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Politique de la ville : une centaine de maires appellent au sursaut

ActualitésTerritoires

le 16 Oct 2017

Quelque 150 maires, réunis lundi à Grigny (91) en « états généraux de la politique de la ville », ont appelé le gouvernement au « sursaut » et à une « réponse nationale » en faveur des quartiers populaires, après les annonces de restrictions budgétaires.

Les quartiers de la politique de la ville sont dans « une situation extrême » qui est « insupportable parce qu’injuste », a déclaré le maire PCF de Grigny Philippe Rio, égrainant les chiffres du chômage, de la pauvreté et de l’échec scolaire qui minent sa commune.
« Partout en France, il y a des Grigny (…) Il faut un sursaut, une réponse nationale à la hauteur du péril pour ne pas que nos territoires plongent définitivement dans l’abîme », a-t-il ajouté à l’adresse du gouvernement.

De nombreux maires et responsables associatifs venus de toute la France se sont succédés à la tribune pour exprimer leurs inquiétudes après la suppression cet été de 46,5 millions d’euros des crédits alloués à la politique de la ville, la réduction des emplois aidés et la baisse des APL, qui fondront de 1,7 milliard d’euros dès l’an prochain.
« Ce que fait le gouvernement, c’est vider de toute sa substance tout le travail qui a été fait ces quinze dernières années », a soutenu Rodolphe Thomas, maire MoDem d’Hérouville-Saint-Clair (14). Il a, comme de nombreux autres élus, rendu hommage à l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, présent dans la salle, artisan du premier programme de rénovation urbaine des quartiers dans les années 2000.

Le secrétaire d’État à la Cohésion des Territoires, Julien Denormandie, avait assuré, le 6 octobre à Aubervilliers (93), que les 1 500 quartiers de la politique de la Ville – métropole et outremer – « sont une priorité de ce gouvernement ». Son ministre de tutelle, Jacques Mézard, avait, de son côté, garanti que le financement de la politique de la ville serait « sanctuarisé » à partir de 2018 et pour tout le quinquennat et que les préfets auraient pour tâche d’attribuer les contrats aidés en priorité aux quartiers prioritaires.

« Notre mobilisation depuis plusieurs mois commence à porter ses fruits », s’est félicité Gilles Leproust, maire d’Allonnes (72). « On leur fait peur, ils sont inquiets », a-t-il ajouté, appelant cependant à la « vigilance sur la concrétisation des déclarations ».

La réunion, à laquelle ont assisté la Maire de Paris Anne Hidalgo et la présidente de la Région Ile-de-France Valérie Pécresse, doit se poursuivre toute la journée et déboucher sur « l’appel de Grigny », une dizaine de propositions « concrètes » à l’adresse du gouvernement. (AFP)

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

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