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Le palmarès des pierres d'or

Le Professionnel de l'année

Olivier Wigniolle

Icade

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La course en tête

Et de trois ! Après la “Pierre d’or Asset, Property, Facility Managers” en 2009 puis, cinq ans plus tard, celle dédiée aux “Investisseurs”, Olivier Wigniolle emporte le “top” de la catégorie, celle de “Professionnel de l’Année”. Des récompenses qui montrent bien le chemin parcouru par notre lauréat, mais aussi sa parfaite connaissance d’un secteur où il a pratiqué avec talent et habilité tant de métiers différents. Un des aspects de la personnalité attachante de notre “Pierre d’Or 2017” est ce chemin complet du conseil au promoteur, de l’investissement à l’asset, et maintenant la direction opérationnelle d’une grande foncière, elle-même multiple et diverse. Ce fou de sport d’endurance (le marathon est sa passion) pratique aussi cet art professionnellement. Avec doigté, sourire souvent, et cette détermination qui fait les chefs d’entreprise de son niveau. Au plus haut de l’immobilier hexagonal… Marathon oblige, parcourons à grandes enjambées, mais en soignant le rythme et le souffle, une – belle – carrière.

Diplôme d’HEC en poche, Olivier Wigniolle fait ses débuts chez Arthur Andersen comme auditeur. Rapidement, il choisira le métier de commercialisateur – on préfère aujourd’hui dire conseil – chez Auguste-Thouard. Un nom qui ne veut plus dire grand chose aux moins de vingt ans (voire trente !), mais qui, à l’époque, est le leader du secteur. Il en deviendra directeur adjoint du département grands comptes, avant d’être directeur associé chez DTZ Jean Thouard pendant quatre ans. En 1997, changement de cap et de perspectives : notre triple “Pierre d’Or” (devenu père de trois enfants) rejoint une grande foncière : il est directeur général adjoint de la Société Foncière Lyonnaise, vieille et belle dame possédant le fin du fin du patrimoine immobilier de bureaux parisien. Huit ans plus tard, nouveau changement de cap : le voici chez un grand “zinzin”, directeur général de Crédit Agricole Immobilier en 2005. Le président n’est autre que Bernard Michel, aujourd’hui président de Gecina (et “Pierre d’Or Managers” en 2013). Mais voici la crise et les banques ne sont plus au meilleur de leur forme (c’est une litote). Olivier Wigniolle rejoint alors un autre très grand groupe, sous pavillon allemand cette fois, le voici président de l’immobilier pour la France et le Benelux d’Allianz. Avec des ambitions claires : intégrer le département immobilier des AGF (alors récemment avalées par le géant d’Outre-Rhin), moderniser et fortement faire progresser le volume d’activité. Le contact avec l’Outre-Rhin fut très “formateur” et “plein d’enseignements”. Cette somme d’expériences fort différentes le prédestinait à l’évidence au poste (convoité) de la direction générale d’Icade. Notre homme était, sans en faire trop de mystère, candidat à ce beau job qui lui va comme un gant. Depuis mars 2015, le voici en place, André Martinez, son aîné à HEC (de la même promotion qu’un certain François Hollande) devenant, lui, président du conseil d’administration. Et une fois dans les murs, notre “Pierre d’Or” n’a pas perdu son temps : il a ainsi établi un nouveau plan stratégique, pour les cinq années à venir, “indispensable pour une grande maison comme Icade” souligne-t-il en insistant, coup de chapeau évident à la Caisse des Dépôts, sur “le fait d’avoir un actionnaire à long terme constitue un grand avantage”. Le plan, dévoilé publiquement, est clair : faire d’Icade un opérateur immobilier intégré, leader en France, axé sur la croissance, la performance… et l’innovation ! Pratiquement donc, il s’agit de concentrer les efforts sur le métier de foncière tertiaire – bureaux et parcs d’activités en Ile-de-France, 80 % des actifs de la maison depuis l’intégration de Silic – mais tout en conservant deux métiers de diversification : la foncière santé – environ 20 % des actifs – et la promotion immobilière. Côté promotion, on se souvient que début 2014, le conseil d’administration avait refusé “une offre d’achat non sollicitée”. Pourquoi donc garder ce “gros morceau” ? Sourire de notre “Pierre d’Or” : “mais d’abord, car les cycles économiques de la promotion sont favorables et ce, pour le logement comme pour l’immobilier tertiaire ! Pour l’habitation, le dispositif Pinel et les taux historiquement bas sont évidemment déterminants. En matière d immobilier d’entreprise, le marché de la promotion repart aussi de belle manière. Bref, il nous faut construire une image de marque forte, en utilisant ces bons fondamentaux !”. Mais un tel plan doit aussi s’incarner en chiffres. Et pour 2016, ceux-ci sont éloquents : 578 millions d’euros d’actifs cédés et pas loin de 700 millions d’euros d’actifs acquis par la foncière tertiaire et la foncière santé ! Ajoutons-y, pour faire bonne mesure, 131 000 m2 loués, pour un montant de loyer annuel proche de 40 millions d’euros et le compte sera de belle tenue… Quelques exemples en s’en tenant toujours à la seule année 2016 ? Commençons par la signature (pour un bail de douze ans) de 8 900 m2 avec la société IFF, locataire historique de l’immeuble “Crystal Park”, à Neuilly-sur-Seine, portant progressivement la surface occupée à 8 900 m², soit 3 500 m2 supplémentaires par rapport à la surface actuelle d’IFF. Côté cessions, celles confirmées de rien moins que quatre parcs d’affaires (Antony, Cergy-Pontoise, Evry, Villebon) à un investisseur représenté par AEW Europe pour la bagatelle d’environ 141 millions d’euros. Ce quarteron complète la cession annoncée toute fin décembre du parc d’affaires Nanterre Seine et de l’immeuble “Défense 3” (pour 145 millions d’euros). L’objectif ? Se recentrer sur ses 7 principaux parcs d’affaires, situés au Nord-Est, avec Roissy-Charles de Gaulle et le territoire de Plaine Commune ; à l’Ouest, avec La Défense-Nanterre et au Sud, avec Orly-Rungis. De quoi varier les propositions et suivre le plan marketing “Coach Your Growth with Icade” pour accroître l’attractivité des parcs et donc en augmenter le taux d’occupation. Autre cession, parisienne celle-là, de l’immeuble du 69, boulevard Haussmann (Paris 8ème) au fonds Encore+ (cogéré par LaSalle Investment Management et Aviva Investors) pour 128 millions d’euros. Au total donc, les cessions effectuées sur la Foncière Tertiaire par Icade pour l’année 2016 se sont élevées à 578 millions d’euros… Dans un langage neutre et financier, on pourrait donc dire que “ces cessions auront un impact global positif sur le résultat net de l’année 2016”. Mais disons un mot aussi des acquisitions, supérieures en montant global : celles de “Parissy”, à Issy-les-Moulineaux (un chouia en dessous de 150 millions d’euros pour 16 000 m2 de bureaux en bordure du périphérique loués à Technicolor). Sans oublier “Arc Ouest” (près de 22 000 m2 de bureaux, rue Leblanc, dans le 15ème arrondissement de Paris), acquis pour une valeur légèrement supérieure à 200 millions d’euros. Signalons aussi l’achat en Vefa, de “Go Spring” (un ensemble très green dû à Bouygues Immobilier et développant 32 600 m2 répartie sur deux bâtiments) à Nanterre, pour 191 millions d’euros. Du très vert qui va bien à notre “Pierre d’Or” puisque la maison Icade défend “des objectifs chiffrés ambitieux sur l’énergie, l’eau, les déchets et la biodiversité”. “Go Spring” bénéficiera ainsi des certifications HQE Exceptionnel, BREEAM Very Good et sera labelisé Bepos (Bâtiment à Energie Positive). Il offrira des prestations de haut standing à ses utilisateurs (RIE, cafétérias, business center, salles de fitness et service de conciergerie). Bref, au total,, les acquisitions effectuées sur la Foncière Tertiaire par Icade pour l’année 2016 se sont élevées à 592 millions d’euros (droits inclus), auxquels il faut ajouter les achats de cliniques effectuées par Icade pour 66 millions d’euros, avec un rendement immédiat moyen de… 5,7 %. Commentaire de notre homme : “il s’agit bien de la preuve de la capacité d’Icade à mener une politique de rotation très dynamique de son portefeuille, tant en bureaux que sur Icade Santé. Toutes ces transactions permettront à Icade de délivrer en 2016 un rendement total très attractif pour ses actionnaires”. On comprend que notre “Pierre d’Or” soit heureux. Ce dévoreur de livres de voyages (un de ses préférés reste “Salut au grand sud” d’Isabelle Autissier et Erik Orsenna, mais il aime aussi le très beau “Adios, Tierra del Fuego” du bouillant Jean Raspail), qui a couru le marathon sur tous les continents, prépare d’ailleurs avec quatre-vingt salariés (volontaires bien sûr !) du groupe, sa 5ème édition de cette course “pas comme les autres” à New York. Et, dit-il, en regardant – aimablement – les rondeurs de votre serviteur, “tout le monde peut le faire… en se préparant un peu !”. Face à notre moue dubitative, il affirme qu’il fait sienne la formule “si tu veux changer ta vie, fais un marathon”. Son prochain défi à ce sujet ? Courir cette distance rien moins qu’au Pôle Nord. Et ce n’est pas une blague ! Car même si notre homme aime (beaucoup) l’humour (les lecteurs d’Immoweek ont découvert il y a quelques mois sa tribune “Viva la revolución !”), cela ne l’empêche nullement de voir très loin (avec parfois un grand coup d’avance face aux analystes de tous poils – nous nous mettons dans ce dernier lot !) : il y écrivait, en effet, “… le plus rassurant pour nos métiers (et le plus dingue), c’est ce qui risque d’arriver aux Etats-Unis : un promoteur immobilier (à moumoute certes, mais quand même), pourrait être élu président des Etats-Unis ! Oui, vous avez bien lu : un promoteur immobilier, “à l’ancienne”, pourrait devenir l’homme le plus puissant sur terre ! (…) Et vous voudriez que je m’inquiète pour l’avenir de notre industrie ?”. Un grand pro, qui connaît remarquablement son secteur pour l’avoir pratiqué et fait vivre dans toute sa diversité, en n’ignorant rien des marchés, de ses acteurs et qui ne manque ni d’humour, ni d’esprit visionnaire, cela vaut bien une “grande” “Pierre d’Or”, non ?

Pascal Bonnefille

Les nommés :

Meka Brunel
Gecina

Jacques Ehrmann
Carmila

Laurent Fléchet
Primonial Reim

Yan Perchet
Eurosic

Prix Spécial du Jury

Gérard Collomb

Palmarès

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Bâtisseur en marche

Il n’a de cesse de réinterpréter Lyon avec la création ou la redynamisation de quartiers et la réécriture du centre-ville : Gérard Collomb, véritable maire bâtisseur, est le choix du jury de ces “Pierres d’Or 2017”. Élu maire pour la première fois en 2001, ce visionnaire n’aura été, à son entrée en politique, l’héritier de personne. Une indépendance d’esprit qui fait de lui un édile singulier.

Il y a quelques années, lors d’un “tour immobilier” organisé à l’attention de journalistes parisiens, Gérard Collomb n’avait pas hésité à emprunter, par un froid de canard, casque vissé sur la tête, le monte-charge, puis la petite échelle qui menait au toit de l’ancienne tour EDF en cours de démolition (aujourd’hui “Silex”, ensemble nommé aux “Pierres d’Or”), sous le regard inquiet des organisateurs… Il fallait alors le voir s’enthousiasmer pour les projets en cours et à venir, dévoilant les atouts et atours de sa ville. Un esprit d’entrepreneur, que même ses adversaires lui reconnaissent. “Être maire, c’est d’abord rester très proche du quotidien et de la vie des gens et, en même temps, porter une vision d’avenir de la ville : développement économique, grands projets urbains, développement durable”, confiait-il. Pourtant, sa carrière démarre dans l’enseignement : né dans un milieu populaire (une mère femme de ménage, un père contremaître), à Chalon-sur-Saône en 1947, cet agrégé en Lettres Classiques devient professeur (mais se rêvait écrivain) avant que mai 1968 et la politique ne le rattrapent et le lient indéfectiblement à Lyon. Sénateur du Rhône depuis 1981, maire de la ville depuis 2001, il est aussi, depuis 2015, président de la métropole, vaste territoire qui regroupe 59 communes et compte 1,3 million d’habitants. Gérard Collomb est l’un des élus les plus puissants de France, à la tête d’un budget de 4 milliards d’euros. De quoi donner de l’espace à ce maire qui n’aime rien tant que “mouiller sa chemise”. Les grands projets immobiliers doivent être réalisés de la manière la plus rationnelle possible : “nous sélectionnons les dossiers qui ont un effet levier maximal, ceux qui, avec un euro public, attirent le plus fort investissement privé”, explique-t-il. Réécrire sa ville, il s’y attache en engageant la transformation radicale du quartier de la Confluence, vaste territoire enclavé de 150 hectares, occupé par des friches. La première phase du projet, terminée, a vu la création, sur 40 hectares, de grands équipements, d’espaces publics, de 130 000 m2 de bureaux et 145 000 m2 de logements. Un parc immobilier très hétéroclite, imaginé par de grands architectes internationaux. Un choix voulu par l’édile, amoureux du Premier Art : “gérer une ville est une forme d’écriture. C’est d’ailleurs toute la grandeur et la difficulté d’être maire que de prendre des décisions qui contribuent à écrire l’histoire future. Je crois beaucoup à l’impact architectural de l’environnement sur la vie des gens”. La seconde phase du programme, conçue par les architectes suisses Herzog et de Meuron et le paysagiste Michel Desvignes, est engagée sur 35 hectares. À terme, Confluence comptera 16 000 habitants, tandis que 25 000 salariés viendront y travailler chaque jour. Autre grand projet, la nouvelle vie du quartier de La Part Dieu, le deuxième pôle tertiaire de France, avec plus de 2 500 sociétés employant 56 000 salariés, sur 1,15 million de mètres carrés de bureaux. Bâtis dans les années 1960, les tristes immeubles autour du “Crayon” méritaient de retrouver une nouvelle jeunesse. Le maire rêve ici d’un petit Manhattan, d’un hub connecté aux grandes villes, dont Barcelone et Milan. Deux tours ont surgi dans cette “city”, “Oxygène” (programme lauréat aux “Pierres d’Or” 2010) et “Incity” (des immeubles signés Sogelym Dixence), auxquelles est venu se joindre “Silex”, précédemment évoquée. Le centre historique, Lyon Cœur Presqu’île, est appelé, lui aussi, à connaître un nouvel avenir : des opérations d’envergure qui font de Lyon le challenger de l’Ile-de-France. “Lyon capte près de la moitié des montants investis en immobilier de bureaux hors Paris Ile-de-France. 85 % des opérations supérieures à 15 millions d’euros ont été réalisées à Lyon en 2016”, selon CBRE. De quoi satisfaire notre lauréat qui devrait poursuivre bientôt une nouvelle route, celle de la Métropole, après qu’il aura quitté la mairie de Lyon en 2020 comme la loi l’y oblige. D’ici là, le voilà en marche, aux côtés d’un jeune candidat ancien ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, pour la présidentielle… Indépendance vous dit-on !

Catherine Bocquet

Manager

Yan Perchet

Eurosic

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Paris restera toujours Paris

Eurosic qui déclarait 3,5 milliards d’euros d’actifs le 30 juin dernier à l’autorité financière de la place de Paris, est devenue, depuis la fin de l’année dernière et le “closing” de son offre publique d’achat (OPA) sur Foncière de Paris, le 4ème opérateur français de l’immobilier d’entreprise. Derrière Gecina, Foncière des Régions et Icade. Un “happening” que la place n’avait pas imaginé et qui a braqué les projecteurs sur son président, Yan Perchet. Bien malgré lui ?

L’homme est discret. Volontairement. Par expérience et par tempérament. Yan Perchet est l’homme d’une passion, l’immobilier. Mais également l’homme d’une ville, Paris. Jeune sexagénaire, ce manager natif du Lion a dominé l’année écoulée. Une passion pour l’objet bâti qui a très tôt orienté sa vie. Bachelier à 16 ans, diplômé de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures (option Construction Civile) à 23 ans, architecte DPLG (Malaquais) trois années et quelques mois plus tard, dont deux semestres à la Urban Design School de Boston (sa jeune épouse suivait simultanément et opportunément les enseignements du MIT). Un ingénieur-architecte discret, passionné, très organisé, et pressé ! Suivront vingt années de banque, Banexi, Stern, puis chez Lazard Frères dont il a été associé-gérant. En 2005, il devient membre du directoire de Foncière des Régions et président exécutif de Foncière des Murs. Enfin, en avril 2012, il est nommé président directeur général d’Eurosic. Une discrétion naturelle, mais qui a aussi été forcée par une fuite involontaire dans la presse dont le jeune banquier qu’il fût s’est senti responsable. “J’ai, depuis, appris à me taire”. Ne comptons pas sur l’amabilité de son accueil pour connaître les secrets du rebondissement d’une OPA qui ne lui était a priori pas favorable. “Ce qui est sûr, c’est que c’est une opportunité qu’il ne fallait pas rater. Foncière de Paris détient plus de deux milliards et demi d’euros d’actifs dans la Capitale, principalement dans les 6ème et 7ème arrondissements et également dans les quartiers Est. La complémentarité avec les actifs d’Eurosic, centrés sur les 8ème et 9ème arrondissements, ainsi que l’Ouest parisien, est évidente”. Cette évidence fût-elle en soi suffisante pour que soit écartée la généreuse contre-offre du leader Gecina ? Il semble, avec quelques mois de recul, que le poids d’un opérateur en général ne soit pas suffisant pour qu’une offre en cash, même supérieure en valeur nominale, soit retenue. Le sujet du réemploi des liquidités n’est pas propre à la France. Mais c’est un autre sujet. Eurosic-La Foncière a désormais pour Paris les yeux de Chimène ? “Réinventer Paris”, l’appel à projets sur les 23 sites propriété de la Ville, a reçu 750 réponses en provenance du monde entier. Parmi les lauréats, “Stream Building”, présenté par Eurosic et son partenaire américain Hines, sur le site de Clichy-Batignolles, projet conçu par l’architecte Philippe Chiambaretta, véritable plate-forme de vie 24 heures sur 24, structure bois, parois de verre et d’acier, qui marie bureaux, restauration, hôtellerie, mais également potager en toiture et pieds de houblon en façade. “Grand n’importe quoi”, sourient les concurrents malheureux. “Eurosic ne cède pas à un effet de mode”, réagit Yan Perchet. “Nous avions déjà identifié le site avant que celui-ci n’intègre l’appel à projets. La transformation programmée du quartier, avec la construction du futur Tribunal de Grande Instance signé Renzo Piano ne nous avait pas échappée. L’équipe multidisciplinaire responsable du projet ne s’est jamais affranchie de la règle absolue que nous avions posée : concevoir un projet économiquement viable”. Le lest parisien du paquebot Eurosic ne l’empêche pas de développer son tertiaire en Espagne, en Allemagne. Mais c’est Eurosic Lagune qui portera en Europe les nouvelles classes d’actifs loisir et tourisme, secteurs dans lesquels les actionnaires de référence du groupe, Crédit Mutuel et Covéa, sont déjà engagés. Une justification supplémentaire au rapprochement avec Foncière de Paris déjà présente dans l’hôtellerie. Ce nouvel âge d’Eurosic, celui de l’environnement et de la responsabilité sociale, offrira à son président l’occasion de faire valoir les talents de son groupe et d’animer le titre, à peine 2 % de flottant au second marché…

Brice Lefranc

Les nommés :

Fabrice Allouche
CBRE

Antoine Derville
Cushman & Wakefield

Stéphane Theuriau
BC Partners

Olivier Wigniolle
Icade

Investisseur

Laurent Fléchet

Primonial Reim

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Mûrement réfléchi

Avec plus de quatre milliards d’euros d’investissement à la fin 2016, Laurent Fléchet double sa performance de l’an passé. Presque sans bruit. A la tête de Patrimonial Reim, société de gestion pour compte de tiers, ce président discret tient les engagements pris à l’égard des clients particuliers ou institutionnels. Il fait même mieux et atteint, après cinq ans de présidence, près de 11,5 milliards d’actifs consolidés. Mais sans à-coup…

Il est une vertu qui est rarement récompensée, la constance. Le passage de 2016 à 2017 pourrait bien être pour Laurent Fléchet, ce moment de bascule, ce moment “stratégique et charnière”, comme il le qualifie lui-même, où le dirigeant qu’il est doit prendre le seul risque qu’il ne puisse déléguer : celui de donner la direction. Ayant atteint, voire “sur-performé” les objectifs à cinq ans qu’il s’était donnés, il cible le montant de vingt milliards d’actifs d’euros sous gestion à l’horizon 2021. S’il précise “que ce n’est pas une fin en soi d’être gros”, il compte bien trouver des actifs alternatifs – déjà trois milliards investis dans le domaine de la Santé – et accélérer le déploiement en Europe. L’immobilier de conviction est le slogan, la “base-line” de Primonial Reim adoptée depuis son arrivée. L’art du business plan semble simple quand on écoute Laurent Fléchet. “Etre “client minded”, c’est ne jamais oublier que les clients de SCPI sont des personnes physiques et représentent 40 % de notre business, mais investissent chacun pour 800 à 1 000 euros seulement. Par ailleurs, réussir ses implantations en Europe, c’est d’abord comprendre les fondamentaux du lieu, être en capacité de piloter, trouver les bons actifs. Nous avons maintenant 4 personnes en Belgique, 7 en Allemagne ; nous regardons de près l’Espagne, l’Italie… “In Roma, do as the Romans do””. Laurent Fléchet, diplômé notaire, âgé de 51 ans, est Lyonnais d’origine, héritier désormais sans usine de plusieurs générations de chapeliers industriels, producteurs longtemps célèbres des fameux feutres Fléchet. Comment expliquer la relative discrétion du groupe qu’il dirige ? “On est très présent sur le marché, mais on a très peu communiqué. Sans doute pour une raison technique qui nous singularise : nous nous adressons concurremment aux particuliers et aux professionnels. Notre équilibre s’établit à 40 % des encours pour les particuliers et 60 % pour les “zinzins”. Un étiage qui ne devrait pas changer, même si collecte et investissement doivent progresser. On n’a pas été très marketing jusqu’à maintenant, sans doute par crainte de conflit d’intérêt entre nos deux clientèles. Mais on a des convictions, des valeurs. On ne communique que cela. “Encore faut-il que les traits d’image de l’entreprise perçus à l’extérieur communiquent bien ces valeurs. Et que les équipes les incarnent. “On a tous besoin de se mettre en perspective. Mon job, c’est de donner envie d’aller plus loin, de donner la direction”. Ce qu’il fait par bribes. “En matière de bureaux, le plus facile a été fait, et l’on sous estime les changements de modes de travail, autant que l’obsolescence du parc. Seuls les promoteurs font de bonnes affaires… On veut créer une plate-forme européenne de santé, des cliniques aux Ehpad, des cours, moyens et longs séjours. La santé représente 30 % de nos actifs, nous ne dépasserons pas ce taux relatif. Le commerce, lui, va souffrir, la consommation des ménages s’épuise. Msais reste le commerce de proximité. On aura toujours besoin d’un boulanger. Par ailleurs, on doit aller là où sont les flux. Le boss de Ryan Air prédit que bientôt l’on ne paiera plus son billet d’avion et qu’il sera pris en charge par les redevances commerciales des zones aéroportuaires. On vient d’investir autour de la gare Saint-Denis-Pleyel du Grand Paris Express, à la croisée des chemins qui mènent à Roissy”. Aussi souvent qu’il le peut, Laurent Fléchet s’envole hors de Paris. Il gagne son paradis d’adoption, la Toscane maritime. Là, le temps s’immobilise : les oliviers multiséculaires qu’il y a acquis produisent une huile qui n’est rien d’autre que de l’opiniâtreté, de la constance récompensées.

Brice Lefranc

Les nommés :

Raphaël Brault
AEW Europe

Nathalie Charles
AXA Investment Managers – Real Asset

Jean-Marc Coly
Amundi Immobilier

Jacques Ehrmann
Carmila

Promoteur

Laurent Dumas

Emerige

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Art majeur

I l y a quelques semaines, un “Trophée Logement et Territoires” lui était remis par la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse. Cette fois, c’est la “Pierre d’Or Promoteurs” qui vient, à nouveau, couronner le magnifique parcours de ce professionnel que ses pairs n’en finissent pas de distinguer.

Dans le domaine de l’habitat comme du tertiaire, Laurent Dumas propose, en effet, une vision de qualité de son métier et défend ses choix avec passion. Cela valait bien une (deuxième !) “Pierre d’Or”. Plantons le décor : un magnifique bureau, dans un non moins magnifique hôtel particulier du Marais. Au mur et au sol, des œuvres des frères Bouroullec, de Bertrand Lavier, Gregor Hildebrandt, une sculpture de Raphaël Zarka (que l’on volerait bien !). Et sur une étagère, une “Pierre d’Or” et un “Trophée Logement et Territoires”. L’art, le beau et le métier, intimement liés. Et la passion du promoteur qui apparaît dès la première réponse : “le tertiaire, chez Emerige, c’est aujourd’hui 200 000 m2 en cours et en projets très avancés”. Et Laurent Dumas devient intarissable quand il égrène tous ses programmes en cours. Morland bien sûr, superbe vainqueur du projet “Réinventer Paris”, dont tout le monde et Immoweek en premier, a beaucoup parlé. Mais aussi, le projet R4 de l’île Seguin, dû à Jean Nouvel, que notre lauréat vient de tirer d’un (très) mauvais pas. On trouvera dans ces 35 000 m2, les locaux de la Fondation Emerige, un multiplexe, un hôtel de 220 chambres, 7 000 m2 de commerces et 6 000 m2 de bureaux. Non loin, “Quai Ouest” représente 126 00 m2 de bureaux à la façade (et à la conception) de belle tenue. Et la liste s’allonge avec le programme Maillol : eh oui, notre homme va créer une rue dans le 7ème arrondissement de la Capitale, avec des commerces de bouche, vantant le savoir-faire français, exceptionnel en la matière. En juin 2017, 2 000 m2 de commerces (et des logements à prix… 7ème) vont voir le jour entre la rue de Grenelle et la rue du Bas. “Cette opération ultra complexe nous aura pris six ans de travail et nous sommes fiers de l’avoir mené à bien”, commente-t-il en nous montrant la plaquette ultra moderne de ce projet “un peu fou”. Et puis on pourrait aussi parler de Batignolles, où notre “Pierre d’Or” aime à montrer la maquette du “lot 07”, “immeuble magnifique de 25 000 m2, avec 140 mètres de façades, qui sera livré en avril 2017 précise-t-il. Bref, pour l’homme qui a mené à bien la réhabilitation de l’immeuble des Douanes dans le 7ème, le tertiaire (“mais uniquement en Ile-de-France”, souligne-t-il) est bien “dans les gênes d’Emerige. Car faire de beaux immeubles ne concerne pas que l’habitation, mais aussi les bureaux et commerces… Celui qui est aujourd’hui secrétaire général des amis du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, et membre fondateur du Tokyo Art Club (le cercle des mécènes du Palais de Tokyo), a véritablement “porté” le (beau) projet “1 immeuble, 1 œuvre” que (presque) toute la profession a signé avec la ministre de la Culture. Et cela est vrai dans le résidentiel comme ailleurs. Quand on parle d’art contemporain, comme d’architecture, notre “Pierre d’Or” cite tant de noms que le journaliste demande grâce. Il achète, pour lui-même, pour ses immeubles, pour la Fondation, artistes confirmés et jeunes talents qu’il aime à encourager. Ainsi, la Bourse Révélations Emerige est une action du Fonds de Dotation Emerige en faveur de la jeune création, qui offre chaque année un véritable tremplin à un artiste plasticien de moins de 35 ans, installé en France. “Le promoteur esthète” comme le qualifie “Le Figaro” est désormais reconnu dans la cour des très grands collectionneurs. Mais collectionneur aussi de beaux immeubles ! Cet autodidacte revendiqué (sa notice ne mentionne qu’un baccalauréat) est donc un passionné. Celui qui vient de fêter ses 53 ans, présente un bilan de réalisations en cours et en projet qui a séduit ses pairs : comme en matière de logement, les votes sur immoweek.fr ont été sans appel. Car chacun sent bien que ces passions ne sont nullement un “gadget” mais bien un choix assumé et revendiqué. Notre “Pierre d’Or”, qui fréquente les chemins de Saint Jacques de Compostelle, est aussi un épucurien qui aime à faire partager ses goûts. En construisant de beaux immeubles et en aidant les autres, jeunes ou moins jeunes, à mieux connaître l’art contemporain, voire à le découvrir au sein même des bâtiments qu’il choisit. Voilà qui valait bien une deuxième (nous n’avons pas dit une seconde !) “Pierre d’Or”…

Pascal Bonnefille

Les nommés :

Thierry Behiels
Codic France

Philip B. Gaillard
HRO France

Tom Stauber
HRO France

Jean-Frédéric Heinry
Altarea Cogedim Entreprise

Philippe Journo
Compagnie de Phalsbourg

Conseils

Eric Beray

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Les “Erics” en haut de l’affiche

A la tête de l’équipe en charge des grandes transactions en Ile-de-France chez BNP Paribas Real Estate Transaction France, Eric Beray et Eric Siesse forment un tandem d’une rare efficacité. Alliant l’expérience, le savoir-faire, une connaissance encyclopédique des immeubles disponibles sur le marché, et en ajoutant toujours un zest de bonne humeur, ils peuvent afficher des résultats impressionnants : une vingtaine de transactions bouclées en 2016, dont la plupart en tant que conseil de la demande, pour un total de près de 250 000 m2 commercialisés et, au final, un record en terme de chiffre d’affaires. Des résultats qui méritaient bien une “Pierre d’Or”…

Les “Eric’s”, même certains de leurs clients les appellent ainsi : Eric Beray et Eric Siesse dirigent chez BNP Paribas Real Estate Transaction France, l’équipe chargée des transactions de plus de 5 000 m2 en Ile-de-France, ainsi que les grandes ventes à utilisateurs hors les Hauts-de-Seine et Paris. Et comme ils le disent eux-mêmes, “nous avons fait en sorte que la direction soit bicéphale”. Bien entendu, il s’agit de deux conseils aguerris : Eric Beray est entré chez Auguste-Thouard en 1994 comme négociateur petites surfaces, puis évolue vers des “fonctions de management intermédiaires”. En 2001, Unibail le recrute, mais deux ans après, il revient chez Auguste-Thouard devenu Atisreal, dans l’équipe grandes surfaces dont il prend la direction en 2008. Eric Siesse, de son côté, est recruté en 1995 par Thierry Laroue-Pont alors que le président de BNP Paribas Real Estate est responsable de l’agence chez JLL. “Il m’a transmis la passion du métier” déclare aujourd’hui Eric Siesse qui démarre comme négociateur junior, occupe différents postes de management au sein de l’agence et se voit confier la mission de redynamiser l’équipe ouest parisien et la création du bureau de La Défense. Jusqu’à ce que BNP Paribas Real Estate lui fasse une proposition, qui sera finalisée par Eric Beray. Nous sommes en 2014. Aujourd’hui, certes chacun a son terrain de prédilection : pour Eric Beray, les chiffres, budgets, études de marché… ; pour Eric Siesse, la gestion de l’équipe support, la préparation des consultations… Mais lorsqu’il s’agit de business, “pas de chasse gardée. Nous agissons en fonction de notre disponibilité, de notre savoir-faire historique ou d’une relation client”. Partageant la même assistante, ils estiment “être suffisamment complices au quotidien pour ne pas se marcher sur les pieds” et, surtout, “agir sans ego, le succès de l’un est aussi celui de l’autre”. Un mode de fonctionnement qu’ils partagent avec leur équipe de 23 collaborateurs, dont 13 consultants. “Nous sommes beaucoup dans la réussite collective” affirment-ils. Résultats : une part de marché de 30 % dans les transactions portant sur des surfaces de plus de 5 000 m2 en Ile-de-France. BNP Paribas Real Estate Transaction France a participé à 20 transactions de ce type depuis le début de l’année, pour un total de près de 250 000 m2, dont 17 en tant que conseil à la demande, représentant plus de 220 000 m2 commercialisés. Quant à la présence de la société de conseil à l’offre, il suffit de regarder les panneaux sur les immeubles franciliens pour parler de leadership. Au final, la meilleure année en terme de chiffre d’affaires. Des exemples de transaction : l’acquisition par la Française des Jeux des 25 000 m2 du “Delta” cédé par Tishman Speyer à Boulogne-Billancourt, la plus grosse vente à utilisateur de l’année ; la prise en location par WeWork de 11 600 m2 au 33, rue Lafayette, la plus grosse transaction réalisée dans le QCA en 2016 ; les 32 000 m2 de “L’Elyps” pris par la RATP à Val-de-Fontenay, l’un des plus gros clés en mains ou encore les 12 000 m2 pré commercialisés auprès d’AG2R La Mondiale dans “Vivacity”, dans le 12ème (“il nous arrive même de loger des clients investisseurs !”). Pour l’avenir, ils évoquent “un volant de demande exprimée qui se maintient à un bon niveau, que ce soit en nombre de demandes comme en volume” et précise avoir identifié “deux millions de mètres carrés de demandes pour des transferts d’ici à 2020” ou encore avoir “sept deals en cours de négociations très avancées”. De quoi satisfaire leur principale motivation : “boucler des transactions qui répondent aux besoins de nos clients”. S’ils ne partagent pas forcément les mêmes passions (Eric Beray est un amateur de théâtre, tandis qu’Eric Siesse est un fan de plongée sous-marine), ces deux conseils “sérieux sans se prendre au sérieux” avouent être épicuriens et avoir plaisir à partager un bon repas en dehors du travail. Ils pourront ainsi fêter dignement leur “Pierre d’Or”…

Thierry Mouthiez

Eric Siesse

BNP Paribas Real Estate

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Les “Erics” en haut de l’affiche

A la tête de l’équipe en charge des grandes transactions en Ile-de-France chez BNP Paribas Real Estate Transaction France, Eric Beray et Eric Siesse forment un tandem d’une rare efficacité. Alliant l’expérience, le savoir-faire, une connaissance encyclopédique des immeubles disponibles sur le marché, et en ajoutant toujours un zest de bonne humeur, ils peuvent afficher des résultats impressionnants : une vingtaine de transactions bouclées en 2016, dont la plupart en tant que conseil de la demande, pour un total de près de 250 000 m2 commercialisés et, au final, un record en terme de chiffre d’affaires. Des résultats qui méritaient bien une “Pierre d’Or”…

Les “Eric’s”, même certains de leurs clients les appellent ainsi : Eric Beray et Eric Siesse dirigent chez BNP Paribas Real Estate Transaction France, l’équipe chargée des transactions de plus de 5 000 m2 en Ile-de-France, ainsi que les grandes ventes à utilisateurs hors les Hauts-de-Seine et Paris. Et comme ils le disent eux-mêmes, “nous avons fait en sorte que la direction soit bicéphale”. Bien entendu, il s’agit de deux conseils aguerris : Eric Beray est entré chez Auguste-Thouard en 1994 comme négociateur petites surfaces, puis évolue vers des “fonctions de management intermédiaires”. En 2001, Unibail le recrute, mais deux ans après, il revient chez Auguste-Thouard devenu Atisreal, dans l’équipe grandes surfaces dont il prend la direction en 2008. Eric Siesse, de son côté, est recruté en 1995 par Thierry Laroue-Pont alors que le président de BNP Paribas Real Estate est responsable de l’agence chez JLL. “Il m’a transmis la passion du métier” déclare aujourd’hui Eric Siesse qui démarre comme négociateur junior, occupe différents postes de management au sein de l’agence et se voit confier la mission de redynamiser l’équipe ouest parisien et la création du bureau de La Défense. Jusqu’à ce que BNP Paribas Real Estate lui fasse une proposition, qui sera finalisée par Eric Beray. Nous sommes en 2014. Aujourd’hui, certes chacun a son terrain de prédilection : pour Eric Beray, les chiffres, budgets, études de marché… ; pour Eric Siesse, la gestion de l’équipe support, la préparation des consultations… Mais lorsqu’il s’agit de business, “pas de chasse gardée. Nous agissons en fonction de notre disponibilité, de notre savoir-faire historique ou d’une relation client”. Partageant la même assistante, ils estiment “être suffisamment complices au quotidien pour ne pas se marcher sur les pieds” et, surtout, “agir sans ego, le succès de l’un est aussi celui de l’autre”. Un mode de fonctionnement qu’ils partagent avec leur équipe de 23 collaborateurs, dont 13 consultants. “Nous sommes beaucoup dans la réussite collective” affirment-ils. Résultats : une part de marché de 30 % dans les transactions portant sur des surfaces de plus de 5 000 m2 en Ile-de-France. BNP Paribas Real Estate Transaction France a participé à 20 transactions de ce type depuis le début de l’année, pour un total de près de 250 000 m2, dont 17 en tant que conseil à la demande, représentant plus de 220 000 m2 commercialisés. Quant à la présence de la société de conseil à l’offre, il suffit de regarder les panneaux sur les immeubles franciliens pour parler de leadership. Au final, la meilleure année en terme de chiffre d’affaires. Des exemples de transaction : l’acquisition par la Française des Jeux des 25 000 m2 du “Delta” cédé par Tishman Speyer à Boulogne-Billancourt, la plus grosse vente à utilisateur de l’année ; la prise en location par WeWork de 11 600 m2 au 33, rue Lafayette, la plus grosse transaction réalisée dans le QCA en 2016 ; les 32 000 m2 de “L’Elyps” pris par la RATP à Val-de-Fontenay, l’un des plus gros clés en mains ou encore les 12 000 m2 pré commercialisés auprès d’AG2R La Mondiale dans “Vivacity”, dans le 12ème (“il nous arrive même de loger des clients investisseurs !”). Pour l’avenir, ils évoquent “un volant de demande exprimée qui se maintient à un bon niveau, que ce soit en nombre de demandes comme en volume” et précise avoir identifié “deux millions de mètres carrés de demandes pour des transferts d’ici à 2020” ou encore avoir “sept deals en cours de négociations très avancées”. De quoi satisfaire leur principale motivation : “boucler des transactions qui répondent aux besoins de nos clients”. S’ils ne partagent pas forcément les mêmes passions (Eric Beray est un amateur de théâtre, tandis qu’Eric Siesse est un fan de plongée sous-marine), ces deux conseils “sérieux sans se prendre au sérieux” avouent être épicuriens et avoir plaisir à partager un bon repas en dehors du travail. Ils pourront ainsi fêter dignement leur “Pierre d’Or”…

Thierry Mouthiez

Les nommés :

Stephan von Barczy
JLL

Sébastien Martyn
Strategies and Corp

Arnaud de Sordi
Catella Property

Nicolas Verdillon
CBRE

Asset, Porperty, Facility Managers

Marc Bertrand

La Française

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Humaniste lucide

L’année 2016 a été très favorable pour La Française Real Estate Management (abréviée, en interne, en “La Française Rem”).

Pour ne retenir qu’un chiffre, prenons les quelque deux milliards d’euros collectés de la plate-forme internationale (dont 800 millions en France). Et pour son président, Marc Bertrand, la structure a bénéficié de deux facteurs essentiels : “le premier élément marquant est le déploiement, dorénavant complet, de notre équipe. Et c’est ma plus grande satisfaction. Tous les investissements que nous avons réalisés ces dernières années, notamment dans la constitution de cette équipe européenne, finissent ainsi par nous récompenser. Les chiffres sont là” explique en premier lieu ce quadragénaire toujours souriant. “Alors bien sûr, des vents favorables, conjoncturels, ont soufflé sur les voiles immobilières cette année. Mais je retiens surtout ce que notre équipe a su en faire”. Humaniste ? Il ne le déclare pas de but en blanc, ne s’en vante pas, mais ses propos mettent bien en avant les hommes et les femmes qui constituent La Française. “Notre équipe a fonctionné. Les collaborateurs sont à leur place et ont plaisir à travailler. Cette réussite n’a donc rien d’un feu de paille : 90 % de notre travail se fait avec l’humain. Nous vendons du service et comme dans tous les métiers de ce type, la confiance est essentielle”. Humaniste et lucide, donc. “J’ai eu de la chance professionnellement” estime ce père de deux filles lorsqu’on évoque son parcours professionnel. “Cette chance, qui d’ailleurs passe à un moment dans la vie devant tout le monde, il faut savoir la prendre”. Et cette chance, ce naturaliste “très averti” – “la biodiversité urbaine, notamment, me passionne” – l’a saisie il y a maintenant 17 ans. “Mon parcours est assez rectiligne” explique-t-il, tout en riant ! Edhec, il commence en tant que contrôleur de gestion au sein des assurances du Gan, le premier janvier 1994 : “une époque où l’immobilier était encore assez peu prisé. D’autant que les formations à cette discipline étaient encore trop peu nombreuses, voire inexistantes : donc on y tombait un peu par accident… mais on n’y restait pas par accident !”. Et puis, au bout de cinq ans, peut-être l’envie de voir ailleurs, l’opportunité aussi, notre lauréat rejoint l’UFG en tant que responsable du contrôle de gestion. Premier janvier 1999 : sa chance ! Car on connaît la croissance de cette structure qui fusionnera avec LFP pour fonder le géant La Française. Et le chiffre que notre humaniste met en avant ? “Nous étions 60 lorsque je suis entré chez UFG. Nous sommes aujourd’hui, au sein de La Française (toutes équipes confondues, ndlr), près de 600”. Il devient ensuite directeur financier, “mais du fait de notre modeste taille, j’étais DAF (directeur administratif et financier, ndlr) et responsable financier des fonds”. Deux casquettes – ou deux toques, pour plaire à cet épicurien qui aime cuisiner – qu’il cumule jusqu’à la fusion UFG-LFP. “Une des meilleures intuitions que j’ai eue a probablement été de dire à mon patron de l’époque que cette dualité n’est pas jouable indéfiniment”. Et parce qu’il abhorre l’expression “la curiosité est un vilain défaut” – “la pire des bêtises que l’on puisse dire à un enfant !” –, il occupe d’abord le poste de DAF… avant de retourner à ses premières amours, l’immobilier. Il prend alors la co-direction générale de La Française Rem, avec Jean-Marc Coly pendant 7 ans, jusqu’au départ de ce dernier, il y a trois ans. “Au final, cela fait 17 ans que je suis dans la même maison, à ne jamais faire la même chose” résume-t-il, non sans nostalgie : “17 ans, c’est une période tout de même ! Quand on regarde en arrière, cette idée de défilement irréversible du temps donne une sensation vertigineuse”. Mais sans regret. Car Marc Bertrand n’est pas un nostalgique : “j’ai plutôt l’impression de voir passer ces choses-là avec un étonnement méditatif” explique-t-il amusé et un brin rêveur. Pour lui, l’esprit “start-up” – toujours vouloir tout réinventer – ne colle pas dans la durée : “le plus grand challenge dans les équipes, c’est de pouvoir amener tout le monde. Tout cela se construit dans la durée, avec l’entourage. Et ils sont nombreux à avoir suivi l’aventure chez La Française. Oui, on fait du neuf avec du vieux, mais surtout avec de l’expérience. Et toute la noblesse du métier de management, c’est bien de pousser les gens sans les faire tomber”.

Jean-Baptiste Favier

Les nommés :

Frédéric Bôl
Swiss Life France

Valérie Britay
Gecina

Sigrid Duhamel
BNP Paribas Real Estate Investment Management France

Alban Liss
DTZ Investors

Utilisateurs

Patrick Nelson

Wework

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“Millenial” attitude

Le Vieux Continent a pris pour habitude de regarder avec la plus grande méfiance les innovations de ses cousins d’outre-Atlantique.

Une petite manie qui, par définition, sied bien à son surnom. Le monde du travail n’a pas été épargné : management, organisation des espaces… jusqu’au récent “co-working”. Un phénomène banalisé désormais aux Etats-Unis, et qui connaît même ses petites révolutions, dont WeWork est le fer de lance : réinventer un marché déjà disrupté. Avec près d’une centaine d’implantations à travers le monde – majoritairement “à domicile” et dans les pays anglo-saxons – la maison fondée en 2010 par deux “millennials”, Adam Neumann et Miguel McKelvey, débarque en France. C’est en mai dernier qu’est annoncée l’ouverture – on parle de l’été 2017 – du premier WeWork de France, au 33, rue Lafayette, dans le 9ème. Une installation, orchestrée par son directeur immobilier Europe, Patrick Nelson, qui participe à une stratégie de développement mondial accélérée. En effet, le groupe annonce, début janvier, une première implantation en Allemagne, à Berlin – la centième du groupe ; puis en même temps que l’annonce du site parisien, c’est sur Séoul, en Corée du Sud, que WeWork jette son dévolu. Quelques mois plus tard, ouvre le premier espace d’Amérique Latine, à Mexico. Fin 2016, c’est à Buenos Aires, en Argentine, que le groupe annonce poser pied. Fidèle à son mode de fonctionnement basé sur le “leasing”, WeWork signe un bail ferme de 12 ans avec Deka Immobilien pour les 11 000 m2 de bureaux de cet ensemble parisien : “un immeuble Art déco disposant d’un hall central avec verrière et de nombreuses terrasses. Idéalement situé, ce bâtiment offre une vue imprenable sur Pigalle et le quartier Saint-Georges” décrit WeWork sur son site internet. Un choix d’immeuble assumé par le groupe, qui cherche toujours pour ses implantations des ensembles emblématiques, beaux, dans des quartiers très dominés par les acteurs de la nouvelle économie, très friands de ce type d’espaces de travail. Oui, même les sociétés issues des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) ont un côté grégaire. Et sur le quartier, pas de fausse note non plus de ce côté là : tous les conseils de la place parisienne estiment que le triangle Saint-Lazare/Opéra/Sentier concentre les poids lourd de la nouvelle économie. “La France est un pays de référence en ce qui concerne la culture, l’art et la mode. C’est aussi le berceau de nombreuses entreprises au rayonnement international dans tous types de secteurs comme l’hôtellerie-restauration, l’énergie et les nouvelles technologies” fait valoir WeWork, qui affiche ses ambitions pour ses clients potentiels : “notre vision est de soutenir cette communauté (de start-ups, multinationales et entrepreneurs moteurs d’innovation) et cet esprit avant-gardiste français en offrant à ces entreprises un espace de travail au design incomparable, un réseau de plus de 55 000 membres et des services dédiés qui leur permettront de créer l’oeuvre de leur vie”. Tout un programme ! Et c’est cet esprit fédérateur qu’a souhaité mettre en avant WeWork pour se différencier de la concurrence. Bien plus qu’une simple location temporaire d’espaces de travail, l’idée est de fédérer par des événements notamment, et de fidéliser ainsi les utilisateurs ; tout en leur proposant, par exemple, des services gratuits, là où la concurrence les fait payer : le wifi bien sûr, mais aussi l’utilisation de l’imprimante et du téléphone, les boissons à volonté, l’accès à tous les espaces WeWork dans le monde. Une application smartphone permet ainsi de réserver un espace, voir les disponibilités, répondre aux événements, mais surtout de se créer un réseau de clients, de poser des questions “business” à la communauté… pour peu qu’on s’aquitte des 45 dollars par mois ! Fort de ce concept de réseau soudé et fidèle, le groupe voit plus loin : si nous travaillons ensemble, pourquoi pas habiter ensemble ? WeLive propose ainsi des espaces de “coliving” : des appartements entièrement meublés, au confort basique et “sans bail contraignant”, renouvelable d’un mois à l’autre, avec des espaces communs. Le concept est en cours de test, depuis le début de l’année, à New-York. Et Adam Neumann voit plus grand : il aurait déclaré à ses actionnaires que WeLive pourrait rapidement représenter la moitié du chiffre d’affaires du groupe. Alors, bientôt une nomination aux “Trophées Logement et Territoires” ?

Jean-Baptiste Favier

Les nommés :

Rémi Babinet
BETC

Sylviane Le Carré
BNP Paribas

Francis Morel
Les Echos - Le Parisien

Benoît Quignon
SNCF Immobilier

Green & Innovations

Jean-Paul Viguier

Jean-Paul Viguier et Associés, Architecture et Urbanisme

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Ordre, calme et créativité

L’ubiquiste Jean-Paul Viguier dirige un cabinet de 130 personnes à Paris, de 13 nationalités différentes, rue du Champ de l’Alouette (on ne l’invente pas !), dans le 13ème arrondissement de Paris. Son agence d’architecture et d’urbanisme travaille pour le monde entier. Le rencontrer chez lui est une invitation au voyage. Tout est ordre, calme et créativité.

Dès l’entrée, deux fauteuils dessinés par Le Corbusier et l’édition du jour du “New York Times” accueillent le visiteur. Deux indications pour un itinéraire singulier. Commencé il y a quarante ans, le parcours de ce fils d’un architecte toulousain n’est pas celui d’un “petit chose” provincial, le chemin qu’un petit poucet aurait semé de cailloux blancs mais, un peu partout sur la planète, de véritables totems de l’architecture contemporaine. Tout commence dans les années 1970, passées à se faire un nom dans le développement des villes nouvelles de la région parisienne, puis à apprendre à se placer dans les grands concours des années Mitterrand, celui de l’Opéra Bastille (premier prix du jury), puis celui de l’Arche de La Défense (premier prix ex-aequo pour le projet Tête Défense). Suivra une décennie de cohabitation entre bâtiments du patrimoine et immeubles résolument modernes : la médiathèque de Reims, l’aménagement du site du Pont du Gard, le pavillon de la France à l’exposition universelle de Séville en 1992, pour clore cette seconde période. Puis vint le changement de millénaire et, pendant la dernière vingtaine d’années, les talents de Jean-Paul Viguier s’exprimeront dans un paysage aux dimensions planétaires. Le parc André Citroën, à Paris, les jardins du Muséum d’Histoire Naturelle, à Toulouse ou ceux du McNay Museum of Modern Art de San Antonio. Des paysages “all over the world”, qu’il parsème de tours majestueuses : l’hôtel Sofitel Water Tower de Chicago, “Cœur Défense” ou, plus récemment, la tour Majunga livrée en 2014 à La Défense. Un cheminement continu et magistral, fondé sur cette “modernité contextuelle” qu’il revendique et qui consiste à “prendre un lieu pour ce qu’il est et contribuer à son futur”. Pourtant, “je ne crois pas à l’architecte maître du monde, qui perpétuerait une certaine aristocratie des Beaux Arts. Ma posture, si j’en ai une, c’est celle de la transformation de la ville. C’est l’anti table rase. Chaque lieu habité a un contexte particulier. Une histoire. Une des dimensions de la crise des comportements tient, sans doute, au manque de lien entre le passé et la modernité”. Sur son bureau, un ouvrage de l’anthropologue américain Edward T. Hall, qui enseigna à Harvard “La dimension cachée” (titre sous lequel le résumé de son cours a été publié en France), cette distance physique que gardent les individus qui se croisent dans la grande ville et qui varient selon les peuples, les époques et les milieux sociaux. Une leçon qui vient de loin. Dès 1968, en effet, contrariés de recevoir leur titre de DPLG sans avoir à le soutenir, Jean-Paul Viguier et quelques camarades ont tout simplement refondé un embryon d’école d’architecture, l’UP5 installé au Grand Palais, dont il sortira dûment diplômé en 1970 ! Deux sommités avaient cautionné ce coup de force : Jean Bossu, dernier proche de Le Corbusier et Georges-Henri Pingasson, l’auteur du Latitude 43 de Saint-Tropez. “Du premier, j’ai retenu la pensée rugueuse ; du second, la sophistication proustienne”. Il partira compléter sa formation d’urbaniste à Harvard, puis accomplira ses premiers pas professionnels à New York. Elégance et fidélité du grand professionnel qui n’a plus rien à prouver et ne cache rien de ce qu’il doit à ses maîtres. Qualité qui lui permettent aujourd’hui de travailler le “Green et l’Innovation” sans perdre ses fondamentaux. “Eiffage Immobilier et Woodeum, avec lesquels nous avons remporté le projet de tour en bois commandé par l’EPA Bordeaux Euratlantique, partagent avec moi l’idée que la modernité c’est de faire du bois un matériau normal. Je fais de l’architecture et je prends le bois pour ce qu’il sait faire de mieux ; ce ne doit pas devenir un matériau idéologique”. La tour Hyperion qui sera livrée en 2018, 82 logements sur 18 niveaux, sera la plus haute tour en bois en France. Une “Pierre d’Or” qui s’imposait…

Brice Lefranc

Les nommés :

Brigitte Cachon
Gecina

Valérie Petitbon
Bouygues Immobilier

Guillaume Poitrinal
Woodeum

Philippe Zivkovic
Woodeum

Pierre-Emmanuel Sauvage
Aliuta

Jeunes Talents

Amaury Sechaud

Bouygues Bâtiment Ile-de-France

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L’immobilier, tout l’immobilier

A 30 ans, Amaury Sechaud a déjà travaillé sur les différentes étapes de la chaîne immobilière : de la promotion en immobilier d’entreprise à la promotion de logements en passant par l’exploitation maintenance sur un partenariat public-privé (PPP) où il était en charge des travaux modificatifs demandés par le client et leurs incidences contractuelles et financières.

Depuis mars 2014, il effectue du développement immobilier pour le constructeur Bouygues Bâtiment IDF/Rénovation privée. Attiré depuis le lycée par l’économie, ce montpelliérain grand amateur de kitesurf, fait cependant un bac scientifique, puis enchaîne avec une Prépa HEC option scientifique à Nîmes. A l’issue de ces deux années au lycée Emmanuel d’Alzon, il saisit l’occasion de “sécuriser sa sortie” en déposant un dossier de candidature à HEC Montréal (Canada). Il y passera “les plus belles années” de sa vie, reconnaît-il. “L’esprit universitaire nord américain me faisait rêver. La vie est facile là-bas”. Comme bon nombre d’étudiants, il travaille durant ses études. Il participe notamment au Festival international Juste pour rire de Montréal : deux mois à préparer les 30 jours de spectacles. Il se voit confier la responsabilité de la billetterie de dernière minute, avec mission de maximiser le taux d’occupation des salles de spectacles et les recettes des 30 salles réquisitionnées pour le festival. Cette expérience lui apprend à être chef de projet. Il achève son cursus à Montréal en 2009, en pleine crise financière, lui qui avait choisi l’option Finance. “C’est l’environnement extérieur qui a déterminé mes premiers emplois”, reconnaît-il. De retour en France, un stage de six mois chez Bouygues Immobilier à Montpellier lui met “le pied à l’étrier”. Il découvre alors le monde de la promotion et de l’immobilier d’entreprise : étude de marché, prospection financière, étude de faisabilité, bilan financier… “Ce qui m’a plu, c’est la diversité des tâches et le côté concret”. Pourtant, avec une mère dans le logement social et un père promoteur, Amaury Sechaud a reçu une éducation quelque peu influencée question immobilier. Il aurait même pu choisir de devenir architecte. “C’est un métier qui m’a toujours plus. J’aime bien travailler avec eux. C’est le visuel qui m’attire. Mais ils sont souvent contraints, surtout en logement”. Il poursuit sa découverte du métier de promoteur chez Cogim, à Montpellier. Durant deux années, il participe, en tant que responsable programme junior logement, à la livraison d’opérations, au montage et au développement. Puis il rejoint Bouygues Energies & Services FM à Paris. Au bout de 18 mois, il intègre Bouygues Bâtiment IDF/Rénovation privée. Depuis mars 2014, il est en charge du développement immobilier pour le constructeur. “Ma mission consiste à identifier les actifs, piloter les faisabilités avec les équipes internes, et une fois le dossier monté, compiler les informations et rendre au client un dossier avec une faisabilité et un coût de travaux correspondant. Cette recherche, qui porte sur des actifs de bureaux ou des hôtels de plus de 2000 m2 et nécessitant des travaux de rénovation, se fait soit par des concours de type Réinventer Paris où nous accompagnons des maîtres d’ouvrages, soit de gré à gré, en accompagnant un promoteur qui étudie la restructuration d’un immeuble, soit directement avec le propriétaire qui veut aller vite et éviter un appel d’offres. Convaincu que la rénovation dans une ville comme Paris aura toujours sa place, il déplore toutefois les surrenchères à l’achat des investisseurs qui “laissent de moins en moins de place au budget travaux. Trouver des solutions pour construire plus vite et moins cher, c’est le défi de demain. Un paradoxe dans un marché de rénovation où chaque projet est unique et où l’industrialisation est d’autant plus difficile”. Toujours avide de savoir, Amaury Sechaud a suivi les cours du soir du DESup Immobilier d’Entreprise de la Sorbonne, “un pré-requis” pour la Rics dont il est membre depuis mars 2016. “Ces cours m’ont ouvert l’esprit. L’immobilier est une association de métiers sur la chaîne d’un projet. Certains métiers comme l’investissement ou l’asset pourraient m’intéresser à l’avenir”. Pour autant, il reconnaît aussi être tenté par un retour dans le logement, “un secteur passionnant où les projets ont plus de créativité”. Qu’on se le dise…

Anne Peyret

Les nommés :

Charlotte Bouttier
Aviva Investors Real Estate France

Anne-Lise Deloron-Rocard
Plan Bâtiment Durable

Guillaume Roset
Redevco

Blandine Trotot
BNP Paribas Real Estate

Programmes

La Poste du Louvre (Paris 2ème)

Poste Immo - Architecte : Dominique Perrault Architecture

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Le Louvre de Perrault

Nombre de Parisiens ont, un soir, couru vers elle avant que ne résonnent les 12 coups de minuit. Mais aujourd’hui la poste du 52, rue du Louvre est fermée pour travaux. Entré dans le patrimoine du groupe La Poste dès la pose de la première pierre en 1880, le bâtiment opère, en effet, sa transformation. Et quelle transformation que ce projet, plébiscité par les connectés à ”Immoweek” qui lui ont décerné la “Pierre d’Or Programmes 2017” ! Cet ensemble de 35 000 m2 fut voulu par le ministère de l’Industrie pour la distribution et le traitement du courrier dans le centre de Paris. Une commande à laquelle l’architecte Julien Guadet répondit en dessinant, sur une parcelle de 8 000 m2, un bâtiment très “Troisième République”. Un véritable îlot est créé, qui perd, au fil des siècles, peu à peu de son usage. “Depuis plusieurs décennies, ce bâtiment se vidait de ses occupants et, en 2011, près de deux tiers des surfaces étaient vacantes : les lieux liés aux activités historiques de la poste, les logements dédiés aux personnels étaient désaffectés, vidant progressivement cet ouvrage de sa substance” rappelle Charles Axel Vaqué, chef de projet Poste Immo sur l’opération de la Poste du Louvre. Dénaturé de l’intégralité de son activité postale avec la réindustrialisation du groupe qui voit l’externalisation de l’activité hors de Paris, le lieu devient donc insuffisamment employé. La Poste est propriétaire d’un ouvrage immense, un “bout de ville”, “dans son jus”, obsolète en termes technique et d’usage. Un monument d’architecture auquel le groupe décide d’offrir une autre histoire : “le souhait est d’accueillir, de nouveau, dans un ouvrage modernisé, des activités de la poste et de la logistique urbaine, en intégrant d’autres activités” précise le responsable. Une restructuration lourde pour laquelle le groupe recherche les composantes programmatiques qui permettront de financer les quelque 140 millions d’euros d’investissements nécessaires. “Nous avons évidemment réfléchi aux aspects financiers du projet” souligne Charles-Axel Vaqué, “mais aussi veillé à ce que cette transformation de ce lieu si présent dans l’image et la vie des Parisiens soit un compromis entre la recherche d’une rentabilité de l’opération, les exigences des acteurs impliqués et la volonté de rendre service aux Parisiens et au quartier”. Pour redonner vie à ce vaisseau amiral, le faire entrer dans une modernité tout en préservant son histoire, il fallait donc un grand architecte : ce sera Dominique Perrault. “Ce bâtiment”, explique-t-il, “qui a subi de violentes transformations (toit incendié, construction de parkings en mezzanine), se prête aujourd’hui à cette nouvelle vie voulue par La Poste comme ouverte sur la ville et le quartier. L’ensemble apparaissait comme une forteresse ; nous l’avons imaginé traversé, accessible en son centre par des passages couverts comme il en existe déjà dans les 1er et 2ème arrondissements”. Un lieu ouvert, et plus accessible à tous : “nous avons voulu la diversité, la mixité des usages : l’idée est de réhabiliter l’activité postale, de la rendre plus fonctionnelle et de rendre ce bâtiment vivant 24 h sur 24”. L’ouverture en rez-de-chaussée permettra ainsi d’offrir une grande place urbaine animée, autour de laquelle s’organisent les diverses activités et commerces. La programmation prévoit 10 000 m2 réservés à la poste (bureau de poste, carré pro, distribution de courrier, logistique urbaine) et 1 000 m2 de logements sociaux (17 lots) gérés par Toit et Joie. Poumon économique de l’opération, 10 000 m2 de surfaces de bureaux sur 8 lots, ouverts à des tiers externes, 3 000 m2 de commerces en pieds d’immeubles, 300 m2 de “co-working”, une halte garderie, ainsi qu’un commissariat de police. Un hôtel cinq étoiles (Le Grand Hôtel des Postes) et deux restaurants (l’un sera le “Madame Rêve”) verront le jour, confiés à un trio : Elegancia Hotels pour l’hébergement, Laurent Taieb, fondateur du Kong pour les espaces de restauration et Novaxia, pour la partie suivi de la réalisation des travaux. “L’hôtel et le restaurant que nous allons créer”, explique Joachim Azan, président de Novaxia, contribueront à apporter de la vie à ce site d’exception. La Poste souhaitait que le bâtiment retrouve une âme et conserve la mémoire des lieux. Nous y participerons”. L’ensemble des travaux a été confié à Bouygues Bâtiment Ile-de-France ; l’organisation de la maîtrise d’ouvrage se fait avec l’accompagnement de Grahal, Setec Bâtiment et JLL. La livraison de la Poste du Louvre, qui vise par ailleurs (et c’est une 1ère mondiale) quatre certifications environnementales (Leed, BREEAM, Cerqual et HQE), est prévue pour mi-2019. A temps, promet Dominique Perrault “pour admirer, le 14 juillet, les feux d’artifices du haut de cette belle terrasse végétalisée qui dominera Paris”.

Catherine Bocquet

Les nommés :

“Aquarel” (Issy-les-Moulineaux)
Sefri Cime / AXA Investment Managers - Architectes : Loci Anima et Arte Charpentier

“Kosmo” (Neuilly-sur-Seine)
Altarea Cogedim - Architecte : 2/3/4 Architecture

“Silex 1 et 2” (Lyon)
Foncière des Régions - Architectes : MA Architectes et Arte Charpentier

Tours Duo (Paris 13ème)
Ivanhoé Cambridge / Hines - Architecte : Atelier Jean Nouvel

Édito
par Thierry Mouthiez

le 10/12/2018

Attentifs !

Les marchés du secteur de l’immobilier d’entreprise se portent bien. Il n’était qu’à voir, la semaine dernière, la fréquentation des allées du Simi pour s’en convaincre et écouter les différents acteurs parler de leurs négociations en cours pour comprendre que la fin de l’année s’annonce, une fois encore, chargée.

C’est vrai pour l’investissement comme pour le locatif. A ce propos, dans une étude sur le « marché locatif en Ile-de-France », Savills souligne, à propos des valeurs locatives que, « dans le QCA, le loyer moyen neuf est aujourd’hui estimé à 750 euros (HT, HC) du mètre carré. Cependant, sur certains immeubles, des valeurs largement supérieures à 800 euros sont ou vont être actées. Ces loyers top restent des exceptions, mais ils ont un effet psychologique majeur sur le marché. Ils devraient donc alimenter la spirale haussière au cours des prochains mois ». Et de poursuivre : « entourant le QCA, le secteur Paris Centre Ouest s’est laissé gagner par une certaine « fièvre », liée à un succès commercial grandissant et à la création d’une offre de qualité inédite : le loyer moyen neuf passe sur ce marché à 683 euros (HT, HC) du mètre carré, en progression de 23 % (la plus forte augmentation annuelle). Nouveauté, le phénomène ne reste plus confiné à Paris »…

Reste, aujourd’hui, à savoir quel impact les évènements des dernières semaines auront sur ces marchés. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire parle de ralentissement de la croissance. Surtout, l’image de la France se trouve, une fois encore, sérieusement écornée au niveau international…

Heureusement qu’avec plus de 2,5 millions de mètres carrés commercialisés par an depuis plusieurs années et une trentaine de milliards d’euros investis, les marchés hexagonaux sont désormais aussi appréciés pour leur profondeur. Un résultat, bien sûr, de la qualité du travail des professionnels (et de leurs réalisations) qui interviennent aujourd’hui sur ces marchés. Immoweek les mettra, à nouveau, à l’honneur, le 31 janvier prochain dans le cadre des « Pierres d’Or ». D’ici là, restons attentifs !

Portrait

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