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Laurent Saint-Aubin (Sofidy) : « Le résidentiel allemand continue de mener le bal »

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le 08 Sep 2017

Résidentiel allemand versus l’ensemble des actifs : qui décroche les faveurs des foncières cotées ? Laurent Saint Aubin, gérant de Sofidy, livre son point de vue…

« Si l’on tente une comparaison entre les grands secteurs bureaux, commerces et logements à la lumière de leurs derniers résultats semestriels, il en ressort une croissance organique mesurée qui ressort sur un an glissant, à +2,3 % en moyenne pour notre échantillon de huit foncières de commerce, +1 % pour notre échantillon de huit foncières de bureaux (ce qui marque le début d’une inflexion positive) et +3,7 % sur notre échantillon de cinq foncières exclusivement exposées au résidentiel en Allemagne.

Le segment du bureau est certes le plus exposé à la conjoncture, mais la durée moyenne des baux — supérieure à cinq ans — et la baisse des loyers économiques au cours des dernières années (qui vient juste de s’interrompre sur le segment « prime ») en limitent l’impact instantané. Le résidentiel allemand bénéficie à plein par contre de revalorisations locatives permises par la réglementation et va continuer d’en tirer parti à coup sûr. Le couple visibilité / croissance est donc clairement favorable à ce segment.

À noter que le principal travail immobilier des foncières cotées au cours des dernières années qui consiste à travailler leurs actifs (extensions, rénovations, rotation des locataires pour les meilleurs centres commerciaux, travail lourd de restructuration sur des immeubles vidés à dessein pour les foncières de bureaux, programmes de cessions accrus sur les deux segments) nous paraît particulièrement pertinent dans ce cadre. Enfin, les foncières présentes sur des secteurs alternatifs, qui représentent globalement 17% de l’actif de votre fonds, enregistrent des performances toujours clairement supérieures : nous en voulons pour preuve l’exemple de la plus grande foncière européenne de logistique, Segro, qui a publié une croissance de ses revenus locatifs de +3,9 % à périmètre constant, dont +5,9 % au Royaume-Uni.

La structure financière des meilleurs ac- teurs apparaît par contre similaire, quels que soient les secteurs d’activité, et se carac- térise par un niveau d’endette-

ment modéré avec un coût bas et sécurisé sur une longue période : Unibail a un niveau d’endettement qui représente 33 % de son Actif Net Réévalué, contre 37 % pour la foncière résidentielle Deutsche Wohnen et 29,4 % pour la première foncière de bureaux européenne Gecina.

Les durations des dettes de ces trois acteurs se montent respectivement à 7,4, 8 et 8,6 ans tandis que leur coût moyen ressort respectivement à 1,4 % pour Unibail et Deutsche Wohnen et 2,1 % pour Gecina (1,6 % pour la dette tirée).

Les progressions de valeur par action demeurent dynamiques, avec une nette prime pour le segment « prime » en bureau qui constitue la plus grande part du marché de l’investissement.

L’ANR par action de Gecina a ainsi progressé de +15,1 % sur les six premiers mois, contre +6,3 % pour celui d’Unibail-Rodamco et +6 % pour Deutsche Wohnen. La prime de risque constatée par rapport à l’obligation d’État générique (10 ans allemand) est élevée (3,9 % pour Unibail-Rodamco, soit le niveau le plus important constaté sur les dix dernières années) et protectrice pour l’avenir ».

La rédaction d'Immoweek

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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