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Politique de la ville : une centaine de maires appellent au sursaut

- Le - par Arthur de Boutiny

Quelque 150 maires, réunis lundi à Grigny (91) en « états généraux de la politique de la ville », ont appelé le gouvernement au « sursaut » et à une « réponse nationale » en faveur des quartiers populaires, après les annonces de restrictions budgétaires.

Les quartiers de la politique de la ville sont dans " une situation extrême " qui est " insupportable parce qu’injuste ", a déclaré le maire PCF de Grigny Philippe Rio, égrainant les chiffres du chômage, de la pauvreté et de l’échec scolaire qui minent sa commune.
" Partout en France, il y a des Grigny (…) Il faut un sursaut, une réponse nationale à la hauteur du péril pour ne pas que nos territoires plongent définitivement dans l’abîme ", a-t-il ajouté à l’adresse du gouvernement.

De nombreux maires et responsables associatifs venus de toute la France se sont succédés à la tribune pour exprimer leurs inquiétudes après la suppression cet été de 46,5 millions d’euros des crédits alloués à la politique de la ville, la réduction des emplois aidés et la baisse des APL, qui fondront de 1,7 milliard d’euros dès l’an prochain.
" Ce que fait le gouvernement, c’est vider de toute sa substance tout le travail qui a été fait ces quinze dernières années ", a soutenu Rodolphe Thomas, maire MoDem d’Hérouville-Saint-Clair (14). Il a, comme de nombreux autres élus, rendu hommage à l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, présent dans la salle, artisan du premier programme de rénovation urbaine des quartiers dans les années 2000.

Le secrétaire d’État à la Cohésion des Territoires, Julien Denormandie, avait assuré, le 6 octobre à Aubervilliers (93), que les 1 500 quartiers de la politique de la Ville – métropole et outremer – " sont une priorité de ce gouvernement ". Son ministre de tutelle, Jacques Mézard, avait, de son côté, garanti que le financement de la politique de la ville serait " sanctuarisé " à partir de 2018 et pour tout le quinquennat et que les préfets auraient pour tâche d’attribuer les contrats aidés en priorité aux quartiers prioritaires.

" Notre mobilisation depuis plusieurs mois commence à porter ses fruits ", s’est félicité Gilles Leproust, maire d’Allonnes (72). " On leur fait peur, ils sont inquiets ", a-t-il ajouté, appelant cependant à la " vigilance sur la concrétisation des déclarations ".

La réunion, à laquelle ont assisté la Maire de Paris Anne Hidalgo et la présidente de la Région Ile-de-France Valérie Pécresse, doit se poursuivre toute la journée et déboucher sur " l’appel de Grigny ", une dizaine de propositions " concrètes " à l’adresse du gouvernement. (AFP)

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

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