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Le palmarès des Trophées Logement & Territoires

L'édition 2017

2016

Le Professionnel de l'année

Patrick Ollier

Métropole du Grand Paris

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Un président heureux

« Je suis très heureux ! », s’exclame Patrick Ollier, les yeux brillants, juste après avoir dévoilé les résultats de l’appel à projets « Inventons la Métropole du Grand Paris ».

L’événement a réuni près de 2 000 personnes dans l’enceinte du Pavillon Baltard, à Nogent- sur-Marne. A ses côtés, Anne Hidalgo, Maire de Paris et vice-présidente de la Métropole du Grand Paris, qui avait initié la démarche avec « Réinventer Paris » ; Michel Cadot, préfet de la Région d’Ile-de-France, préfet de Paris, et Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris. Patrick Ollier, donc, ne cache pas son enthousiasme : « c’est un résultat exceptionnel, alors que la Métropole n’existe que depuis 22 mois ! On sent aujourd’hui battre le cœur de la Métropole, interlocuteur unique pour les 131 maires qui la composent. Elle se construit au fur et à mesure dans une intelligence collective. A ceux qui douteraient encore, la Métropole est là, vivante et déterminée dans tous ces projets créateurs de valeur ajoutée et de richesse pour ses 7 millions d’habitants ». Il égrène les chiffres qui, il est vrai, témoignent du bel engouement suscité par l’appel à projets : « 420 candidatures ont été déposées, émanant de groupements composés d’architectes, de promoteurs et d’investisseurs, parmi lesquelles plus de 326 startups, associations et PME innovantes. C’est formidable ! ». Le concours devrait générer 7,2 milliards d’euros d’investissements « privés », souligne-t-il, qui vont permettre aux 51 projets dévoilés d’employer 65 500 personnes sur une durée projetée de 7 ans, selon les études d’impact réalisées par le cabinet EY. Une fois réalisés, les projets permettront d’accueillir 53 900 emplois dans les 867 000 mètres carrés de nouveaux bâtiments d’activités et 30 000 habitants dans les 14 300 logements prévus. A noter que trois sites sont encore en discussion (Rosny- sous-Bois, Hôtel Logistique Bercy-Charenton, à Paris et Charenton-le-Pont) et aucun projet n’a été retenu pour Gentilly. Les départements de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne sont les principaux béné ciaires de ces projets. Et pourtant, la Métropole revient de loin, entre alternances politiques et atermoiements locaux. Encore un « machin » aurait pu marmonner le Général, alors que Patrick Ollier fut l’un des co-fondateurs de L’Action étudiante gaulliste en 1962 et de L’Union des jeunes pour le progrès – Mouvement des jeunes gaullistes en 1965. Après plus de 50 ans de carrière politique, entre les Hauts-de-Seine et les Hautes-Alpes où il assuma plusieurs mandats électifs, député-maire LR de Rueil-Malmaison, Patrick Ollier a été élu en janvier 2016 président de la Métropole du Grand Paris (MGP), avec 192 voix sur 209. « L’avenir de la Métropole était loin d’être assuré lorsque j’ai lancé le concours », se remémore cet excellent tribun aux costumes sombres. « Mais au vu de la réaction de la salle, j’ai su que le pari allait être gagné ». Des dé s, ce natif de Périgueux (le 17 décembre 1944), qui fut, entre autres, président de l’Assemblée Nationale en 2007 et ministre des Relations avec le Parlement entre 2010 et 2012 (tandis que sa compagne depuis plus de 30 ans, Michèle Alliot-Marie, était nommée ministre des A aires Etrangères, dans le troisième gouvernement de François Fillon), en a vu d’autres. Son combat le plus marquant, avait-il déclaré lors d’une interview télévisée, fut le débat sur la privatisation de Gaz de France en 2006, alors qu’il était président de la Commission aux a aires économique de l’Assemblée : l’opposition avait alors déposé plus de 137 000 amendements, du jamais vu sous la Vème République ! En matière de logement, l’élu dénonce notamment les quotas de logements sociaux imposés aux communes dans le cadre de la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbains). Son atout pour la Métropole, selon lui : « le cumul des mandats », répond-il un brin provocateur, alors qu’il a, compte tenu de la nouvelle législation en vigueur, dû démissionner de ses fonctions électives pour se présenter à la tête de la Métropole. Qu’importe, sans doute nalement, ce territoire a largement de quoi nourrir les ambitions. Aussi Patrick Ollier ne compte-t-il pas s’arrêter là. Comme Réinventer Paris a entamé son second round avec les 34 sites des sous-sols de la Capitale, Inventons la Métropole devrait aussi avoir une seconde session qui devrait être annoncée en mars prochain, lors du prochain Mipim. On s’y donne tous rendez-vous !

Les nommés :

Manuel Flam
Groupe Idec

Alain Taravella
Altarea Cogedim

François Dutilleul
Rabot Dutilleul

Prix Spécial du Jury

André Yché

Groupe SNI

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Le Logement en Général

Certains chiffres, parfois, en disent plus longs que de grands discours : la Société Nationale Immobilière, c’est aujourd’hui près de 350 000 (!) logements gérés, près de 11 000 logements livrés (dont près de la moitié de logements sociaux) en 2016, avec pour objectif 92 000 construits d’ici 2026, 1,2 milliard d’investissements, 350 millions de résultats (avant impôt). Le chemin parcouru par la maison qu’André Yché a véritablement transmutée se trouve dans ces données.

D’un spécialiste du logement des militaires (l’ex-Sogima), structure vieillissante et pas très bien gérée (on utilise une litote pour ne blesser personne), la Société Nationale Immobilière, sous la présidence d’André Yché, est devenue un acteur essentiel du logement hexagonal. Et, pourtant, rien ne prédestinait notre homme à une telle mission.

Revenons, en e et, sur le parcours atypique de ce « pape » du secteur : ls d’agriculteurs très modestes de l’Aude, notre Trophée est ce que l’on appelle un « bon élève ». Il fera ses études au lycée Joffre (un signe ?) de Montpellier. Et se dit qu’une école militaire « lui conviendrait bien ». Le voici à l’Ecole de l’air dont il sort ingénieur : il sera un pilote de transport, complétant sa formation par un séjour (qui lui laisse un « bon souvenir ») à Colorado Springs à l’US Air Force Academy. Très vite son goût du commandement fait merveille et il exercera des responsabilités. Lieutenant-colonel, le voici appelé à l’Ecole Supérieure de Guerre Aérienne (le saint des saints), puis admis au contrôle général des armées. Il faut dire que ce pilote a toujours prôné (certains lui avaient reproché) l’importance pour un o cier de compléter sa formation. Ingénieur il est, mais il a aussi une maîtrise en Droit, un diplôme de Sciences Po Paris et un DESS de l’IAE. Avec un tel bagage, rien d’étonnant à ce qu’il soit chargé de la délégation aux restructurations du ministère de la Défense : il y restera trois ans, avant de rejoindre un poste dans la préfectorale, en devenant SGAR (secrétaire général aux a aires régionales) de la préfecture d’Aquitaine. Le maire de Bordeaux est un certain Alain Juppé, également Premier ministre… Alain Richard, nommé ministre de la Défense, cherche un bon connaisseur des arcanes militaires : le voici donc directeur adjoint du cabinet du ministre de la Défense… poste qu’il quitte, alternance oblige, pour rejoindre en 1997 la SNI. Il ne sait rien des problèmes du logement (il s’est bien rattrapé depuis !), mais les restructurations, ça le connaît. Et depuis lors, avec ce doigté et cette a abilité toute méridionale — avec le sens du commandement en plus —, il a mené, d’abord à petits pas et désormais à grandes enjambées, la révolution de la maison SNI. Entouré d’une équipe rajeunie et diversi ée, il prend le contrôle de Scic Habitat en mai 2005 et de ses 13 SA HLM (132 000 logements sociaux d’un coup !), ainsi que de la Scet, CD Cités et CD Habitat. En 2007, la SNI devient actionnaire d’Adoma (70 000 logements très sociaux), dont elle deviendra actionnaire majoritaire huit ans plus tard, et absorbe E dis et la Sagi (à eux deux, 50 000 logements)… 2012 voit l’acquisition de Dexia Habitat (rebaptisée Adestia), qui rassemble des participations minoritaires (mais signi catives) dans une trentaine de sociétés et de coopératives d’HLM. En 2014, nouveau tournant important avec le lancement du FLI, premier Fonds de Logement Intermédiaire et la création, à cette occasion, de la liale Ampère Gestion, société de gestion de portefeuille agréée par l’Autorité des Marchés Financiers. Cette société de gestion illustre bien le souci de notre Trophée de rester vigilant quant aux conditions de nancement ! En 2015, c’est la création de Grand Paris Habitat, regroupant E dis et Osica. L’Etat con e, cette même année, à la SNI et sa liale Ampère Gestion, la gestion d’un nouveau fonds d’investissement immobilier doté d’un milliard d’euros de fonds propres en vue d’acquérir 13 000 logements intermédiaires… Dernière et importante initiative en date : la signature, le 18 octobre dernier, d’un accord de partenariat avec Vonovia, foncière allemande dont la création est due aux syndicats allemands et dont la capitalisation boursière atteint la bagatelle de 18 milliards d’euros… Une toute première dont André Yché est heureux : « nous voulons contribuer à créer un modèle européen du logement d’intérêt public » explique-t-il, « car le logement ne peut plus être considéré du seul point de vue national. Il doit être pensé à l’échelle européenne, de la même façon que nous, Européens, avons procédé avec la culture, la recherche scienti que ou la technologie ». Un vrai pavé dans la mare d’un monde qui, souvent, pense purement et simplement hexagonal. Mais l’auteur du bel essai « La puissance des nations » (Economica, 2014) est un stratège qui voit loin et ne s’en cache pas. Un signe aussi que l’appétit de développement et d’innovation de notre Trophée n’est pas prêt de s’arrêter. Une raison de plus pour les membres du Jury, unanimes, d’un grand coup de chapeau.

Jeunes Talents

Anne-Lise Deloron-Rocard

Plan Bâtiment Durable

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Droit au but

Dès sa prime jeunesse, Anne-Lise Deloron-Rocard savait ce qu’elle souhaitait faire : associer action, pouvoir politique et droit, mais sans formaliser précisément dans quel domaine. Elle a donc passé un bac scienti que — choisi par nécessité d’excellence —, puis logiquement embrassé des études de Droit. Mais, loin de se contenter d’un diplôme national, elle a tenu à compléter son DEA de Droit obtenu à Nanterre, d’une formation équivalente en Droit italien. Puis, pour parfaire son cursus, elle a choisi une option de communication publique et métiers du politique à Sciences Po Lyon.

C’est grâce à l’Anah, qu’elle a rejoint l’immobilier. Ayant décliné une mission au sein de la direction Ile-de-France de l’agence, Anne-Lise Deloron-Rocard a été recontactée par l’Anah pour une mission sur le développement durable. Embauchée par Jérôme Gatier, c’est le 2 janvier 2009 qu’elle a fait la connaissance de Philippe Pelletier au « 136 Champs Elysées ». La date est inscrite dans sa mémoire, car elle a marqué le début d’une belle aventure, qui se poursuit à ce jour. L’avocat qui devait être quelques mois plus tard le président du Plan Bâtiment Durable a su lui faire confiance et toujours assuré sa défense lorsque le travail commun était bousculé par des prises de positions divergentes. Au sein du Plan Bâtiment Durable, la mission d’Anne-Lise Deloron-Rocard s’est étoffée au l des ans puisqu’elle en est aujourd’hui directrice adjointe, avec une équipe de quatre personnes. Dépassant les missions initiales de stricte communication, elle se réjouit de pouvoir échanger avec les grands de la place immobilière et d’avoir acquis une dextérité faite d’écoute de la parole des professionnels, puis de rassemblement de ce qui peut être utilement transmis aux pouvoirs publics.

Il est vrai que son travail nécessite de déployer des trésors de diplomatie pour faire avancer les objectifs du Plan, car si l’équipe est formellement rattachée à la direction générale du logement, de l’aménagement et de la nature, avec une double tutelle du ministère de l’Ecologie et du ministère de la Cohésion des Territoires, les acteurs privés la perçoivent comme émanant « de l’administration », tandis qu’au sein des équipes de l’Arche de La Défense, où est son bureau, elle est perçue comme « l’équipe Pelletier ». Sa mission n’est pas cantonnée à une vision technique de la performance énergétique, mais elle intègre une dimension sociale ; comme en témoigne la préoccupation de précarité énergétique des ménages et qui conduit à faire le lien avec l’action sur le terrain des acteurs comme Habitat et Humanisme ou Soliha. Le Plan Bâtiment a plus récemment engagé des actions au niveau régional, ce qu’apprécie Anne-Lise Deloron-Rocard, car cela lui permet une rencontre directe avec les professionnels et, ainsi, d’aller au-delà des synthèses d’opinion nécessairement un peu adoucies que relaient les fédérations nationales.

Sa mission est éminemment politique, au sens noble du terme, au point peut-être de lui faire entrevoir à terme des engagements politiques comme élue, pourquoi pas vers les plages de Normandie où elle aime s’évader. Mais pour l’heure, sa vie de famille — elle est mère d’une petite lle — ne lui en laisse pas la latitude.

Elle a pourtant su trouver le temps du recul sur le quotidien pour intégrer une récente promotion de la Fondation Palladio où elle s’est impliquée avec enthousiasme. Bien que chronophage, cette formation a contribué à développer son relationnel — déjà éto é — avec les professionnels du secteur.

Ses lectures ne sont jamais loin de son attrait pour la politique et son intérêt soutenu pour l’histoire lui vient d’un passionnant professeur d’histoire qui sut, dès la troisième, lui faire découvrir l’épopée de De Gaulle et de la Vème République.

Son jeune talent vient d’être remarqué par Vox Fémina, récompensant sa capacité d’expression publique. Une facette qui confirme le succès de sa rapide trajectoire professionnelle. Sa mission se développe depuis neuf ans, accompagnant la croissance de celle du Plan Bâtiment Durable, au-delà des alternances politiques, puisque cette mission a été confortée tant par François Fillon, que par François Hollande, puis par Emmanuel Macron.

La pérennité de la mission est le fruit d’une réussite liée, bien sûr, à celle de son président, mais aussi à celle de son sherpa et qui augure de perspectives ambitieuses, car décidément, et c’est peut-être son goût du football qui l’y aide, elle va droit au but !

Les nommés :

Emmanuel Rolland
Care Promotion

Aurélien Taché
Conseil National de l’Habitat (CNH)

Carlo Grispello & Nadine Lebeau
Agence d'Architecture GRAAL

Territoires

Thierry Lajoie

Grand Paris Aménagement

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Passionnément Grand Paris

Qui se souvient de l’AFTRP ? C’est un des mérites de notre Trophée « Territoires » que d’avoir su, en quelques courtes années, transformer une maison (très) vieillissante en acteur essentiel du Grand Paris d’aujourd’hui et de demain, et donc à faire totalement oublier la structure précédente.

A la tête de Grand Paris Aménagement, Thierry Lajoie est manifestement à son a aire : pas seulement (même si ça compte !) en décidant du déménagement des équipes (200 personnes environ) dans un site moderne, convivial et bien conçu, mais aussi par l’acquisition de nouvelles compétences, la fusion de nouvelles entités, l’accroissement des territoires concernés et, bien entendu, par son action politique : au sens positif du terme, dans le dialogue — dans lequel il excelle — avec tous les élus, et (on le dit, même si il ne s’en vante pas !) au plus haut niveau de l’Etat. Son parcours montre la complexité, mais aussi les « points forts » du personnage : très tôt engagé (à 19 ans !) dans la social-démocratie (il fait ainsi partie de l’équipe de campagne de François Mitterrand en 1981) , il devient un très proche collaborateur de Laurent Fabius en tant que chef de cabinet, au ministère de l’Industrie, à Matignon, et à l’Assemblée. Puis notons, notamment, les postes de président du Conseil supérieur de la navigation de plaisance (on en rêve !), de conseiller spécial de Jack Lang, de secrétaire général des Voies Navigables de France, puis de l’Ugap, de créateur et président d’achatpublic.com, mais aussi de fondé de pouvoir de Stéphane Courbit, puis… de patron de la Sem de Dijon avec François Rebsamen. N’en jetons plus ! Après un rapide retour aux cabinets ministériels — chez Cécile Duflot — avec la mission de continuer l’opération Grand Paris, il est ensuite nommé à la tête de l’AFTRP, avec le résultat — éclatant — que l’on sait.

En voulez-vous quelques exemples ? Grand Paris Aménagement et l’EPA Orly Rungis Seine Amont (ORSA), aujourd’hui liés, sont porteurs de pas moins de cinq des sites concernés par l’appel à projets « Inventons la Métropole du Grand Paris », qui représentent la bagatelle de près de 70 hectares sur les 217 ouverts au concours : au triangle de Gonesse (15 ha), à la Gare des Ardoines, à Vitry-sur-Seine (5 ha) et pour les terrains Montceleux, à Sevran (32,6 ha) ; au quartier du plateau, à Clichy-sous-Bois et Montfermeil (4,9 ha), sur le site Sénia Pont de Rungis, à iais et Orly (16,2 ha).

Et notre Trophée n’est pas peu er de souligner que, sans un euro de subvention, Grand Paris Aménagement a atteint un chi re d’a aires (corrigé) de 142 millions d’euros, dispose de 100 opérations actives en développement et a généré 5 220 logements en 2016. Et ce n’est évidemment pas ni… Il était donc bien normal que le ministre Jacques Mézard se rende au début de l’automne à Ris-Orangis : cette opération bas carbone livrée il y a un an (et qui a obtenu, logiquement, un Trophée « Programme durable » il y a deux ans) rassemble beaucoup d’atouts : qualité, notamment architecturale, des 140 logements sociaux « bois » (76 PLUS, 22 PLAI, 42 PLS) conçus rien moins que par Jean-Michel Wilmotte, neuf mois de travaux seulement — beaucoup plus rapide qu’un chantier d’une opération résidentielle classique —, très faibles nuisances de chantier, 880 tonnes de CO2 stockés, à terme, par le bâtiment… L’ensemble du quartier des Docks de Ris, labellisé EcoQuartier depuis 2016 (représentant 18 hectares en tout, 900 logements, 6 500 m2 d’activités économiques et commerciales, 7 300 m2 d’équipements, une crèche, 13 classes) a rassemblé tous les acteurs (collectivités, Etat, aménageur, architectes, bailleurs), autour de la réalisation d’un quartier de ville vivant, agréable et innovant. Un sans- faute… bien représentatif de la « méthode Lajoie » qui se plaît à faire travailler tous les acteurs (de qualité !) ensemble.

Les professionnels du logement et de l’immobilier reconnaissent donc, à l’évidence, les capacités d’écoute et de dialogue de Thierry Lajoie, mais aussi d’action et de décision, au centre des enjeux actuels (ils sont de taille !) du Grand Paris. Et, dans ce territoire au cœur du développement d’une métropole renouvelée en profondeur, l’action du président de l’ex-AFTRP compte. Beaucoup. Les pros du Logement ne s’y sont pas trompés en votant massivement pour le désigner Trophées « Territoires » de l’année 2017. Le fait qu’il succède dans cette distinction à de très grands élus le montre, sans besoin d’y insister…

Les nommés :

Dominique Estrosi-Sassone
Métropole Nice Côte d’Azur

Patrick Jarry
Epadesa – Paris La Défense

Michel Le Faou
Métropole de Lyon

Promoteurs

Jean-Philippe Ruggieri

Nexity

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Au plus près des clients

Sur son téléphone portable qui ne le quitte jamais, Jean-Philippe Ruggieri aime faire dé ler les maquettes numériques des projets immobiliers sur lesquels il travaille : « le sucre, c’est le goût de l’enfance de la cuisine, a dit Alain Ducasse. Pour moi ce sont les maquettes ».

En e et, Jean-Philippe Ruggieri, 49 ans, est littéralement né au milieu des maquettes que son père, architecte, construisait. « Simplement, il comptait mieux sans doute qu’il ne dessinait ». Aussi a-t-il fondé son entreprise de promotion à Toulouse, Ruggieri Immobilier. « J’ai passé mon enfance sur les chantiers et mon premier stage, je l’ai effectué auprès d’un bailleur social, Patrimoine SA Languedocienne ». Toutefois, tout juste diplômé de l’école de commerce de Toulouse, après avoir redoublé sa prépa pour cause de participation à l’équipe de France junior de golf, il préfère s’orienter vers les métiers de la finance pendant deux ans et décroche un premier poste aux financements spéciaux et immobiliers à la Société Générale. Mais en 1994,

le secteur immobilier est en crise et son père lui demande de venir travailler à ses côtés : « je comprends assez vite que s’il n’y a pas de clients, ce n’est pas la peine d’aller chercher des terrains », se rappelle-t-il. « C’était une période assez di cile, mais pleine d’apprentissages ». Puis le groupe redresse la barre et réalise entre 500 et 600 logements par an jusque dans les années 2000. De quoi attirer l’attention de plus grands groupes en quête de croissance externe. « En 2002, Alain Dinin me demande si, plutôt qu’un prénom à Toulouse, je suis prêt à me faire un nom sur Paris. Je venais de divorcer, j’ai donc pris le risque de quitter ma province ». Et de découvrir alors le nord de la Loire, ce territoire si proche de la banquise. Sa première mission ? Elaborer des stratégies marketing pour soutenir les ventes de sociétés très indépendantes qui composent le jeune groupe Nexity, a n notamment de prévenir toute crise éventuelle. Lui qui ne porte pas dans son cœur les « réseaux de dé scalisation » contribue à développer la production de logements vers le locatif privé, mais toujours orientés dans un investissement « en bon père de famille », avec un crédo : « le bon logement au bon endroit ». En tant que toulousain, « je savais exactement ce qu’il ne fallait pas faire », souligne-t-il. « Et puis à ce moment-là, on assistait déjà à l’arrivée massive d’internet. Je pensais que ce serait un bon moyen pour remplacer les vendeurs de dé sc ». Une idée se concrétisera bien plus tard, en décembre 2015, avec le lancement de la plate-forme d’annonces immobilières Bien Ici, qui regroupe les o res des professionnels du neuf et de l’ancien, appuyée sur la géolocalisation et la présentation virtuelle des logements. Depuis le début de l’année, Jean-Philippe Ruggieri a été promu directeur général délégué en charge du « client particulier » et co-président des activités de promotion, résidentiel et tertiaire : « mon objectif, c’est d’amener nos équipes et nos métiers au plus près des clients, avec des projets immobiliers conçus à l’échelle de ceux qui y vivent et avec tous les services nécessaires. Les gens vivent l’immobilier globalement au quotidien. Le sujet, c’est le lieu de vie : il faut penser la vie avant la ville. Nous sommes un promoteur de vie. Le client ne doit pas se déplacer : il doit être au centre d’un écosystème. C’est à nous de tout lui apporter et de tout construire autour de lui », défend-il. Son point de vue, c’est « celui du piéton, pas du pigeon ». Et qui en levant les yeux, doit aussi pouvoir apprécier l’architecture qui l’entoure. Aussi Jean-Philippe Ruggieri n’hésite pas à joindre le geste à la parole. D’abord, en installant une chaise « client » lors de toutes les réunions. Ensuite, en se livrant à un petit exercice avec ses interlocuteurs. Dans son bureau, une perspective du projet « Hype Park », dont la commercialisation a démarré en juin, dans le quartier de La Cartoucherie, sur la rive gauche de la Garonne, à Toulouse : « combien y a-t-il d’étages ? », demande-t-il en retournant l’image. « 7, 9, » répond-on dans un murmure. « Il y en a 18 ! C’est exactement ce que doit être l’architecture aujourd’hui : ni grave, ni écrasante, ni faussement compliquée, mais bienveillante, joyeuse et simple », s’exclame ce féru de l’architecte japonais Kengo Kuma, dont il admire le travail de dentelle de bois. Le pays du Soleil Levant sera d’ailleurs sa prochaine destination de voyage, et peut-être plus : « j’adorerai avoir une maison à Kyoto, au milieu des cerisiers en fleurs », rêve-t-il à voix haute.

Les nommés :

Nordine Hachemi
Kaufman & Broad

Philippe Journo
Compagnie de Phalsbourg

Stéphane Theuriau
Altarea Cogedim

Conseils

Jean-François Morineau

BNP Paribas Immobilier Résidentiel Transaction France

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Conseil avisé

C’est par une formation de prothésiste dentaire que Jean-François Morineau a abordé son cursus d’étude. Tout en sachant qu’il ne ferait pas ce métier, il a tenu à aller au bout de la formation, témoignant dès sa jeunesse d’une ténacité à mener les projets à leur terme.

Son attrait pour l’immobilier était sous-jacent. Il a abordé le métier dans une agence immobilière iriet dans les Hauts-de-Seine, une des cinq premières agences fondées par Orpi. Nouant des relations avec l’étude notariale avec laquelle travaillait l’agence, il a pu béné cier d’une formation avec ce notaire et, quatre ans plus tard, être promu directeur commercial du groupe Demeure (Orpi).

En trois ans, il a développé cinq agences. Puis, repéré par Foncia, il a, de 1998 à 2001, accompagné le développement d’une vingtaine d’agences en Ile-de-France, comme directeur commercial. Chez Gestrim Lamy devenu Nexity, il a été directeur du développement en 2001 et 2002.

Et c’est en n avec les Espaces immobiliers en 2003 qu’il rejoint BNP Paribas Immobilier Résidentiel et qu’il s’attelle d’abord à la vente en bloc et à la vente lot par lot, puis au service immobilier de prestige. La crise de 2008 a ensuite conduit a une réorientation de l’activité vers le développement de services auprès de grands institutionnels.

L’année 2017 est un très bon cru pour son activité. Quelque cinquante opérations lancées, en bloc ou en vente par lots. Avec 610 millions d’euros de transactions, le volume d’a aires est en forte croissance par rapport à 2016, qui avait déjà atteint un chi re de 350 millions d’euros. Il reconnait que son équipe, constituée d’une vingtaine de personnes tant à Paris qu’en régions, a « sur-performé » en 2017. Et 2018 devrait continuer sur cette lancée car l’appétit des acquéreurs pour les programmes en vente par lots ne se dément pas. Jean-François Mornineau promeut la vente au l de l’eau, une technique pour les institutionnels qui se séparent des logements à l’occasion de leur libération naturelle : elle évite un a ux de biens sur le marché et renforce la santé de ce dernier.

Son service s’occupe aussi de la vente de biens d’exception, de plus de deux millions d’euros, pour des acquéreurs en provenance de la clientèle de la banque.

Jean-François Morineau est con ant pour l’année 2018. Si l’immobilier reste fortement imposé, la nécessité d’épargne en vue d’un complément de retraite ou la faculté pour les épargnants de se constituer un patrimoine en recourant à l’emprunt sont des atouts pour le secteur, qui sont appelés à se prolonger. Si les taux remontent, leur évolution reste très progressive et ne se ressent pas sur le marché. Jean-François Morineau note aussi un certain retour des institutionnels vers le logement, par volonté de diversi cation.

La bonne coordination avec ses équipes, comme en témoigne la délité de ses collaborateurs, souvent dans son équipe depuis plus de dix ans, parfois le double, certains depuis l’époque où il était chez Foncia, construit une ambiance fructueuse qui permet de partager difficultés et réussites. Il a profité de sa connaissance du marché pour mettre en place l’Observatoire LPI-SeLoger avec le professeur Michel Mouillart. Il se félicite de la qualité de l’information recueillie pour ce baromètre, dont il est secrétaire général, et de sa fraîcheur puisque les statistiques ainsi mises au point sont établies sur la base des avant-contrats. La vision qu’o re ce type d’outils permet de tester les seuils de résistance du marché, par la mesure de l’écart entre les prix affichés et les prix de vente effectifs.

A cinquante ans, il s’essaie à la peinture. Avec l’implantation de BNP Paribas Real Estate en face de l’Ile Saint-Germain, il a retrouvé les Hauts-de-Seine de son début de parcours professionnel. Il a certes dû quitter la place des Ternes, dont il goûtait le charme, mais de son bureau des bords de Seine, à Issy-les-Moulineaux, il se réjouit de béné cier des avantages d’une grande structure. Mais il apprécie surtout sa position au coeur des équipes de BNP Paribas Real Estate et la forte dynamique de réseau qui peut s’y développer. Ainsi, lorsqu’un collaborateur de la banque s’interroge sur le prix d’un bien, il sait qu’il pourra trouver dans le bureau de Jean-François Morineau un conseil avisé. Un service qui lui permet de nouer des relations avec les gens de la maison et de contribuer à une dynamique de création d’équipe.

Sa connaissance ne des marchés fait de lui un spécialiste reconnu du logement et son métier lui donne un dynamisme grisant.

Les nommés :

Chrystèle Villotte
Cushman & Wakefield

Bernard Cadeau
Orpi

Christophe Volle
JLL

Programmes Solidaires

Jardin Divers

Habitat et Humanisme

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Participatif !

Comment toujours innover dans le domaine de l’habitat participatif ? « Jardins Divers » a relevé le pari et a su convaincre les lecteurs d’ »Immoweek », qui lui ont accordé par leurs votes le « Trophée Logement et Territoires 2017 » dans la catégorie « Programmes Solidaires ». En e et, « Jardins Divers » donne ses lettres de noblesse à la solidarité !

Sa situation, tout d’abord, dans le quartier Paul Signac, à Montreuil (93), à l’angle des rues Désiré Charton et Léontine Préaux, non loin du terminus de la ligne 9, station Mairie de Montreuil, o re la possibilité de création de vastes espaces verts. Cette parcelle de 1 200 m2, ainsi que les sous-sols, coursives et pièces sont entièrement gérés par les habitants réunis en association. L’association Le Jardin Divers a rassemblé en 2014 tous les habitants qui souhaitaient tenter l’aventure comme de jeunes actifs en couple ; des célibataires ; des ménages avec enfants ; des familles monoparentales ; des retraités ; d’anciens locataires dans le social ou le privé ; des propriétaires ou accédants à la propriété, de Paris ou de banlieue… Ce qui les réunit, c’est leur confiance en une démarche non-spéculative, un habitat écologique, participatif et solidaire ; les adhérents se déclarent ouverts à un partenariat avec un bailleur social.

La localisation de Montreuil ne faisait aucun doute : la commune a connu de nombreuses initiatives depuis plusieurs décennies, mettant le « vivre ensemble » au centre de sa démarche dans les quartiers résidentiels. On peut ainsi citer « Comme un Baobab », « La Maison des Baba Yagas » ou « L’Eco Habitat Groupé » comme organisations qui ont fait orès à Montreuil.

S’agissant des « Jardins Divers », deux bâtiments de deux étages sont séparés par un vaste jardin collectif, parfaitement intégrés au quartier résidentiel alentour, puisque les riverains ne souhaitaient pas d’immeuble plus haut. Chaque ensemble béné cie d’un toit terrasse de pleine terre. Le programme compte 26 logements, qu’il s’agisse de T1 ou de T5 ; une partie a été dédiée au logement social grâce au Mouvement Aide Au Logement et à Habitat et Humanisme. CPA CPS a aidé l’association Le Jardin Divers pour la maîtrise d’ouvrage, avec des plans réalisés par l’agence NZI Architectes, menée par Gianluca Gaudenzi et Sandra de Giorgio.

Ainsi, trois logements sociaux, dont une colocation intergénérationnelle, ont été acquis par Habitat et Humanisme, a n d’accueillir des familles ou des personnes seules en insertion. Un soutien de proximité auprès des locataires est assuré par une équipe de bénévoles dédiée, en lien avec un travailleur social et un gestionnaire actif. Cinq logements ont été acquis par des propriétaires ayant béné cié de prêts à taux zéro complémentaires et d’un accompagnement dans la durée.

Le maître-mot de « Jardins Divers » est l’espace commun : le programme comprend une grande salle, adaptée aux réunions entre habitants, qu’il s’agisse de moments conviviaux, d’activités associatives, de mise en place d’ateliers ou de réunions. Les deux toits terrasses ont été pensés comme des espaces d’agriculture urbaine, avec des potagers et des espaces de détente. Une brasserie devrait même être installée par les habitants du programme.

Quant aux jardins extérieurs, leur valorisation est également à l’étude, ne serait-ce que comme espace de biodiversité, de rencontre, d’apprentissage des travaux agricoles ou de détente. Avec ses trois jardins, répartis en rez-de-chaussée et en toiture, d’une surface totale de 370 m2, le programme se présente comme un îlot de verdure, adapté à toutes les saisons, toutes les envies, toutes les façons d’habiter, du privé au collectif, de l’intime au partagé ; des usages divers, donc, assurés par les paysagistes de l’Agence Champ Libre. L’ensemble du programme est conforme à la norme environnementale RT 2012 – 20 %, permettant de précieuses économies d’énergie aux habitants. Des panneaux solaires installés permettent une consommation d’énergie fossile limitée.

Quand pourra-t-on voir un tel projet en application ? La réponse est : dès maintenant ! Après dix-huit mois de travaux, le programme a, en e et, été livré le 1er trimestre 2017 ! Juste à temps pour s’installer dans les « Jardins Divers »… Cependant, il faut ajouter que les logements, comme on devait s’en douter, ont déjà tous trouvé preneurs… Et si l’avenir, c’était l’habitat participatif ?

Colocation solidaire Sciences Po

Paris Habitat

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Un pont entre le Quartier Latin et Ménilmontant

Cet ensemble HBM — habitation à bon marché — à l’architecture typique des années vingt, édifié en briques roses, rassemble 376 logements dans le quartier Ménilmontant. Mais situé au coin de la rue Ménilmontant et de la rue Jakubowicz, ce groupe d’immeubles, dit cité Bonnier, avait mal supporté les années. Au coeur du 10ème arrondissement de Paris, il était en proie au trafic de stupéfiants. Le bailleur et ses habitants ne parvenaient pas à se libérer d’un cycle d’agressions et de dégradations induites par ce trafic, au point que Paris Habitat ne pouvait plus gérer le site par des moyens classiques.

L’initiative colocation solidaires Sciences Po s’insère dans un ensemble d’outils visant à changer la cité dans un processus par étapes, ainsi que l’explique Emmanuelle Copin, directrice générale adjointe en charge de la proximité et qualité de service chez Paris Habitat. Plusieurs initiatives ont convergé pour engager un projet de nature extraordinaire dans une démarche collective.

La première étape fut policière. Alertée par les récriminations des habitants auprès des autorités de police et de la mairie d’arrondissement, la préfecture de police, décidée à intervenir, a procédé aux interpellations pour déstabiliser le trafic. La deuxième étape relevait de la gestion locative. Paris Habitat a obtenu l’expulsion de huit familles impliquées dans les trafics. Les baux ont pu être résiliés pour trouble à l’ordre public. Avec la troisième étape, le projet a pu s’orienter vers l’avenir. Une concertation avec les habitants a été engagée avec le soutien d’associations comme Cuadd et Les Robins des Villes, permettant de réinvestir le terrain en lien avec les habitants. Des ateliers de concertation avec les habitants ont été mis en place. Cette démarche a permis, par exemple, de créer un jardin partagé sur le site et de construire un projet avec l’agence d’architecture Deshoulières et Jeanneau, en vue de la requalification des espaces extérieurs. En parallèle, un blocage des attributions de logements a pu être décidé sur le site pour trois ans afin de travailler sur le parcours résidentiel des habitants. L’objectif était de permettre aux habitants souffrant de handicap ou de maladie, ou à ceux dont le logement était devenu trop grand ou trop petit eu égard à leur situation familiale, de trouver un logement plus adapté à leur condition.

Le projet a conduit à supprimer tous les logements situés au rez-de-chaussée et à travailler avec la Mairie pour y attirer des activités nouvelles dans le domaine de la culture ou de l’économie solidaire, en lien avec les activités déjà implantées dans le quartier. De multiples contacts ont été engagés avec la direction des a aires culturelles pour la création de salles pour cours de théâtre ou de café associatif. Pour revoir l’aménagement urbain, il a été décidé de retourner les halls vers la rue et, à l’arrière, de privatiser certaines zones pour en faire des espaces verts partagés. Autre aspect d’urbanisme, la rue Jacubowicz va être réaménagée pour en restreindre le stationnement et favoriser une circulation douce.

En parallèle, Paris Habitat voulait faire venir des habitants différents afin de mixer l’occupation. D’où le projet de colocation. C’est ici qu’intervient le partenariat signé avec Sciences Po. Des logements à loyers adaptés ont été proposés à une trentaine d’étudiants. Ils sont logés en colocation dans des appartements pour 2 à 4 personnes. Les baux meublés de ces 21 logements sont conclus par le biais d’une association d’intermédiation locative.

En échange de cette occupation, les étudiants sont invités à donner une contrepartie sociale. Ils assurent une formation sous formes de cours particuliers aux enfants (aide aux devoirs), mais aussi des cours de langue ou des actions de sensibilisation au développement durable ou aux projets de transformation du quartier. Les étudiants, qui viennent du monde entier (France, Colombie, Allemagne, Uruguay, Canada, Roumanie, Côte d’Ivoire, Angleterre), ont été accueillis à la mairie du 20ème. Cet apport de sang neuf crée une dynamique nouvelle et les premiers étudiants ont d’ores et déjà reçu un chaleureux accueil des habitants. Le programme de travaux, qui a mobilisé un financement de Paris Habitat de 5,8 millions d’euros, doit s’achever d’ici novembre 2018.

Le partenariat, qui associe tant le bailleur, Paris Habitat, que les collectivités publiques (mairie du 20ème, préfecture de région) et Sciences Po et CoopColoc, est conclu pour 5 ans.

Un moyen d’établir un pont entre le Quartier Latin et Ménilmontant.

Les nommés :

Révélations
Altarea Cogedim Atlantique

Le Village Saint-Michel
BNP Paribas Immobilier Promotion Résidentiel

Programmes Durables

Résidence passive "Tout bois"

Osica

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Génération bas carbone

Réaliser un immeuble de ville de 17 logements, tout en bois, en contrepoint de l’architecture industrieuse et très hétéroclite d’un faubourg de Montreuil était déjà une gageure. Mais afficher d’emblée vouloir atteindre les standards du label allemand Passiv Haus, voilà qui méritait doublement de se voir distingué.

Avec cinq étages, la résidence « Tout Bois » commandée par le promoteur Grand Paris Habitat pour le donneur d’ouvrage Osica, groupe SNI, aux architectes Stéphane Cochet et Bruno Garnier, est le plus haut immeuble en Europe à ossature bois (structures, parements de façade, huisseries et chapes sèches), cinq fois plus léger qu’un bâtiment traditionnel. A un moment de l’histoire contemporaine de l’architecture où triomphent les immeubles en panneaux de bois massif, le plus souvent importés, la technique constructive de l’ossature bois illustre ce que les charpentiers français réalisent de plus élaboré. L’entreprise de construction bois Socopa a érigé les cinq niveaux en un temps record de deux mois, et sans échafaudage, pour ce qui est du gros œuvre. Socopa, leader industriel français de l’ossature bois, est implanté à Vagney, au cœur des forêts vosgiennes gérées durablement.

« Tout Bois », c’est le nom de baptême donné le jour de l’inauguration, en décembre 2016, par Emmanuelle Cosse, de cette résidence dont les seuls éléments en béton sont les escaliers et les fondations ; à quelques jours de Noël, il faisait 20 degrés dans toutes les pièces, dont aucune n’avait de radiateur, grâce à l’air soufflé par la ventilation double flux et au triple vitrage posé sur des fenêtres dont la surface est pourtant de 20 % supérieure aux constructions habituelles, a n de mieux pro ter de la chaleur du soleil, même en hiver. Résultat, une chaudière d’un appartement de cinq pièces suffit à chauffer les 17 logements. « C’est bien la preuve qu’on peut faire du social de qualité. Le secteur privé devrait s’en inspirer car on voit bien que le bois amène un confort incomparable » avait ajouté la ministre du Logement d’alors. Cet immeuble social bio sourcé est devenu, depuis sa livraison, « le » modèle d’économie d’énergie, lauréat Bepos/Bepas de l’Ademe, puis gagnant du 1er Prix des Trophées bois d’Ile-de-France décernés par Francîlbois, l’interprofession de la lière bois. Ce programme fait également partie de la première génération de « Bâtiment bas carbone » BBCA et est en cours d’expérimentation E+C. Et maintenant les « Trophées Logement et Territoires » !

Qui dit bâtiment passif dit confort accru. Grâce à un haut niveau d’isolation… et un montant des charges divisé par deux. Un confort qui se pilote et se mérite. La réduction des consommations énergétiques, placée par ses promoteurs au cœur de leur projet, est devenue l’affaire de ses habitants. Une formation leur a été prodiguée. Les lave-linges sont directement alimentés en eau chaude, ce qui réduit de 15 % la consommation. Tous les équipements électriques sont dotés d’un interrupteur qui permet de passer en veille.

Trois des 17 appartements ont été équipés de capteurs pour s’assurer de l’efficacité énergétique des installations, notamment des récupérateurs de chaleur sur les eaux grises. Livré en juillet de l’an dernier, son gestionnaire a pu éprouver rapidement ses capacités à lutter contre la surchauffe, sollicitées par l’épisode caniculaire de l’été 2016. Les hausses de température ont été limitées malgré l’inertie du bois réputée plus faible. Les façades ventilées et la toiture « roof cool » adoptée pour qu’elle renvoie les rayons solaires, sont autant d’éléments pour lutter contre le réchauffement d’un îlot urbain. A plus long terme, le coût de la maintenance du bâtiment a été estimé à 80 centimes par mètre carré et par mois, garanti sur une durée de 30 ans.

La résidence « Tout Bois » de Montreuil, peut être considérée comme un précurseur. Si cet immeuble « démonstrateur » est justement primé, il faut également rendre justice à son architecte Stéphane Cochet : pour avoir levé, sans prolonger le délai d’étude, les points de blocage qu’il a rencontrés en conception et dûs aux imprécisions ou insuffisance des normes, des DTU ou documents techniques disponibles. D’où la présence, entre autres exemples, d’une cage d’escalier en béton plutôt qu’en panneaux de bois massif, équipement de la filière sèche qui avait été préconisé initialement. Quelle opiniâtreté lui a-t-il fallu pour résoudre les questions posées par le contrôle technique ! On ne s’improvise pas champion du bois construction.

Les nommés :

Les Provinciales à Fontenay-sous-Bois
Domaxis

Les Nuages
Nexity

"Le Luzard II" Résidence étudiante en bois
Efidis

Trophée du Public

Stéphane Theuriau

Altarea Cogedim

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L'anticonformiste

Dans son bureau de l’avenue Delcassé, dans le 8ème arrondissement de Paris, d’où l’on peut apercevoir la tour Eiffel émergeant des toits zingués, Stéphane Theuriau fait face à un superbe portrait en noir et blanc de Miles Davis, l’un des musiciens qu’il apprécie particulièrement, encadré par deux toiles du peintre et graffeur Mahjoub Ben Bella. Front plissé, le jazzman fixe l’objectif d’un œil bravache derrière ses lunettes à large monture. « Il a l’air de dire : « c’est quoi le problème ? », il y a un certain dé dans son attitude. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi cette photo lorsque je suis arrivé dans le groupe », décrypte ce passionné de musique. Pour lui en tous cas, pas de problème depuis sa nomination en juin 2014 comme président du directoire et co-gérant d’Altarea Cogedim : « nous récoltons les fruits de la réorganisation mise en place depuis 2012. Tout suit : l’entreprise est en croissance, les ventes et les équipes également. Les effectifs ayant doublé en trois ans, nous serons 2 000 collaborateurs l’an prochain », indique ce passionné de Franck Zappa, qu’il considère comme un véritable génie de la seconde moitié du 20ème siècle. Le challenge de ce diplômé de l’EM-Lyon ? « Consolider le développement de cette nouvelle organisation avec son architecture managériale et régionale autour des trois classes d’actifs que nous sommes les seuls à maîtriser, quatre même avec les projets mixtes, alors qu’une partie de nos collaborateurs ont moins de deux ans d’ancienneté. Nous sommes en responsabilité, nous sommes des producteurs avec des méthodes éprouvées dont le modèle crée des émules », explique ce professionnel qui a démarré sa carrière comme analyste financier chez Goldman Sachs et Morgan Stanley, après deux années passées en coopération aux Etats- Unis, puis quatre ans chez Auguste- Thouard, « où j’ai appris ce qu’est un client et qu’il ne faut jamais perdre cela de vue ». Une vraie culture d’entreprise que défend ce grand amateur de rap, qui écoute Kendrick Lamar ou Dr Dre en boucle. Une hantise ? « Le conformisme ambiant ». Pour y échapper, cet amateur des huit premiers albums de Chicago mise sur l’anticipation et l’analyse pour améliorer la performance de l’entreprise, qui doit aussi se développer « au service de ses collaborateurs », avec une discipline très forte de la gestion des risques.

Édito
par Arthur de Boutiny

le 24/04/2018

HQE, BREEAM, Leed et consorts…

Lancé en novembre, le label Intairieur se propose de mesurer et contrôler la qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments. « On sait désormais que l’air intérieur est cinq à dix fois plus pollué qu’à l’extérieur (…) et est responsable de près de 20 000 décès prématurés par an en France, tandis qu’on estime à 19 milliards d’euros son coût socio-économique ». Ce protocole de valorisation de la qualité de l’air intérieur va être repris par Bouygues Immobilier pour son programme « Oreka », à Bayonne (64). On le voit, les labels et autres certifications deviennent de plus en plus nombreux et, pour le commun des mortels comme pour les professionnels, il devient difficile de s’y retrouver.

Acermi, BBCA, BiodiverCity, Biosourcé, BREEAM, CSTBat, Eco Artisan, Effinergie, Habitat et Environnement, Leed, Minergie, NF HQE, Passivahaus, Qualitel, Well… Citer les quelque 4 000 normes se rapportant au bâtiment serait fastidieux et tiendrait de la liste de Prévert, mais le Grenelle de l’Environnement, la Cop21 et l’Accord de Paris ont fortement favorisé la multiplication des certifications, qui sont pour près de 98 % d’entre elles d’application volontaire et résultent d’une stratégie. Une trinité se détache néanmoins : HQE, BREEAM et Leed.

Outre les questions de chauvinisme, entre la norme française HQE, l’anglaise BREEAM et l’américaine Leed, il y a, bien sûr, le souhait d’attirer des entreprises internationales dans les bureaux. HQE se focalise sur l’éco-construction, l’éco-gestion, le confort et le santé et permet de bénéficier des labels d’Etat de HPE (haute performance énergétique) et BBC (bâtiment basse consommation) ; délivré par Certivéa, il est bien plus cher que celui de ses concurrentes, un coût à relativiser par rapport aux coûts d’investissements mobilisés sur ces projets. BREEAM se focalise, quant à elle, sur 10 thématiques environnementales, rend obligatoire le recrutement d’un écologue et a pour elle un process de certification allégé et un coût bas. Quant à Leed, encore timide dans l’Hexagone, elle a pour elle une saisie du dossier simple sur une plate-forme en ligne, mais a contre elle des références, des normes et des produits peu reconnus en Europe, tout en rendant incontournable le « commissioning » : ce processus d’assurance de la qualité, qui s’étend sur toute la durée des étapes de développement, réalisation, mise en service et exploitation du bâtiment, est un pré-requis pour l’obtention de la certification. Les sujets traités par ces certifications étant les mêmes, les acteurs de l’immobilier choisissent de plus en plus souvent la triple certification.

Si les certifications tiennent de la forêt vierge, il faut néanmoins remarquer que leur emploi de plus en plus massif est une preuve évidente de l’intérêt des professionnels de l’immobilier pour le développement durable et une adéquation des bâtiments à de tels objectifs… Comme si la complexité des labels était proportionnelle à celle du défi de l’écologie…

Portrait

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