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Le palmarès des Trophées Logement & Territoires

2015

L'édition 2014

Le Professionnel de l'année

Yves Laffoucrière

Action Logement

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Numéro 1, tout simplement

Chez Immobilière 3F, maison dirigée depuis une décennie par notre Trophée, les chiffres donnent le tournis : le patrimoine maison, c’est la bagatelle de plus de 205 000 lots gérés… avec une belle prédominance en Ile-de-France (134 000 !), mais aussi près de 19 000 en Rhône-Alpes, 14 000 en Haute-Normandie ou 11 500 dans la région Centre ! Le tout, dans 13 entreprises sociales pour l’habitat… C’est dire si 3F a une implantation territoriale forte et si l’expérience de la structure compte. Celle de son directeur général aussi car sa carrière, comme son action actuelle, présentent un sacré bilan ! Quand nous avions (déjà) fait un portrait de lui lors de la remise des Trophées 2008 – il gagnait alors dans la catégorie “Gestionnaires et Asset Managers” – 3F comptait 144 000 logements… seulement. En six ans, on constate une progression que peu de structures de logement social peuvent afficher, hélas… Les votants d’Immoweek ne se sont donc pas trompés en couronnant, cette fois, notre homme du titre de “Professionnel de l’Année”. Un titre qui, manifestement, s’imposait…

Quand on parle d’un grand professionnel, il est bien normal de commencer par un coup d’œil, même rapide, sur un parcours bien rempli. Ce qui est intéressant chez notre Trophée, natif du Bourbonnais, c’est qu’il a travaillé dans la quasi intégralité des métiers de ce que l’on appelle la chaîne du logement. Commençons par le début. Ce fils de notaire, après des études à Moulins, est reçu aux Ponts et Chaussées et, pour compléter ce titre prestigieux, il devient architecte DPLG. Muni de ses deux viatiques, notre homme débute véritablement sa carrière au sein du bureau d’études Séchaud & Bossuyt. Ces neuf années le verront, notamment, s’occuper d’un projet phare (c’est le moins que l’on puisse dire) : le chantier de rénovation de la Tour Eiffel. Commencer par une tour quand on va s’occuper de logement, voilà un (joli) symbole !
En 1985, il quitte ce bureau d’études pour devenir directeur adjoint aux opérations nouvelles  de la Sagi (Société Anonyme de Gestion Immobilière). Le voici dans le bain du grand Paris. L’année suivante, notre Trophée devient le directeur général de la Société d’Economie Mixte d’Aménagement de l’Est de Paris, la fameuse Semaest, toujours existante. Et durant son septennat à ce poste, il ne chômera pas ! Ses chantiers ? Devenir l’aménageur de l’Est parisien, avec des opérations d’envergure comme la Zac Reuilly, la Zac Bercy, la Promenade plantée ou le Viaduc des Arts… C’est dire que la “problématique” parisienne ne lui est pas inconnue. C’est donc logiquement que lui est confiée, en 1993, la direction générale de l’Opac de Paris (aujourd’hui Paris Habitat) : le voici à la tête d’une structure gérant plus de 100 000 logements à Paris et en Ile-de-France. Et, là aussi, le travail ne manque pas… Le changement de majorité parisienne ne l’éloigne pas – tout de suite – de la Ville puisqu’en 2001 il est nommé à la tête opérationnelle de la Siemp, autre structure logement de la Ville… active, mais en dix fois plus petit (avec un patrimoine d’une dizaine de milliers de logements “seulement” si l’on ose l’écrire). En 2003, la Caisse des Dépôts attire ce fin connaisseur des arcanes parisiennes et franciliennes en lui confiant le poste de directeur inter-régional en Ile-de-France.
Mais, le logement lui manque – comment ne pas le comprendre ? – et en 2005, le voici promu directeur général de l’Immobilière 3F, poste, nous l’avons dit, qu’il occupe avec brio : c’est d’ailleurs désormais le plus long “bail” de ce beau parcours. Il faut dire que le défi est de taille. Ce grand bailleur social, qui possède l’originalité d’être un groupe national détenu à hauteur de 73 % par Solendi (Action Logement), reste l’un des bailleurs sociaux les plus productifs. On dit « l’un des » pour ne vexer personne… Ce qui frappe, en effet, chez 3F, c’est le dynamisme d’une structure dont nous avons, déjà, cité les chiffres de patrimoine. Mais ceux-ci ne sont qu’une partie immergée de l’iceberg. Cette grande maison prouve que l’on peut construire et gérer du logement social de qualité et faire des bénéfices. Qu’on en juge ! En 2013, 3F a enregistré un chiffre d’affaires de 1,275 milliard d’euros, en hausse de 2,4 % par rapport à 2012. Le groupe a donc réalisé une très belle année, puisque le nombre d’engagements financiers, au niveau national, se fixe à 8 228 logements, soit une progression de 30 % par rapport à 2012. En parallèle, 6 250 logements et places d’hébergement ont été mis en chantier, alors que 5 000 logements étaient livrés.
En 2014, l’objectif de notre Trophée était de mettre en chantier la bagatelle de 8 000 logements, mais, comme il nous l’expliquait au début de l’année « nous avons 1 500 logements bloqués en Ile-de-France. Cela va se résoudre, mais plus ou moins rapidement. Deux raisons à cela : d’abord, le ralentissement des commercialisations des programmes privés qui entraîne une impossibilité pour les bailleurs sociaux de trouver des Vefa. Constatant un niveau trop faible de commercialisation, les banques n’accordent, en effet, pas leur financement aux promoteurs, ce qui obère le lancement d’opérations, ainsi que de la partie des projets consacrée aux logements sociaux. La seconde raison est liée au renouvellement des équipes municipales : il y a un temps d’arrêt sur un certain nombre de projets, avec des remises en cause. C’est le cas, en ce qui nous concerne, dans une vingtaine de communes. Certains de ces programmes pourront au final être lancés, mais d’autres seront définitivement perdus. Notre engagement reste malgré tout de faire plus, que ce soit en matière d’engagement foncier qu’en matière de dépôt de financement. Les moyens humains sont là, mais, cette année, nous n’y parviendrons pas ».
Malgré ces difficultés, les changements liés aux élections et autres contraintes, le directeur général de 3F tiendra cet objectif de 8 000 qui en fait, dit-il non sans fierté, « le premier producteur de logements sociaux en France ». Une “belle année” aussi pour sa vente de logements aux locataires, avec 1 000 ventes ainsi réalisées. De belles satisfactions aussi côté renouvellement urbain avec 56 (rien que ça !) projets lancés dans l’Hexagone : certains sont entièrement menés à terme et d’autres sont déjà fortement en cours (à près de 80 % pour la majorité d’entre-eux).
Ce qui fait l’originalité également de la maison qu’Yves Laffoucrière dirige et que Christian Baffy (ancien président de la FFB et de la SMABTP) préside, c’est la variété des interventions. Notre homme inaugurait ainsi récemment dans la Cité du Refuge, dernier immeuble construit par Le Corbusier dans le 13e arrondissement de Paris, un centre d’hébergement d’urgence géré avec Emmaus… et il proposait également dans le “Trapèze”, à Boulogne (sur les anciens terrains Renault), 100 logements intermédiaires… pour des locataires plus “aisés”. On pourrait multiplier les exemples de la diversité d’activité du groupe qui investit, chaque année, 950 millions d’euros en développement ou amélioration du patrimoine et dont le résultat dépassait en 2013 toujours, les 250 millions d’euros.
Mais la quantité produite est loin d’être le seul critère pour notre Trophée : « notre sujet n’est plus uniquement de produire du logement, explique-t-il immédiatement. Créer du logement nécessite aussi de penser places dans les crèches, écoles, services sociaux. Bien souvent, les collectivités locales disent vouloir construire, mais ne pas en avoir les moyens. Nous ne pouvons donc développer une offre de logements que si nous prévoyons, avec les collectivités locales, les moyens de les accompagner, de développer des moyens innovants de créer du logement, par exemple en surélevant certains immeubles, ce qui a été fait à Paris, au cœur de Belleville, avec une opération de construction neuve et surélévation en milieu en partie occupé. L’autre exemple est celui de la transformation de bureaux en logements, à l’image de ce que nous allons réaliser à Charenton (94) : là, nous avons acquis un immeuble auprès de Genefim, filiale de la Société Générale. Ce bâtiment de 7 000 m2 de bureaux sera transformé en une résidence intergénérationnelle de 90 logements. Nous avons confié ce travail aux architectes de l’agence Moati-Rivière, choisis sur concours. Ce qui nous a séduit dans leur projet est leur choix de ne pas renier l’histoire de l’immeuble : les panneaux sont conservés, une peau extérieure est ajoutée, sur laquelle une surface végétalisée pourra être apposée. On redonne ainsi de la qualité au logement. C’est la preuve qu’il est possible de mettre en œuvre des solutions raisonnables pour ce type de projet. Je ne trouverai pas, d’ailleurs, hors de propos d’envisager de réaliser 10 % de notre production de cette manière. Les transformations de bureaux en logements sont un vrai gisement, insuffisamment exploitées, notamment en première et deuxième couronnes, là où le maillage de transports existe ».
Une autre donnée essentielle – et originale – est l’encouragement aux parcours résidentiels et à la mobilité des locataires : près de 20 000 logements ont ainsi été attribués l’année dernière et, en Ile-de-France, 1 215 changements de logements ont été réalisés, soit 13 % des attributions. Un taux qui doit faire des envieux…
On l’aura compris, pour ce père de quatre enfants, amoureux de littérature et de musique classique (ah, l’Opéra !), l’amour du travail bien fait est un leitmotiv : il insiste sur “la connaissance durable des territoires”, sur la pérennité des engagements, sur la beauté et l’empreinte énergétique des programmes entrepris. Il “produit” donc du logement – et beaucoup ! -, mais avec ce choix de l’élégance et de la qualité qui riment parfaitement avec social. Ce qui n’empêche nullement les indicateurs financiers d’être bons. Arriver à concilier tous ces critères, voilà qui vaut bien un Trophée, sans doute !

Pascal Bonnefille

Territoires

Alain Juppé

Mairie de Bordeaux

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Opération au long cours

L’ancien Premier ministre dont la carrière brillante n’est pas à présenter aime à se projeter dans l’avenir. à Bordeaux, dont il fut maire dès 1995, il s’est attelé concrètement à une opération d’envergure, le réaménagement des Bassins à flot, comme un pilier de son projet urbain. Sur le site historique de l’activité portuaire, il a lancé avec une méthode d’“urbanisme négocié” une conduite de rénovation qui associe les différents intervenants dans le cadre de l’Atelier des Bassins. Il souhaite donner une grande place au débat. Dans une vision de long terme, le maire de Bordeaux est convaincu que ce quartier sera le plus prisé.

Le réaménagement des Bassins à flot est un pilier du projet urbain qu’Alain Juppé a lancé dès 1995. Si son premier mandat local fut parisien, son histoire avec Bordeaux est de longue durée ; élu maire en 1995, il fut réélu en 2004, 2008 et 2014. L’activité portuaire se déplace progressivement en aval du fleuve, ce qui génère des friches. Le projet vise à réinterpréter les grands îlots industriels, à valoriser la plaque portuaire et à préserver le patrimoine.
Alain Juppé a une vision à long terme de ce quartier, convaincu qu’en 2030, il sera le plus prisé de ceux qui recherchent un cadre urbain, un paysage magnifique, un logement durable et une accessibilité au centre-ville. Il a demandé à l’agence Nicolas Michelin et associés, qui assure le rôle de coordinateur, de s’inspirer de l’esprit des lieux.
Site historique de l’activité portuaire de Bordeaux, la rénovation des Bassins à flot est une opération d’envergure : 3 700 logements, 110 000 m2 de surfaces d’activité. 43 permis ont été accordés et 3 sont en cours d’instruction.
C’est aussi une opération de long terme. Une étude de réaménagement a été réalisée en 2003 par Antoine Grumbach. La mise en œuvre du Programme d’aménagement d’ensemble s’étale de 2010 à 2025. Le lien du quartier avec l’agglomération a été soigné avec la création du pont Chaban Delmas qui le relie à la rive droite. Ce nouveau quartier crée un « trait d’union entre Bordeaux et son fleuve ». C’est un quartier mixte, qui se fonde sur son riche passé industriel.
La mixité résulte aussi des tailles minimales par typologie de logements et d’une part importante de logements de plus de trois pièces. Autre objectif : une bonne répartition entre les différents types de logements (libre, locatif sociaux, accession).
Pour mener à bien un projet d’une telle envergure, Alain Juppé a choisi la méthode de conduite de projet « représentative d’une façon de faire la ville autrement ». Il ne s’agit pas d’une Zac, mais de « l’urbanisme négocié ». L’importance du projet a supposé de mobiliser de nombreux acteurs, plus de trente opérateurs, associations et entreprises et promoteurs, et plus de 80 agences d’architectes. Mais ils sont regroupés dans l’Atelier des Bassins, qui suit l’ensemble des projets avec la Communauté urbaine de Bordeaux, la ville de Bordeaux et le Grand Port Maritime de Bordeaux, toujours avec l’agence Nicolas Michelin. Plus de 50 réunions se sont tenues depuis 2009 dans le cadre de l’Atelier des Bassins.
Ecartant l’idée de difficulté sur le projet, Alain Juppé s’attarde davantage sur le débat. Il cite l’exemple de l’opportunité d’implanter dans ce quartier, désormais dense en population, un site industriel de maintenance des yachts. Favorable à la poursuite d’une activité économique sur le secteur, à condition qu’elle ne soit ni polluante ni génératrice de nuisances sonores pour les riverains, Alain Juppé est parvenu à la décision que les travaux lourds soient effectués dans les installations portuaires de Bassens et que les finitions soient assurées dans la forme de radoub des Bassins à flot. « Avec du bon sens et en échangeant, on parvient toujours à trouver une bonne solution » conclut le maire.
Alain Juppé a une belle collection de diplômes (énarque, agrégé de Lettres Classiques, inspecteur des finances), des maroquins prestigieux (Budget, Affaires étrangères, écologie, Défense)…
L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac est aussi connu pour sa plume. Auteur d’une dizaine d’essais, il écrivit “La Tentation de Venise” en 1993 ou “La politique telle qu’elle meurt de ne pas être”, en 2010. Très certainement, la beauté de Bordeaux d’aujourd’hui a guéri Alain Juppé de la tentation de Venise…

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

François Baroin
Mairie de Troyes

Francis Chouat
Mairie d’Evry

Pierre Gosnat
Mairie d’Ivry sur Seine

Promoteurs

Philippe Cayol

ADN promotion

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De la mesure !

Voici un promoteur qui est capable de vous entretenir de développement durable sans en faire un impératif suprême et sans davantage en dénigrer l’intérêt ! Performance suffisamment rare pour être saluée. ASAP, dans un sens renouvelé (« as sustainable as possible »), est ainsi devenu l’un des objectifs affichés de Nacarat. Cette voie étroite est déjà signe d’un sens affiné de la mesure ! Un trait de caractère qu’on retrouve dans la performance qu’a su mener à bien un Marseillais dans une entreprise du nord. Philippe Cayol a su aussi tirer l’expérience de son passé chez Bouygues Immobilier pour dynamiser les équipes de Nacarat et emmener avec succès l’entreprise du nord arpenter de nouveaux chantiers dans l’est, jusqu’en Pologne.

Marseillais dans un groupe du nord, Philippe Cayol a mis peu de temps à y trouver sa place. Sup de Co Paris 1988, ce pro a fait toute sa carrière chez Bouygues, avant de rejoindre Nacarat comme directeur général pour le sud, en 2010. Trois ans plus tard, il est directeur général du groupe, fonction qui le conduit à animer les équipes d’une entreprise de 220 personnes, réparties dans une dizaine d’implantations régionales. Cette filiale du groupe Rabot Dutilleul a réalisé, en 2013, un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros, sachant que l’activité est réalisée pour un tiers dans le nord, un tiers en Ile-de-France et un tiers dans le reste du territoire.
Philippe Cayol a été marqué par son expérience pour Bouygues en Pologne, un plan de Varsovie, en bonne place dans son bureau parisien, en témoigne. Il y a vécu avec sa femme et ses trois enfants. Plus récemment, mettant en valeur sa connaissance du pays, il y a créé une implantation nouvelle pour Nacarat.
Il tient beaucoup au développement durable, mais conçu dans un sens de mesure : d’où le sigle ASAP, compris comme « as sustainable as possible ». Philippe Cayol considère, en effet, que le développement durable est utile et nécessaire, mais à condition de prendre garde à ne pas aller au-delà de ce que le marché peut supporter. L’expérience à l’étranger permet aussi de dupliquer des méthodes qui ont fait leur preuve. Exemple : les Polonais pratiquent beaucoup l’isolation par l’extérieur. Sans faire de pastiche, on peut ainsi s’inspirer d’autres, tout en innovant. Pour Philippe Cayol, on gagnerait à fixer un objectif clair (50 Kwh/m2 par exemple), puis à laisser davantage de liberté aux acteurs pour trouver les outils pour y parvenir… un moyen efficace pour que les immeubles soient davantage Beaux et Bien Conçus ! être promoteur impose, bien sûr, de prêter une attention vigilante aux solutions techniques. On redécouvre tout l’intérêt de l’orientation des bâtiments pour affiner leur efficacité énergétique.
Immeuble emblématique des réussites du promoteur, le “K”, à Lyon Confluence – livraison prévue en fin d’année -, associe logements et bureaux, habitat privé et habitat social. Sur un modèle de mixité très haussmannien, ce regroupement permet, par exemple, de mutualiser les ascenseurs. L’immeuble, branché sur un smartgrid, permet aussi de suivre les consommations d’énergie en temps réel. Mais la réussite d’un programme ne saurait être seulement technique. Faciliter les relations est l’un des objectifs de ma-residence.fr, site internet qui permet aux acquéreurs de logements de nouer des liens avec leurs futurs voisins. Le retour est très positif puisque 70 % des acquéreurs utilisent le service et que la ville s’y intéresse.
Le promoteur s’est aussi tissé une compétence dans la transformation de bureaux en logements. Pour le directeur général de Nacarat, c’est une voie d’avenir. Exemple : l’ancien siège social de Système U, à Créteil, datant des années soixante-dix, a donné naissance à une résidence sociale pour jeunes actifs. Pour les immeubles de cette génération, si la réhabilitation est coûteuse, la faible efficacité énergétique initiale permet, après travaux, d’assurer un gain important d’économie sur les charges. Le groupe réalise aussi des surélévations en cœur de ville, tout en conservant l’usage de bureaux, comme il l’a fait dans le 8e arrondissement de Paris, rue La Boétie.
Philippe Cayol apprécie la dimension humaine du groupe, pétrie de grande bienveillance et de désir de bien-faire, tirée de la tradition des grands entrepreneurs du nord. Pratiquant rugby et tennis, Philippe Cayol est aussi membre de l’Association pour le Progrès du Management et du Club de la Maîtrise d’Ouvrage.

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

François Bertière
Bouygues Immobilier

Henri du Boucher
Sogeprom

Patrice Pichet
Groupe Pichet

Conseils et Gestionnaires

Françoise Héraud

CBRE Residentiel

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Quelle énergie !

Françoise Héraud s’adapte au changement ; elle a su le faire à de nombreuses reprises au cours de sa carrière. C’est un mode d’être qu’elle a puisé très tôt, à partir d’une jeunesse outre-mer, et qui lui a permis de découvrir des pays et des personnalités d’une grande diversité.
Aujourd’hui senior director residential chez CBRE Capital Markets, Françoise Héraud peut se targuer d’une année fructueuse : pas moins de 22 deals. Avec l’aide d’une équipe resserrée et bénéficiant de l’image forte de CBRE, elle pratique son métier avec une attention soutenue pour ses clients et une grande vigilance dans les détails. Dès que l’occasion se présente, Françoise Héraud se plait à compléter sa compétence par des cursus de formation variés.

Si une enfance à Nosy Be, au large de Madagascar, aurait pu augurer d’une existence paisible, tel n’a pas été le cas pour Françoise Héraud : le coup d’état de 1972 a conduit sa famille à l’envoyer poursuivre ses études en France. Après un IUT de commerce, une année dans une famille du Texas lui a vite donné une ouverture à l’international. Elle aborde son premier poste dans l’immobilier à la Réunion chez le promoteur Soprim, où elle passe cinq ans. Mais Paris attire ! Elle y démarre chez Auguste-Thouard en 1985 en découvrant l’immobilier d’entreprise avec Jean-Marc Rodel et Jean-Marie Forestier. En 1987, l’occasion se présente de créer un département habitation du groupe, en reprenant Achard & Associés dont elle devint peu après actionnaire.
Les années se succèdent avec de multiples changements d’actionnaires et avec l’arrivée de Richard Ellis. à chaque fois (pas moins de six fusions), il faut se réadapter. Mais Françoise Héraud voit ces changements comme de fructueuses occasions de bouger, de découvrir des richesses nouvelles. Avec une ligne fixe : s’occuper avec soin des clients, ce qu’elle apprécie. Un exemple : sitôt rentrée de vacances, elle les appelle. Un autre : une grande attention aux détails. L’immobilier de luxe impose, en effet, de prendre soin des moindres détails.
Aujourd’hui senior director residential au sein de CBRE Capital Markets, sous la houlette de Nicolas Verdillon, Françoise Héraud aime à dire qu’elle est entourée d’une petite équipe composée de grands professionnels, citant volontiers les noms de Sébastien Lorrain et de Pascal Meulemans. Bien que resserrée, cette équipe bénéficie de l’appartenance à un grand groupe et de l’image forte que véhicule CBRE. Elle assure la vente en bloc, mais aussi les ventes en l’état futur d’achèvement en bloc pour des institutionnels ou des bailleurs sociaux. L’activité s’étend aussi aux ventes de résidences gérées (résidences services ou résidences étudiants).
On l’aura compris, Françoise Héraud aime parler de son métier ! Occasion lui est donnée de le faire chaque année depuis plus de dix ans au Forum CBRE aux côtés de Maurice Gauchot.
2014 est une année bien remplie : pas moins de 22 deals. Le marché de la vente en bloc se porte bien car des immeubles sont arrivés à maturité et leurs propriétaires souhaitent procéder à des arbitrages. Certes, la loi Alur a imposé des adaptations et contribue à allonger la durée du portage, mais le marché est actif.
Le parcours bien rempli de Françoise Héraud lui a permis de connaître toutes les facettes du secteur du logement. Ventes de logements en bloc bien sûr, mais aussi ventes de logements de haut standing à des acteurs célèbres ou des patrons du Cac 40, ventes à l’étranger, ventes de logement neufs, ventes par lots.
Françoise Héraud aime aussi étudier. Pour compléter un cursus d’étude qu’elle aurait aimé poursuivre plus tôt, elle saisit chaque occasion pour parfaire sa formation. Ce fut ainsi l’IAE en 1979, puis la Rics en 2009. Elle est, d’ailleurs, aujourd’hui membre du board résidentiel de la Rics. Plus récemment, elle a suivi avec enthousiasme pendant six mois le Cycle des hautes études pour le développement économique (CHEDE) organisé par le ministère du Budget. Passionnante occasion de rencontrer soixante-dix personnes, fonctionnaires ou entrepreneurs, et de réfléchir par exemple à l’histoire, la sociologie ou la dimension artistique d’une ville, en parcourant Lille, Le Havre, Coppenhague… Françoise Héraud est aussi membre de Voxfemina qu’anime Cécile de Guillebon.
Passion pour son métier, goût pour la formation. Lui reste-t-il du temps ? Suffisamment pour en donner à ses quatre enfants et tenir sa maison ouverte à d’autres.

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

Dominique Bonetti
BNP Paribas Immobilier Résidentiel Transaction et Conseil

Dominique Duband
Batigère

Programmes Durables

Ilot Allar, Marseille

Eiffage Immobilier, Eiffage Aménagement, Epaem

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A la reconquête du nord de Marseille

Le lauréat de la catégorie “Programme Durable” se situe à Marseille, au sein de la plus grande opération de rénovation urbaine en Europe, Euroméditerranée. L’îlot démonstrateur Allar, portant provisoirement le nom de la rue où il se trouve, est le fruit d’une collaboration entre plusieurs acteurs de l’immobilier, dont Eiffage Immobilier, Eiffage Aménagement et l’établissement public d’aménagement Euroméditerranée (Epaem). L’éco-cité trouve son point d’ancrage en conciliant efficacité énergétique et développement urbain.

L’îlot démonstrateur Allar est un projet qui développe 57 000 m2, avec 27 000 m2 de bureaux et 300 logements libres. Il comprend aussi une résidence pour personnes âgées d’une centaine de lots, ainsi que 2 300 m2 de commerces et activités en pieds d’immeubles. Construit sur le site d’une ancienne usine à gaz, ce projet s’inscrit dans Euromed, une opération d’intérêt national (OIN), qui se décompose en deux phases : la première, de 1995 à 2000, a permis de développer 3 800 logements neufs, d’en réhabiliter 3 500, avec 400 000 m2 de bureaux également construits. Le tout pour 450 millions d’euros d’investissements publics et 1,5 milliard d’euros d’investissements privés. « Continuer la reconquête des territoires nord de Marseille : c’est avec cet objectif que l’idée d’une opération visant à créer un fort lien social entre les habitants, l’îlot Allar, est née » précise Hervé Gatineau, directeur immobilier grands projets de la région Méditerranée chez Eiffage Immobilier. Et de poursuivre : « Eiffage Immobilier a alors pris en main le développement de cet îlot démonstrateur ». Le déploiement d’un ensemble de services dédiés à la personne (crèche, résidence séniors) est également prévu.
L’îlot Allar s’inscrit au sein de l’extension Euromed 2 (la deuxième phase), qui concerne un périmètre de 169 hectares. Cette dernière a été lancée en 2012 et vise 18 000 logements neufs, dont 6 000 réhabilités, la venue de 30 000 habitants, la création de 40 000 emplois et un million de mètres carrés de bureaux. Ce sont alors sept milliards d’euros d’investissement, publics et privés, qui seront engagés.
C’est dans ce cadre que l’architecte éduardo Souto de Moura, prix Pritzker 2011, signe le premier immeuble de l’îlot démonstrateur, soit 10 000 m2 acquis par la ville de Marseille. Le programme lauréat accueillera également un hôtel B&B de 90 chambres.
« L’Îlot Allar est une application du laboratoire Phosphore, le département recherche & développement d’Eiffage, qui a été créé afin de concevoir et mettre en œuvre des innovations au service de la ville de demain » détaille Hervé Gatineau.
Une autre application que le laboratoire a créée est le principe de la “solidarité énergétique”. « Habituellement, la climatisation des bureaux libère de la chaleur dans l’air qui est perdue. Grâce à la mixité du programme et la mise en place d’une boucle d’eau interne à l’îlot, cette chaleur est récupérée “gratuitement” pour chauffer les logements ou produire leur eau chaude sanitaire » illustre Hervé Gatineau. En partenariat avec EDF Optimal Solutions, ce concept a été étendu pour travailler sur l’utilisation de ressources naturelles au projet. Dans le cas présent, la mer sert de source d’équilibrage général. La consommation d’énergie liée au chauffage et à la climatisation s’en trouverait largement réduite. « L’économie sur ce poste de dépense serait de l’ordre de 25 à 30 % pour l’usager » précise-t-il.
« Malgré la présence d’un nombre important d’employés tertiaires, nous ne souhaitons pas créer La Défense sur Mer ; nous souhaitons mettre en œuvre un îlot qui est précurseur d’un nouveau mode de vie, dans lequel règne une mixité générationnelle et sociale » affirme le directeur immobilier grands projets de la région Méditerranée.
L’opération, qui doit s’achever en 2018, représente, à terme, un quartier de plus de 4 000 personnes qui vont vivre, habiter et travailler sur le site, en liaison avec les 700 personnes d’EDF déjà présentes sur le site limitrophe. Avec la construction de cette nouvelle ville dans la ville, Marseille a toutes les chances de rayonner en tant que capitale de la Méditerranée.

Elliott Katane

Les nommés :

"Font Pré", Toulon
Bouygues Immobilier

7, rue Guénot, Paris 11°
RIVP

"La Petite Prusse", Pantin
Sodéarif

Programmes Solidaires

"Casanova", Rosny sous Bois

Logirep

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Solidaire et durable

Une cité de 92 logements aux bâtiments délabrés, dans le quartier du “Bois d’Avron”, à Rosny sous Bois : c’est le point de départ du projet de rénovation urbaine du quartier “Casanova” mené par Logirep (filiale du groupe Polylogis).

En 2002, Logirep signe avec l’OPHLM un bail emphytéotique de 55 ans pour le patrimoine situé dans le quartier “Jean Mermoz” et “Bois d’Avron”. Ici, le groupe a pour projet de réaliser une résidence paisible, de 115 logements, environnée de nombreux espaces verts. « Ce quartier, situé rue Danielle Casanova est une ancienne cité de transit, construite par la Semidep dans les années 1970 pour les travailleurs immigrants embauchés par la Ville de Paris » explique Daniel Biard, président du groupe Polylogis.
Les logements existants, qui accusent une importante obsolescence technique et possèdent des façades très dégradées, avaient besoin d’être refaits à neuf. Maîtrise des coûts oblige, Logirep a décidé de détruire la totalité de la résidence pour en reconstruire une plus confortable et éco-responsable (BBC et RT 2005). « Nous livrerons 55 logements PLAI, 60 PLS. À côté, nous proposerons 30 pavillons en accession sociale à la propriété » ajoute Daniel Biard. « Notre priorité est d’assurer une mixité sociale. Le lien social dans cette résidence est déjà très fort et devrait s’accentuer avec une cité décloisonnée, ouverte sur les habitations environnantes. Les locataires sont des familles le plus souvent nombreuses ; la résidence compte 60 % de mineurs » souligne le président. Les nouveaux logements seront spacieux, mieux isolés et donc plus économes en énergie. Les habitants pourront vérifier leur consommation énergétique directement depuis leur ordinateur. Le projet devrait courir jusqu’au 2e trimestre 2017, à la fin de six phases, mais 25 logements ont déjà été livrés début 2014. « Les habitants étaient agréablement surpris de la qualité et de l’architecture des logements. Le préfet était également très satisfait des travaux réalisés » se félicite l’opérateur.
Un satisfecit donc aussi pour les architectes auteurs de cette réhabilitation, le Studio Maréchaux. Montant de l’investissement pour cette opération réussie : plus de 30 millions d’euros. A noter qu’un effort a été fait sur ce projet ; à ce titre, Logirep a demandé à la ville de Rosny sous Bois d’augmenter la durée du bail à 70 ans à compter de 2017, permettant ainsi de rentabiliser l’opération (soit le remboursement des emprunts et la reconstitution des fonds propres).
Le groupe, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 413 millions d’euros en 2013, emploie 1 080 collaborateurs, dont 700 personnes sur le terrain, et gère 64 000 logements, compte bien développer d’autres opérations. Il est d’ores et déjà présent en Ile-de-France, en Haute-Normandie, dans le Centre, dans le Pays de la Loire et dans la région Languedoc-Roussillon. Son président est, en effet, prêt à s’affranchir des frontières.
Au-delà du groupe Polylogis, Daniel Biard est, ainsi, élu au niveau européen président de la section des organismes privés sans but lucratif du Cecodhas, la fédération européenne des bailleurs sociaux. Il est également responsable au niveau européen de la fédération des ESH. Ces fonctions lui permettent de défendre le logement social à Bruxelles. Diplômé de l’ecole Nationale de Paris, de l’IAE (3e cycle de Finances de l’université de la Sorbonne) et titulaire d’un DECS obtenu au Conservatoire National des Arts et Métiers, Daniel Biard a évolué depuis le début de sa carrière, en 1981, dans le secteur du logement social. Il intègre l’ESH LogiRep, société mère du groupe Polylogis et en devient président du directoire en 2006.
Depuis huit ans, notre lauréat oeuvre donc pour des programmes de logements sociaux de qualité et innovants, comme le démontre “Casanova”.

Alexis Mamou

Les nommés :

Les Bogues du Blat, Beaumont
Mairie de Beaumont

Kaps, Grenoble
Afev

"Les Villas Jeannette", Montfermeil
Constructa

Innovations

La Varappe, Lyon

La Varappe, Habitat & Humanisme, Schneider Electric, Fondation Schneider

Lire le portrait

Les beaux jours du container

Transformer des containers maritimes en logements sociaux, tel est le projet – un peu fou – dans lequel se sont investies les entreprises La Varappe, Schneider Electric, la Fondation Schneider et Habitat & Humanisme, chacune occupant un rôle différent, de l’investissement jusqu’à l’accompagnement des familles. Ce programme, aux facettes multiples, offre la possibilité à des familles de se loger à coût réduit, d’économiser sur la facture énergétique et de proposer des logements, temporaires ou permanents, là où le foncier peut manquer ; tout cela dans le cadre d’une économie circulaire, qui redonne vie à un container en voie de recyclage. Portrait d’une collaboration issue de grandes idées.

Groupe d’entreprises d’insertion avec, en conséquence, un fort enjeu social, La Varappe réalise, en 2012, les premiers prototypes de logements en containers. Il s’entoure du cabinet d’architectes AOA et du cabinet d’études environnementales Burgeap. Réalisés en partenariat avec Schneider Electric et exposés lors du Solar Décathlon 2014, de nouveaux containers ont été livrés et offerts à l’association Habitat & Humanisme, à Lyon. Le projet est né d’une inspiration triple, la première concernant les modes de vie : « nous sommes convaincus qu’ils ont évolué. Les ménages étant bien plus nomades, nous estimons que l’habitat doit évoluer en même temps. Nous avons voulu faire en sorte que le logement soit également modulable et transportable » explique Laurent Laïk, président du groupe La Varappe. Cette volonté s’inspire ensuite de l’observation des pays scandinaves, où les règles de construction sont moins contraignantes. Enfin, le troisième morceau du puzzle a été nécessaire afin d’esquisser la complète image de ce que deviendront les containers-logements de La Varappe : la visite d’une cité-étudiante, au Havre, de 100 logements montés en containers recyclés. « L’idée était exemplaire. Néanmoins, la question du logement n’était pas traitée de manière optimale car l’aspect de modularité n’était pas bien pris en compte. La cité étudiante a aussi été décriée à cause de son efficacité énergétique faible » concède Laurent Laïk.
Le concept a bien évolué depuis : neufs containers ont été livrés à Habitat & Humanisme, de 12 mètres de long sur 2,50 mètres de large. Ils s’élèvent sur trois étages. Ils sont reliés par un système de “plug” dans lequel toute la technique passe (gaines, câbles…). « Le fait d’utiliser ces plugs permet de moduler et modifier ces containers, sans que l’on ait l’impression d’évoluer dans un couloir ; notre système d’accroche et de découpage permet de traiter l’intérieur comme un logement » se félicite Laurent Laïk. Quant au coût de développement, il oscille légèrement en dessous de 1 000 euros, hors foncier, du mètre carré, soit près de 40 % de baisse par rapport au prix habituellement pratiqué.
Si l’inspiration est triple, l’innovation est également multiple. D’abord, d’un point de vue de la mobilité, toutes les réalisations de La Varappe sont faites par des assemblages démontables et remontables. L’installation sur place, à Lyon, a duré une semaine pour 400 m2. Une semaine de plus a été nécessaire pour les finitions. « Et si l’on souhaite démonter et transporter ces logements, cela prend jusqu’à une semaine supplémentaire. Ces containers sont très mobiles et offriront la possibilité de les commercialiser auprès de bailleurs ou de communes ». Ainsi, temporaires ou permanents, ces logements-containers s’adaptent à leur environnement.
L’innovation a également concerné l’aspect énergétique, par l’apport de la technologie de Schneider Electric. Gilles Vermot-Desroches, directeur développement durable chez Schneider Electric et directeur du fonds d’investissement solidaire de Schneider (actionnaire de La Varappe à 20 %), explique la démarche : « nous avons souhaité aider les habitants à maîtriser leurs dépenses d’énergie ». Est alors intervenu BipBop, un programme de Schneider Electric qui permet de mesurer la consommation d’énergie et de l’économiser, lors de moments d’inactivité des habitants par exemple.
La dernière innovation concerne les garanties : les bâtiments installés pour Habitat & Humanisme sont assurés pour dix ans. En outre, cette garantie se renouvelle si le bâtiment est déplacé par les soins de La Varappe. De quoi assurer la pérennité d’un logement efficace, peu coûteux et mobile. Une synergie pleine de force qui lui vaut d’être lauréat de la catégorie “Programme solidaire”.

Elliott Katane

Les nommés :

Bihome
Icade

"Esprit Sagan", Paris 6°
Pitch Promotion

"Unic", Paris 17°
Emerige

Édito
par Valérie Garnier

le 14/12/2018

L’immobilier mis à mal…

« Plus rien ne sera jamais comme avant ». Je ne sais pas si c’est déjà une réalité ou si ça le deviendra, mais ce qui est sûr, au-delà de la constance des gilets jaunes à vouloir maintenir leur mouvement, ce sont les dommages identifiés, à la fois pour les commerces, mais également pour les immeubles.

Et même si les investisseurs étrangers, interloqués de découvrir les images de Paris, Bordeaux et d’autres villes en feu, ne remettent pas, pour l’instant, en question leur désir d’investir en France, – encore qu’elle se pose dit-on du côté du résidentiel -, quelle image finissent-ils par avoir de ce pays qui fait tout pour attirer les investisseurs à lui ?

Etre contre les gilets jaunes, serait mal perçu car il n’y a finalement rien de plus normal que de vouloir vivre décemment sans la peur au ventre d’être, avant la fin du mois, à découvert. Donc, la colère doit être entendue, tout comme devraient l’être les réponses qui ont été apportées.

On peut toujours tout reprocher à l’Etat, mais quelle est la part de responsabilité de ces gilets jaunes ? Celle de ne pas vouloir comprendre les enjeux économiques ? Comment une colère peut-elle être constructive ? Et, comment éviter qu’à chaque manifestation une déferlante de sauvagerie s’abatte à Paris comme dans d’autres villes en régions ?

Et pourtant, pour le cinquième samedi consécutif, le mouvement maintient sa présence, ses revendications et sa détermination.
Les commerçants de Paris ou d’ailleurs n’ont plus qu’à tirer leurs rideaux et espérer que la haine ne s’abatte pas (de nouveau) sur leur outil de travail ; les sièges sociaux se trouvant sur les Champs-Elysées ou dans les avenues adjacentes n’ont plus qu’à souhaiter que la société de gardiennage à laquelle ils ont fait appel sera en mesure de protéger le lieu, ou qu’ils ne soient pas de nouveau saccagé…

Alors oui, « plus rien ne sera jamais comme avant ».

Portrait

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