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Le palmarès des Trophées Logement & Territoires

2017

L'édition 2016

2015

Le Professionnel de l'année

Laurent Dumas

Emerige

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Du grand Art

En quelques années, son nom s’est imposé dans deux domaines qui, au départ, ne paraissaient guère conciliables : l’immobilier et l’art contemporain. Ce créateur d’entreprises, ce promoteur ne fait jamais les choses à moitié : il a donc, dans les deux domaines, franchi les barrières et compte aujourd’hui parmi les promoteurs incontournables (son projet « Morland » est un des plus emblématiques du « Réinventer Paris » et il s’est fixé de très ambitieux objectifs pour la construction de logements en Ile-de-France) et parmi les grands intervenants du monde de l’art contemporain. Un mélange (d)étonnant que les votants d’immoweek.fr ont salué comme il se doit.

Dans son beau (et grand !) bureau clair, accueillant quelques œuvres choisies – avec goût –, dans un de ses hôtels particuliers 17ème du Marais, à l’entrée discrète et élégante, on mesure bien le travail effectué par notre « Trophée ». Entre modernité et tradition, entre business et amour de la création artistique. Et quand on parle logement, les mots sont dits avec douceur, mais détermination : « j’ai la volonté de faire d’Emerige, à l’horizon 2022, un promoteur significatif du Grand Paris. Aujourd’hui, nous disposons de 2 800 logements qui pourront être construits en Ile-de-France. En 2016, 1 500 nouveaux logements auront ainsi été mis en vente par nos équipes » dit-il très posément. Les chiffres actuels – et futurs – le montrent : notre homme a de grandes ambitions côté logement, même si elles se « limitent » au Grand Paris qui est, dit-il, « notre champ d’action légitime ». Et la liste des programmes en vente en dit long sur cette présence francilienne : Massy, Colombes, Pantin, Saint-Denis, Saint-Mandé, Suresnes, Asnières, Puteaux, La Courneuve, Vitry-sur-Seine, Clamart ou Garches et on en passe ! Un sacré chemin parcouru par le patron de Transimmeubles, devenu Emerige en 2008 et qui était surtout connu pour certaines (très) belles opérations parisiennes « intra-muros ». Désormais, c’est du logement « tous azimuts » que propose notre « Trophée »… tout en restant, logiquement, très attaché à la qualité architecturale.

Aujourd’hui (parmi beaucoup d’autres activités) secrétaire général des amis du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Laurent Dumas est un de ceux qui ont « porté » (avec une discrétion qui l’honore) le projet « 1 immeuble, 1 œuvre » que (presque) toute la profession a signé avec la ministre de la Culture Fleur Pellerin. Il s’agit, pour chaque immeuble construit, de commander et d’inclure une œuvre d’art contemporain d’un artiste vivant. Un engagement qui va stimuler les commandes et permettre aux artistes d’être vus « au quotidien ». Rien de plus logique pour celui que le « Journal des Arts » décrit comme «  un visage familier, connu pour ses engagements envers la scène artistique française et ses commandes passées à des artistes dans le cadre de ses opérations immobilières ».

Et sa propre collection, commencée à partir de 2003, compte aujourd’hui la bagatelle de 500 œuvres. On y retrouvera de très (très !) grands noms consacrés (de Giacometti à Matisse en passant par Anselm Kiefer), mais aussi d’autres noms connus comme Bruno Perramant, Philippe Cognée ou Anne Flore Cabanis. Retour au « métier » de promoteur avec la commande considérable d’oeuvres passée à Gérard Garouste pour l’ancien Hôtel des Douanes acheté par Carlyle, puis revendu à Predica et à la CNP. Mais, il faut citer aussi la « Villa Emerige » (7, rue Robert Turquan, dans le 16ème arrondissement), le Fonds de dotation Emerige créé en 2014, la Bourse révélation Emerige pour de jeunes artistes, le soutien à la Nuit Blanche ou les commandes passées à Tobias Rehberger pour la future station de métro Pont-Cardinet aux Batignolles (en bas du bel immeuble « Unic », dû au talent du jeune architecte Ma Yansong) ou à Ronan et Erwan Bouroullec pour un kiosque présenté dans les jardins des Tuileries lors de la dernière Fiac (devenu également lieu de vente dans le 17ème). Et on en passe (beaucoup !).

Bref, cet autodidacte revendiqué et attachant, qui n’est issu d’aucun sérail, a mené sa barque avec talent et passion, en devenant plus que légitime au titre de « Professionnel de l’Année ». Au fait savez vous pourquoi ce nom d’Emerige ? C’est le condensé « d’aimer et d’ériger ». Un slogan manifestement bien choisi pour ce promoteur innovant et moderne, qui prouve que les deux sont parfaitement compatibles. Du grand Art.

Pascal Bonnefille

Les nommés :

Alexandra François-Cuxac
Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI)

Thierry Lajoie
Grand Paris Aménagement

Jean-Louis Missika
Mairie de Paris

Prix Spécial du Jury

Anne Hidalgo

Mairie de Paris

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Une vision humaine et active du logement à Paris

Fille d’immigrés espagnols – son père est électricien et sa mère couturière – qui ont fui en 1961 le franquisme, la Maire de Paris a grandi dans la cité lyonnaise de La Duchère, une sacrée « école » de la vie. Diplômes en poche, Anne Hidalgo deviendra inspectrice du travail. Après un passage au Bureau International du Travail à Genève et à la direction des ressources humaines de la Compagnie Générale des Eaux, notre élue 2016 entre – notamment – au cabinet de Martine Aubry.

En 2001, la voici – poste redoutable – première adjointe au Maire de Paris. Sept ans plus tard, Bertrand Delanoë lui confie rien moins que la délégation à l’urbanisme et l’architecture. A ce poste, elle supervise, avec talent, la mise en chantier de 10 % du territoire de la Capitale et s’implique dans les enjeux du logement qui font l’objet de ce « Grand Prix Spécial du Jury des Trophées ». Maire de la Capitale depuis 2014 (et première femme à l’être…), elle mène aujourd’hui avec une sacrée poigne, une politique de l’habitat ambitieuse, qui se distingue par une double volonté : revoir (à la hausse) les objetifs en terme de construction et ne jamais oublier la vision humaniste, indispensable au secteur…

Car ses slogans de campagne « une ville bienveillante plus juste et solidaire » doivent aujourd’hui s’incarner. Des exemples ? Le dernier en date est bien symbolique : en juin 2016, le Premier ministre et la Maire de la Capitale ont signé « un accord global », qui avait été négocié pied à pied (dit-on) pendant plus d’un an, portant sur plusieurs dizaines de sites fonciers publics qui vont permettre la création de centaines de logements intra-muros. Du jamais vu depuis (très) longtemps à Paris. Quelques adresses ?

Commençons par le ministère de la Défense, boulevard Saint-Germain (parti désormais à Balard). Cet énorme – et pas superbe – bâtiment, en plein cœur du 7ème, permettra de construire la bagatelle de 400 logements sociaux (!), ainsi qu’une crèche et un équipement sportif. Mais, il faut aussi citer, dans le 13ème, le siège de l’Institut Mines-Télécom, acquis pour 102 millions d’euros. Dans le 13ème toujours, trois autres sites sont concernés par l’accord, dont l’un est occupé par la Préfecture de police ; la Ville prévoit d’y réaliser 570 logements. Dans le 19ème, un terrain occupé par la Préfecture de police, porte de la Villette, tombera également dans l’escarcelle parisienne, comme la caserne Chalvidan (boulevard Exelmans, dans le 16ème) ou celle des Minimes (dans le 3ème). Et on en passe…

Mais l’activité « logement » de notre « Trophée » ne se limite pas à ses achats, aussi considérables soient-ils. Avec la complicité du médiatique (et très efficace) Ian Brossat, adjoint (PC) chargé du logement, pas une semaine sans de nouvelles annonces ou inaugurations, comme celles de transformer des bureaux en habitations ; encadrer les loyers ; préempter des appartements isolés ; faire travailler les structures « logement » de la Ville (saluons ici, notamment, les beaux efforts de la RIVP)… L’objectif a été clairement fixé à tous : doter la Capitale, d’ici à 2030, de 30 % de logements sociaux. Tout est bon pour atteindre ce but qui implique donc de produire (et pas seulement construire – la différence est de taille) plus de 7 000 logements à vocation sociale par an. Alors, on fait feu de tout bois. En avril 2016, la Maire de Paris annonçait ainsi vouloir revoir son objectif de transformer non plus 200 000…, mais 250 000 mètres carrés de bureaux en habitation d’ici à 2020.

« Plus vite, toujours plus vite ! » semble désormais le leitmotiv à l’Hôtel de Ville, dans des bureaux souvent fatigués qui étaient habitués à plus de… lenteur. Notre « Grand Prix spécial du Jury » met souvent en avant son équipe, n’oublie jamais de citer son adjoint Ian Brossat, dont les bons rapports (qui n’excluent pas la franchise) avec les professionnels et le monde associatif sont connus. Et il faut aussi citer l’innovation, au cœur des préoccupations de notre élue, avec Jean-Louis Missika, adjoint à l’urbanisme, l’audace du concours « Réinventer Paris », où la Maire a invité les architectes et créateurs du monde entier à lui soumettre leurs projets les plus fous pour 23 de ses sites qu’un jury a départagé en choisissant des projets durables, modernes et carrément décoiffants. Et, puis désormais, Anne Hidalgo porte haut la flamme de la candidature aux Jeux Olympiques de 2024. Une flamme qui va bien à cette élue passionnée et que le jury des « Trophées » a jugé, à bon droit, passionnante…

Pascal Bonnefille

Jeunes Talents

Loriane Valtier

3F

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Une juriste au pays de l’immobilier

« Trouver ma place de maître d’ouvrage fut la difficulté la plus grande à mes débuts » dit-elle. Pourtant, à 27 ans, déjà chef de projet chez 3F avec une quinzaine d’opérations à son actif et à présent détentrice du « Trophée Logement et Territoires » du « Jeune Talent », on peut dire que Loriane Valtier a su trouver sa place.

Travailler dans l’immobilier n’était pas, au départ, un chemin tout tracé pour cette très jeune professionnelle. Elle se serait plutôt vue médecin ou travailler auprès d’enfants handicapés, mais « comme tous les lycéens, ne sachant que faire après son bac, à part les voies royales », elle a commencé des études de Droit à Assas. C’est dans le Yerres de son enfance qu’elle a son premier contact avec l’urbanisme, au cours d’un travail d’été au service culturel de la mairie, où elle découvre la rénovation du patrimoine du parc Caillebotte. Au gré de ses stages, elle s’oriente vers un master 2 Droit de l’Immobilier et de la Construction, puis un mastère spécialisé « maîtrise d’ouvrage et gestion immobilière » à l’ESTP.

« Le droit me plaisait en soi, mais la façon dont il était exercé n’était pas assez opérationnelle à mon goût. Lorsque j’ai réalisé mon stage en service juridique chez Eiffage, j’ai vu que le juriste est une personne à qui on envoie un mail quand il y a un problème sur une opération, qui doit fournir une réponse basique sans s’intéresser au projet en soi » justifie-t-elle, naviguant entre stages pour trouver sa bonne vocation, « par découvertes et non par élimination ». Après un passage au service urbanisme de la mairie de Yerres, cap sur la Direction départementale des territoires de l’Essonne, puis l’EPA. Son passage au service juridique d’Eiffage s’avère intéressant, mais celui au cabinet d’avocats Simon Associés la convainc de ne pas prendre la robe. Enfin, dans le cadre de l’alternance pour son mastère à l’ESTP, elle rentre chez 3F pour un stage de six mois, suivi par une création de poste, d’abord en CDD, puis en CDI.

« J’ai mis le pied à l’étrier chez 3F », reconnaît Loriane Valtier, qui a trouvé à son arrivée un grand groupe doté des moyens de ses ambitions, mais gardant néanmoins un visage humain. A titre d’exemple, elle raconte « avoir rencontré le directeur général dès [sa] deuxième semaine de stage » et se voit exercer son travail avec une autonomie accrue, permise par le fonctionnement du groupe 3F.

Se retrouvant sur un programme de 251 logements à Palaiseau, avec un nouveau maire modifiant totalement ce qui avait été préalablement engagé, Loriane Valtier, simple stagiaire, cherche sa légitimité et finit par la trouver. « J’étais une stagiaire qui devait imposer des choses, alors que je n’avais jamais été à un poste de direction. Je suis juriste, et le juriste n’est qu’un support. C’était intéressant et compliqué, puisque cela m’a permis de mieux faire ressortir ma personnalité, de me voir dans un miroir », analyse-t-elle : « il ne s’agit pas d’un jeu de rôle, mais plus de cas par cas, car les interlocuteurs changent toujours ». Après tout, « trouver des solutions au cas par cas est en soi une démarche de juriste », résume-t-elle.

Ce qui a attiré Loriane Valtier dans le logement social, c’est « la finalité différente, celle de construire pour louer. Notre service de gestion sait s’occuper des constructions datant d’il y a 10 ans, de réaliser des montages riches ». Elle a dédié son mémoire au prêt social location accession (PSLA), le montage qui avait été retenu pour sa première opération à Palaiseau, puisqu’il permet une plus grande mixité sociale. Aujourd’hui, elle travaille sur le patrimoine de l’OPH de Vincennes, récemment racheté par 3F, représentant 876 logements et une grande charge de travail en interne. « La France est un pays où l’immobilier demeure un signe de réussite sociale. La politique de logements sociaux est une vraie chance, bien que la vision des gens reste très négative, ce qui est d’autant plus malheureux qu’on ne voit pas à quel point c’est un milieu d’innovations ».

Ce n’est pas parce qu’elle accumule les responsabilités à seulement 27 ans que Loriane Valtier oublie de se détendre : si elle a dû réduire sa pratique de l’équitation (sa passion depuis ses cinq ans) au profit de la gymnastique et de la danse, elle consacre du temps à ses amis, partant parfois en voyage avec eux, comme lors d’un récent séjour à Séville… Vincennoise depuis un an et demi, après avoir passé la majeure partie de sa vie à Yerres, elle en profite également pour arpenter les rues de Paris. « Découvrir des choses » et « détester ne rien faire » sont ce qui la définit dans l’intimité : deux mesures à porter à l’actif de notre dynamique lauréate !

Arthur de Boutiny

Les nommés :

Guillaume Hamet
Bouygues Construction

Lucie Niney
Nieny et Marca Architectes

Clément Thery
Ogic

Territoires

Marc-Antoine Jamet

LVMH

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Une ville nouvelle… du 21ème siècle !

Quinze ans ! Un temps suffisant pour un élu dynamique et décidé (et Dieu sait si notre « Trophée 2016 » l’est !) pour marquer durablement de son empreinte « sa » ville et changer – en profondeur – le territoire de Val-de-Reuil. C’est certainement cette action tous azimuts – qui va bien au-delà du seul logement – que les professionnels votants sur immoweek.fr ont voulu saluer cette année. Et mettre ainsi en valeur le travail d’un maire toujours en ébullition…

L’anecdote de Paul Delouvrier prenant son compas et décidant de créer une « ville nouvelle » à 100 kilomètres pétants de Paris est-elle vraie ? En tout cas, elle résume bien le rêve fou des grands technocrates (accompagnés d’architectes et de sociologues de l’urbain) des années 1970. Le compas étant tombé sur le Vaudreuil, c’est là que s’est édifiée la ville, dont le nom transformé n’allait être créé… qu’en 1981. Vingt ans plus tard, quand notre « Trophée » est élu maire, la situation de la ville est mauvaise (d’aucuns diraient catastrophique) : endettement maximum, 4 000 habitants (au lieu des 100 000 prévus !), plus un seul permis de construire déposé , 93 % de logements sociaux. Bref, il fallait un sacré battant pour oser se lancer dans l’aventure. Un profil qui va comme un gant à Marc-Antoine Jamet.

Car cet énarque au débit assez proche de la mitraillette est un homme qui ne perd jamais son temps : après l’Ena, la Cour des Comptes et les cabinets, notamment auprès de Laurent Fabius, il brûlait de se confronter au terrain. En 2001, c’est le grand lancement. Il devient secrétaire général du géant du luxe LVMH et… est élu à Val-de-Reuil. Et depuis 15 ans, ce passionné n’a pas traîné. Il faut l’écouter parler (à toute vitesse toujours, bien sûr) de sa ville pour en être persuadé. Il n’a raté aucune occasion de développement.

Celle qui aime à se décrire comme « la plus jeune commune de France » a été l’objet de beaucoup d’attentions – c’est une litote ! – dans le cadre de la politique de la ville, et notre « Trophée » n’y est pas pour rien : « en étant parvenue à se faufiler dans chacun des programmes majeurs de la politique de la Ville, Oru, Anru, PNRU2, Val-de-Reuil a choisi la bonne stratégie » explique-t-il. En effet, sur ses plus de 5 000 logements, 3 500 ont dores et déjà été rénovés. Grâce aux 100 millions ainsi distribués par l’Anru (voilà de l’argent public qui aura été utile), les espaces publics de la ville ont été également (beaucoup) modernisés. La dalle (qui était, de notoriété publique, un coupe-gorge), est devenue « viaduc urbain », une « promenade perchée et sécurisée par la vidéovigilance ». Mais M. le Maire a aussi fait venir des stars de l’architecture (il faut entendre Jean-Michel Wilmotte en parler avec émotion !), qui sont intervenus tous azimuts. Avec, précise notre « Trophée », « l’idée de départ de respecter le travail de «  l’atelier de Montrouge » qui, avec Gérard Thurnauer, les dessina à l’origine. Notre objectif n’était donc pas de détruire ce témoignage intéressant des années 1970, mais de l’humaniser, le moderniser » et de « redonner goût aux habitants de cette ville qui n’avaient plus qu’une idée : en partir dès qu’ils le pourraient ».

Autour de la gare rénovée, des ateliers municipaux, l’éco-quartier des Noës en chantier, un théâtre de 600 places, des centaines de logements et de commerces qui seront créés, la ville va désormais se développer pour espérer atteindre les 20 000 habitants. Et la présence de grands promoteurs est un signe très tangible de ce redémarrage…

Ces 100 (premiers) millions d’euros ont été consacrés à la cité lors des deux premiers plans d’aides à l’habitat de Val-de-Reuil. En janvier 2015, Myriam El Khomri, alors secrétaire d’État à la Ville, avait apporté une sacrée bonne nouvelle : un troisième plan de rénovation (PNRU2), « à hauteur de 35 à 50 millions d’euros », allait bénéficier à la ville. Il y a quelques semaines encore, c’est Nicolas Grivel, directeur général de l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (Anru), qui a constaté sur le terrain les travaux réalisés et les projets qui devraient voir le jour d’ici la fin du mandat de notre « Trophée » en 2020. Marc-Antoine Jamet et son équipe misent sur de nouvelles constructions, dont une centaine de maisons, qui doivent permettre de poursuivre « l’objectif de 1 000 logements supplémentaires d’ici 2020 ». C’est dire si ce passionné, « Trophée » en main, voit loin et continue à construire sa ville. Une ville – vraiment – nouvelle pour le 21ème siècle.

Pascal Bonnefille

Les nommés :

Nathalie Appéré
Maire de Rennes

Patrick Braouezec
Plaine Commune

Gaël Perdriau
Maire de Saint-Etienne

Promoteurs

Emmanuel Launiau

Ogic

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Prospective et innovations, duo gagnant

Au premier étage du très géométrique siège du promoteur Ogic, signé par l’agence d’architecture BDVA, son bureau en angle, aussi blanc et épuré que ses costumes sombres sont bien coupés, décoré de plusieurs toiles d’artistes contemporains, offre une vue imprenable sur l’une des artères les plus fréquentées de Boulogne-Billancourt, l’avenue Edouard Vaillant et ses 50 000 véhicules par jour. Pas étonnant pour le directeur général du groupe depuis fin 2012 : Emmanuel Launiau, 53 ans, se définit comme un « vrai urbain ». 

Son ordinateur est relégué dans un coin près des fenêtres, laissant la place au milieu de la pièce à une table carrée en verre et montants blancs de huit places, accueillant collaborateurs, dossiers au cordeau et ouvrages d’architecture, discrètement ornée de post-it : « je prends beaucoup de notes parce qu’écrire permet de fixer l’esprit. J’ai appris cela tôt pendant ma scolarité en pension », indique-t-il. « Et puis je n’ai pas la mémoire des noms ! ». Mais celle des chiffres, oui, en bon ingénieur formé à l’ESTP Paris, avant un MBA à l’Ecole Supérieur de Commerce de Paris : en forte hausse, le chiffre d’affaires du groupe va franchir la barre des 500 millions d’euros cette année, tandis que les effectifs ont progressé de 10 % et devraient encore bondir de 15 % l’an prochain. Mais surtout, le nombre emblématique de l’année, c’est le 1 000 du projet conçu en partenariat avec la Compagnie de Phalsbourg, « 1 000 Arbres », l’un des lauréats du concours « Réinventer Paris » lancé par la Ville fin 2014. Sur le site Pershing dans le 17ème arrondissement, entre les avenues Pershing et de la Porte des Ternes, en surplomb du périphérique, un spectaculaire vaisseau blanc coiffé de 1 000 essences boisées, dessiné par les architectes Sou Fujimoto et Manal Rachdi (Oxo Architectes). « C’est un projet extrêmement fort, très iconique. C’est un vrai lien entre Paris et la banlieue, entre leurs habitants, un lien de réconciliation, un lien entre les générations parce que c’est un projet écologique et qui prend soin de l’environnement. C’est un morceau de ville hybride, une ville bienveillante. C’est comme cela que nous l’avons conçu et que nous le réaliserons », dépeignait-il comme un tableau pointilliste, ému et heureux, juste après l’annonce des résultats. Ce projet est, sans doute, un de ceux qui exprime le mieux la sensibilité et les convictions d’Emmannuel Launiau. « J’ai la chance d’être né de parents soixante-huitards, avec un père passé par l’Essec, peintre et anarchiste, et une mère qui a milité très tôt aux Amis de la terre. Le week-end, on partait en 404 à Bruxelles admirer les tableaux des frères Bruegel ». Ou comment se forger de bonne heure un solide « background » écologique et culturel. La carrière paternelle chez IBM entraîne la famille au Vietnam pour les cinq premières années de l’enfance d’Emmanuel Launiau, avant de rentrer pour s’installer à Veryrier-du-Lac, près d’Annecy, où « l’environnement, avec le lac, les montagnes et les forêts, est extraordinaire », puis à Paris en 1974. Après ses études, il entre en stage chez France Construction où il se passionne pour la promotion et toutes les dimensions de la conduite de projet, dont « la rigueur de la construction, la sensibilité architecturale, le contact avec les élus ». Recruté en 1991 comme responsable de programmes, il occupe ensuite différents postes au sein de filiales ou d’agences du groupe devenu Bouygues Immobilier, dans un contexte de crise pour l’immobilier, « mais c’est toujours dans les moments difficiles que l’on apprend le plus », estime-t-il. Entre 2000 et 2005, il part à Moscou en tant que directeur commercial de la zone Russie : « une aventure passionnante. J’aime la culture russe, partagée entre l’Europe et l’Asie, et son ambivalence dans les sentiments toujours forts et opposés », confie-t-il. « Il y aussi beaucoup de spectacles magnifiques. Au Bolchoï, par exemple, j’ai découvert la beauté des ballets, Giselle est une merveille ; lorsque l’on va écouter Tchaïkovski ou Rachmaninov, les artistes jouent pour vous avec un talent infini ». A son retour, il sera notamment président du directoire de Maisons Elika, puis directeur général Logement pour l’Ile-de-France, avant de rejoindre Ogic. Pour 2017, Emmanuel Launiau entend, en priorité, consolider l’entreprise et l’orienter vers la prospective et l’innovation : « nous allons travailler avec l’institut BVA sur les nouvelles tendances sociétales et créer un prix de l’innovation pour les start-up en élargissant l’éco-système aux universitaires pour nous aider à inventer les façons d’habiter de demain »…

Virginie Grolleau

Les nommés :

Laurent Dumas
Emerige

Norbert Fanchon
Groupe Gambetta

Philippe Journo
Compagnie de Phalsbourg

Conseils

Stéphane Plaza

Stéphane Plaza Immobilier

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ImmoStar System

Il incarne aujourd’hui pour des millions de téléspectateurs – et bien au-delà – LA figure de l’agent immobilier sympathique, décontracté, à l’écoute de ses clients. En dix ans, Stéphane Plaza a profondément modifié la perception des agents dans leur ensemble. Car il n’est pas qu’une vedette de la télé, c’est un vrai pro dont le réseau cartonne : le mariage réussi de l’audiovisuel et du business, de la spontanéité et du travail, d’un caractère — très — extraverti et d’un grand sérieux professionnel. C’est ce mélange détonnant et sans précédent que les internautes et lecteurs d’« Immoweek » ont voulu saluer avec ce « Trophée 2016 », bien mérité…

« J ‘aime l’humain » : il n’aurait presque pas besoin de le dire Stéphane Plaza, tant ce constat est d’évidence pour qui le rencontre ou le suit sur le petit écran. On le sent de plain-pied avec les autres, clients modestes ou grands patrons, vedettes du showbiz (dont il est aujourd’hui) et agents immobiliers moins connus : « j’aime rencontrer des personnalités très différentes, c’est un des grands charmes de notre métier »… D’entrée de jeu, notre Trophée se situe parmi les professionnels du secteur dont il se revendique, ajoutant avec une intonation malicieuse : « j’ai tout fait dans le métier, la location ou le syndic, mais j’ai vite compris que les assemblées générales de copropriété, ce n’était « pas mon truc », même si j’en mesure l’intérêt ! ». Après de « brillantes études » comme il aime à résumer en plaisantant son parcours universitaire assez limité, il se lance dans l’immobilier chez Gérard Safar avec lequel il fera une grande partie de son parcours. Il comprend vite que la transaction, c’est son univers. Il sera même, plus tard, manager général chez Era, avant de déclarer forfait. Trop de boulot…

Car ce suractif n’est pas du genre à se contenter d’une seule activité : passionné de théâtre, il occupe également les planches (et désormais en tête d’affiche : en 2016, on pouvait aller l’applaudir dans le joli Théâtre des Bouffes Parisiens dans « le Fusible », mis en scène par Arthur Jugnot), surmonte deux accidents importants (avec séances de rééducation à la clé). Ce personnage, très expansif (ses proches disent même parfois « incontrôlable », ses maladresses faisant partie de son charme) devait « tomber » un jour dans les médias. C’est chose faite en 2005 quand Reservoir Prod le recrute lors d’un casting sauvage. Ce sera « Recherche appartement ou maison », qui sera suivi par « Maison à vendre », puis « Chasseurs d’appart’ ». Rien que des succès qui lui permettent de rester un des animateurs télé les plus populaires et les plus appréciés…

Cet « obsessionnel du travail », comme il se définit lui-même, va pourtant aller bien au delà du succès médiatique. Et c’est, à notre connaissance, une première. Avec deux spécialistes des réseaux de franchises (Bernard de Crémiers et Patrick-Michel Khider, qui furent à la tête de Laforêt Immobilier et qui connaissent – ô combien ! – la chanson), il se lance dans l’aventure, avec M6 comme autre associé, de la création d’un réseau d’agences… à partir de « rien ». Au début, avouons-le, beaucoup ne pariaient guère sur cet « animateur », mais très vite la mayonnaise prend. Aujourd’hui, un an après le lancement, le réseau Stéphane Plaza Immobilier compte (au 1er novembre 2016) 167 agences. Pas moins de 117 contrats sont en cours de signature. Et, ne manque-t-il pas de souligner, « nous sommes très attentifs à sélectionner les meilleurs profils ». L’objectif affiché ? Un réseau de 500 agences d’ici à 2020 (ou avant…) ! C’est dire que les ambitions du trio Plaza-Cremiers-Khider (sans oublier M6 – les Trois mousquetaires, depuis Dumas, doivent toujours aller par quatre) ne sont pas minces. La chaleur, l’aura et le bon sens de notre homme y font merveille : « ce métier d’agent immobilier, je l’aime » ne manque-t-il pas de répéter en soulignant que dans ses émissions, il travaille « avec tout le monde ».

Comment, dès lors, résister à cette tornade sympathique qui vient de publier au Cherche Midi un drôlatique « Net vendeur » ? Notre « Trophée 2016 » y dévoile les anecdotes, les gags et les perles entendus et vus tout au long de sa carrière. Une manière de raconter avec humour « la relation intime et parfois surréaliste que chacun d’entre nous entretient avec son habitation » et on pourrait ajouter, avec son métier. C’est dire si ce personnage attachant est devenu, au-delà des épreuves personnelles qu’il cache avec élégance, un « incontournable » du conseil et de la transaction. Cela valait bien un « Trophée », non ?

Pascal Bonnefille

Les nommés :

Claude Cayla
Catella Residential

Sébastien Lorrain
CBRE

Christophe Volle
JLL

Programmes Solidaires

IME/IEM de Kerlaouen

Groupe Arcarde / Aiguillon Construction

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Ensemble, sous un même toit

S’il est un bâtiment qui mérite bien son nom de Kerlaouen (« la maison heureuse » en breton), et s’il est bien un programme immobilier qui mérite tout autant son qualificatif de Solidaire, c’est bien le projet d’IME/IEM – Institut Médio-Educatif/Institut d’Education Motrice – qui sera livré au printemps 2017 à Landerneau, Finistère et qu’attendent avec impatience les 120 enfants et jeunes handicapés qui y seront accueillis. Un projet qui exprime les valeurs de son territoire.

Landerneau, dans le fond de la rade de Brest, ville-pont entre le pays du Léon et la Cornouaille, qui a vu naître au début du siècle dernier l’Office central, première coopérative agricole, puis cinquante ans plus tard, le premier centre Leclercq.

Dès 2013, l’association Don Bosco et la Mutualité Française Finistère – Morbihan, celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas (c’est la première fois en France qu’un IEM et un IME vont fonctionner sous le même toit), s’associent à Aiguillon Construction pour imaginer ensemble la construction d’un complexe d’éducation, de soins et d’apprentissage pour enfants et jeunes en situation de handicap. L’opération cumule la rénovation d’une ancienne chapelle et celle d’un cloître, la démolition reconstruction du bâtiment principal et des constructions neuves. Le tout sur une surface consolidée de 7 000 m2.

Les bâtiments seront chauffés au bois par le Parc naturel régional d’Armorique.

Une relative complexité qui n’est rien à côté de celle du plan de financement.

Jacques Wolfrom, président du comité exécutif du Groupe Arcade depuis novembre 2014, la maison-mère d’Aiguillon Construction qu’il dirigeait à Rennes depuis septembre 2011, précise : « on réussit dans le groupe si on équilibre toujours l’économique et le social ». Et d’affirmer, en se les appropriant, les principes sur lesquels Pierre-André Perissol a créé Arcade. L’ancien ministre du Logement, puis Marc Simon qui lui a succédé à la présidence du groupe en 1995, en ont fait un des premiers opérateurs de logements sociaux français, à la fois promoteur et gestionnaire. « Je suis l’héritier de ces deux hommes. Arcade, c’est d’abord une histoire d’hommes ».

Aujourd’hui, avec 800 à 1000 logements par an, Aiguillon réalise entre 20 et 25 % de la production d’Arcade. L’Alsacien Wolfrom (de mère marseillaise) n’a rien oublié de son passage en Bretagne, ni de Kerlaouen en particulier. « Le dossier m’a été présenté par Gilles Habic, qui a quitté Aiguillon depuis, mais sans qui le bébé ne serait pas né. Et Dieu sait si les Bretons sont des gens très engagés, déterminés… C’est lui qui a cristallisé l’alliance des trois volontés, celle de Don Bosco, de la Mutualité et d’Aiguillon ». Le métier et l’expérience du financement de projets complexes de Jacques Wolfrom se sont alors révélés bien utiles. Un montage où il fallut tenir compte des réglementations différentes selon que l’on s’adressait à des jeunes handicapés ou à des enfants, où les règles prudentielles qui encadrent l’intervention de la Caisse des Dépôts sont plafonnées à 50 %. Que faire quand chaque partie prenante a offert le maximum de ce qu’elle pouvait offrir en garantie ? « C’est la compréhension du local par le groupe national qu’est Arcade, mais ce sont la surface financière, la réputation autant que la notoriété qu’il a acquis auprès des pouvoirs publics qui ont permis de déboucler le plan de financement de Kerlaouen ».

Le jeune cadre à fort potentiel fut orienté vers l’université interne du groupe qui précipita son orientation vers le financement de l’immobilier (à Marseille, à l’Union du Crédit), puis à Orléans, à La Ruche.

« J’ai fait patiemment mon « Tour de France » des différents métiers du logement social… Ma conviction est nourrie de cette expérience : il faut faire confiance aux territoires. Une politique du logement ne s’exprime pas dans le macro, mais dans le micro-économique… Mon boulot c’est de donner de l’autonomie aux filiales. Nous avons répartis neuf clusters d’innovation sur le territoire. Il faut du temps pour comprendre que c’est l’autonomie des territoires qui permet l’innovation. Finalement, mon job c’est de faire en sorte que tous les directeurs soient innovants et d’organiser la fertilisation croisée » explique notre lauréat…

Brice Lefranc

Les nommés :

Atelier Arche
Semcoda

Terra Arte, à Bayonne
Comité Ouvrier du Logement (COL)

Un logement, un avenir
Partenariat Afpa / Groupe SNI

Programmes Durables

Quartier du Pont d'Issy

Sefri Cime

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S'élancer vers le ciel

Pourquoi prendre de l’altitude serait un privilège réservé au bureau ? Les deux tours de logements conçues par Sefri Cime au pont d’Issy-les-Moulineaux démontrent le contraire en faisant le pari du logement en hauteur. Avec « Haute Définition I », le logement monte à R+16 et se hausse d’un niveau supplémentaire avec « Haute Définition II ».

Face à la Seine qui quitte ici Paris pour les Hauts-de-Seine et au parc de l’Ile Saint-Germain, cet ensemble bénéficiera d’une vue panoramique, d’où le pari architectural de mettre l’accent sur les terrasses. Le premier immeuble est conçu en superposition d’étages décalés, dégageant la vue pour chacun ; le second multiplie les terrasses disposées en quinconces sur 17 étages.

Pourquoi s’élever ? L’architecte, Françoise Raynaud, rappelle que c’en est fini de l’étalement urbain, qu’il ne suffit pas d’économiser l’énergie et que, pour économiser le territoire, il faut s’élever !

Pour bénéficier au mieux de la vue, Sefri Cime a fait le choix des volumes avancés en porte-à-faux qui accueillent des terrasses double hauteur en animant la façade. « Haute Définition II » décline ainsi une série de trois niveaux courants différents, se répétant plusieurs fois à la façon d’un ruban d’ADN tournant sur lui-même. Les appartements peuvent ainsi se superposer sans que leurs terrasses ne se surplombent. Les deux tours sont situées non loin de l’extrémité sud du 15ème arrondissement, le long du tramway T2.

Le choix de l’environnement durable se traduit pas une attention aux problématiques environnementales formalisées par l’adhésion à la charte Isseo. Mise au point par la ville d’Issy-les- Moulineaux, en partenariat avec les promoteurs, elle vise à aller au-delà des exigences réglementaires en matière d’eau, d’énergie, d’acoustique, de gestion des déchets, des espaces verts, de la qualité de l’air intérieur et des déplacements.

Sefri Cime insiste sur la qualité d’usage en ayant opté, par exemple, pour une hauteur sous plafond de 2,70 mètres, supérieure aux normes habituelles, et la présence d’un gardien sur place.

La recherche d’efficacité environnementale se traduit par un chauffage assuré par le réseau de chaleur urbain à énergie renouvelable, une gestion des éclairages dans les parties communes par détecteur de présence, la récupération des eaux de pluie ou la recharge pour véhicules électriques en sous-sol (pour 10 % des places). Une collecte pneumatique des déchets est programmée.

Nul doute que l’enthousiasme communicatif de Claude Cagol sur ce projet saura convaincre ceux qui hésiteraient encore. Le président de Sefri Cime fait valoir que « ce site unique permet de réunir les conditions nécessaires au renouvellement urbain et architectural de la métropole parisienne », mais aussi de « réconcilier l’envie de vivre en ville et l’envie de nature ».

L’arrivée d’habitants contribuera à la mixité fonctionnelle du quartier, dans ce secteur d’Issy proche du périphérique, ayant accueilli de nombreux immeubles de bureaux.

L’une des tours a la particularité d’un choix de couleur qui évolue avec la hauteur : sombre près du sol, blanc dans les hauteurs, avec un dégradé de tons au fil des étages.

Les matériaux choisis sont très divers ; verres émaillés, briquettes irisées, enduits lustrés, joncs métalliques de couleur « cuivre oxydé », inox poli miroir ou des verres extra-clair sur les gardes corps, au total plus de 300 strates de matières et de couleurs.

Les logements sont vendus pour partie en locatif social, en locatif libre et en accession. Coté prix, si on peut trouver des appartements à moins de 8 000 euros le m2 dans les premiers étages, il faut compter de 10 000 à 11 000 euros pour des étages élevés, voire 13 000 euros près du sommet.

Le budget par appartement est donc, par exemple dans « Haute Définition II », de 605 000 euros pour un 2 pièces de 55 m2 au 12ème étage ou de 770 000 euros pour un 4 pièces de 101 m2 au 2ème étage et de 2 007 000 euros pour un 6 pièces de 155 m2 au 16ème étage (avec cave, hors parking).

La livraison est prévue au 3ème trimestre 2017 pour le premier immeuble et trois mois plus tard pour le second. L’avenir dira si les habitants sont séduits par un habitat élevé, mais en qualité de maître d’ouvrage, AXA Investment Managers atteste, ainsi, qu’il en est convaincu, ainsi que nos lecteurs qui ont plébiscité ce programme ! Avec la construction de ces deux tours de logements de Sefri Cime qui s’inscrivent dans le profond renouvellement de la ville engagé depuis déjà quelques lustres par son maire, André Santini, le souvenir de la vision des usines d’automobile de ce bord de Seine s’enfuit dans le lointain. Et c’est bien ainsi…

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

Du bureau au logement
3F

Résidence Deverne
SA d'HLM Domaxis

Maison industrialisée Bepos
Vendée logement ESH

Trophée du Public

Alexandra François-Cuxac

Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI)

Lire le portrait

Le logement abordable au cœur de la présidentielle

Alexandra François-Cuxac est une femme de chiffres et elle est en campagne. Elle rode son programme depuis plusieurs années. Sans doute depuis 2002, depuis qu’elle a créé à Toulouse, un Observatoire statistique du logement neuf et partagé cette première base de données du genre avec l’ensemble des professionnels de la filière immobilière. Cette aventure inédite dans le métier d’un observatoire régional, lui permet de faire parler les chiffres et de peaufiner des argumentaires qui ne tardent pas à ressembler à un véritable discours du logement.

A peine diplômée de l’Ecole Supérieure de Commerce de Pau, en 1989, Alexandra François-Cuxac est entrée en promotion immobilière comme on entre en politique. Pour y gagner des territoires et franchir les échelons. D’abord salariée pendant 12 ans du groupe Sagec, elle devient entrepreneure de sa propre affaire en 2011, en créant le groupe éponyme AFC Promotion à Biarritz, qui essaime très vite à Bordeaux, Toulouse et Montpellier. Elle est élue « Femme entrepreneur de l’année » par nos confrères de « La Tribune  » en 2011.

Cette femme pressée, à son compte depuis un an seulement, forme alors un ticket gagnant avec François Payelle aux élections de mai 2012 (en même temps que François Hollande ?!) au sein de la Fédération des Promoteurs Immobiliers. A elle, la vice-présidence ; à lui, la présidence de la FPI. Elle lui succèdera à la tête de l’organisation en 2015, avec l’intention déclarée « d’y faire bouger les lignes ». Les adhérents qui n’avaient pas vu venir cette provinciale dans un organisme jusque-là dominé par les groupes de dimension au moins nationale étaient prévenus.

Un an après, à la rentrée de septembre 2016, AFC fourbit ses éléments de langage, prête à dégainer la politique du logement qu’elle appelle de ses voeux : « le logement ne sera pas rendu plus abordable par les exigences grandissantes qui nous sont imposées, véritables ingérences dans nos entreprises privées… Le logement neuf est imposé à 27 %, la plus forte fiscalité en Europe… Nous préparons des propositions chiffrées pour les candidats à la présidentielle » précise-t-elle, avec la ferme intention d’être entendue…

Brice Lefranc

Édito
par Valérie Garnier

le 14/12/2018

L’immobilier mis à mal…

« Plus rien ne sera jamais comme avant ». Je ne sais pas si c’est déjà une réalité ou si ça le deviendra, mais ce qui est sûr, au-delà de la constance des gilets jaunes à vouloir maintenir leur mouvement, ce sont les dommages identifiés, à la fois pour les commerces, mais également pour les immeubles.

Et même si les investisseurs étrangers, interloqués de découvrir les images de Paris, Bordeaux et d’autres villes en feu, ne remettent pas, pour l’instant, en question leur désir d’investir en France, – encore qu’elle se pose dit-on du côté du résidentiel -, quelle image finissent-ils par avoir de ce pays qui fait tout pour attirer les investisseurs à lui ?

Etre contre les gilets jaunes, serait mal perçu car il n’y a finalement rien de plus normal que de vouloir vivre décemment sans la peur au ventre d’être, avant la fin du mois, à découvert. Donc, la colère doit être entendue, tout comme devraient l’être les réponses qui ont été apportées.

On peut toujours tout reprocher à l’Etat, mais quelle est la part de responsabilité de ces gilets jaunes ? Celle de ne pas vouloir comprendre les enjeux économiques ? Comment une colère peut-elle être constructive ? Et, comment éviter qu’à chaque manifestation une déferlante de sauvagerie s’abatte à Paris comme dans d’autres villes en régions ?

Et pourtant, pour le cinquième samedi consécutif, le mouvement maintient sa présence, ses revendications et sa détermination.
Les commerçants de Paris ou d’ailleurs n’ont plus qu’à tirer leurs rideaux et espérer que la haine ne s’abatte pas (de nouveau) sur leur outil de travail ; les sièges sociaux se trouvant sur les Champs-Elysées ou dans les avenues adjacentes n’ont plus qu’à souhaiter que la société de gardiennage à laquelle ils ont fait appel sera en mesure de protéger le lieu, ou qu’ils ne soient pas de nouveau saccagé…

Alors oui, « plus rien ne sera jamais comme avant ».

Portrait

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