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Le palmarès des Trophées Logement & Territoires

2016

L'édition 2015

2014

Le Professionnel de l'année

Alain Dinin

Nexity

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L’homme qui aime le Logement

Faire de la vieille (et fatiguée) CGIS, un groupe comme Nexity, qui devrait afficher en 2015 un chiffre d’affaires consolidé de 2,75 milliards d’euros ; développer le promoteur qui construit le plus de logement social en France ; défendre une vision « différente » des métiers et de l’entreprise : Alain Dinin est un de ces « grands patrons » (pas si fréquents dans le secteur) qui aime à réfléchir et à innover. Les votants des « Trophées du Logement et des Territoires » ne s’y sont donc pas trompés. Un « professionnel de l’année » qui s’est imposé…

Son chemin est bien connu. Jeune diplômé de Sup de Co Lille, il commence son parcours professionnel immobilier comme responsable administratif de l’Union Foncière et Financière (la filiale immobilière du Crédit Lyonnais d’alors), puis comme contrôleur de gestion chez Ferinel (qui deviendra George V). Une structure appartenant à un certain Bernard Arnault : c’est ce qu’on appelle la croisée des destins ! Et le cursus honorum commence : directeur des ressources humaines, directeur financier, secrétaire général : il connaît tout des entreprises qu’il a servies. Mais c’est évidemment l’aventure CGIS qui va modifier en profondeur son parcours et faire de cet homme d’entreprise… un entrepreneur et un « vrai » patron. Un profil « à l’américaine » qui, en France, où les diplômes et les réseaux comptent plus que tout, dénote. Dans le bon sens. Car, c’est pierre à pierre, avec plusieurs LBO qui pourront servir d’exemple en la matière, que notre homme a construit son empire. Aujourd’hui, le groupe Nexity pèse lourd (très lourd) dans le paysage. Il y a dix ans, le chiffre d’affaires dépassait déjà le milliard d’euros. Le voici désormais pas très loin du triple, dans une conjoncture qui n’est pas extraordinairement glorieuse (c’est une litote).
Mais cet homme d’affaires redoutable (et redouté, souvent) ne se contente pas de chiffres, de courbes ou de statistiques, même flatteuses. A l’interroger, on découvre sans peine qu’il aime son (ses ?) métier(s), que l’avenir du Logement, du secteur lui-même, mais aussi des habitants, constitue pour lui autre chose qu’un simple discours. Il est de ses promoteurs (devenus multi-intervenants) qui « pensent » l’avenir, ne négligent aucune piste de développement, qui met en avant les capacités d’innovation de son groupe. Il fallait le voir, il y a quelques semaines, à Marseille, inaugurant « ses » logements dans un quartier « difficile » de la capitale de la Provence : symboliquement d’ailleurs, il a construit juste à côté un immeuble en bois qui abritera les locaux de Nexity Méditerranée.
Et l’homme Dinin ? On le dit bourru et on le constate sans fausse gloriole (à Marseille, ce n’est pas lui qui a pris la parole lors des discours d’inauguration…) ; il paraît souvent sombre, mais s’anime immédiatement lorsqu’il parle de son sujet. Et sait apprécier un ciel bleu, très bleu, en Provence, ou ailleurs… En matière de logement, il a mille et une idées : il les met en musique au sein de l’entreprise et serait heureux, parfois, qu’elles soient reprises par les politiques qu’il connaît (souvent bien) : mais en ces matières, la route est toujours très longue…
L’homme d’affaires est aussi particulièrement habile. Après la vente cet été par BPCE de plus de 5 millions d’actions rachetées par le Crédit Agricole et Crédit Mutuel et… New Port, cette dernière, la structure rassemblant Alain Dinin, les dirigeants et collaborateurs de Nexity, auront franchi le seuil de 5 % du capital du groupe. Du coup, le concert existant entre New Port, Crédit Mutuel Arkéa et environ 188 dirigeants et collaborateurs du groupe détient plus de 17 % du capital, devenant ainsi le premier actionnaire de la maison… Et Nexity, qui se flatte de détenir à lui seul 12 % du marché de l’immobilier résidentiel neuf, continue sa route, avec des équipes de qualité (côté résidentiel, c’est Jean-Philippe Ruggieri, nommé dans la catégorie « Promoteurs » qui mène – bien – la barque).
Symbole, parmi d’autres de cette réussite, on enseigne même « comment s’inspirer d’Alain Dinin, patron bâtisseur » : les troupes qui l’entourent, en tout cas, semblent être inspirées. Côté collaborateurs directs, on notera un beau groupe de fidèles (comme le directeur général délégué Hervé Denize, ou la très efficace secrétaire générale Catherine Stephanoff), mais aussi de jolis « nouveaux » (comme l’ancien conseiller économique de Jacques Chirac, Julien Carmona, désormais directeur général adjoint ou la DRH Valérie Mellul, également présidente de Nexity Conseil et Transaction). L’inspiration est aussi venue aux votants des « Trophées du Logement et des Territoires » : ce bâtisseur d’immeubles, ce constructeur d’entreprise(s), cet amoureux du secteur est bien logiquement leur, notre « Professionnel de l’Année ».

Pascal Bonnefille

Les nommés :

Thierry Lajoie
Grand Paris Aménagement

Laurent Dumas
Emerige

Christian Terrassoux
Pitch Promotion

Prix spécial du jury

Louis Besson

Parti Socialiste (PS)

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L’engagement et l’action

Savoyard (il est né à Barby, tout près de Chambéry), Louis Besson l’est et l’est resté. Notre « Trophée du Logement et des Territoires – Prix spécial du Jury » 2015 a certes marqué profondément le monde du Logement, mais sans jamais renier ses terres montagnardes et l’amour de sa région. C’est ce mélange d’engagement politique fort, mais sans dogmatisme, et d’action, parfois discrète, mais toujours décidée, qui a séduit à l’évidence le jury des Trophées.

Sur son engagement politique et son ancrage territorial, il suffira de prononcer le mot de « fidélité » : membre du parti socialiste depuis plus de quarante ans, il a été député (élu pour la première fois en 1973, à 36 ans), conseiller général, puis président du conseil (appelé aujourd’hui) départemental, maire, toujours en Savoie bien sûr ! L’action de ce politique modeste et travailleur (mais oui, il y en a, plus que l’on ne le croit souvent) est remarquée au Parlement où, en 1985, la loi montagne sera adoptée sur la base de son travail : c’était une des premières lois « vraiment » écologiques en France, visant à protéger les zones de montagne… qu’il connaît bien, et pour cause !
En 1989, ce père de quatre enfants quitte la mairie de Barby (3 000 habitants) pour se présenter à Chambéry (plus de 55 000 !), un vrai défi. Sa victoire (avec une liste très ouverte) et son travail parlementaire le désignent tout naturellement à un portefeuille dans les gouvernements de Michel Rocard, dont Louis Besson est un proche. Il est chargé du Logement (en tant que ministre délégué) puis devient, rapidement, ministre (plein) de l’Équipement, du Logement et des Transports. Ces deux années (1989-1991), même si elles passeront vite, ne seront pas perdues et donneront à notre homme le véritable « virus » du secteur. D’ailleurs, entre 1992 et 1997, le voici président du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées, une thématique qui lui est chère et qu’il n’abandonnera jamais… même au pouvoir. Car six ans plus tard, Louis Besson est de nouveau nommé au gouvernement… comme secrétaire d’État au Logement. Entre 1997 et 2001, notre homme aura du temps et son bilan n’est pas mince.
Il est le ministre qui a fait voter la loi sur la construction de maisons individuelles, mais aussi (surtout ?) la loi du 31 mai 1990 « visant à la mise en œuvre du droit au logement », dite loi Besson I : avec un sens très balancé, d’une part de création des « plans départementaux d’action pour le logement des personnes défavorisées » (PDALPD), mais aussi un « dispositif d’incitation à l’investissement locatif ». On soulignera que Louis Besson est l’homme à l’origine de l’obligation fixée par la loi d’un minimum de 20 % de logements sociaux dans les communes urbaines : mesure parfois critiquée, mais non fondamentalement remise en cause pas ses successeurs… En 2000, une nouvelle loi portant son nom oblige cette fois les communes de plus de 5 000 habitants à prévoir des emplacements de séjour à destination des gens du voyage.
Dans ses fonctions gouvernementales (et ailleurs !), l’homme se signalera toujours par une attitude de dialogue et de mesure, qui est, en quelque sorte, sa signature : jamais dogmatique, mais souvent décidé, chaleureux, mais avec cette austérité toute savoyarde, souriant mais sans démagogie.
Car il n’oublie pas ses racines : élu maire de Chambéry en 1989, réélu en 1995 et 2001, il contribue au premier plan à la modernisation et à la densification de « sa » ville. En 2001 justement, il quitte le conseil général et le gouvernement de Lionel Jospin pour se consacrer à son cher territoire. En 2004, il prendra la présidence de Chambéry Métropole, la communauté d’agglomération mais, bien dans sa manière, le 27 août 2007, annonce sa démission de la mairie de Chambéry, quelques semaines seulement après ses 70 ans. Et en 2014, notre homme annonce qu’il ne briguera plus de mandat électif… et se consacrera à un projet de fond (et de longue haleine) : la liaison Lyon-Turin, dont il est désormais président de la commission intergouvernementale.
De cette carrière bien remplie, on retiendra donc la silhouette toujours discrète d’un homme qui, sans faire de « buzz », a toujours rempli ses missions avec conscience et efficacité, d’un savoyard rigoureux et honnête, d’un « amoureux » de la question du Logement : tout cela valait, bien à l’évidence, un « Trophée du Logement et des Territoires » que le jury, dans sa sagesse, a attribué à l’unanimité. C’était bien le moins…

Pascal Bonnefille

Territoires

Gérard Collomb

Palmarès

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Dessiner la ville de demain

Innover avec le Vélov ; innover avec la première métropole de France ; innover avec des immeubles à énergie positive ; innover avec le musée des Confluences : Gérard Collomb aime à dessiner la ville de demain.

Sénateur, Gérard Collomb est à Paris les mardis et mercredis. Sa présence à la Haute Assemblée est un moyen pour l’élu lyonnais de faire avancer des textes, notamment sur l’organisation territoriale. Il contribue, ainsi, à l’allégement du millefeuille territorial. Lyon est la seule ville à avoir réalisé la fusion du conseil général et de la communauté urbaine. Pionnier, Gérard Collomb estime que le dispositif est appelé à se généraliser. Deux avantages : mutualiser et réduire la dépense publique, tout en réunissant des compétences complémentaires. Alors que la communauté urbaine s’occupe de développement économique, le conseil général gère le RSA et l’insertion sociale. Regroupant les deux services, la métropole va s’occuper des deux aspects, ce qui a beaucoup de sens. Au niveau national, Gérard Collomb préside l’Association des Communautés Urbaines de France. L’édile a été président d’Eurocités. Moyen de faire progresser la notoriété de la ville sur la scène internationale. Lyon est ainsi sélectionnée pour Horizon 2020 à titre de « ville intelligente et écoquartiers », aux côtés de Berlin et de Vienne. Les innovations sont très techniques, mais la technique est au service de l’habitant. Ainsi, le maire rappelle que Lyon a inventé le Vélov. La mise en place d’un parc de vélos est rendue possible par des services numériques. La ville a lancé une application sur smartphone qui permet de voir le trafic automobile avec une heure d’avance et d’être conseillé sur un mode alternatif de transport, ce qui favorise le report du trafic vers d’autres types de transport. Gérard Collomb aime à décrire les grands projets qui dessinent la ville de demain. La Part Dieu est un projet d’envergure qui couvre un million de mètres carrés. Les techniques évoluent vite. La première tour du quartier affichait en 2010 une consommation de 140 kWh/m2 ; la seconde prévue pour 2016 a une performance de 40 % inférieure avec 85 kWh/m2. La tour de bureaux Incity est la plus haute de Lyon. Avec les autres immeubles (« Aprilium 2 », le « Velum », la tour Oxygène), elle a vocation à dessiner une nouvelle skyline à la capitale des Gaules et à porter à 1,5 million de mètres carrés l’offre de bureaux.
Le projet comporte aussi la construction de 2 000 nouveaux logements et une nouvelle conception de l’urbanisme : casser l’urbanisme de dalle et créer un « sol facile », mettant l’accent sur les transports publics urbains. La gare va doubler sa surface d’accueil. Est prévu le « Two Lyon », immeuble mixte de 85 000 m2 dessiné par Dominique Perrault. La rue Garibaldi, sorte d’autoroute urbaine est transformée en voie à circulation apaisée, réduisant de 6 à 3 le nombre de voies de circulation. Le vaste espace de 150 hectares de la Confluence, à la pointe où se rejoignent Saône et Rhône, bénéficie d’un emplacement exceptionnel. Sa rénovation double la surface de l’hyper centre de Lyon. Le quartier s’engage à ne pas émettre davantage de gaz à effet de serre en 2020 qu’en 2000. Les immeubles sont à 80 % chauffés en énergie renouvelable. C’est un lieu où prennent place les créations architecturales comme le Cube Orange. Gérard Collomb s’enthousiasme pour l’immeuble Hikari, construit avec l’aide de l’Agence Japonaise de Soutien à l’Innovation. Produisant plus d’énergie qu’il n’en consomme, il peut alimenter en électricité des véhicules en autopartage. Point d’orgue : le musée des Confluences, à l’architecture résolument contemporaine, ouvert depuis quelques mois. À Lyon Gerland, quartier de tradition industrielle, aujourd’hui plus varié, qui accueille 30 000 emplois et autant d’habitants, des pôles mixtes sont en développement avec des Zac (Girondins, Bon Lait) et des PUP (75 rue de Gerland, Gingko). Pour développer la nature en ville, trois allées vertes sont en cours de création.
Gérard Collomb cite les grands projets qui lui tiennent à cœur : le Carré de Soie, à Villeurbanne ; le Grand Stade, dont l’ouverture est programmée pour janvier 2016 et la rénovation de l’Hôtel-Dieu, splendide bâtiment du XVIIIème. Il faudra attendre 2018 ou 2019 pour l’admirer, mais le maire y voit le futur projet préféré des Lyonnais. Agrégé de lettres classiques et ayant enseigné plus de dix ans, Gérard Collomb garde de cette époque un goût pour la pédagogie. En tant qu’élu, appelé à défendre de grands projets, quelques qualités de pédagogue sont loin d’être inutiles.

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

Stéphane Beaudet
Les Républicains (ex-UMP)

Philippe Bouyssou
Mairie d’Ivry sur Seine

Olivier Carré
Orléans Métropole

Promoteurs

Christian Terrassoux

Pitch Promotion

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Le sens de l’adaptation

Corrézien de cœur, Christian Terrassoux le revendique. Or, peu de départements peuvent s’enorgueillir d’avoir élu trois chefs d’État ou de gouvernement : Henri Queuille, trois fois président du Conseil sous la IVème République, puis Jacques Chirac (deux mandats) et François Hollande, actuellement en exercice.

Pas mal pour un « petit » département de moins de 250 000 habitants ! Malgré ce palmarès, la Corrèze reste une contrée relativement discrète : pas de métropole saturée, pas de flambée des prix de l’immobilier, pas de nuits tapageuses… Sauf peut-être actuellement, en pleine coupe du monde de rugby ! Ce sport « de brutes pratiqué par des gentlemen » est l’une des passions du corrézien Christian Terrassoux, vice-président du CABLC (Club Athlétique Brive Corrèze Limousin) : « c’est un petit club, mais qui peut faire des étincelles ! » s’exclame ce patron impliqué en tant qu’administrateur et président du comité d’audit. « Un profil d’outsider, mais nous sommes quand même dans le Top 14 ». Une définition qui correspond peu ou prou à son groupe immobilier, Pitch Promotion : une société de 250 collaborateurs, qui a su saisir de belles opportunités au fil de sa croissance. Lorsqu’il fonde Pitch Promotion en 1988, Christian Terrassoux ne connaît que peu l’immobilier. Si son père possédait une petite affaire de travaux agricoles et de travaux publics, le jeune Christian n’a pas pris la relève. À 15 ans, il suit des études d’ingénieur à l’École Supérieure de l’Armement Terrestre, à Toulouse. Puis, il est entré à la Délégation Générale de l’Armement où il va rester plusieurs années. Cette période-là, il en parle peu, secret défense oblige. « J’y ai appris la rigueur » concède-t-il. « Ainsi dans la promotion, si on fait bien ce métier, on peut faire quelque chose d’exceptionnel ». À l’origine, le jeune entrepreneur veut se spécialiser dans les résidences autour des golfs. Mais il va rapidement se tourner vers d’autres secteurs, bureaux, bâtiments logistiques et logements pour les bailleurs sociaux. « Cela m’a permis d’apprendre toutes les facettes du métier, ce qui est un peu long, mais efficace » estime Christian Terrassoux. « Je m’y suis rapidement senti à l’aise, car c’est un métier très complet, à la fois juridique, financier et technique. Et je suis peut-être revenu, quelque part, là où j’aurais dû être ». Le groupe fondé en 1988 a désormais atteint une taille pour le moins respectable, avec près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires pour son dernier exercice. Il édifie la moitié de ses réalisations en Ile-de-France, où Christian Terrassoux a été élu pour 3 ans à la tête de la Fédération Régionale des Promoteurs Immobiliers en mars 2014, en pleine crise de la production de logements. C’est pourquoi sa première mission aura été de peser sur l’ensemble des facteurs favorisant la relance de cette activité. « C’est d’abord une question de confiance, de la part des investisseurs envers l’immobilier, mais aussi entre les promoteurs, leurs partenaires financiers, les collectivités et les pouvoirs publics. L’ambitieux projet du Grand Paris a besoin de cette confiance partagée pour se réaliser » avait-il alors déclaré. La confiance est partiellement revenue ces derniers mois dans le secteur et Pitch Promotion multiplie les projets : « nous allons construire une centaine de logements à Montmagny ; nous lançons la seconde tranche de notre programme à Cormeilles et nous prévoyons de nouveaux projets à Maisons Alfort, Rueil, Issy les Moulineaux et Poissy ». En province, le groupe est également présent à Istres, à Mandelieu, sur les Bassins à Flots à Bordeaux ou encore à Toulouse, des projets comptant chacun entre 100 et 150 logements. Sans oublier plusieurs opérations de bureaux prévues à Lyon, à Labège et en Ile-de-France. Après plus de 25 ans d’activité, Christian Terrassoux estime que le métier de promoteur a évolué : « il faut avoir une vision globale des projets. Nous sommes désormais des partenaires de collectivités locales et nous devons développer un éventail de solutions beaucoup plus large. Le métier doit remonter le plus en amont possible dans l’aménagement. Désormais, l’ensemble des métiers sont de plus en plus corrélés ensemble et aux cycles économiques. Du coup, il faut savoir s’adapter et cela permet pour l’entreprise de ne pas avoir tous ses œufs dans le même panier ». Une prudence qui fait écho au « bon sens » paysan dont il se réclame.

Virginie Grolleau

Les nommés :

Laurent Dumas
Emerige

Emmanuel Launiau
Ogic

Jean-Philippe Ruggieri
Nexity

Conseils & Gestionnaires

Dominique Bonetti

BNP Paribas Immobilier Résidentiel Transaction et Conseil

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Négociateur totalement

L’année 2015 chez BNP Paribas Immobilier Résidentiel aura été marquée par une réorganisation interne des métiers dans l’ancien.

« Nous avions d’un côté la vente en bloc, avec V2i, et la vente en lot par lot, avec les métiers transaction et conseil » explique Dominique Bonetti. « Nous, V2i, avons donc rejoint le département conseil et transaction. Peu de changement dans notre métier, mais une vraie visibilité pour nous, en interne comme en externe » se réjouit notre lauréat, qui fait valoir les bénéfices de tous les services que peut offrir le département. Mais aussi des services qu’il peut offrir à ses clients, notamment les investisseurs institutionnels. Et la recette marche : « il y a une très forte mobilisation au sein du groupe ; nous recevons beaucoup plus d’affaires à réaliser, souvent provenant de nos sources internes… mais aussi auprès des métiers de la banque BNP Paribas ». Les lecteurs l’auront compris, cet énarque a le sens du service et connaît bien les besoins de ses clients. Et il aime également parler de ses opérations : « nous avons été retenus pour un gros portefeuille d’ensembles résidentiels, une vingtaine d’immeubles de logement situés sur tout le territoire français. Nous avons également de gros sujets portant sur des immeubles haussmanniens dans les beaux quartiers de Paris. Notre champ d’intervention est ainsi très vaste : nous couvrons la quasi-totalité des types de biens résidentiels. Majoritairement à Paris et en région Ile-de-France, mais nous sommes tout de même présents partout en France » résume-t-il, non sans fierté.
A sa sortie de l’Ena, Dominique Bonetti commence sa carrière en tant qu’administrateur civil au ministère de la Santé : « je m’occupais de médicaments et, plus particulièrement, de leurs prix. Un métier de négociation, tant avec les administrations compétentes en la matière qu’avec les industriels, qui m’a servi tout au long de ma carrière ». Puis, en plein boom de la promotion immobilière, nous sommes à la fin des années 1990, il rejoint Cogedim en tant que directeur des projets d’aménagement et promotion, où il participe à « la grande aventure » de couverture du périphérique parisien au niveau de la porte Maillot. Restant toujours dans la promotion, il rejoint un groupe familial d’hôtellerie de luxe, Immobilière Hôtelière. Mais le goût de l’immobilier l’amène à relever un autre défi, en tant que consultant : Bercy Expo. Cette large « banane » située sur la friche des chais de Bercy, dans le 12ème arrondissement, avec son concept de « mart » à l’américaine appliqué au monde viticole, ne prend pas. « Avec une équipe, nous avons essayé de remettre le sujet sur les rails ». Juste au moment où le monde immobilier se remet de sa crise. Il arrive en 1998 dans une filiale d’Auguste-Thouard spécialisée dans le résidentiel et dirigée par Jean-Marie Forestier. À peine quadragénaire, il y passe une demi douzaine d’années en tant que consultant senior, « où j’ai fait énormément d’opérations avec les opérateurs sociaux » précise-t-il. Puis succède à son mentor. La filiale est alors sous bannière BNP Paribas Real Estate.
S’il a choisi l’immobilier, « à une époque où, sortant de l’administration, j’avais plusieurs possibilités de carrière », c’est d’abord pour sa diversité : diversité des projets, diversité des acteurs, diversité économique… « Un jour, je suis amené à convaincre une indivision familiale de vendre le bien que ses parties ont reçu en héritage et qu’ils ne savent pas comment arbitrer ni à qui s’adresser. Le jour suivant, je vais discuter de grands sujets structurants avec certains élus » explique notre sympathique quinqua, qui aime cette multiplicité de casquettes.
En entrant dans le monde de l’immobilier, notre lauréat, en passionné de psychologie – courant jungien -, a également été attiré par « les rencontres humaines que l’on fait. Les gens sont très intéressants, souvent passionnés. Il y a une grande variété de profils, d’expériences ». Il cite alors des rencontres avec des grands patrons, tels Yves Laffoucrière, président de 3F, avec qui il travaille régulièrement ou encore Jean Diaz, qu’il a connu chez Cogedim, mais aussi Philippe Zivkovic. « Mais, on rencontre aussi de fascinants « self-made-men », qui ont constitué des patrimoines en tant que marchands de biens. Tous des personnalités très attachantes ». Et s’il reste assez humble vis-à-vis de tout cela, une citation de Jung colle bien à ces réflexions : « il ne s’agit pas d’atteindre la perfection, mais la totalité ».

Jean-Baptiste Favier

Les nommés :

Claude Cayla
Catella Residential

François Davy
Groupe Foncia

Frédéric Verdavaine
Guy Hoquet L’Immobilier

Programmes Durables

12, quai de la Borde, Ris Orangis

Promicea/Wilmotte et Associés

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L’essence du bois

Réduire la consommation d’énergie, c’est bien ; limiter l’émission de carbone, c’est mieux ! Le tout nouveau promoteur Promicea relève ces deux défis avec la construction en bois d’un programme de 140 logements à Ris-Orangis.

Construire en bois ? C’est le pari de Promicea. Son nom de promoteur, il le tire de l’essence qui compose son matériau : l’épicéa. Arbre qui pousse en Autriche et que ses habitants ont appris à valoriser, contrairement aux forestiers français qui ne se sont pas encore lancés dans la fabrication du CLT. Ce bois massif contrecollé croisé (cross laminated timber) se rapproche du lamellé-collé car il associe des lamelles de bois, mais il s’en distingue par le sens d’assemblage : le CLT associe des lamelles en sens croisé à 90 degrés alors que le lamellé les assemble dans le même sens du bois. Le CLT permet d’atteindre des pans de 16 mètres de long et de 3 mètres de haut et s’utilise en façade, pour des planchers et murs de refend. Il permet de construire jusqu’à dix ou douze étages. Le procédé inventé par Pierre Gauthier en 1947 fut utilisé par Jean Prouvé, puis retombé dans l’oubli, avant d’être repris en Autriche dans les années 1980.
Directeur général de Promicea, Julien Pemezec vante les prouesses techniques du matériau. La pérennité du bois, bien protégé des intempéries, a fait ses preuves. Il est écologique ; ressource naturelle renouvelable, il est 15 fois plus isolant que le béton. Il dispose d’une bonne capacité à absorber l’humidité extérieure et à la restituer. Il est aussi un piège à carbone : l’arbre stocke le carbone pendant sa croissance jusqu’à trente ans. À la coupe, le carbone reste stocké dans le bois. Le bilan carbone est de deux à quatre fois inférieur à celui d’une construction traditionnelle. Plus léger que le béton, il est plus propice aux surélévations. Il permet une isolation acoustique qui excède les exigences réglementaires. Pas de problème de résistance au feu car le matériau est très isolant et il permet un bon contrôle de combustion, très régulière. Enfin, l’impact sur le voisinage est moindre qu’un chantier traditionnel, car le nombre de rotations de camions est plus limité. Quant à la hauteur des planchers supérieure à celle du béton, et qui a suscité une modification législative dans la loi de transition énergétique pour éviter que ce matériau soit pénalisé en terme de hauteur limite de bâtiment, il faut en relativiser l’impact : l’épaisseur n’est que de 5 à 7 cm supérieure à celle d’un plancher traditionnel, Woodeum ayant travaillé sur cette question pour limiter la surépaisseur. Le bois permet un appréciable gain de temps. Le programme de 140 logements doit être mené à bien en un an. Julien Pémezec observe que les objectifs écologiques se sont jusqu’à présent focalisés sur la consommation de kwh, mais ont oublié le carbone. Or, la construction en bois présente l’opportunité d’inverser la pompe à carbone.
Promicea est une jeune pousse de la promotion. Créé fin 2014 sous l’impulsion de Woodeum qu’anime Guillaume Poitrinal et de Philippe Zivkovic, c’est le premier promoteur qui entend réaliser toutes ses constructions en bois CLT. Il se concentre sur le collectif résidentiel en Ile-de-France. Première opération de cette taille en CLT en France, c’est le premier programme de Promicea. Édifié sur 8 800 m2 de plancher en R+4, il est situé à Ris Orangis, à proximité du RER sur l’ancien site industriel d’Intrafor qui s’insère dans le projet « Docks de Ris » porté par Grand Paris Aménagement. La ville, chère à Thierry Mandon, souhaitait une opération innovante. Ce programme conçu par Jean-Michel Wilmotte s’insère sur un hectare et demi dans l’écoquartier les Docks de Ris. Vendu au Groupe 3F pour du locatif social, le dossier a été monté en quelques mois : vente en décembre 2014, permis obtenu en avril 2015, démarrage des travaux en juillet et livraison prévue en septembre 2016. L’immeuble à basse empreinte carbone va stocker 880 tonnes de CO2, l’équivalent des émissions de carbone générées par le chauffage et l’eau chaude du bâtiment en 88 ans. Pour s’insérer au mieux dans un contexte urbain, les façades sont enduites, ne laissant paraître le bois qu’en sous-face des toitures. L’essence du bâtiment est invisible. L’immeuble sera raccordé à la chaufferie du quartier qui fonctionne à la biomasse, dont 50 % d’énergie renouvelable, tirée du bois. Il sera labellisé RT 2012 moins 30 %, certifié Cerqual Habitat & Environnement niveau 3 et bâtiment pilote de l’association Bâtiment Bas Carbone, dont Promicea est un membre fondateur. Julien Pemezec compte bien produire d’autres opérations. Il a des projets pour 800 logements. De quoi gagner… en visibilité.

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

Ecoquartier de la Bottière-Chênaie, Nantes
Espace Cil / Atelier Tarabusi

Zac Auvry-Barbusse, Aubervilliers
Bouygues Immobilier / Tectône

Habiter Mieux
Anah

Programmes Solidaires

La Vie Grande Ouverte, Calluire et Cuire

Habitat et Humanisme / Espace Emmanuel Mounier

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Ouvert sur le monde

Associer sur un même lieu de vie des personnes convalescentes à leur sortie d’hôpital et des étudiants, c’est l’ambition, réussie, du programme de solidarité qu’a mené à bien la foncière Habitat et Humanisme dans le site des anciennes prisons de Lyon.

Emmanuel Mounier, père du personnalisme, a inspiré les fondateurs du projet qui ont donné son nom à leur programme. Plus que l’attention à l’individu, c’est l’attention à la personne qui importe : consciente de sa richesse, mais aussi de son incomplétude, la personne se construit de la rencontre avec l’autre. Fort de ce patronage, Bernard Devert, animateur de la foncière Habitat et Humanisme, est parti d’un double constat : les malades passent de moins en moins de temps à l’hôpital. À Lyon, les urgences représentent plus de 200 000 personnes pour les hospices civils et 38 000 pour Saint Joseph. Sortant brutalement du cadre hospitalier, elles se retrouvent convalescentes, mais seules, voire pour certaines, sans logement. Quant aux étudiants, jeunes et éclatants de santé, ils peuvent consacrer un peu de temps à prendre soin et rompre la solitude des malades… et trouver du sens à leur propre action. Répondant à un appel d’offres de l’État qui souhaitait céder le site des anciennes prisons de Lyon, la foncière Habitat et Humanisme s’est portée candidate avec la faculté catholique de Lyon. Le projet associe la conservation d’une partie des bâtiments XIXème des prisons Saint Joseph et Saint Paul et des immeubles neufs. La foncière a bénéficié de l’aide du groupe Dentressangle, qui a investi sur deux immeubles de bureaux et a accordé sa garantie financière à Habitat et Humanisme pour l’ensemble du projet. Les deux foncières qu’anime Bernard Devert (Habitat et Humanisme et Entreprendre pour Humaniser la Dépendance) ont acquis 7 000 m2, soit un investissement de 17 millions d’euros.
Des médecins bénévoles assurent le lien entre leurs confrères à l’hôpital. Les médecins assurent l’hospitalisation à domicile et l’accompagnement des étudiants. Une rencontre mensuelle est organisée pour que les étudiants échangent sur ce qu’ils vivent. Cet aspect aide les étudiants, jeunes souvent en quête de sens. Les soins médicaux sont assurés par des professionnels, tandis que les étudiants assurent un « prendre soin ». Bernard Devert explique qu’on demande aux étudiants de veiller sur la personne, de faciliter le lien avec ses proches, faire des courses ou de prendre un repas avec elle. Ce projet a bénéficié de l’expérience d’un projet antérieur, « l’Hospitalité de Béthanie », maison de 60 logements qui accueille des personnes quittant l’hôpital. Construite à côté de l’ hôpital, elle offre depuis près de 15 ans un logement alternatif aux personnes qui ne peuvent rester isolées à leur sortie de l’hôpital. Mais l’Espace Emmanuel Mounier n’a pas ménagé sa peine pour convaincre, car ce type de projets suscite incompréhension. Ainsi, l’Agence Régionale de Santé n’a pas jugé bon d’accorder un agrément à un établissement qui ne cadre pas avec ses schémas habituels. De même, pour un autre projet de rénovation portant sur une maison accueillant des gens de la rue avec l’aide d’étudiants (projet financé avec l’aide du laboratoire Mérieux), les services d’incendie (SDIS) ne parvenaient pas à admettre que des étudiants, réputés agités en soirée, puissent assurer une présence nocturne dans la maison ! Bernard Devert surmonte alors tous les obstacles et le bâtiment accueille depuis septembre sa première promotion d’étudiants. Il se réjouit de les voir enthousiastes face à ce projet qui séduit aussi… leurs parents.
Habitat et Humanisme a travaillé avec Ogic pour la conception du projet et le promoteur assure la maîtrise d’ouvrage déléguée. Les logements prévus pour les convalescents sont spécialement adaptés. Au milieu d’un nouvel ensemble prévu pour 9 000 étudiants, la résidence d’Habitat et Humanisme comporte 130 logements, dont 31 accueillent des personnes malades au sortir des urgences. Déjà récompensé par deux prix, l’Espace Emmanuel Mounier est maintenant honoré par les « Trophées du Logement et des Territoires », naturellement dans la catégorie « Programmes Solidaires ». Implanté sur le site des anciennes prisons de Lyon, lieu de souffrance et par nature fermé, l’Espace Emmanuel Mounier s’inscrit dans le cadre du programme « la Vie Grande Ouverte » et contribue, ainsi, au décloisonnement des lieux et à la rencontre de personnes que rien ne prédisposait à se croiser. Le projet devrait essaimer dans d’autres villes. La Rochelle et Montpellier sont déjà sur les rangs.

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

Maison-relais Simon de Cyrène
Fondation Simon de Cyrène / France Habitation

93, boulevard du Montparnasse, Paris 6°
RIVP / Lerichemont

Récipro-Cité
Récipro-Cité

Innovations

Perl, Paris

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De beaux fruits

Si le modèle de l’usufruit existe depuis des siècles – formalisé dans le Code Civil de 1804, il tire ses racines de l’« usus, fructus et abusus » du droit romain -, il a bien évolué depuis 15 ans, grâce à Perl : « l’innovation est une valeur à laquelle nous tenons particulièrement et qui accompagne depuis le départ notre développement » précise Laurent Mogno, directeur général du groupe, lorsque l’on évoque la nomination de sa société à nos « Trophées du Logement et des Territoires » dans la catégorie… « Innovations ».

Le renouveau, il l’a d’abord souhaité pour répondre, dans un premier temps, à deux enjeux majeurs : proposer une offre de logement abordable et décente aux jeunes actifs dans les zones tendues et offrir une solution d’épargne pour les investisseurs privés souhaitant préparer, à moyen et long terme, leur retraite. C’est sur cette base qu’est né l’Usufruit Locatif Social (ULS) de Perl.
Mais avant toute chose, détaillons le principe. L’ULS se fonde sur la dissociation du droit de pleine propriété : pendant une période, définie entre les parties, de 15 à 20 ans, un investisseur privé va détenir la nue-propriété de l’actif – son droit de patrimoine – et un bailleur institutionnel, dans le cas de Perl un bailleur social, va jouir de l’usufruit, c’est-à-dire le droit d’usage, permettant de louer le bien, à des loyers sociaux. À l’issue de la période, l’investisseur privé retrouve la pleine propriété de son bien, sans frais ni formalités. Le bénéfice pour le nu-propriétaire réside dans la constitution d’un capital-retraite sans en avoir tout de suite la gestion et en ne payant que 55 à 65 % du prix total du logement acheté ainsi. L’usufruitier, bailleur social, peut ainsi proposer un bien aux ménages sous plafonds de ressource dans les zones urbaines tendues, là où les prix du foncier ne permettent pas toujours de lancer des opérations « sociales » économiquement viables.
« Depuis 15 ans, nous avons pu ainsi mobiliser près d’un milliard d’euros d’épargne privée » précise Laurent Mogno « et créer environ 5 000 logements. Et au fil du temps, nous avons toujours été convaincus que ce modèle pouvait évoluer, qu’il était possible d’innover ». D’abord, les loyers pratiqués sont passés des tranches sociales à l’intermédiaire, « ce qui nous permet de proposer une plus grande diversité d’actifs ». Puis, les modalités d’intervention ont évolué : « nous avons traditionnellement pris l’engagement de l’acquisition du bien immobilier, afin de proposer le logement à tel niveau de loyer. Aujourd’hui, nous acquérons aussi bien des programmes neufs en Vefa auprès de promoteurs, que des charges foncières (et faisons donc construire) ou encore des immeubles existants, surtout en zone tendue ». Ensuite, la nue-propriété n’est plus uniquement destinée aux particuliers épargnants : « nous passions en direct, via notre canal de distribution, pour vendre ces nues-propriétés. Puis nous avons proposé notre produit aux réseaux de conseillers en gestion de patrimoine, d’abord indépendants, puis ceux affiliés aux grandes banques et assureurs de la place ». Et récemment, depuis la loi Alur, la nue-propriété est devenue éligible aux véhicules de placements collectifs : « avant, une SCPI ou un OPCI était obligé de mettre en location le bien détenu, ce qui excluait d’office notre dispositif. Il a fallu autoriser les porteurs de propriété à acheter ou vendre ce type de produit à n’importe quel moment. Et aujourd’hui, nous animons un véritable marché secondaire d’achat/revente de nues-propriétés ». Fort de cette opportunité, Perl (qui appartient désormais à Nexity depuis mars 2014) a ainsi créé, avec Primonial, la première SCPI investie en nue-propriété d’actifs.
Fruit récent de toutes ces innovations, le programme « Ôpures », dans le quartier en devenir des Bassins à Flot, au nord de l’agglomération bordelaise. Cet ensemble, développé par Icade, propose 36 logements : 26 appartements en ULS « classique » proposé à des nus-propriétaires investisseurs épargnants ou institutionnels, dont l’usufruitier est le bailleur social Mesolia ; et 10 en accession à la propriété par l’ULS. Là encore, l’usufruitier est Mesolia, qui va louer, à un loyer abordable, le bien… à son nu-propriétaire. Ce dernier va donc être locataire de « son » bien pendant 15 ans, période à l’issue de laquelle il récupérera la pleine propriété. Et Laurent Mogno de conclure : « ce dispositif est clairement une façon supplémentaire et efficace pour des jeunes actifs d’acquérir un bien, dans des zones où les prix ne le permettent pas forcément ».

Jean-Baptiste Favier

Les nommés :

Novaxia

"L'Avant-Scène", Annecy
Crédit Agricole Immobilier

Le Toit Vosgien, Saint Dié des Vosges
SA d'HLM

Édito
par Valérie Garnier

le 14/12/2018

L’immobilier mis à mal…

« Plus rien ne sera jamais comme avant ». Je ne sais pas si c’est déjà une réalité ou si ça le deviendra, mais ce qui est sûr, au-delà de la constance des gilets jaunes à vouloir maintenir leur mouvement, ce sont les dommages identifiés, à la fois pour les commerces, mais également pour les immeubles.

Et même si les investisseurs étrangers, interloqués de découvrir les images de Paris, Bordeaux et d’autres villes en feu, ne remettent pas, pour l’instant, en question leur désir d’investir en France, – encore qu’elle se pose dit-on du côté du résidentiel -, quelle image finissent-ils par avoir de ce pays qui fait tout pour attirer les investisseurs à lui ?

Etre contre les gilets jaunes, serait mal perçu car il n’y a finalement rien de plus normal que de vouloir vivre décemment sans la peur au ventre d’être, avant la fin du mois, à découvert. Donc, la colère doit être entendue, tout comme devraient l’être les réponses qui ont été apportées.

On peut toujours tout reprocher à l’Etat, mais quelle est la part de responsabilité de ces gilets jaunes ? Celle de ne pas vouloir comprendre les enjeux économiques ? Comment une colère peut-elle être constructive ? Et, comment éviter qu’à chaque manifestation une déferlante de sauvagerie s’abatte à Paris comme dans d’autres villes en régions ?

Et pourtant, pour le cinquième samedi consécutif, le mouvement maintient sa présence, ses revendications et sa détermination.
Les commerçants de Paris ou d’ailleurs n’ont plus qu’à tirer leurs rideaux et espérer que la haine ne s’abatte pas (de nouveau) sur leur outil de travail ; les sièges sociaux se trouvant sur les Champs-Elysées ou dans les avenues adjacentes n’ont plus qu’à souhaiter que la société de gardiennage à laquelle ils ont fait appel sera en mesure de protéger le lieu, ou qu’ils ne soient pas de nouveau saccagé…

Alors oui, « plus rien ne sera jamais comme avant ».

Portrait

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