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Le palmarès des pierres d'or

L'édition 2018

2017

Le Professionnel de l'année

Meka Brunel

Gecina

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Au plus haut !

Certains parcours, certaines vies ne sont pas « comme les autres ». Une phrase qui va comme un gant à notre « Professionnelle de l’Année 2018 », celle des 20 ans des « Pierres d’Or ». Et cela tombe bien car les professionnels du secteur ont, largement, donné la victoire à cette pro, qui séduit (et parfois irrite, c’est bon signe !) et dont toute la place salue le chemin, mais aussi les récents résultats. Car notre « Pierre d’Or » est née en Iran, où elle a vécu jusqu’à l’adolescence. En 1972, la voilà qui débarque au lycée en France, sept ans avant la révolution qui va balayer son passé. A Sybille Vincendon, qui a dressé d’elle un portrait subtil pour « Libération » (des « grands patrons » croqués ainsi y sont rares…), comme à nous, elle raconte ce « sentiment qu’ont les étrangers qu’on doit mériter sa place ». Sa place ? Elle se l’est construite à force de travail… et de volonté. Ses débuts ? A l’Ecole Spéciale des Travaux Publics (que connaissait son père) à une époque où les promotions étaient « peu féminines » (c’est une litote !). Notre jeune ingénieure va se tremper très vite dans le bain, parfois à remous, du BTP. Au sein du groupe Fougerolle d’abord, puis elle sera directeur de travaux chez Pradeau et Morin pendant quatre ans. Et ses collègues et subordonnés remarqueront très vite cette « petite bonne femme » dont la valeur n’attend pas le nombre des années, ni l’esprit de décision ou de commandement face à des équipes composées presque exclusivement d’hommes. Après quelques autres étapes, la voici, à 40 ans, directrice patrimoine chez Simco dont elle deviendra membre du comité exécutif. Puis, après la fusion des deux entités, en 2002 chez Gecina dont elle assurera la direction du développement stratégique. Poste qu’elle quittera (mais l’aventure Gecina n’était pas finie pour elle !) pour prendre la présidence d’Eurosic puis, en 2009, devient vice-présidente exécutive d’Europe de la SITQ (filiale de la Caisse des Dépôts et Placements du Québec) devenue en 2011 Ivanhoé Cambridge : elle y fera merveille et dirigera le projet « Duo » (des tours dans Paris !!!) qui lui valent — notamment — en 2013 une (première) « Pierre d’Or de la Professionnelle de l’Année ». En 2017, nouveau rebondissement dans ce chemin de grande qualité : Méka Brunel retrouve la rue des Capucines et devient directrice générale de Gecina. Elle y conduit de main de maître la négociation pour la fusion avec Eurosic, après une très rude bataille dans le rapprochement avec Foncière de Paris. Un accord avec Charles Ruggieri qui a fait du bruit dans le landerneau de l’immobilier français. Et au-delà…

Aujourd’hui, notre directrice générale peut avec fierté noter que Gecina est en mesure de relever ses objectifs pour 2017, prévoyant désormais un résultat net récurrent en croissance d’au moins 6 % (+4,5 % par action), malgré ce deal… A la tête de la quatrième foncière européenne au patrimoine de près de 20 milliards d’euros, concentré à 90 % sur Paris et la première couronne… et comportant les adresses les plus « chics », avec un taux d’occupation toujours aussi élevé, notre « Pierre d’Or » ne chôme pas et voit plus loin… Ne vient-elle pas de mettre en oeuvre un think tank « rassemblant les réflexions et les bonnes pratiques sur l’innovation et la RSE » » avec cinq autres autres grandes foncières européennes (Alstria, COIMA RES, Colonial, Great Portland Estates et NSI) ? Quand on pense à l’époque (révolue !) où l’on parlait des marchés immobiliers nationaux comme des spécificités « absolues ». L’Europe de la pierre est en marche et c’est très bien ainsi…

Mais Méka Brunel s’investit aussi dans le « chantier majeur » d’aujourd’hui : le Grand Paris. Elle a ainsi été installée à la fin octobre à la présidence du conseil de développement (Codev) de la Métropole du Grand Paris, par son président Patrick Ollier. On ne doute pas de sa capacité à animer cette instance et qui a pour but « d’enrichir les débats du conseil métropolitain », mais aussi (surtout?) une « fonction prospective sur les enjeux du Grand Paris ».

Cette professionnelle de haute volée,  au caractère bien trempé, aime donc à surprendre. Et quand elle vous offre un livre, il est signé d’Omar Khayyam, grand écrivain et savant perse. On y lit, parmi beaucoup d’autres merveilles, ce vers :  » l’arbre de la tristesse, ne le plante pas dans ton coeur. Relis chaque matin le livre de la joie. » Un précepte, valable pour tous, dont on a bien l’impression que notre « Pierre d’Or » a fait son miel. Voilà qui valait bien — parmi beaucoup d’autres raisons — une nouvelle « Pierre d’Or ».

Les nommés :

Eric Donnet
Groupama Immobilier

Jacques Ehrmann
Carmila

Christophe Kullmann
Covivio

Thierry Laroue-Pont
BNP Paribas Real Estate

Prix Spécial du Jury

Nicolas Sarkozy

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Grand Paris : le discours fondateur

Il  y a un an et demi, j’inaugurais cette Cité de l’Architecture et du Patrimoine dans laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui.

A ceux d’entre vous qui étaient présents à cette inauguration, j’avais dit : « je veux que cette inauguration soit l’occasion de remettre l’architecture au coeur de nos choix politiques ». Bousculant les habitudes de pensée et les comportements qui depuis des décennies plaçaient l’architecture et l’urbanisme au second plan dans les grandes opérations d’aménagement urbain, j’ai souhaité que la réflexion des architectes et des urbanistes constitue le point de départ de l’élaboration du projet si symbolique du Grand Paris. Il ne s’agit pas d’opposer l’art et la technique. Il ne s’agit pas d’opposer les architectes et les ingénieurs. Il s’agit que le financier ne décide pas tout seul en se contentant d’une approche quantitative. Il s’agit que l’architecte ne se laisse pas emporter par le rêve fou d’une cité idéale qui le conduirait à faire table rase de la réalité. Il s’agit de rompre avec la détestable habitude de tenir l’Art pour du superflu, alors qu’il répond à un très profond besoin humain. Il s’agit de rompre avec un rationalisme si excessif et si glaçant qu’il finit par être à l’opposé même de la vie. Il s’agit de rompre avec le fonctionnalisme qui a fait tant de dégâts dans nos villes en spécialisant et en séparant là où il aurait fallu, au contraire, mélanger et réunir. Il s’agit de rompre avec tout ce qui a conduit au cours des décennies passées à déshumaniser nos villes. Le point de vue de l’Homme est le seul point de vue qui vaille pour penser la ville. La ville est faite pour l’Homme et non pas l’Homme pour la ville.

La ville est faite pour donner de la qualité de vie non pour étouffer la vie, non pour la contraindre. La ville est faite pour rendre la vie plus facile, non pour la rendre plus difficile.

Dans l’histoire, il n’y a pas de villes réussies qui ne soient construites à partir de l’homme et pour lui. C’est l’oubli de ce principe qui a conduit nos grandes villes à cette sorte de démesure qui rend la vie si dure à tant de leurs habitants. Ceux-là subissent tous les jours les nouvelles formes de servitude et d’aliénation qui accompagnent les plus grands progrès de la puissance humaine.

On sait voyager vite et loin, mais on a les plus grandes difficultés à aller tous les jours de son domicile à son lieu de travail. On sait communiquer instantanément avec n’importe qui à l’autre bout du monde, mais on ne sait pas vivre ensemble d’un quartier à un autre. On fait des agglomérations gigantesques qui ne sont pas des villes non parce qu’elles n’ont pas d’âme, parce qu’un nombre de plus en plus grand de leurs habitants ne s’y sent ni en sécurité, ni en mesure d’y accomplir ses rêves.

Comment refaire de la ville, de la citoyenneté, du lien civique, du lien social, de la convivialité, de la solidarité ? Comment faire pour que nos grandes métropoles redeviennent des lieux de progrès, de prospérité, de partage ? Comment inventer la ville durable, la ville de l’après Kyoto, la ville écologique, la ville qui s’allie avec la nature au lieu de la combattre ? Voilà le plus grand défi peut-être de la politique du 21ème siècle.

Ce défi, je veux que la France le relève. Je veux que la France donne l’exemple. C’est cela l’ambition du Grand Paris […] Certains d’entre vous se souviennent peut-être du beau texte de Victor Hugo qu’il écrivit sur Paris pendant son exil à Guernesey : il voyait en Paris la ville héritière de Jérusalem, d’Athènes et de Rome incarnant en elle : « le Vrai, le Beau, le Grand ». C’est exactement ce à quoi nous invite cette exposition. Le Vrai, le Beau, le Grand, c’est exactement ce que nous voulons faire avec le Grand Paris.

Le Vrai, parce qu’il n’y a pas de grande métropole qui ne soit, pour la civilisation, dont elle est le centre, un foyer de savoir, de communion, de science, parce qu’il n’y a pas de grande métropole qui ait une personnalité, qui ait une identité, qui ait un rayonnement sans une dimension spirituelle et une dimension intellectuelle.

Le Beau, parce que la beauté, on l’a trop oublié, est une dimension essentielle de la qualité et de la dignité de la vie humaine et parce que parmi toutes les inégalités qui sont insupportables, l’inégalité d’accès à la beauté est l’une des plus désespérantes et des plus douloureuses. La beauté d’une ville est une part indicible, mais bien réelle du bonheur de ceux qui l’habitent. C’est un réconfort de l’âme et de l’esprit qui fait cruellement défaut à ceux qui sont condamnés à vivre dans un environnement triste et laid. Sans doute le Beau est-il subjectif, sans doute varie-t-il d’une personne à une autre, d’une époque à une autre. Ce n’est pas une raison pour éluder la question. Ce n’est pas une raison pour ne pas rechercher la Beauté dans ce que nous construisons, dans ce que nous accomplissons. Nous ferons le Grand Paris comme les générations passées ont fait jadis Paris, nous le ferons avec les ingénieurs, avec les entrepreneurs, mais aussi avec les architectes, avec les artistes, avec les poètes, avec les musiciens. On peut construire haut, on peut construire bas, on peut construire petit ou grand pourvu que ce soit beau. Pourquoi s’interdire de bâtir des tours si elles sont belles, si elles s’inscrivent harmonieusement dans le paysage urbain ? Pourquoi s’interdire a priori une forme d’expression artistique, une forme architecturale ? La seule chose condamnable, c’est la laideur. La civilisation commence quand la politique et l’esthétique se lient l’une à l’autre. Non pour imposer un goût unique, une norme obligatoire, un art officiel mais parce qu’en se préoccupant de l’esthétique, la politique exprime son souci de toucher l’âme et le coeur humains, parce que c’est la condition, certes non suffisante, mais nécessaire, pour que la politique puisse atteindre à l’universel. A travers le Parthénon, la démocratie athénienne parle à tous les hommes.

Le Grand, c’est la troisième exigence. Une ville n’a de rayonnement que si elle est grande aux yeux de tous les hommes et pas seulement de ses habitants. Paris est une ville-monde dont le nom a une signification pour tous les peuples de la terre. Paris une ville-monde et une économie-monde. Elle n’est pas que la capitale de la France. Elle est aussi la rivale de Londres, de New-York, de Tokyo ou de Shanghai. Elle appartient au grand réseau d’échanges et de communications planétaires. Elle a vocation à être au premier plan dans la civilisation et dans l’économie mondiale. Mais elle peut perdre son rang si nous n’y prenons pas garde. Dans la partie qui se joue à l’échelle de la planète, rien n’est acquis. Pour rester au premier rang, il faut voir loin et il faut voir grand. Le Grand Paris, ce n’est pas seulement l’élargissement des frontières de Paris. Le Grand Paris, c’est Paris qui veut jouer un rôle dans l’économie européenne et dans l’économie mondiale. Le Grand Paris, c’est Paris qui veut être la carte maîtresse de la France en Europe et dans le monde. Le Grand Paris, c’est la volonté de penser le développement de Paris dans une perspective beaucoup plus large que les limites du périphérique, que les limites de la Petite Couronne, beaucoup plus larges que celles de l’Île-de-France. Le Grand Paris, c’est la volonté de penser l’avenir de Paris dans le cadre d’une stratégie d’aménagement et de développement des territoires à l’échelle nationale.

Le Vrai, le Beau, le Grand… Il manque le Juste. La ville ne doit pas exclure mais unir. La ville brasse les âges et les conditions comme elle métisse les pensées et les cultures. La ville doit être une protection pour les plus faibles, les plus démunis. Elle doit être attentive aux malades et aux handicapés. Elle doit être accueillante aux enfants. Elle doit permettre à ceux que la vie a usés, que l’âge a rendu plus fragiles, de ne pas se sentir rejetés. Elle doit leur permettre de vivre dignement comme des citoyens à part entière. La ville, c’est un tout. La ville, c’est un sentiment d’appartenance. La ville, c’est une égale dignité offerte à tous les citoyens. Une égale prise en compte de leurs problèmes, de leurs difficultés, de leurs besoins, de leurs aspirations, un égal accès à la culture, à l’éducation, à la santé, à l’emploi, à la mobilité. La ville, c’est l’égalité des chances.

Le Grand Paris cessera d’être une agglomération pour devenir une ville quand on ne parlera plus de banlieues, quand il n’y aura plus de zones urbaines sensibles, quand le destin de chacun ne sera plus déterminé par le quartier où il habite, quand l’adresse cessera d’être un facteur de discrimination sociale.

Le Vrai, le Beau, le Grand et le Juste. Voilà le programme du Grand Paris qui émerge de toutes les réflexions, de toutes les pensées qui cheminent depuis plus d’un an. Chacun l’a bien compris, nous n’allons pas raser la ville pour en construire une autre. Nous n’allons pas remplacer la ville ancienne par une ville nouvelle. Nous allons édifier une nouvelle ville à partir de l’ancienne. Nous allons bâtir la ville sur la ville.

Le Grand Paris, ce n’est pas un plan figé, un plan rigide qui fermerait l’avenir au lieu de l’ouvrir. Le Grand Paris, c’est un processus de transformation, c’est l’exploration de tous les possibles, de toutes les potentialités, c’est continuer une histoire qui a commencé bien longtemps avant nous et à laquelle nous voulons donner un cours nouveau, imprimer une nouvelle direction. Cette nouvelle page de l’histoire de Paris, nul ne peut l’écrire seul. Nous devons l’écrire tous ensemble, avec le Gouvernement, avec tous les élus de l’Île-de-France et avec tous les Franciliens. Entre la main invisible du marché, qui indexe tout le développement de l’agglomération sur le niveau de la rente foncière, et la planification rigide qui a détruit tant de villes, il faut trouver l’équilibre. Equilibre instable qui se modifie au fur et à mesure que l’histoire fait. Situation dérangeante pour les amateurs de catégories bien nettes et préétablies dont la pensée a du mal à saisir l’inachevé, à appréhender ce qui est condamné à être toujours en devenir. Raison de plus pour faire passer l’émergence d’un projet collectif avant la réforme institutionnelle et administrative. Raison de plus pour laisser de côté à ce stade tous les enjeux de pouvoir. Ce qui compte, c’est que les habitants se sentent de plus en plus heureux d’y vivre. Ce qui compte, c’est que, pour de plus en plus de gens dans le monde, Paris redevienne l’exemple d’une ville où il fait bon vivre. L’une des équipes qui ont contribué à cette exposition a mis en exergue de son travail cette phrase qui pourrait être le point de ralliement de tout le monde : « ce qui serait extraordinaire serait d’améliorer l’ordinaire ». En réalité, ne nous y trompons pas, il n’existe pas d’ambition plus élevée […]

Ce vaste espace métropolitain a besoin d’une nouvelle géographie culturelle, d’une nouvelle géographie de pouvoir, il a aussi besoin de repères, de monuments, de lieux symboliques et familiers à travers lesquels chaque territoire participe à l’identité commune. Le recensement de tous ces lieux magiques qui, de Montmartre à Versailles, des bords de la Marne à la Vallée aux Loups, du mont Valérien  au port de Gennevilliers, donne à la métropole une identité et une consistance particulières, dessine ce que l’une des équipes a joliment appelé le passage « de la ville du besoin à la ville du désir ». Ce désir sans lequel il ne peut y avoir ce sentiment d’attachement, ce sentiment d’appartenance qui fait que le citoyen se sent bien dans sa cité, qui fait qu’il aime et qu’il est heureux d’y vivre, d’y élever ses enfants. Au coeur de la métropole, il verra la vallée de la Seine se muer en vallée de la culture […]

Le point clé, c’est le blocage du développement urbain. Le constat est unanime : « les lieux de la métropole sont figés, coincés, emprisonnés entre les barrières des réseaux à grande vitesse qui sillonnent son territoire ». L’avenir est aux îlots ouverts, aux quartiers évolutifs. Une formule résume tout : la ville durable, c’est la ville transformable. Il faut désenclaver, lutter contre la juxtaposition. […]

L’autre priorité en matière d’urbanisme est de se saisir de la dynamique du Grand Paris pour changer la dimension et la nature de la politique de la ville. 1,2 million de Franciliens vivent dans 155 zones urbaines sensibles. Ils ne doivent pas être laissés pour compte du Grand Paris. On ne peut pas se contenter de rénover l’habitat, même si c’était nécessaire, et de faire seulement la politique des quartiers. Il faut sortir du zonage, travailler sur des périmètres plus larges, étendus au moins jusqu’aux gares, jusqu’à ces portes d’entrée par lesquelles l’habitant de la banlieue accède aux ressources de la ville. Il nous faut réfléchir aux nouvelles missions d’aménagement qui pourraient être confiées à l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine, à la mobilisation des moyens matériels et juridiques dont elle pourrait être dotée, au foncier public qui pourrait être mobilisé, à la manière dont toutes les administrations et les entreprises publiques qui disposent d’un grand patrimoine foncier — je pense aux ports autonomes, aux aéroports, à la SCNF, à la RATP — pourraient être mises à contribution dans le cadre d’une stratégie globale au lieu que chacun continue d’agir en ordre dispersé et que toutes les bonnes volontés se consument dans l’impuissance. Le Grand Paris est un plan de cohésion urbaine qui prolonge et qui élargit le plan de cohésion sociale aux dimensions non plus des quartiers, mais de la métropole toute entière.

Comment y parvenir si le déficit en logements accentue les disparités sociales, éloigne toujours plus le domicile du lieu de travail, dégrade le niveau de vie en rendant l’immobilier toujours plus cher et allongeant la file d’attente pour accéder au logement social ?

Pour résorber le déséquilibre entre l’offre et la demande, il faut construire davantage : 70 000 logements par an, soit plus du double du rythme actuel. C’est l’objectif que nous devons nous fixer. L’obstacle n’est pas dans la rareté du foncier, il est dans la façon dont on le gère. L’offre foncière est beaucoup plus élastique qu’on ne le dit. En recensant toutes les superficies disponibles, on révèle, en préservant les surfaces rurales, une offre foncière de l’ordre de 200 km2, soit deux fois la superficie de Paris intra-muros — c’est à dire deux à trois fois supérieure à ce qui est nécessaire pour construire les 1,5 million de logements nécessaires pour répondre aux besoins à horizon de 2030.

Le problème, c’est la réglementation. Pour libérer l’offre, il faut déréglementer, élever les coefficients d’occupation des sols et rétablir la continuité du bâti dans les zones denses, permettre à chaque propriétaire d’une maison individuelle de s’agrandir, d’ajouter une pièce ou un étage, rendre constructible les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l’environnement et au risque, utiliser les interstices, les délaissés d’infrastructures… Il faut changer nos procédures, notre façon d’appliquer le droit, sortir du respect passif d’une réglementation de plus en plus pesante, non pour laisser le champ libre au marché, mais pour que la ville vive, respire, évolue, se développe en respectant des règles fortes, compréhensibles, efficaces, écologiques. J’ai demandé que soit conduite une réflexion approfondie sur ce changement de philosophie de notre droit à l’urbanisme.

Déréglementer, c’est aussi en finir avec tous les zonages et pas seulement ceux de la politique de la ville. Il faut en finir avec les zones d’activité, les zones industrielles, les zones commerciales, les zones résidentielles, les zones de loisir. Le vieux fonctionnalisme a vécu. Il a fait assez de dégâts. Retour à la mixité. Faisons des Central Park à la française en densifiant le pourtour des espaces verts. Rapprochons les lieux d’habitation, les lieux de travail, les lieux de distraction. Qu’est ce qui nous en empêche ? Des obstacles physiques ? Non, le droit à l’urbanisme. Alors, faisons-le évoluer. Le décloisonnement juridique ouvrira la voie au décloisonnement physique. Et puis, lançons les grandes opérations d’aménagement qui vont illustrer cet esprit nouveau et changer le paysage urbain. Dans le prolongement de La Défense à Gennevilliers, à La Courneuve, au Bourget, dans La Plaine Saint-Denis, autour du Canal de l’Ourcq, autour de Noisy-le-Grand et de Chelles, de Vitry et des Ardoines, de Vélizy, d’Orly, de Clichy-Montfermeil, nous devons faire émerger de nouvelles centralités urbaines. C’est aussi dans Paris intra-muros, dans le 13ème arrondissement, dans le 15ème sur le Front de Seine, dans le 20ème, aux Batignolles, que le visage de la ville va changer. La Cité judiciaire s’installera aux Batignolles. La Cité de la Défense Nationale, à Balard. Peu à peu, la nouvelle géographie des pouvoirs se dessine. Celle des gares aussi. Les nouvelles gares TGV seront à La Défense ou entre Pleyel et Le Bourget. C’est sur le transport que va se jouer la partie la plus décisive. Parce que la question de la mobilité est cruciale, parce que le système de transport francilien est à bout de souffle. Parce que se déplacer tous les jours pour aller travailler est devenu un véritable enfer pour des millions de Franciliens […]

A partir aussi d’une réflexion prospective sur les changements de comportements et les modes de transports du futur. Je pense naturellement au développement des circulations douces et plus encore à l’arrivée de la nouvelle voiture urbaine moins polluante, moins consommatrice d’énergie, moins volumineuse, qui sera mieux adaptée aux routes redevenues des rues et aux exigences de la ville durable. On ne fera pas non plus l’économie d’une réflexion sur le principe d’une tarification unique pour que le coût du transport soit le même pour tous les citoyens du Grand Paris où qu’ils habitent. Le réseau de transports vers lequel doivent tendre tous nos efforts doit répondre à quatre critères : celui du haut débit et de la grande vitesse à l’échelle régionale, celui du maillage fin du territoire facilitant les déplacements au sein des bassins de vie, celui de l’irrigation locale par la mise en relation des différents niveaux de desserte, celui de la participation à ce que l’on pourrait appeler la scénographie urbaine qui fait préférer l’aérien au souterrain pour les transports en commun chaque fois que c’est possible et qui confère aux  gares et aux infrastructures une fonction architecturale majeure. Commençons par le commencement.

On a toutes les données. Les deux tiers de l’augmentation du trafic dans l’avenir se concentreront sur le réseau existant. Optimiser l’exploitation, c’est une priorité absolue. Partons des besoins. Il faut raccourcir les temps de trajet et créer à l’échelle de la métropole un système de transport aussi performant et aussi commode que celui de Paris intra-muros.

Pour gagner en temps et en commodité, il faut que les transports en commun fonctionnent la nuit et il faut libérer les Franciliens des horaires fixes du RER et des trains de banlieue, comme dans le métro. Il y aura plus de changements, mais ils seront faciles avec un raccourcissement considérable des temps de trajets […]

Il faut lever des obstacles, avoir une seule régulation du trafic pour le réseau de la RATP et celui de la SNCF, réorganiser l’exploitation, créer de nouvelles gares faciles d’accès, commodes d’usage, mettant en valeur l’environnement urbain, créant de nouvelles polarités. Ce qui est décisif dans cette approche, c’est l’armature des pôles d’échanges. Mais la réorganisation ne suffira pas. Il faut compléter le réseau pour que le maillage soit efficace. Pour densifier le réseau existant beaucoup d’idées sont sur la table : prolongement de la ligne 14 s’arrêtant porte de Clichy et à Cardinet, prolongement d’Eole de Saint-Lazare jusqu’à La Défense, liaison rapide entre Roissy et la gare du Nord… Elles seront mises en oeuvre le plus vite possible […]

Mais il faut voir plus loin. Le développement des grandes zones qui portent l’avenir économique du Grand Paris appelle un nouveau système de transport rapide, à grande capacité, qui permettra de relier les grandes polarités urbaines de demain. C’est le sens du projet élaboré par Christian Blanc, dont le schéma est un schéma de principe qui est soumis à la concertation. Il anticipe le changement d’échelle. C’est un projet ambitieux : 130 km ! Je souhaite que là où c’est possible, il soit aérien, que son design, son ergonomie, sa technologie soient exemplaires, qu’il soit une vitrine mondiale de notre savoir-faire en matière de transport et qu’il permette que se déplacer redevienne un plaisir. Il ne s’agit pas de revenir sur ce qui a été décidé. Il s’agit de préparer l’avenir. Il ne s’agit pas de retrancher. Il s’agit d’ajouter […]

Combien coûtera le Grand Paris ? C’est une question mal posée. Rien que pour les transports, si l’on additionne le plan de mobilisation des transports programmé par la région et qu’il faut mettre en oeuvre le projet du grand métro automatique régional, c’est de l’ordre de 35 milliards d’euros qui doivent être dépensés. Mais on peut réduire la dépense en plaçant chaque fois que c’est possible les nouvelles infrastructures de transports sur l’emprise foncière de celles qui existent déjà. La valorisation du foncier procurera d’importantes recettes. L’augmentation de la fréquentation des transports en commun mieux adaptés générera des rentrées supplémentaires et diminuera considérablement le coût de la pollution générée par le trafic automobile.

Dans le Grand Paris, beaucoup de projets sont rentables. Ils feront l’objet de partenariats public-privé […]

Il faut mettre le Grand Paris au coeur de notre stratégie de croissance verte, en faire une image de marque dans le monde entier. Il faut mettre le Grand Paris au coeur de notre stratégie d’attractivité. L’amélioration de la qualité de vie attirera les investisseurs, les entrepreneurs, les cerveaux. Il faut mettre le Grand Paris au coeur de notre stratégie de relance économique. Il nous faut soutenir l’activité en préparant l’avenir ? Alors faisons-le avec le Grand Paris. La crise, c’est l’occasion ou jamais de faire en dix ans ce qu’autrement on ne pourrait pas faire en quarante ans. Le Grand Paris, c’est la France d’après la crise. C’est la France qui sortira de la crise plus forte, plus belle, plus compétitive et, je l’espère, plus heureuse. Le Grand Paris, c’est un projet qui n’appartient pas à un parti, qui n’appartient pas à un camp, mais qui concerne tout le monde et qui appartient à tout le monde […]

Managers

Eric Donnet

Groupama Immobilier

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Flex Manager

L’homme est posé, pondéré, méthodique. Sa voix placée, calme et lorsqu’il retire d’un geste ses lunettes, il vous regarde alors droit dans les yeux. Les internautes l’ont choisi, Eric Donnet est la « Pierre d’Or Managers 2018 ». Il faut reconnaître qu’il a bluffé le secteur en réveillant celle que l’on a longtemps appelée « la belle endormie ». Rappelez-vous, c’était en 2013, il prend les rênes de Groupama Immobilier, devient la même année président d’Expertissimo, filiale dédiée à l’immobilier d’investissement locatif résidentiel et, en véhicule collectant de l’épargne publique.

Adepte du « flex office » (lui-même n’a pas de bureau), il annonce une année 2017 « très réussie, marqué par une continuité du développement et le succès des projets engagés ». Se saisissant d’une petite plaquette, spécialement réalisée pour le Simi 2017, il déroule ainsi les opérations les plus marquantes comme « Window », à La Défense, 45 000 m2 entièrement restructurés, vendu par anticipation au fonds canadien Oxford Properties et loué sur la base d’un bail ferme de 12 ans à RTE, qui s’y installera en octobre 2018 ; le développement de deux actifs sur la plus belle avenue du monde, dont le « 79, Champs Elysées » qui, après une restructuration conduite par Valode et Pistre, accueillera des commerces et 7500 m2 de bureaux « prime » ; le « 150 Champs » qui fera également l’objet d’une restructuration complète, réalisée par l’agence d’architectes CoSa Colboc Sachet Architectures et dont les travaux débuteront fin 2018. Ainsi, les 20 000 m2 de cet immeuble proposeront 5000 m2 de commerces, dont un flagship, un cinéma MK2 et un hôtel So Sofitel de 100 chambres et 17 suites. Sans oublier le concours d’architectes lancé en 2016 qui a vu naître « The Link », à La Défense, une tour de 244 mètres, développant 125 000 m2 de surfaces, que Total occupera en 2021. Et la liste est encore longue…

Mais revenons quelques instants sur le « 150 Champs », actuellement occupé par les 120 collaborateurs de Groupama Immobilier. Une vraie révolution pour eux qui, quasiment du jour au lendemain, ont vu leurs méthodes de travail complètement bouleversées : plus de bureau attitré, plus de placard, plus d’espace personnel… « L’équipe me tient à coeur. Par conséquent, nous disposons tous des mêmes éléments » précise Eric Donnet, qui poursuit : « aujourd’hui, il serait impossible de revenir en arrière. Le « flex office », c’est un état d’esprit et cela a « pris » tout de suite. Je dois souligner que j’ai une équipe formidable, dont je suis très fier, tant s’agissant des qualités humaines que des compétences. » Et ajoute en souriant : « quel bonheur de se libérer des contraintes ! »… Pour lui, leur installation au « 150 Champs » incarne la transformation de « la belle endormie ». Et dans un livre de photos réalisées par Eric Dexheimer, intitulé « Les bâtisseurs », qu’il a offert à l’ensemble de ses collaborateurs, son édito commence par « quel plaisir de vous voir tous sourire ! ». Cela en dit long…

Côté perspectives, ce n’est pas ce qui manquent ! Avec la création, au premier trimestre 2018, d’un véhicule institutionnel appelé Groupama Gan Paris « So Prime » ; le développement de l’offre de logements, avec un objectif à horizon 2020 de 3000 ventes ; la poursuite de la diversification, sur toute la France, en commerce, en hôtellerie et en logistique et encore bien d’autres développements dans la pipeline…

Notre lauréat se définit comme « un homme de projet et de développement », qui annonce « ce qu’il va faire ». Il aime sa famille (il est père de trois enfants), les voyages, l’art, l’architecture, la photo. Il n’aime pas « l’injustice, les personnes qui ne font pas preuve de bienveillance et le manque d’éducation » et j’ajoute : « j’avance avec ceux qui veulent avancer ». Alors, reprenant en main la petite plaquette, il se met à lire à haute voix le manifeste écrit au dos. Des valeurs qu’il partage, dans lesquelles il se retrouve et avec lesquelles il se sent en pleine harmonie. Retenons la confiance, l’énergie, l’action, le sourire… Rajoutons à cela l’innovation, l’ambition, la responsabilité, le respect et l’esprit d’équipe. Avec cette « Pierre d’Or » bien méritée, « Immoweek » y adjoindra la fierté du travail accompli…

Les nommés :

Antoine Derville
Cushman & Wakefield

Stéphane Guyot-Sionnest et Emmanuel Schreder
Catella France

Philippe Lemoine
Société de la Tour Eiffel (STE)

Maurice Sissoko
Icade Promotion

Investisseurs

Kristelle Wauters

Aviva Investors Real Estate France (Airef)

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Que la force reste avec elle

On dit souvent que « les voyages forment la jeunesse ». Dans cette même ligne d’esprit, on pourrait dire que les rencontres, sous réserve qu’on les accueille, dessinent les parcours. A tout le moins celui de notre lauréate, Kristelle Wauters que rien, croit-elle, « ne prédestinait à travailler dans l’immobilier ». Expert-comptable de formation, elle décide, après son diplôme, de partir à New-York pour suivre un master en Management international. De retour en France,  c’est « par hasard » qu’elle intègre en 2004, DTZ Asset Management comme contrôleur financier. Une société dont le sous-jacet était (déjà) les immeubles. « J’étais la « porte d’entrée » des investisseurs, de l’administration fiscale et cela m’a beaucoup plu » se souvient-elle. « J’ai ensuite demandé à passer à la direction financière, puis à l’investissement, dans l’équipe de Jean-Marc Sabiani, qui a bien voulu voir le potentiel dans le comptable que j’étais et m’a fait confiance ».

C’est là que l’aventure 100% immobilière : deux ans et demi à l’investissement, puis à l’asset management, avant la rencontre avec Philippe Couturiee, alors chez Constructa Asset Management, société qu’elle rejoint comme directeur des investissements en février 2010 et quitte en 2012. « Encore une fois, le hasard de la rencontre a fait les choses puisque, alors que je conseillais KanAm dans la vente du siège social d’Aviva, j’ai fais celle de Joëlle Chauvin ». S’engage une autre « belle aventure, très différente puisque dans une société d’assurances, donc sociétalement responsable, ce qui implique de faire son métier en gardant bien cette dimension à l’esprit ». Aujourd’hui dans l’équipe de François Grandvoinnet, elle est directeur général délégué de la structure immobilière, AIREF. Un nouveau rôle « au coeur d’une structure dynamique, qui fait évoluer sa marque employeur ». Et de s’enthousiasmer pour « ce métier de manager, qui permet de voir les collaborateurs devenir autonomes », avant de remercier ceux qui ont croisé sa route : « on ne grandit pas seule et la confiance qu’on vous accorde est un atout énorme ». Une confiance qui se traduit dans des résultats : depuis la constitution, il y a quatre ans, de l’équipe investissement qu’elle dirige, AIREF a réalisé 2,3 milliards d’euros d’acquisitions (ce chiffre sera de 4 milliards d’euros après la prise en compte de l’opération Pleyel, les 110 000 m2 de bureaux réalisés avec Sogelym Dixence) et gère 5,2 milliards d’euros d’actifs pour le compte des compagnies d’assurances du groupe Aviva France et d’investisseurs institutionnels. Les ambitions pour 2018 sont en cours de définition explique Kristelle Wauters : « l’idée est de continuer d’accompagner nos clients en menant une politique intensive de valorisation du patrimoine, en investissant dans notre marché historique de bureaux parisiens, mais également en poursuivant la politique de diversification en Europe sur des actifs de grande qualité ».

De nouvelles perspectives très « immobilières » se dessinent pour une « Pierre d’Or » qui se révèle être amatrice de théâtre et une fan inattendue des Marvel. « Les 4 fantastiques sont mes amis et je me suis précipitée pour voir le dernier épisode de Star Wars » lance-t-elle en riant. Cette joie de vivre, elle en fait aussi bénéficier les autres : bénévole dans une association d’aide aux sans-abri, elle « sert la soupe » au sens littéral du terme. « Je fais un métier formidable, des rencontres enrichissantes, je vis dans une belle ville, alors j’ai besoin de rendre un peu ce que je reçois. C’est quelque chose dont je ne pourrai pas me passer ». Une nécessité qui la conduit à partir faire du bénévolat ailleurs, loin de notre Hexagone, elle qui aime aussi le voyage. « J’aime découvrir les autres civilisations, des communautés extraordinaires, comprendre comment ce qui est fait ici est fait ailleurs. J’adorerai partir au Vanuatu, découvrir quelques tribus perdues et, parfois, être une star pour partir dans un « Rendez-vous en terre inconnue ». Juste histoire de confirmer, comme elle le pense, que « le bonheur n’est pas toujours dans le matériel ».

Les nommés :

Jean-Marc Coly
Amundi Immobilier

Olivier Estève
Covivio

Antoine Flamarion
Tikehau IM

Philippe Joland
Tishman Speyer

Promoteurs

Philippe Journo

Compagnie de Phalsbourg

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Du grand art... (très) moderne !

Le « samouraï des centres commerciaux », le « promoteur futuriste » : les journalistes manquent de superlatifs pour décrire l’homme qui remporte haut la main cette « Pierre d’Or » convoitée des « 20 ans ». Il faut dire que le patron de la Compagnie de Phalsbourg est un « homme à part ». Et les chiffres, ceux de la fin 2016, sont un peu « secs » pour raconter cette histoire. Disons simplement que la société dont il est l’actionnaire majoritaire (ce qui lui permet de figurer dans le convoité classement des « fortunes de France » de « Challenges » à la 62ème place en 2017) disposait alors d’un patrimoine de 500 000 m2, essentiellement situé en France, avec une valeur d’actifs de 1,243 milliards d’euros et, surtout, un portefeuille de projets en développement de 450 000 m2. Mais les réussites de notre « Pierre d’Or », ce sont surtout des noms qui « font du bruit » dans l’immobilier (et ailleurs!) car ils révèlent tous des projets emblématiques. Quelques-uns parmi les derniers en date ; « Iconic », à Nice, dont la première pierre a été posée en novembre 2017 : signé Daniel Libeskind et agence Février Carré, l’ensemble fera la jonction entre la gare de Thiers (20 millions de voyageurs en 2020) et l’avenue Jean Médecin. Un projet à l’architecture singulière qui devrait redonner un grand coup de « jeune » à ce quartier niçois déshérité… Voulez-vous franchir les Pyrénées ? Allons près de Madrid, à Torrejon de Ardoz, à trois pas de l’aéroport où, sur 90 000 m2, l’Open Sky Shopping Center comprendra une soixantaine d’enseignes. Avec un environnement très végétalisé signée Gianni Ranaulo… Après son succès bien connu avec « Mille Arbres » qui avait déjà valu à notre homme une nomination, bien méritée, aux « Pierres d’Or », la Métropole du Grand Paris l’a, cette fois, retenu dans pas moins de cinq projets : « Ecotone », à Arcueil, 80 000 m2 très originaux inspirés du bio mimétisme ; « Balcon sur Paris » à Villiers-sur-Marne, la bagatelle de 127 000 m2 de commerces, bureaux et hôtels ; « TML », à Gennevilliers, un pôle d’innovation de 32 000 m2 ; « Babcock », à La Courneuve, en partenariat avec Emerige, une destination culturelle d’un genre nouveau sur 51 000 m2 ; en partenariat cette fois avec Ogic, « Bulle d’Air », à Nanterre, une nouvelle entrée vers le centre historique de la ville. N’en jetez plus, pourrait-on dire, mais d’autres « grands sujets » ont occupé la vie de l’entreprise en 2017. On citera sans pouvoir être exhaustif : « Wood Up », tour en bois réalisée avec REI Habitat, qui proposera 105 logements. Un bâtiment emblématique pour la filière forêt-bois française… A Toulouse cette fois, notre homme, toujours avec Daniel Libeskind (et Kardham), a remporté le concours autour de la gare Matabiau : la tour Occitanie, sur 38 niveaux, proposera notamment 11 000 m2 de bureaux, plus de 100 logements haut-de-gamme, un restaurant et bar panoramiques, un hôtel 4 étoiles, 2000 m2 de commerces… Le tout, comme une signature de la maison, avec une forte présence végétale ! On s’arrêtera là en précisant qu’à la fin 2016, la Compagnie de Phalsbourg a doublé son capital pour le porter à 50 millions d’euros, « afin de financer sa stratégie de croissance et d’investissement »…

Mais le tableau, déjà fourni, serait incomplet si l’on n’évoquait pas le mécène qui semble sans limite. A l’Opéra de Paris, à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts, il a (beaucoup) aidé des projets majeurs. Le voici maintenant, avec son épouse Karine, à l’origine d’un projet innovant, un (autre) des projets lauréats de « Réinventer Paris » : l’Hôtel de la Bûcherie (acquis auprès de la Ville en décembre 2016) qui devrait, en effet, accueillir cette année le premier incubateur tourné vers la philanthropie, le « Philantho-Lab ». L’objectif est de faire de ces 1850 m2 un lieu de rencontre unique entre mécènes, porteurs de projets, associations et bénévoles, « afin de favoriser l’émergence de nouveaux projets ». Un projet bien à la hauteur de notre « Pierre d’Or des 20 ans » qui couronne un parcours plein de volonté, d’innovation et de goût pour l’aventure !

Les nommés :

Pascal Aujoux et Romain Peyronie
PRD

Christophe Condamin
Sogelym Dixence

Nordine Hachemi
Kaufman & Broad

Bernard Mounier
Bouygues Bâtiment Île-de-France

Conseils

Loïc Cuvelier

BNP Paribas Real Estate Transaction France

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Premier grand cru classé

Les 34 consultants du département Paris bureaux location de BNP Paribas Real Estate Transaction France , spécialisé dans les surfaces inférieures à 5000 m2, ont bouclé quelque 200 transactions dans le QCA en 2017. En peuvent faire valoir une part de marché de… 30 %, voire de plus de 40%  dans le créneau « stratégique » des surfaces entre 1000 et 5000 m2. Parmi elles figurent les 3500 m2 pris par Brigdepoint dans le « 21 Kléber » ; les 3200 m2 qui sont venus boucler la commercialisation du « 55 Amsterdam » ; les 4600 m2 du 54, rue de Londres pris par Spaces ; les 3550 m2 loués par Kwerk au 31, rue de Courcelles ou encore les 3380 m2 commercialisés sur les Champs-Elysées. Parmi ces transactions, deux ont été réalisées sur la base de valeurs locatives supérieures à 800 euros (HT,HC) du mètre carré. Ce qui fait dire à Loïc Cuvelier, qui dirige le département depuis 2015, que « BNP Paribas Real Estate a fait le « prime » parisien l’an passé ». Il ne faut voir là aucune forfanterie de la part de ce diplômé de l’ESC Lille qui, après une année en tant que commercial chez Sagem à Londres, rejoint Auguste-Thouard en 1999. S’il choisit alors le conseil en immobilier d’entreprise, c’est parce que « ce métier permet de toucher à différents domaines, qu’il s’agisse du commercial, du juridique, du fiscal, du réglementaire… ».

Entré dans la société qui deviendra BNP Paribas Real Estate Transaction France en tant que consultant en petites surfaces Paris rive gauche, il est nommé directeur adjoint du département Paris bureaux location en 2006, puis directeur bureaux ouest Île-de-France quatre ans plus tard. « Toujours de grosses équipes, avec des jeunes à former ». Un rôle que ce dynamique conseil doté d’une solide réputation prend à coeur, en transmettant d’abord un message précis : « lutter contre les préjugés, car un utilisateur qui vise un hôtel particulier, par exemple, peut très bien se décider finalement pour un plateau de bureaux et inversement ». Bref, « rester audacieux », ajoutant parmi les caractéristiques nécessaires à l’exercice du métier, à côté du travail bien sûr, l’opinâtreté ou encore l’implication. Lui-même affirme être « disponible en permanence ». « Ce qui peut, de temps en temps, agacer mon épouse » déclare, souriant, ce jeune père de trois enfants. Il n’empêche qu’au final, son département enregistre, en 2017, « un record en terme de chiffre d’affaires, y compris par rapport à la fameuse année 2007, dans un marché où certes la demande placée va atteindre plus de 2,6 millions de mètres carrés, alors qu’elle s’était élevée à 2,8 millions de mètres carrés en 2007 ».

Et pour ce qui est de l’avenir, ce marathonien fait montre d’un souffle certain. Il table sur un marché « toujours aussi solide en 2018 », en raison, notamment, « de cette recherche d’hyper centralité des utilisateurs afin de fidéliser les talents et d’en attirer de nouveaux ». Et de leur conseiller, au passage, de faire preuve de réactivité lorsqu’une opportunité se présente dans un marché du QCA qui a vu son taux de vacance divisé par deux depuis 2013 (4% à l’Etoile, contre 8,2% en 2013 ; 2,4% à l’Opéra, contre 5% en 2013) ou de créativité afin d’envisager des extensions ou autres réorganisations de leurs aménagements pour faire appel à de nouveaux modes de travail de type « flex office »… Quant à la concurrence à terme, du coworking dans son activité, Loïc Cuvelier reste serein : « les centres de coworking répondent à un réel besoin, notamment pour des structures comptant jusqu’à une vingtaine de postes de travail. Au-delà, les entreprises privilégient leur identité, leur confidentialité et leurs propres aménagements »… Auxquels ce conseil demeure  attentif au quotidien, dans un marché où « la notion de service est primordiale » (« la preuve, les centres d’affaires tels que « Capital 8 », « Kléber Trocadéro » ou « Etoile Saint-Honoré » sont entièrement occupés et lorsque des libérations se présentent, elles sont immédiatement prises en extension ») et où « la meilleure valorisation pour l’immobilier reste qu’il colle le plus précisément possible aux attentes des utilisateurs ». Il faut donc s’attendre encore à des records de la part de cette équipe emmenée par ce passionné des vins de Bordeaux (il gère un château…) et « plus particulièrement de la rive gauche ». A Paris, c’est la rive droite qu’il préfère…

Les nommés :

Ludovic Delaisse
Cushman & Wakefield

Vanessa Guyot-Sionnest
Catella Property

Marie-Laure Leclercq de Sousa
JLL

Sébastien Martyn
Strategies and Corp

Asset, Property, Facility Managers

Karim Habra

Ivanhoé Cambridge

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En haut de l'affiche

Il est fermé le club des professionnels qui se voient élus par leurs pairs dès leur première nomination aux « Pierres d’Or ». Karim Habra en fait désormais partie. Et il n’aura fallu que trois ans (pile, ce mois-ci) au président de LaSalle Investment Management en France pour s’imposer ! Il est vrai que ses résultats en disent long. « Depuis janvier 2015, nous avons investi 1,7 milliards d’euros et, ainsi, multiplié par deux le volume de nos actifs sous gestion qui atteint aujourd’hui 3,4 milliards d’euros ». Surtout, nous avons rééquilibré notre portefeuille à parité entre le « core », le « core + » et le « value add ». Auparavant, il était plus orienté « core » et « core + ». Autant dire que la stratégie a été notamment basée sur « des investissements à forte création de valeur ». D’ailleurs, Karim Habra estime que si LaSalle Investment Management figure, depuis deux ans, dans le top 3 des investisseurs « value add ». Parmi les opérations phares réalisées figurent le développement de la tour Alto, à La Défense ; l’acquisition du siège de Lagardère, à Levallois-Perret ; celle du siège de RTL, rue Bayard, cette année ; l’ex-siège de Sanofi, porte d’Orléans. A chaque fois, des opérations à développer, à restructurer ou à rénover. Sans compter l’acquisition du centre commercial Place des Halles, à Strasbourg, l’investissement (291 millions d’euros) le plus important dans un actif de commerce en 2017 en France, ni celles d’immeubles « prime » tel que le « 69 Haussmann » ou encore des plate-formes logistiques sur la dorsale (Lille, Paris, Lyon, Marseille). Au final, « la France est devenue la première plate-forme de LaSalle Investment Management en Europe continentale ».

Il est vrai que ce farouche défenseur de l’Europe (« un luxe que l’on ne mesure pas toujours à sa juste « valeur ») dispose déjà d’une longue expérience de l’investissement comme de l’asset management et ce, au niveau… européen en l’occurrence. En effet, ce professionnel affable — ses origines libanaises n’y sont, sans doute, pas étrangères —, qui se déclare francophone et francophile, a rejoint GE Real Estate dès son DESS de Finance d’Entreprise obtenu à Dauphine. Nous sommes en 1998 et il entre dans l’équipe acquisitions européennes, alors en phase de « pleine croissance ». En 2000/2001, il se voit proposer d’ouvrir le bureau de GE Real Estate en Europe Centrale. A 25 ans, il relève le challenge et devient, en 2003, le directeur général de cette plate-forme. Quelques années plus tard, en 2007/2008, celle-ci gère un volume de quelque 3 milliards d’euros d’actifs, emploie une quarantaine de professionnels via trois implantations à Prague, Varsovie et Istanbul et investit dans huit pays !

En 2008, « nouvelle aventure » chez JER Partners, un fonds opportuniste américain pour s’occuper, là encore, des fonds européens. Mais en 2012, cette plate-forme est rachetée par LaSalle. Qui lui confie, en toute logique, la direction de sa plate-forme en Europe Centrale, puis, en 2015, la direction du bureau parisien. Pour se voir promu, en novembre dernier, directeur général pour l’Europe continentale. Une fonction qui lui ouvre de nouvelles perspectives : « nous disposons de sept fonds ou mandats de gestion actifs en Europe » précise-t-il, permettant d’investir entre un et deux milliards d’euros par an avec une équipe d’une centaine de professionnels. Mais pas question de négliger l’Hexagone pour autant : « nous considérons que les fondamentaux du marché tertiaire francilien restent très solides, notamment en terme de croissance de loyer » soulignant que « l’équipe d’une quarantaine de professionnels en France nous permet de gérer nos acquisitions et actifs en direct avec une vraie compétence que ce soit dans les bureaux, les commerces ou la logistique ». Pour ce qui est de la politique d’investissement, pas de changement. Il s’agit de « servir les trois stratégies », en restant « focalisé sur la performance générée pour nos clients ».

Eclectique dans ses centres d’intérêts, de l’histoire (« l’Antiquité notamment ») aux voyages, en passant par le sport (il lit « l’Equipe » tous les jours) ou la politique, cet asset manager, de classe internationale est aussi une vrai passionné de théâtre, y compris en tant que comédien. Il a même « tenté le Conservatoire de Paris » avant de se lancer dans l’immobilier. Qui lui permet, aujourd’hui, d’avoir son nom en haut de l’affiche…

Les nommés :

Frédéric Bôl
Swiss Life France

Raphaël Brault
AEW Europe

Magali Michel
Foncia Institutional Property Management

Xavier Musseau
Hines

Programmes

Tours Duo

Ivanhoé Cambridge

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Duo de choc

« 2017 a été une très belle année pour Ivanhoé Cambridge » entame tout de go Marie-Eve Raux, la porte-parole (et directeur du développement et maîtrise d’ouvrage Europe) désignée par l’investisseur québécois des tours Duo. En effet, séduit par ce programme emblématique, dessiné par le très médiatique architecte Jean Nouvel, Natixis a signé un bail portant sur l’intégralité des surfaces de bureaux, soit 90 000 m2, situés au coeur de la Zac Paris Rive Gauche, dans le 13ème. La banque de financement, de gestion et de services financiers privilégie ainsi une consolidation sur l’est parisien, à toute proximité de ses implantations majoritaires. Et ce n’est pas tout ! En juin, Natixis acquiert 50% des parts de la société qui porte le projet et, en juillet, un groupement autour de Valotel, franchisé historique d’AccorHotels, emporte le concours lancé par Ivanhoé Cambridge pour installer un complexe hôtelier de 139 chambres avec restaurant et bar panoramiques, qui sera agencé par le designer Philippe Starck, au sommet de l’un des tours.

L’édifice, développant 120 000 m2 de surface totale, dont le permis de construire a été purgé en février dernier et la maîtrise d’ouvrage déléguée confiée à Hines, propose une première tour de 180 mètres de haut avec 39 étages, pour 69 000 m2 de bureaux et une seconde de 122 mètres avec 29 étages pour 19 000 m2. « Je suis très fière de ce projet qui reste le plus important de France actuellement » avoue Marie-Eve Raux. Ces tous désaxées donnent le sentiment d’être en équilibre instable par une verticalité imparfaite et « par une dynamique des obliques et une architecture iconique. Elles constitueront, en plus d’avoir obtenu toutes les certifications, le premier ensemble de bureaux enregistré Well en France, avec la spécificité Well Platinium qui définit les performances requises dans des catégories relatives au bien-être, à l’air, l’eau, la lumière, la forme, le confort… » ajoute la porte-parole. L’architecte Jean Nouvel souligne que « ces deux immeubles essayent d’amplifier le plaisir d’être là. Ils vont chercher les vues, accueillent des arbres et des arbustes sur leurs terrasses et leurs sommets, sont des destinations accessibles à tous ». Mais pour Ivanhoé Cambridge, ce qui compte avant tout c’est « la capacité de répondre à la demande des grands utilisateurs » et de proposer « un bureau du futur, dans une ville de demain » insiste Marie-Eve Raux. Les tours Duo sont, pour elle, « la meilleure réponse à cet objectif ». Une vision que partage la Ville de Paris, à l’origine du projet. « Il s’agit vraiment d’un travail d’équipe avec la mairie du 13ème, les équipes d’Hines, les Ateliers Jean Nouvel, Vinci, le mandataire du groupement pour la réalisation des travaux » poursuit la porte-parole.

Aucune donnée chiffrée ne sera divulguée lors de cet entretien comme, par exemple, le montant de l’investissement (que d’aucuns disent supérieur à 500 millions d’euros), ou encore le montant du loyer déboursé par Natixis, sachant qu’un « accord a été trouvé en prenant en compte différents éléments tels que les valeurs « prime » de ce marché de l’est parisien, qui oscillent entre 530 et 550 euros (HT/HC)/m2, le coût financier du développement de ces tours, la rareté d’une disponibilité supérieure à 50 000 m2 contrebalancée par le caractère exceptionnel de ce type de recherche ou encore la prise en charge de travaux spécifiques… » comme nous confiait celui qui a réalisé ce « méga-deal », Ludovic Delaisse, directeur Agence France de Cushman & Wakefield, dans les colonnes d’Immoweek, en septembre dernier.

« Cet ensemble s’inscrit dans le schéma du Grand Paris. Ivanhoé Cambridge a toujours cru à ce projet et a mis tous les moyens pour le développer » précise Marie-Eve Raux. La condition sine qua non à « la première pelletée de terre » comme aime à le dire nos cousins québécois était une pré-commercialisation d’au moins 50%. Les étoiles se sont alignées pour l’investisseur, puisque quatre ans avant sa livraison, l’ensemble est intégralement loué. Les travaux ont donc démarré ; le terrassement va se poursuivre jusqu’à mi-2018 ; l’infrastructure sera montée et terminée fin 2018. Les tours prendront forme à compter d’un étage tous les cinq jours dès 2019, pour un « emménagement » (autre expression toute québécoise pour ne pas dire livraison) début 2021. Les tours Duo méritaient encore une étoile, celle d’une « Pierre d’Or », pour couronner cette belle histoire…

Tour Montparnasse

LFPI Reim - FLE

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Renaissance

Classée 25ème (en 2016) dans la liste des plus hauts gratte-ciel d’Europe, la tour Montparnasse a été désirée, convoitée, décriée, désapprouvée, vilipendée… Mais qui se souvient que François Mitterand y a installé pendant un mois son QG de campagne pour l’élection présidentielle de 1974 ; que le RPR y a siégé de 1976 à 1977 ou, plus récemment, qu’Emmanuel Macron y a installé le QG de son mouvement En Marché, au 14ème étage ? Ou encore que le tirage du Loto était retransmis, en direct, depuis le 56ème étage dans les années 1980 ? Sans parler du monde du cinéma qui l’a utilisée dans un certain nombre de films.

« La Tour Montparnasse prend racine au sein d’un ensemble immobilier, appelé EITMM (Ensemble Immobilier Tour Maine Montparnasse). C’est l’une des plus importantes copropriétés tertiaires privées d’Europe. L’ensemble est composé de la tour, d’un immeuble de 12 étages, d’un autre petit bâtiment, d’un centre commercial, d’un parking et d’une piscine appartenant à la Ville de Paris » explique Frédéric Lemos, président du syndicat des copropriétaires de la tour, vice-président de la structure « Demain Montparnasse » qui mène sa métamorphose, mais surtout connu, par les professionnels de l’immobilier, comme le président de LFPI Reim, la société qui gère  les actifs de la foncière LFPI. Notre homme aime d’ailleurs à se rappeler, avec un léger sourire, comment l’histoire a commencé : il reçoit un énième dossier concernant la vente d’un plateau de cette tour qu’il met immédiatement à la poubelle, puis réfléchit un instant et se dit qu’il y a là, peut-être, quelque chose à faire. Et comme il n’est pas homme à se contenter de peu ou à faire les choses à moitié, il met tout en place pour convaincre son comité d’investissement d’acquérir, non pas un, mais quatre plateaux. Son argument principal ? Le prix du mètre carré. Nous sommes alors fin 2015 et deux ans plus tard, LFPI ou plus précisément FLE, représentée par LFPI Reim, devient le premier copropriétaire de la tour, avec 17 plateaux à ce jour… Son idée ? La restructuration complète de la grande dame. Un chantier titanesque qui ne fait pas reculer notre homme parce qu’il sait que c’est nécessaire… et qu’il n’est pas du genre à avoir peur !

Un concours international d’architecture est lancé en juin 2016. En septembre 2017, Nouvelle AOM est l’heureux trio de cabinets d’architectes qui sera chargé de réinventer celle qui fut pendant longtemps la plus grande dame de Paris. L’assistant à maître d’ouvrage est désigné en décembre dernier et WO2, filiale de Woodeum, est retenu.

Entre temps, une exposition sur la transformation de la tour Montparnasse se tient au Pavillon de l’Arsenal et est inaugurée par la Maire de Pais, Anne Hidalgo. Puis, Frédéric Lemos expose pendant un mois le visage de son fils Noé, emporté par un cancer du cerveau en 2014, recouvrant 22 étages de la tour. Une campagne médiatique qui donne le coup d’envoi d’un programme de lutte contre le cancer de l’enfant mené par l’Institut Gustave-Roussy. Un combat pour lever des fonds. Pour Frédéric Lemos, le combat de sa vie…

La tour Montparnasse affichera sa nouvelle peau en 2023, soit 50 ans après son inauguration en 1973. Un hasard si notre homme aura 50 ans à cette date ?… Le coût de la restructuration oscille entre 350 et 450 millions d’euros, entièrement financé sur des fonds privés par une quarantaine de propriétaires. Trois d’entre eux détiennent 60% de la tour : FLE, la MGEN et AXA.

La nouvelle tour misera beaucoup sur les performances énergétiques et proposera de nouveaux services comme le coworking. Plus largement, redynamiser le quartier Montparnasse est l’objectif clairement annoncé. Et comme le dit si bien le patron de LFPI Reim : « à tour exceptionnelle, projet exceptionnel. Il ne s’agit pas d’un immeuble de bureaux quelconque, il s’agit d’un projet global de rénovation, exigeant et exemplaire, puisque la tour était déjà un objet exceptionnel au siècle précèdent. Il s’agit d’une rénovation, d’une reprogrammation, d’une renaissance ».

Et les internautes l’ont bien compris, puisqu’en votant, ils sont allés dans ce sens et ont décidé d’attribuer à la tour Montparnasse une « Pierre d’Or » à l’occasion de la 20ème cérémonie de l’évènement éponyme !

Les nommés :

Kosmo
Altarea Cogedim

Morland
Emerige - Société Parisienne du Nouvel Arsenal

The Link
Groupama Immobilier

Utilisateurs

Marc-Antoine Jamet

LVMH

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Le luxe premier

Et de trois ! Tous les cinq ans, avec une régularité qu’il faut souligner, Marc-Antoine Jamet occupe une place (la première sur « podium » des « Pierres d’Or ») qu’il pourrait, presque, chaque année tenir. Le secrétaire général du groupe LVMH, également directeur immobilier du géant du luxe, illustre, en effet, parfaitement l’affirmation de Paul Morand dans « L’homme pressé » : « quand on pense lentement, on dort ». Car la lenteur n’est pas son affaire. Ni dans le débit de la voix, toujours vif, ni dans l’activité débordante dont il fait preuve. On parlera ici d’immobilier, mais il faut évoquer quelques-unes des « autres vies » de notre « Pierre d’Or ». Disons, dans le désordre, qu’il est maire de Val-de-Reuil, une commune « Delouvrier » à cent kilomètres pétantes de Paris et qui rassemble une diversité incroyable de populations. Il en a fait, malgré les (grandes!) difficultés, une ville en plein essor. Ajoutons la présidence du Centre National d’Enseignement à Distance (240 000 inscrits), celle du pôle de compétitivité de Cosmetic Valley, premier centre de ressources mondial de la parfumerie-cosmétique. Et, pour faire bonne mesure, il était jusqu’à il y a quelques mois encore premier secrétaire de la fédération de l’Eure du PS. On le voit, l’homme aux multiples facettes n’aime pas perdre son temps et si l’immobilier reste une de ses passions, elle n’a pas l’exclusivité. Et pourtant en cette matière aussi il s’illustre !

Quelques exemples récents ? Les mille salariés des « Echos » et du « Parisien », titres clés du groupe de presse que possède LVMH (avec Radio Classique, « Investir » ou « Connaissance des Arts »), sont installés depuis la rentrée 2017 quai de Grenelle. Immeuble de grande hauteur construit dans les années 1950, le « 10 Grenelle », par ses grandes dalles nervurées en béton préfabriquées, est un immeuble typique de l’époque. Acquis par AG2R La Mondiale il y a plus de trente ans, il a fait l’objet d’une (très!) profonde rénovation : l’immeuble est désormais triplement certifié HQE Bâtiment Tertiaire Neuf niveau « Exceptionnel », LEED niveau « Gold » et BREEAM niveau « Excellent », et même doté du label BBC Rénovation Effinergie. L’ensemble compte également un auditorium de 140 places, un business center dans le pavillon d’accueil, un jardin d’hiver, une terrasse au 12ème étage, un fitness aménageable de 300 m2. Les façades ont été repensées pour être équipées de volets capables d’occulter intégralement les façades les plus exposées grâce à des capteurs photosensibles. Des locaux qui n’ont — vraiment — rien à voir avec ceux occupés autrefois à Saint-Ouen par « Le Parisien » (l’auteur de ces lignes en atteste).

Voulez-vous autre chose ? Après la (magnifique) Fondation Louis Vuitton dont les expositions font un carton (celle consacrée au collectionneur russe Chtchoukine était une merveille!), c’est au tour du Jardin d’Acclimatation (dont notre heureux élu est président depuis 2004) de se lancer dans de très nombreux travaux (on parle de 60 millions d’euros) : on y trouvera notamment la future « Maison LVMH Arts Talents Patrimoine », à l’emplacement du sinistré, et sinistre Musée des Arts et Traditionnels Populaires… Mais ce n’est pas tout… En effet, l’automne 2017 a vu deux autres maisons importantes du groupe président par Bernard Arnault mettre le cap vers Neuilly-sur-Seine. Premier round avec l’inauguration du siège mondial de Sephora, qui s’installe dans un immeuble de 15 000 m2 au 41, rue Ybry, construit en 1970 et totalement (et opportunément!) revisité par le cabinet Axel Schoenert. Puis l’annonce conjointe par Parfums Christian Dior et Altarea Cogedim via AltaFund (fonds d’investissement dont Altarea Cogedim est le gérant et le sponsor) qu’un accord avait été trouvé entre les deux sociétés pour signer un bail portant sur « Kosmo » au 192, avenue Charles de Gaulle, livré fin 2018 début 2019. L’opération prévoit la réalisation de deux immeubles distincts reliés par une rue intérieure.

Dans la lettre du Cercle Pierres d’Or, notre « Pierre d’Or » notait d’ailleurs : en commentant ces installations : « cette opération de prestige est-elle la dernière que le leader mondial du luxe mène entre Champs-Elysées et La Défense ? La question peut-être posée. » Nous la posons aussi en étant sûrs que l’aventure n’est pas terminée. Avec cet homme pressé, qui note « à l’ancienne » toutes ses idées sur un petit carnet (d’une marque dont nous tairons le nom…), rien n’est en effet impossible…

Les nommés :

Eric Costa
Citynove Asset Management – Groupe Galeries Lafayette

Jacques Ehrmann
Carmila

Laurent Mignon
Natixis

Stéphane Richard
Orange

Green & Innovations

Emmanuelle Baboulin

Icade

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Des bureaux qui pulsent

« Mes équipes le savent, non seulement j’assiste à toutes les séances de choix des matériaux, mais je n’hésite pas à les faire durer. Je veux tout connaître des différentes options, de leurs qualités spécifiques. Je veux toucher la matière avant de me décider ». On n’apprend pas à Emmanuelle Baboulin, diplômée ingénieure de l’Ecole Nationale Supérieure des Travaux Publics (ENSTP), spécialité béton précontraint, les solutions constructives qui prévalent aujourd’hui. Désormais, on ne lui impose pas plus les choix qui relèvent de l’esthétique. « Pulse », l’Immeuble de bureaux en R+7 de 27 952 m2 pour lequel elle a été distinguée cette année par ses pairs dans la catégorie « Green & Innovations », a été mis en chantier à Saint-Denis en janvier 2017 et devrait être livré en décembre 2018. Un immeuble pensé depuis longtemps par notre lauréate et qui fait figure de démonstrateur, tant il multiplie les innovations. Mixité bois/béton, dans la structure comme dans ses aménagements, avec des terrasses arborées en balcon et un potager urbain sur l’ensemble du R+7. Si vous ajoutez des étages courants de 3500 m2 avec une hauteur sous-plafond de 2,90 mètres, mais également des espaces dédiés au bien-être des salariés en rez-de-chaussée autour d’un atrium, avec trois offres de restauration, des espaces modulables consacrés au fitness, à la désormais indispensable conciergerie, vous mesurez l’exigence d’Emmanuelle Baboulin, elle qui revendique « avoir elle-même initié le projet il y a cinq ou six ans », alors qu’elle était encore en charge de la promotion chez Icade, et « j’imaginais déjà une forte présence du bois ! ». Rappelons que cette grande professionnelle, nommée « Pierre d’Or 2014 » dans la catégorie « Promoteurs », est une des spécialistes françaises de l’immobilier tertiaire. Depuis sa sortie de l’ENSTP, en effet, elle a consacré l’intégralité de sa carrière professionnelle au secteur des bureaux, en deux périodes égales de neuf ans, chez Dépôts qui l’emploie aujourd’hui et qu’elle a rejointe en 2009. Elle sait mieux que quiconque la difficulté des entreprises à attirer les talents, puis à les conserver ; elle a appris également le lien direct qui existe entre la qualité de l’immobilier tertiaire et la performance de ceux qui y travaillent.

L’immeuble Pulse avec sa « technologie créative », comme la qualifient déjà les commerciaux d’Icade, vient renouveler l’offre de bureaux en réponse à cette exigence accrue des utilisateurs. Et dans un quartier où la guerre des talents, celle que se livre les employeurs, est une « guerre » certes pacifique, mais bien réelle, entre Saint-Denis et Aubervilliers, dans un écosystème très dynamique, à deux pas du campus Condorcet et de ses 8000 étudiants. Et surtout, à 20 mètres d’une station de métro ! « Nous avons donc imaginé ce qu’il fallait pour que des professionnels qui passent beaucoup de temps au bureau s’y sentent bien. Mais nous avons également pensé leur futur lieu de vie et de travail pour qu’ils en soient fiers ».

D’emblée, avec l’équipe des architectes Fassio et Viaud, ont été visés les certificats et labels HQE niveau « Excellent », BREEAM niveau « Very Good », BBCA. D’emblée également ont été affichées les ambitions du réemploi de matériaux anciens (on parle de 20 000 mètres carrés de faux-planchers récupérés) autant que du choix de solutions constructives réversibles. « Le réemploi et la réversibilité sont deux questions qu’il faut lier. Elles constituent ensemble une innovation de procédé. Il s’agit de penser le choix des matériaux anciens aussi bien que neufs. Elles obligent les acteurs de l’acte de construire, notamment les architectes et les entreprises, à procéder différemment, à inventer de nouvelles façons de travailler ensemble » souligne notre « Pierre d’Or ». Et de conclure : « j’aime mon métier de développeur, c’est un métier passionnant, à la confluence des enjeux financiers, architecturaux, techniques et sociétaux »…

Les nommés :

Nicolas Beuvaden
Welcome At Work

Philippe Journo & Emmanuel Launiau
Compagnie de Phalsbourg et Ogic

Patrice Pichet
Groupe Pichet

Guillaume Poitrinal & Philippe Zivkovic
Woodeum

Jeunes Talents

Elsa Tobelem

Foncière des Murs

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A la bonne place !

Elsa Tobelem a eu une chance dont beaucoup rêveraient : elle a immédiatement démarré sa carrière dans le secteur qui lui correspondait et est parvenue au poste qu’elle souhaitait, en 2012, devenant directrice des investissements de Foncière des Murs (FDM), filiale de Foncière des Régions. Un poste où elle excelle puisqu’à 36 ans, elle décroche la « Pierre d’Or Jeunes Talents 2018 ».

L’immobilier est venu naturellement à elle : ayant suivi les cours de la Chaire Immobilier de l’Essec, où elle effectue ses études, elle y retient l’attention d’un intervenant venu d’Archon Group. L’atmosphère au sein de la filiale de Goldman Sachs, entre 2005 et 2006, est crépusculaire : « la nostalgie de la grande époque régnait, le portefeuille était de plus en plus réduit, mais ce fut une excellente école ». En 2006, elle rejoint FDM comme analyste développement-asset manager. FDM en est à ses débuts. Elsa Tobelem y apprend les métiers d’analyste en investissement et d’asset management par des rachats de petits portefeuilles, des « sale and lease back ». La société traverse la crise sans trop d’encombres, un autre « sale and lease back » étant réalisé sur un portefeuille d’actifs répartis entre la France, l’Allemagne et la Belgique, avec d’autres investisseurs. Elsa Tobelem grimpe les échelons, devient chargée d’investissements cette année-là. Elle « n’a pas vu le temps passer » et ajoute : « je suis à présent l’une des plus anciennes de la société au sein d’une équipe d’une trentaine de personnes »…

2017 aura été l’année de l’absorption de FDM Management, qui permet de constituer un véhicule de près de 6 milliards d’euros d’actifs sous gestion, plus performant et plus lisible pour les investisseurs. Ce fut aussi l’année de l’acquisition de 19 hôtels en Espagne, répartis aux trois quarts entre Madrid et Barcelone, pour 550 millions d’euros. « L’Espagne représente à présent 10% de la valeur de notre portefeuille, après cette première acquisition dans le cadre d’une crise qui s’est prolongée outre-Pyrénées. A présent, la croissance est de retour, de l’ordre de 10 à 20% à Madrid et à Barcelone »… Le Club Med de Samoëns (74) est aussi « une grande réussite », le chantier de 420 chambres réparties sur 40 000 m2 ayant été bouclé en 17 mois de travaux à peine…

Pour la stratégie de FDM en 2018, qui sera notamment portée par les objectifs très ambitieux de Foncière Développement Tourisme en partenariat avec la Caisse des Dépôts, Elsa Tobelem considère « l’Europe comme un terrain de jeux ». En Espagne, avec la reprise et cette dernière acquisition en 2017, l’heure est à l’offensive, même s’il faut rester attentif à la situation en Catalogne, alors que la mairie de Barcelone est en pleine offensive contre AirBnB. L’Italie demeure un marché très compliqué à pénétrer. Celui d’Amsterdam est « très intéressant », tout comme les marchés dynamiques que représentent actuellement Vienne et Dublin. En dépit du Brexit, le Royaume-Uni « constituera toujours un énorme marché hôtelier, même si l’heure, pour FDM, est surtout à la zone Euro. Et en France, FDM reste investisseur : nous sommes davantage positionnés en France sur des actifs en développement, financés en Vefa, plutôt que sur des « trophy asset » ou des immeubles à faible rendement ».

Pas de crainte pour 2018 : « nous avons bien encaissé la baisse de 20% du chiffre d’affaires dans l’hôtellerie après le 13 novembre grâce à la diversité de nos actifs ; après tout, l’économie est cyclique ». Une année menée à tambour battant pour Elsa Tobelem, puisque ce fut aussi celle de la naissance de son deuxième fils, rejoignant un plus grand garçon de trois ans et demi. Pour cette parisienne de naissance, amatrice de yoga, de cinéma, de théâtre, qu’en sera-t-il du Grand Paris ? « Nous accompagnerons Foncière des Régions sur les appels d’offres ». Une spécialiste à la bonne place, tout simplement…

Les nommés :

Alexandre Henriot
BNP Paribas Real Estate Transaction France

Sébastien Masson
JLL

Michael Neuman
Ivanhoé Cambridge

Julien Pemezec
Woodeum

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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