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Norbert Fanchon (groupe Gambetta) : « l’incohérence de l’Etat en matière de logement »

Points de vueLogement

le 13 Nov 2017

Le président du directoire du groupe Gambetta s’interroge sur la stratégie logement du gouvernement, évoquant un « manque de vision globale ». A lire, ci-après, son analyse :

« Mais que souhaite le gouvernement ? Tâtonnement et manque de vision globale semblent résumer l’attitude du gouvernement envers le logement. Comment demander de construire plus de logements sociaux à des organismes à qui l’on va retirer 1,7 à 2 milliards d’euros. Soit 54000 logements en moins représentant une baisse de 40 à 50% de la production.

En parallèle, l’exécutif décide d’imposer de façon musclée la loi SRU en durcissant les sanctions contre les villes n’appliquant pas le quota des 25% de logements sociaux, quitte à retirer aux maires le droit d’attribuer les permis de construire…
Résultat, les communes qui voudront faire construire plus de logements sociaux ne le pourront pas face à des bailleurs exsangues incapables de répondre à la demande, l’Etat taxera donc la collectivité et privera le Maire de ses prérogatives, le Préfet aura les pleins pouvoirs pour revoir les PLU (plans locaux d’urbanisme) et imposer enfin la construction de logements sociaux …. A des communes qui ne le pourront toujours pas et des bailleurs qui ne le voudront pas ! »

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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