n’y a pas ou peu de foncier en zones tendues, il faut mobiliser le parc immobilier existant, le seul mobilisable rapidement. Nous ferons des propositions au gouvernement pour impliquer les bailleurs privés. »

Sur la question de l’encadrement des loyers, Christine Fumagalli appelle à la vigilance : « un encadrement des loyers délégué aux communes risque d’augmenter les disparités sur le territoire. En fonction de la couleur politique de chaque mairie, nous risquons de nous retrouver avec un territoire inégal… et illisible. C’est bien dommage à l’heure où nous nous accordons tous sur le besoin fondamental de simplification de la législation.

Par ailleurs, une enquête ORPI récente a montré que 18% des propriétaires possèdent des biens locatifs qu’ils ne mettent pas sur le marché[4]. Pourquoi ? Par manque de confiance. Or je suis convaincue que l’encadrement des loyers ne facilite pas l’apaisement des relations locataires / propriétaires. Nous avons besoin de confiance et de lisibilité, pas d’un dispositif mal abouti qui cristallise les tensions des deux côtés. A nouveau, agissons sur l’offre : il faut encourager et sécuriser l’investissement locatif. »

Enfin, Christine Fumagalli voit dans la transformation de bureaux en logements une piste intéressante. Elle pose néanmoins une interrogation : celle de la perte financière que l’accélération des transformations de bureaux en logements représenterait pour les communes : « Comment les communes compenseront-elles la perte en taxes professionnelles ? Sans compter qu’elles devront aussi faire sans la taxe d’habitation… » »


[1] INSEE : Les Créations d’Entreprises en 2017
[2] Garantie Loyers Impayés
[3] Enquête OpinionWay pour ORPI – avril 2018
[4] Enquête OpinionWay pour ORPI – avril 2018.

La rédaction d'immoweek

Édito
par Arthur de Boutiny

le 22/05/2018

Un poumon vert pour le ventre de Paris

Les Halles achèvent leur métamorphose. Les héritiers des protestataires qui trouvaient le ventre de Paris défiguré par le déménagement des Halles via Rungis et la démolition des Pavillons Baltard avaient eu des héritiers. Depuis 2004, le Forum des Halles faisait office de chantier à ciel ouvert et la station de métro Châtelet-Les Halles (avec ses dédales de couloir et son « hub » souterrain) était redoutée par n’importe quel usager de la RATP. Le nouveau Forum des Halles, inauguré en 2016, avait déjà mis une dernière touche aux travaux ; le jardin Nelson Mandela, le parachève.

Inauguré le samedi 19 mai par Anne Hidalgo, le jardin baptisé du nom de l’ancien président sud-africain s’étend sur 4,3 hectares et fait le lien entre la Canopée, ouverte en avril 2016, et la Bourse du Commerce. Cinq ans de travaux ont été nécessaires pour finaliser les plans de l’agence Seura et Philippe Raguin Paysagiste, ainsi que 33 millions d’euros de budget.

Parmi les aménagements proposés dans ce jardin, on peut compter une grande prairie, un jardin d’aventures, des lisières boisées, des pistes de pétanque, des jeux d’eaux, 2 500 m2 d’aires de jeux pour les 7-11 ans et 1 400 m2 consacrés au 2-6 ans. 500 arbres, de différentes essences, permettent de créer un véritable poumon vert au coeur de Paris, alors que ce jardin accessible aux handicapés était déjà dévoilé en partie.

Symbolique, la création de ce jardin l’est, puisqu’il fait le lien avec la Canopée des Halles, après dix ans de travaux, qui avait permis de rendre la place à nouveau traversable à pied et avait doté la station la plus fréquentée de la Capitale d’un véritable centre commercial de 75 000 m2, sous la houlette d’Unibail-Rodamco et d’AXA et dont le succès n’avait pas démérité… Mais il permet aussi de rejoindre à pied l’Eglise Saint-Eustache et la Bourse du Commerce, dont les travaux doivent s’achever en 2019. A la clé, un nouveau musée exceptionnel pour Paris, puisque ce dernier bâtiment accueillera la Fondation Pinault.

Des années de travaux sans interrompre la vie bourdonnante du quartier et de ses transports, pour un coeur de Paris refait à neuf, verdi et aménagé au maximum… Cela en valait la peine !

Portrait

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