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Le palmarès des Trophées Logement & Territoires

L'édition 2018

2017

Le Professionnel de l'année

Xavier Lépine

La Française

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Un homme heureux

Il avait déjà été distingué lors de nos « Pierres d’Or », en 2015, dans la catégorie « Professionnel de l’Année ». Aujourd’hui, c’est dans cette même catégorie que les lecteurs d’Immoweek l’ont élu aux « Trophées Logement et Territoires ». Xavier Lépine, un grand patron, attentif aux évolutions économiques et sociologiques de l’Hexagone, adepte de l’analyse systémique, méritait bien une telle distinction.

Les bureaux de La Française, à l’angle du boulevard Raspail et de la rue Vavin, ont beau suivre la grande mode du « flex office », on reconnaît tout de suite les salles plébiscitées par notre lauréat : la décoration tourne toujours autour de la musique et des guitares ! Et le président de La Française aime à parler « 6 cordes », avant même d’évoquer le « business ». Une passion qui lui donne souvent l’occasion de faire des concerts avec quelques passionnés, collègues ou « externes ». Mais trêve de bavardages. S’il doit résumer l’année du groupe en matière de logement, pour lui il n’y a pas d’équivoque possible : « 2018 a vu la première levée de fonds de notre dispositif de propriété à vie ». Reconnaissons-lui le talent pour les phrases « punchy ». Et la pédagogie pour l’expliquer : « nous sommes partis de plusieurs constats des mutations moderne de la vie (urbanisation, monoparentalité, allongement de la durée de vie…) pour remettre en cause le modèle même de l’habitation : dans son mode de détention, dans sa transmission, mais aussi dans la configuration du logement. Nous proposons ainsi une sorte de crédit-bail, ou d’emphytéose, qui permet d’acheter à moindre coût son logement – auprès de notre foncière privée et non cotée. On parle là d’une décote de 30 % tout de même. Et ce bien, on le conserve au maximum 50 ans, date de fin du contrat, ou jusqu’à la fin de sa vie, mais sans pouvoir le transmettre à ses enfants, puisqu’il redevient ensuite la propriété de la foncière ». Le style, ici, est bien sûr résumé, car notre nommé prend le temps d’expliquer tous les tenants et aboutissants de la démarche, et anticipe toutes les éventuelles « questions pièges » que pourrait soulever le dispositif : et si je veux revendre mon logement plus tôt ? Aucun problème, « la foncière le rachète au prorata des années passées dans le logement. Au final, l’utilisateur est gagnant ».

Il tire de cette « trouvaille » une très grande satisfaction : « je suis un homme heureux, heureux d’avoir trouvé une solution innovante pour resolvabiliser une grande partie des ménages français ». Après une première phase de test concluante sur une opération dans le Nord, il compte bien, à terme, proposer ce dispositif pour tous les logements du groupe, notamment au sein des trois opérations remportées dans le cadre de l’appel d’offres « Inventons la Métropole du Grand Paris 2 » : « la gentrification des nouveaux quartiers sera limitée, car ce procédé de détention provisoire rend accessible des logements que de nombreux foyers, et pas forcément modestes, n’auraient pas pu se payer ».

Mais ce n’est pas le seul succès de l’année. « XL » – comme ses collaborateurs l’appellent en « off » – sait aussi rassembler : à la tête d’un groupe de travail de l’association Paris Capitale Economique, réunissant de nombreux professionnels du secteur, il a porté nombre de propositions pour créer un « choc d’offre » résidentielle, notamment dans les zones tendues. Et pour cela, une solution déjà éprouvée par de nombreux acteurs du secteur et qui se heurte souvent à des freins économiques et bureaucratiques : la transformation de bureaux en logement, un sujet figurant dans la loi Elan. Nombre de propositions visent à lever ces freins : une déclaration préalable de travaux plutôt qu’un permis de construire, ouvrir leur fiscalité au régime de construction du neuf, facilité des congés donnés aux locataires… « Travailler avec un gouvernement, ce n’est pas évident, mais c’est un grand moment de plaisir » résume-t-il. Et si on ressent une pointe de déception quand il avoue que toutes les propositions n’ont pas été reprises – « nous avons résolu l’équation économique avec les propositions reprises dans la loi Elan, pas l’équation politique » -, il ne baisse pas les bras pour autant : « nous préparons d’autres systèmes innovants pour le logement, mais je les garde pour l’année prochaine ». On les attend !

Les nommés :

Viviane Chaine-Ribeiro
Action Logement Immobilier

Benoit Quignon
SNCF Immobilier

Johanna Rolland
Mairie de Nantes

Prix Spécial du Jury

Emmanuelle Cosse

Ancienne ministre du Logement

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Militante du Logement

La fiche Wikipédia décrit notre « Trophée » par trois qualificatifs : « militante associative, journaliste et femme politique ».

Bon résumé d’une vie à laquelle Emmanuelle Cosse répond : « aujourd’hui, je suis une militante du Logement ». L’ancienne ministre reste, en effet, très présente sur ce sujet et son implication passée et actuelle explique ce choix — unanime — du Jury des « Trophées Logement & Territoires ». Car chacun s’accorde à reconnaître à cette femme passionnée, mais sans excès d’autoritarisme, son goût du travail, son sens du contact, son intérêt au dialogue… et son sourire qui ajoute au plaisir que beaucoup de professionnels ont eu de travailler avec elle.

En deux mots, rappelons son parcours qui commence tôt car elle est militante très jeune (les archives du Club Dorothée — on salue les fans au passage — conservent trace de son intervention en 1990 avec une mèche de cheveux très « mode » pour présenter les revendications des lycéens). Elle s’engage en 1992 à Act Up-Paris, mouvement dont elle deviendra, sept ans plus tard, la présidente. Puis viendra le temps du journalisme à « Têtu », puis à « Regards ». Elle rentre dans le monde politique, côté « Verts » et devient, en 2010, vice-présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France chargée du Logement. Elle y fait ses premières armes et découvre, à la fois, les charmes de l’action politique… et tout l’intérêt du secteur (« je rappelle toujours que derrière certaines questions techniques, on parle de la vie quotidienne de millions de personnes ! » souligne-t-elle). En 2013, elle devient secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts… et, en 2016, à 41 ans, la voici ministre du Logement et de l’Habitat Durable dans le gouvernement de Manuel Valls. Succédant à Sylvia Pinel, plus effacée en ces matières, elle va véritablement « conquérir les coeurs » de beaucoup d’acteurs du secteur, qui ne faisaient pas tous partie, au début, de son « fan club ».

« J’ai adoré être ministre » pose-t-elle d’emblée, avec une franchise qui lui ressemble. « Etre ministre, c’est porter des politiques publiques au service de l’intérêt général et c’est passionnant ». Quand on s’étonne du contraste militante/ministre, elle répond du tac au tac : « je n’ai jamais oublié d’où je venais, mais ce sont des fonctions différentes. Même le protocole et ce qu’on peut appeler les mondanités ont parfois leur intérêt : rencontrer, convaincre, dialoguer… Mais si vous ne faites pas cela par plaisir, c’est insupportable ! Car quand vous êtes ministre, vous vous faites engueuler toute la journée ! ».

Sur son aspect, souligné par tous, de « bosseuse », elle acquise :  » c’est vrai, j’aime beaucoup travailler. Et quand on devient ministre, on découvre la chance d’être entouré de collaborateurs qui vous aident énormément dans votre tâche et dans la prise de décision. Avec mon équipe de 15 personnes, nous avons pu terminer des chantiers déjà ouverts (comme la relance du PTZ) ou en ouvrir de nouveaux (le logement des migrants, par exemple) ». Et les soutiens politiques ? « Bien sûr, pour une ministre, ça change vraiment la donne d’être soutenue par le Premier ministre et le Président. C’était mon cas… ». Du coup, elle ne conserve même pas de mauvais souvenirs de ses rapports avec la citadelle Bercy, pourtant souvent le cauchemar des titulaires du portefeuille : « Christian Eckert [alors secrétaire d’Etat au Budget et aux Comptes Publics, Ndlr] connaissait bien la question du Logement, ça aide aussi lors des arbitrages ». D’où vient également ses excellents rapports avec tout le monde du Logement ? Notre « Trophée » répond, avec cette franchise qui est un ses charmes : « quand vous vous situez en pleine remontée de tous les indicateurs et que vous portez des bonnes nouvelles, vous avez forcément des rapports plus simples ». Mais il est vrai aussi qu’Emmanuelle Cosse aime, d’instinct, le dialogue : il faut la voir discuter de sujets techniques avec des spécialistes, elle argumente et, toujours, s’intéresse, scrute, demande, s’informe. Et peut — politique oblige — marquer son désaccord, comme elle l’a fait lors de la fameuse baisse de 5 euros des aides au logement qu’elle aurait soit-disant décidée. Même si elle ne veut pas « polémiquer », elle regrette le gâchis de cette décision (et de pas mal d’autres qui ont suivi…) et conserve « intacte sa capacité d’indignation ». Sur son avenir, l’ancienne ministre, ayant crée son entreprise de conseil, ne veut pas en dire davantage. Mais elle, qui fêtera ses 44 ans au lendemain des « Trophées », a tellement « apprécié agir dans la sphère publique » qu’on la voit mal durablement rester « en dehors du coup ». C’est tout le mal que, collectivement, on lui souhaite.

Jeunes Talents

Ariane Avossa

BNP Paribas Habitation & Hospitality

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En suivant le fil

On ne peut pas dire que chez BNP Paribas Real Estate, on ne soutient pas les siens : dès le hall d’entrée du siège social, un écran invite les salariés à voter aux « Trophées Logement et Territoires » pour Ariane Avossa, analyste immobilière chez BNP Paribas Conseil Habitation & Hospitality. La campagne se poursuit dans l’ascenseur. Une stratégie qui a fini par payer, puisqu’Ariane Avossa a remporté, grâce aux suffrages (et pas seulement ceux de BNP Paribas Real Estate), le « Trophée Logement et Territoires » dans la catégorie « Jeunes Talents ».

Jean-François Morineau, directeur général délégué de BNP Paribas Immobilier Résidentiel Ancien, et lui-même lauréat l’année dernière dans la catégorie « Conseils », met en avant les qualités de notre lauréate : « en 30 ans de carrière, j’ai très peu vu de jeunes sortir du lot comme Ariane par sa maturité et son professionnalisme ».

Originaire d’Aix-en-Provence, notre analyste de 27 ans commence une licence en Droit, avant de se diriger « assez naturellement » vers l’immobilier, sujet « auquel nous sommes tous confrontés à un moment ou un autre de nos vies » ironise-t-elle. Elle enchaîne deux expériences dans sa ville natale : un stage comme assistante en gestion locative chez Foncia Robache, puis un autre chez Foncia Pays d’Aix. Elle « monte » à Lyon, où elle obtient un Master 1 en Droit Immobilier à l’université Jean Moulin Lyon III, puis à Levallois-Perret à l’IHEDREA, où elle décroche un Master 2 Expertise Foncière, en alternance comme analyste immobilier junior chez Foncia Valorisation, à Antony. « J’ai appris les bases, avec des exercices parfois insolites, comme évaluer la valeur d’un cheptel ou d’une forêt… Ce qui m’a permis d’ajouter d’autres cordes à mon arc ». Un arc accompagné d’un carquois bien garni, puisqu’elle décroche un DESup en immobilier d’entreprise à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Et même si c’est le résidentiel en fin de compte qui l’attire, c’est « un choix [qu’elle] ne regrette pas ». Ariane Avossa entre, en 2016, chez BNP Paribas Immobilier RTC, pour une création de poste. « On a su me confier plusieurs responsabilités. Chaque année, j’encadre l’alternant et j’ai à cœur de lui transmettre ce que je sais », confie-t-elle.

A son jeune âge, elle a déjà contribué à remporter le mandat et la commercialisation de « Parc Monticellum » (14 000 m2, Paris 17ème), « le plus important dossier sur lequel j’ai travaillé, en terme de volume » ; elle s’est également penchée sur « Les Lumières » (Paris 17ème) et a remporté un appel d’offres pour la commercialisation d’une partie du patrimoine d’un « grand groupe ». Elle travaille actuellement sur un immeuble du 12ème arrondissement, « dossier d’autant plus intéressant qu’il s’agit de particuliers, qui y vivent et qui souhaiteraient continuer à détenir un appartement dans l’ensemble afin de le louer par la suite ».

Spécialisée dans la vente en bloc résidentielle, Ariane Avossa se destinait à devenir notaire, mais ce qui lui a plu d’emblée, ce sont les biens matériels, les immeubles, leurs problématiques. « Chaque immeuble est une énigme à résoudre à chaque fois. Pourquoi leur donner cette valeur ? Comment conviendra-t-elle au propriétaire ? Comment le vendre derrière ? Chaque immeuble est un défi, qui nécessite le dossier le plus complet possible, le plus soigné pour le propriétaire, afin de remporter le mandat. Chaque réussite est une fierté pour moi ». A terme, elle souhaite se spécialiser dans la vente en bloc et les métiers du conseil, avec une appétence pour le « commercial pur », surtout à l’heure des grands défis pour l’immobilier résidentiel.

Ariane Avossa tient aussi de la self-made woman : l’un de ses parents travaille également au sein de la grande maison, mais du côté bancaire, l’autre gérant une entreprise de fabrication de cartes de crédit. « Rien ne me destinait à l’immobilier ». Installée dans la vie parisienne depuis quatre ans, elle pratique la course à pied et apprécie les sorties à Paris, en particulier dans les musées qu’offre la Capitale. Là encore, elle a choisi un véritable défi : traverser deux continents pour visiter avec sa sœur le Japon, lors d’un périple de trois semaines au Pays du Soleil Levant. Banzaï !

Les nommés :

Pauline Duval
Groupe Duval

Franck Lirzin
Gecina

Robin Rivaton
Real Estech

Territoires

Geoffroy Didier

EPFIF

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Engagé pour le logement

« C’est passionnant de travailler dans un contexte international ! » s’exclame Geoffroy Didier, à peine descendu de son Thalys. C’est, sans doute, le moins connu de ses mandats, mais le secrétaire général délégué des Républicains est député européen depuis décembre 2017 : sa prédécesseuse, Constance Le Grip, a opté pour ses fonctions de députée des Hauts-de-Seine. Des journées de travail en anglais qui enthousiasment celui qui a passé quatre années aux Etats-Unis après ses études en France, et qui a décoré son bureau d’une petite statuette de Barack Obama et d’une réplique de la Maison Blanche à Washington. Après Sciences Po Paris, puis un DEA de Droit Privé à Assas, un diplôme de l’Essec, Geoffroy Didier est diplômé de la faculté de droit de l’université Columbia de New York, passe par la Harvard Law School et devient membre du cabinet Skadden, Arps, Slate, Meagher & Flom. Inscrit aux Barreaux de Paris et de New-York, il rentre en France « parce que j’ai toujours su que je voulais servir mon pays, c’est comme ça ». Quelques mois au cabinet Veil-Jourde, puis il enchaîne dans les cabinets ministériels, dont celui de Brice Hortefeux au ministère de l’Intérieur, tout en menant sa carrière politique. Aujourd’hui, « j’exerce toujours mon activité d’avocat en droit des sociétés, car je suis convaincu qu’il faut rester indépendant, et ce métier occupe environ 40 % de mon temps » précise l’élu de 42 ans. Vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France, présidé depuis 2015 par Valérie Pécresse, il est en charge de l’attractivité, du logement et de la rénovation urbaine. Pourquoi le logement ? « Je voulais m’atteler à un secteur qui soit au cœur des préoccupations des Français, même si je n’y connaissais rien. C’est un sujet fort, au carrefour des préoccupations économiques, sociétales et environnementales. Je voulais m’investir dans des dossiers très techniques et c’est un sujet qui ne souffre pas l’approximation. C’est tellement structurant et gratifiant : on voit ce qui se passe avant, pendant et après chaque décision et ce, à plus court terme que pour les transports, par exemple » explique-t-il. Un poste-clef pour qui défend la Région Métropole pour « recoudre les territoires ». Parmi les grands dossiers, celui de la construction de logements sociaux. « Contrairement à ce que certains laissent entendre, nous continuons de construire des logements sociaux car cela correspond à un véritable besoin des Franciliens. Nous avons, cependant, fait évoluer les règles pour éviter tout phénomène de ghettoïsation : 7 % des villes d’Ile-de-France concentrent, à elles seules, les deux tiers des logements ! Donc, nous ne finançons plus les villes là où il y a déjà 30 % de logements sociaux, mais nous favorisons la diversité de l’offre pour renforcer la mixité sociale, surtout dans les villes où il en manque » défend-il. L’action de la Région est aussi orientée sur la lutte contre les marchands de sommeil, « un phénomène qui gangrène notamment les zones pavillonnaires » et pour lequel il a produit un rapport détaillé, repris dans la loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (Elan). Deux autres volets importants sont consacrés à l’aide aux copropriétés dégradées et à la rénovation urbaine. « Il faut accompagner ceux qui ont fait l’effort de devenir propriétaires, mais qui ne peuvent plus faire face à leurs charges, par exemple les retraités modestes » indique Geoffroy Didier. « Au sujet de la rénovation urbaine, nous avons choisi de thématiser notre action ». Trois priorités ont été définies : la sécurité, avec le développement du gardiennage et l’installation de caméras de sécurité, le développement économique, avec l’accompagnement des commerces de proximité en pieds d’immeubles, et les équipements pour les jeunes, avec la création de crèches, gymnases… Enfin, celui qui est aussi président de l’EPFIF (Etablissement Public Foncier de la Région Ile-de-France) entend peser sur la construction et le développement urbain : « nous voulons aider les maires et les aménageurs qui doivent faire face au défi que représente l’arrivée de 60 000 nouveaux habitants chaque année. Nous avons donc fixé des objectifs de libération du foncier pour construire plus et peser sur les prix »

Les nommés :

Marie-Hélène Amiable
Maire de Bagneux

Nathalie Appéré
Mairie de Rennes

Gaël Perdriau
Maire de Saint-Etienne

Promoteurs

Paul Jarquin

REI Habitat

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Le bois est magique

Il y a des prédestinations dans la vie. Né et élevé à Montreuil, Paul Jarquin a réalisé son premier programme en bois dans la ville de Seine-Saint-Denis, où sont basés, dans une ancienne imprimerie, les bureaux de REI Habitat.

Le lauréat 2018 du « Trophée Logement & Territoires » dans la catégorie « Promoteur » salue toujours son département d’origine : « les entrepreneurs de Seine-Saint-Denis sont tous nés sous le signe du système D, pour débrouille ».

La débrouille, Paul Jarquin, 35 ans, s’y connaît : après avoir étudié en section sport-études football, il s’y prend à trois fois pour obtenir son bac. Une fois sa licence d’Economie obtenue à la Sorbonne, il se rend en Floride, où une bonne partie de sa famille réside (il est d’origine franco-nicaraguayenne) et se lance, en 2006, dans l’immobilier, avec son fonds d’investissement, Real Estate Investment (REI, déjà). Il réalise une quinzaine de « deals » à la méthode américaine, devient opérateur de logements et de restaurants, et assiste en direct à la crise financière. De son rêve américain, il garde une devise : « never give up ». Ne jamais abandonner.

Il mettra quatre ans avant d’arrêter les allers-retours réguliers en Amérique et fonder REI France (futur REI Habitat) en 2009, une inspiration née de la visite de l’exposition « Habiter écologique » au Palais de Chaillot sur le potentiel qu’abrite la construction bois, encore à l’état de prototype, dans le nord de l’Europe. « C’est le seul matériau 100 % renouvelable, abondant, notre meilleur allié contre les rejets de carbone et le réchauffement climatique ».

Son idée est d’encourager à bâtir les métropoles en bois et à être très précis sur l’origine des essences utilisées. Le groupe a des partenaires à chaque étape du processus. « On ne demande pas d’où vient le béton qu’on utilise, mais on est content de savoir d’où viennent les produits agricoles que l’on consomme. Pour nos immeubles, c’est la même chose ».

La France est très en retard en terme de construction bois par rapport à l’Europe : « la moyenne européenne est de 16 à 17 % de constructions bois ; en France, elle est seulement de 8/9 %. L’Allemagne compte 11 millions d’hectares de forêts, 7 de moins qu’en France, et 1 million d’emplois dans cette filière, soit le double de la France. Nos forêts représentent une perte commerciale de 6 milliards d’euros, lorsqu’elles sont vendues pour exploitation en Chine ». Néanmoins, la situation de la filière au sein de l’immobilier est sans comparaison avec ce qu’il en était en 2009 : « quand on voit des groupes tels que Nexity ou Icade créer une filière bois, ou des hommes d’affaires comme Guillaume Poitrinal lancer Woodeum, c’est dire le chemin parcouru ! Au Mipim 2009, avec mes brochures, je n’avais pas beaucoup de rendez-vous »…

REI Habitat a vocation à rester une petite entreprise de 15 à 20 personnes. Petite mais très « successful » : alors que le groupe a livré dix opérations depuis sa création, 14 vont sortir dans les 18 prochains mois, toutes en Ile-de-France. Un partenariat stratégique a été signé avec Icade, un lancement commercial opéré avec la Compagnie de Phalsbourg sur « Wood Up » (Paris 13ème). 2018 devrait s’achever avec 35 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Depuis 2015, REI Habitat se développe dans l’écologie et la création de communauté : « avec le réchauffement climatique, l’écologie est une question vitale ». Paul Jarquin lui-même ha- bite dans un de ses programmes. « Le nouveau luxe est un logement écologique, une bonne qualité de l’air et consommer des produits de qualité, le tout produit en économie circulaire ».

Le luxe, c’est aussi de pouvoir continuer à faire ce que l’on aime. Côté pro et côté perso. Cet ex-étudiant en sport-études, qui jouait attaquant avant qu’un problème de croissance ne le relègue au poste de milieu-gauche, conserve sa passion pour le foot. « Lorsque je vois Mbappé faire un quadruplé contre l’OL, je me demande si ce n’est pas ce que j’aurais aimé faire ». Ce fan pur et dur du PSG n’a pas à avoir de regrets : faute de recevoir le Ballon d’Or, c’est un beau « Trophée » que les pros lui décernent aujourd’hui !

Les nommés :

Joaquim Azan
Novaxia

Philippe Jossé
Altarea Cogedim

Philippe Plaza
Eiffage Immobilier

Conseils

Christophe Volle

JLL

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Mega deals

« Vesta, c’est vraiment un deal d’ampleur, un « once in a lifetime » » commente d’emblée Christophe Volle.

Si on souhaite encore au directeur du pôle résidentiel au sein du département investisse- ment de JLL de nombreuses belles opérations dans sa carrière, il faut effectivement souligner le caractère exceptionnel de celle-ci : 4 000 logements libres issus du patrimoine d’ICF Novedis, filiale de la SNCF, regroupés au sein de la foncière Vesta, acquis pour 1,4 milliard d’euros par un consortium d’investisseurs constitué d’Ampère Gestion, filiale de CDC Habi- tat, et de Swiss Life Asset Managers Real Estate France (agissant pour le compte de l’ERAFP, l’Ircantec, CDC Habitat, Swiss Life et Vonovia). Ils deviennent ainsi l’actionnaire majoritaire de la foncière, à hauteur de 80 %, le solde étant toujours détenu par ICF Novedis, qui continuera à gérer les actifs. « C’est un travail de plus de deux ans » souligne notre lauréat, pour qui le propre de son métier de conseil nécessite de bousculer parfois ses acquis et sa vision du marché. « Nous avons été interrogés en novembre 2016 et, à l’instar de nos confrères, nous avons axé notre pitch sur la dimension « corporate » que le deal pouvait revêtir. Car, au final, cette foncière se révèle un formidable outil RH pour la SNCF, permettant une meilleure mobilité de ses agents ». Fin stratège, et ça marche !

Outre Vesta, notre quadra tient aussi à rappeler les autres bonnes performances de JLL dans le résidentiel, notamment un volume de transactions de 130 millions d’euros dans les Vefa, de 200 millions d’euros dans les résidences gérées et, sur les 2 milliards d’euros de transactions (dont Vesta), 35 % sont réalisées en régions. « Nous travaillons sur toutes les typologies d’actifs, grands comme petits volumes, pour des clients privés comme de grands institutionnels ».

Mais avant d’en arriver là, il a fallu faire ses preuves : « j’ai quitté une belle maison — Ad Valorem, aujourd’hui Crédit Foncier Immobilier — pour arriver dans une autre maison de qualité, JLL, où il a fallu que je montre qu’il y a une place pour le résidentiel ». Seul au départ — nous sommes en 2011 —, l’équipe compte aujourd’hui quatre spécialistes « et elle devrait s’agrandir l’an prochain. Mais pour fonctionner correctement, il faut transmettre nos savoirs et nos process commerciaux aux métiers qui nous assistent tous les jours. Je pense à la documentation, au service de recherche et développement… Et ils sont demandeurs. Au final, cela nous a permis d’accompagner des clients en leur expliquant le marché le plus finement possible, avec des arguments solides ». Ces mots, c’est avec conviction que ce compétiteur-né les prononce, lui qui « n’aime pas perdre ». L’accompagnement des clients relève de beaucoup de pédagogie, selon cet ancien expert immobilier, qui a également passé du temps en étude et recherche. « Nous faisons beaucoup de pédagogie auprès de nouveaux entrants, notamment les investisseurs étrangers. Nous leur détaillons le marché, ses spécificités, ses forces et faiblesses. Et rien n’est plus satisfaisant que de les voir revenir vers nous avec un plan d’action paneuropéen dans lequel la France a une bonne place »…

Un esprit d’équipe qu’il définit ainsi : « nous sommes un groupe et si nous gardons nos individualités, nous fonctionnons comme une véritable société et prenons soin les uns des autres. Soudés et solidaires ». Sans pour autant être une famille. Ne pas tout mélanger ! Sa fa- mille — marié, il est père de deux garçons, de 6 ans et de 15 mois —, c’est important. Réaliste, il reconnaît que son travail lui prend du temps, « mais j’ai la chance d’avoir un patron d’origine allemande, qui accorde beaucoup d’importance au temps passé en famille ».

« Je fais un job qui me plaît. Intellectuellement enrichissant — il faut toujours penser au coup d’après —, c’est aussi la richesse des rencontres humaines qui rend nos métiers passionnants ». On comprend ainsi la confiance que lui portent ses clients et sa direction : « la reconnaissance de ses pairs, de ses supérieurs, cela fait toujours plaisir. Mais dans la vie, on fait les choses pour soi, pas pour les autres. Et si cela marche, c’est que j’aurai réussi à faire mon travail, ni plus, ni moins ». Et humble avec ça !

Les nommés :

Claude Cayla
Catella Residential

Sébastien Lorrain
CBRE Capital Markets

Laurent Vimont
Century 21 France

Programmes Solidaires

"Allure" dans le 17ème arrondissement de Paris

Ogic - Demathieu Bard Immobilier

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Une signature angulaire

Co-conçu par Ogic, Demathieu Bard Immobilier, ITAR Architectures et Fresh Architectures, la nouvelle figure de proue des Batignolles allie silhouette new-yorkaise et codes pari- siens.

Depuis quelques mois dans le 17ème arrondissement de Paris, un immeuble se dresse fièrement dans le quartier des Batignolles, ce véritable laboratoire d’architecture à ciel ouvert déployé sur plus de 50 hectares. Bien sûr, l’emblème du quartier, c’est la nouvelle cité judiciaire, dessinée par Renzo Piano, qui s’impose à la ville depuis la Porte de Clichy. Mais à moins de 300 mètres, aux numéros 62 à 72 de la rue Mstislav Rostropovitch, près du parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther King, « Allure » n’usurpe pas son nom : l’immeuble imaginé en quatuor par les promoteurs Ogic et Demathieu Bard Immobilier en collaboration avec les cabinets ITAR Architectures et Fresh Architectures se distingue par un style inspiré du « Flatiron Builduing » de New-York. « Nous souhaitions construire un immeuble emblématique par sa situation dans le quartier et son ambition architecturale » décrit Philippe Jung, directeur général de Demathieu Bard Immobilier. Sa conception a requis de longs mois de travail : « ce qui était innovant, c’étaient ces ateliers de conception organisés avec d’autres équipes d’autres lots pendant un an, durant lequel nous avons fourni une vingtaine de maquettes morphologiques » se souvient Ingrid Taillandier, architecte DGLP d’ITAR Architectures. Edifié sur une parcelle triangulaire complexe, l’ensemble se compose de deux immeubles de 7 et 15 étages, jusqu’à 50 mètres de hauteur et de neuf maisons de ville. Au total, « Allure » re- groupe 121 logements : 65 en accession libre avec parkings et caves, 55 en location à loyers maîtrisés, 2 commerces, 3 espaces partagés (une terrasse, un appartement et une buanderie) gérés par un service de conciergerie qui offre aussi des services pratiques aux habitants, ainsi que 109 places de parking en sous-sol. «  »Allure », pour moi, c’est ce que représente mon métier : impulser de nouveaux concepts » résume Emmanuel Launiau, président du directoire d’Ogic. Le résultat est singulier : une résidence ultra-moderne de grande hauteur avec espaces partagés et services, à la pointe de la technologie. Dans le premier bâtiment, à l’est et à l’ouest, les façades sont animées par des jeux de balcons (de plus de 12 mètres carrés, avec des porte-à-faux de plus de 4 mètres) en quinconce, tandis qu’au nord et au sud, elles sont lisses, mais comportent de grandes ouvertures. Deux matériaux d’esprit parisien viennent parer la façade : un parement brique, qui rappelle les HBM (habitations à bon marché) et du béton préfabriqué de type prémur matricé isolé grège qui fait écho à la pierre. Un ensemble d’ornements en aluminium et de menuiseries couleur champagne donnent la cohérence à l’ensemble du programme. « On voulait que le temps agisse de manière positive sur notre bâtiment » confie Julien Rousseau, architecte chez Fresh Architectures. « Les définitions des matériaux sont autant d’attributs qui vont lui permettre de vieillir en se patinant et lui donner du caractère au fur et à mesure ». Techniquement, le recours aux murs en béton matricé permet « d’encourager la filière sèche, de diminuer les nuisances liées au chantier et d’obtenir des finitions impeccables » explique Emmanuel Launiau. L’immeuble sera labellisé RT2012, Plan Climat de la Ville de Paris, Effinergie « Habitat et Environnement » profil A. « Allure » dis- pose d’une chambre d’hôtes de 25 m2 partagée pour recevoir des amis pour quelques nuits et d’un « kitchen club » privatisable. Cette cuisine ouverte en toit-terrasse d’une centaine de mètres carrés permet aux résidents d’y organiser des réunions ou des fêtes. Tous les résidents pourront ainsi bénéficier d’une immense terrasse avec vue sur le parc voisin. Afin de donner une âme aux parties communes, l’artiste Charles Kalt a créé 11 pièces originales, dis- posées dans le hall d’entrée et sur les portes de gaines palières face aux sorties d’ascenseurs du rez-de-chaussée et du 6ème au 14ème étages inclus. Les œuvres sont des pièces articulables, composées de formes géométriques qui laissent imaginer des rubans se déployant et flot- tant sur l’espace des murs. Enfin, en cœur d’îlot, un espace vert d’agrément planté d’arbres a été aménagé. Il accueille une statue en bronze noir et vert antique de l’artiste Marc Vellay appelée « Danse avec l’Ange ». La statue originale de 30 centimètres de haut, présentée lors d’une exposition en 2015, a été agrandie numériquement.

Les nommés :

"Beauséjour" à La Réunion
CBo Territoria

"Réhabilitation Descartes" à Montigny-le-Bretonneux
Domaxis / Quadra Architectes

"Sensations" à Strasbourg
Bouygues Immobilier

Programme Solidaire

"Le Carré Daumesnil" dans le 12ème arrondissement de Paris

PERL / Fondation Abbé Pierre / RIVP

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L'insertion par le logement

En partenariat avec la Fondation Abbé Pierre, le groupe PERL construit 53 logements so- ciaux et très sociaux dans Paris, financés par des investisseurs privés.

Avec sa façade en pierre et brique claires rehaussée de menuiseries sombres et son dernier étage en attique, la future résidence « Carré Daumesnil », signée par l’agence d’architecture Anthony Béchu, ne dénotera pas dans le style d’architecture moderne développé ces dernières années dans le 12ème arrondissement de Paris. Mais le projet est toutefois remarquable, car il s’agit d’un montage inédit dans la Capitale : construire des logements sociaux et très sociaux financés par des investisseurs privés. Pour autant, point de mécénat dans cette opération. Cofinancée en usufruit locatif social (ULS), ce programme de 53 appartements, du studio au 5 pièces, situé aux numéros 9 et 11 de la rue de Toul, dans le quartier du Bel-Air, près de la station de métro du même nom, va renforcer l’offre de logements abordables dans Paris. Son promoteur ? Le groupe PERL (Patrimoine Epargne Retraite Logement), spécialiste des opérations basées sur un démembrement de propriété temporaire, et filiale à 76 % du groupe Nexity. Pour cette résidence, les investisseurs privés ont bénéficié d’une décote de 40 % sur le prix d’achat de leur bien, tandis qu’ils cèdent leur usufruit pour 20 ans. Six logements seront loués par l’association SNL (Solidarités Nouvelles pour le Logement), en partenariat avec la Fondation Abbé Pierre. « Ce programme montre que nous pouvons construire des solutions permettant d’accompagner des familles en situation d’exclusion » explique Frédérique Kaba, directrice des missions sociales à la Fondation Abbé Pierre. « Retrouver un logement digne est une étape cruciale pour permettre à ces personnes de reconstruire leur projet de vie ». Les futurs loyers correspondront au niveau de ceux fixés dans le cadre d’un PLAI (prêt locatif aidé d’intégration) : « c’est une véritable opération de réinsertion par le logement et de mixité sociale » se félicite Anne Mollet, directrice générale déléguée de PERL. Confiés à la RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris, deuxième bailleur social parisien avec plus de 61 000 logements sociaux), les autres logements seront répartis entre 20 unités louées dans les mêmes conditions que les biens financés dans le cadre du PLS (prêt locatif social) et 27 unités louées dans les mêmes conditions que les biens financés dans le cadre du PLUS (prêt locatif à usage social). Et pourtant, l’opération a failli ne jamais voir le jour sur cette ancienne friche industrielle, qui a accueilli une émaillerie, puis des entrepôts. Les premiers projets présentés au début des années 2010 ont reçu un écho défavorable de la part des riverains. En reprenant le projet, le groupe PERL a choisi d’y associer étroitement les habitants du quartier. « Avec le concours de la mairie du 12ème arrondissement, nous avons organisé plusieurs réunions publiques pendant près d’un an, dont l’une a réuni plus de 70 personnes, preuve de l’intérêt suscité chez les futurs voisins, et des ateliers avec les architectes pour œuvrer à la conception du projet. Cela a permis, par exemple, de travailler sur les vues et d’opter pour un recul plutôt qu’un alignement sur rue » relate Anne Mollet. Obtenu en août 2017, le permis de construire n’a fait l’objet d’aucun recours, preuve qu’aller au-delà de la concertation obligatoire facilite l’intégration dans un tissu urbain dense. Par ailleurs, les riverains ont été et vont être régulièrement tenus informés des avancées de l’opération et un site internet dédié a également été mis en ligne. Les travaux ont démarré en juin dernier et la livraison est prévue pour la fin 2019. Dernier élément notable de « Carré Daumesnil », la résidence sera équipée d’une chaudière numérique, développée par la startup grenobloise Stimergy. Une première pour une opération en immobilier résidentiel à Paris. L’eau chaude sanitaire des logements sera produite grâce à la récupération de la chaleur générée par des serveurs informatiques. « Peu de gens le savent, mais les dépenses relatives à l’eau chaude sanitaire constituent le premier poste de dépenses énergétiques des ménages devant le chauffage dans les logements neufs » précise Anne Mollet. Les locataires bénéficieront d’une diminution de moitié des charges, l’économie générée étant estimée à 3 000 euros par an.

Les nommés :

"Allée Baco" à Nantes
SCIC Gambetta

"Maison Pierre et Jeanne Valot"
Habitat et Humanisme

"Village Vertical l'Acadie"
HLM Le Logis Breton

Édito
par Arthur de Boutiny

le 18/12/2018

A Saint-Denis, la basilique aussi se rénove

Gare du Grand Paris Express Saint-Denis Pleyel, Village Olympique… Saint-Denis s’impose comme la grande locomotive du Grand Paris et sa principale bénéficiaire : n’est-ce pas que justice pour la ville qui abrite la nécropole des rois de France ? Or, la basilique dionysienne fait aussi peau neuve…

Erigées en 1219, la tour nord et la flèche médiévales de la basilique, qui culminaient à 86 mètres, avaient été démontées pierre par pierre en 1845, après une tornade qui avait fragilisé l’édifice. L’idée de sa reconstruction avait germé en 1987, lors du Millénaire capétien, avant que l’Etat donne enfin son feu vert en février 2017, pour un chantier évalué à 13 millions d’euros et confié à Jacques Moulin, architecte en chef des Monuments historiques, ainsi qu’à l’association « Suivez la flèche ».

Le chantier doit commencer en mai 2020 et durera onze ans, a affirmé Patrick Braouzec, président de Plaine Commune, ancien maire de Saint-Denis et président de « Suivez la flèche ». Les travaux de consolidation du « massif occidental », qui soutiendra la flèche, commenceront, eux, dès 2019, année où un « village du chantier » sera également mis en place. Dans ce « village » édifié devant la basilique, tailleurs de pierre, forgerons, menuisiers, verriers et charpentiers feront la démonstration de leur savoir-faire. Ce chantier générera une trentaine d’emplois et coûtera 28 millions d’euros, dont 13 pour la flèche et le reste pour le chantier-école. Le projet sera financé grâce au mécénat, Engie et la SNCF étant déjà candidats, et aux visites du public.
Alors que 130 000 personnes visitent chaque année ce monument historique, cette rénovation doit permettre au chiffre de grimper à 300 000. Ce n’est toujours que le dixième de ce qu’attire Notre-Dame de Paris chaque année, mais pour un monument crucial de l’histoire de France, c’est le minimum. La preuve que Saint-Denis sait construire l’avenir tout en sachant polir le passé…

Portrait

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